20 Août 1955 à Skikda

Par Salah Bousseloua
Matin rouge Soleil rouge Terre rouge Corps rouges…
Alignés ça et là Par grappes, ce jour là Des maisons, on les fit sortir Au stade, on les fit venir, Devenu tel cirque antique Où broyaient, lions d’Afrique Où le Romain en délire Réclamait le sang des martyrs…
Tandis que la mitraille fauchait, Surgit de l’ombre un boucher Pour achever, ceux délaissés Par les soldats bien pressés. Ceux-ci, revinrent en ville Aider les féroces civils Couronnant l’œuvre macabre D’un panthéon de cadavres…
Le soir, quand le rouge fut si noir Qu’elle ne pouvait marcher ni voir La mort aveugle s’arrêta Un oiseau charognard chanta. La douce Skikda la belle Ressentit atrocement en elle L’amère et tenace rancœur Qui amorçait le combat vengeur
S. B (La guerre d’Algérie)



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