23 Juin 57 (La guerre d’Algérie)

Par Salah Bousseloua
La vie dans tout son éclat Souriait gaie, ce jour-là Au jardin et aux choses Aux arbres verts, aux roses
Au beau jour qui finissait Par des oiseaux très bercé, Posant sur la mer une raie Scintillante de reflets
Et, mon fils riait aussi Sur le frais gazon assis Jouait bien et ajoutait Aux fleurs de son grand bouquet
Celles en feux du beau soir Sur l’eau, son joli miroir Soudain l’astre flamboyant Sur les vagues, rougeoyant
Plongea, éteignant le jour Ce fut à cette heure Que stoppa un camion De gendarmes…. d’espions
Posant mur noir et émoi Entre mon fils et moi Ceci, au nom de la loi De quelle terrible loi ?
De celle qui enchaîne Dans un terrible cri de haine Toute moindre liberté… Au cachot, je fus jeté
Et, sur les murs où j’étais, Tracés par des doigts en sang, Des signes disaient comment S’étaient passés les tourments :
La douleur insondable D’un père vénérable Pleurant sur sa fille nue Devant son frère tenu,
Pour, dès le jour précoce En rangs ; liens inhumains Aller tous, à la fosse Creusée de leurs propres mains
Laissant cauchemar pour moi Et nuit sombre de longs mois
S.B



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