50 ans après l’indépendance, Ben Bella règle ses comptes

mercredi 11 mai 2011
par BNIBRAS

Décidément, Ahmed Ben Bella n’en finit pas de « surprendre » dans le sens le plus contestable du terme. L’ex-président algérien a sévi encore en déversant son fiel, voire sa haine envers des figures emblématiques de la lutte de Libération nationale.

Boudiaf, Aït Ahmed et Abane Ramdane en particulier. Ben Bella, 94 ans, s’est longuement livré à une périlleuse réécriture de l’histoire de la guerre de Libération, à l’occasion d’une « soirée à bâtons rompus » avec un journaliste de l’hebdomadaire français Jeune Afrique, qui en a publié le contenu dans son édition du 8 au 14 mai 2011. Sans aucun scrupule, l’ancien président, renversé le 19 juin 1965 par un coup d’Etat militaire fomenté par le colonel Boumediène, s’est attribué toute la gloire de la Révolution et de l’indépendance de l’Algérie. « Le 1er Novembre, c’est moi », décrète-t-il. Hallucinant. Aucun écrit de l’histoire ne mentionne son prétendu rôle central dans le déclenchement de la guerre.

Quand l’envoyé spécial de Jeune Afrique lui demande de quoi il est le plus fier de son parcours, il répond : « La poste d’Oran où j’ai volé de l’argent. C’est l’OS qui a servi à faire le 1er Novembre. » A ce sujet, Ben Bella persiste dans ses fanfaronnades en s’attribuant le rôle central dans l’attentat contre la poste d’Oran, en 1949. « Même si je respecte Aït Ahmed, bien qu’il ait été souvent beaucoup plus Kabyle qu’Algérien, l’organisation principale du coup, jusqu’au moindre détail, c’est moi », a-t-il déclaré. Une contrevérité historique. Tous les historiens les plus crédibles, Algériens et Français, attestent que l’attaque de la poste d’Oran a été organisée par Hocine Aït Ahmed, alors chef de l’Organisation secrète (OS). Aït Ahmed qui avait succédé à Mohamed Belouizdad à la tête de l’OS, raconte dans son livre, Mémoire d’un combattant, les détails de l’attaque contre la poste d’Oran. Le rôle de Ben Bella était secondaire. Les archives de la police française, par contre, affirment que c’est Ben Bella qui est à l’origine du démantèlement de l’Organisation en 1951.

Les dérives de l’ancien président, actuellement à la tête du fameux Comité des sages de l’Union africaine, ne s’arrêtent pas là. Personne ne trouve grâce à ses yeux. Tel que rapporté dans l’article de Jeune Afrique, Ben Bella ne cherche pas à « exagérer son rôle ! (sic) », « mais simplement à dire qu’il ne fut pas facile avant le déclenchement de la lutte armée de faire travailler ensemble les divers responsables du soulèvement et que c’est lui (Ben Bella) qui a réussi à aplanir les difficultés ».

Selon Jeune Afrique, Ben Bella pense en particulier à la coordination et à la cohésion du groupe des pionniers du FLN qui n’allaient pas de soi. D’autant que « parmi eux, il y avait des Kabyles », pensant surtout à Krim Belkacem qu’il trouve, par ailleurs, « courageux ». Encore une assertion lourde de sens venant d’un ancien président de la République algérienne. Cinquante ans après l’indépendance, le premier chef de l’Etat algérien nourrit encore de la rancœur à l’égard du héros de la Révolution algérienne, principal artisan du Congrès de la Soummam, Abane Ramdane. Il ne fait aucun doute pour Ben Bella que celui qu’on surnomme « l’architecte de la Révolution » l’avait empêché d’aller assister au Congrès de la Soummam. Même le véritable déclencheur de la Révolution, Mohamed Boudiaf, ne trouve pas grâce à ses yeux : « Il n’était pas un véritable combattant. Zéro sur le plan militaire. » Boudiaf se retournerait dans sa tombe. Pas étonnant que ces mots sortent de la bouche d’un ancien sous-officier de l’armée française.

Messali Hadj, un des pères du nationalisme algérien, est réduit par Ben Bella à un homme qui « faisait trop de cinéma. Il jouait trop un personnage avec sa barbe et sa tenue vestimentaire ». Pathétique. Personne, alors, n’a les faveurs de Ben Bella ? Si. Il ne faut pas chercher dans les rangs des maquisards de la Révolution, mais plutôt de l’autre côté de la barricade. Le général de Gaulle. Pour Ben Bella, « l’arrivée au pouvoir de cet homme, qui est au-dessus de tous les autres, ne pouvait qu’être une bonne nouvelle. J’ai pensé tout de suite que c’était une bonne chose », assume-t-il. Faire les louanges de de Gaulle « n’a aucun rapport avec le fait qu’il m’a décoré, lors de la Seconde Guerre mondiale, à Monte Cassino », assure Ben Bella.

Lorsque l’interviewé évoque dans « ses confessions » les révoltes arabes, tunisienne en particulier, il se dit « sceptique » quant à la capacité des Tunisiens à réaliser une révolution. Il hasarde une curieuse comparaison avec les Marocains « qui, eux, sont des vrais combattants et pas des poules mouillées » ! Les Tunisiens seraient-ils génétiquement incapables de se muer en vrais combattants, alors qu’ils viennent d’ouvrir la voie du changement à toutes les sociétés arabes ? Enfin, Ben Bella ne manque pas de rappeler au passage que son père et sa mère « sont tous deux Marocains ».

À propos de Bouteflika : « je regrette qu’un homme de son âge ne soit pas encore marié » :

Interrogé sur l’actuel président, Abdelaziz Bouteflika, l’ancien président le considère « comme un petit frère » et espère « qu’il ne lui arrivera rien de mal ». Cependant, il ne s’empêche pas de lui reprocher son célibat. Ben Bella regrette qu’« un homme de son âge ne soit pas encore marié », tout en disant qu’« il n’est jamais trop tard pour bien faire ». De quoi mettre en colère le locataire d’El Mouradia.

Sur le plan politique, tout en précisant qu’il n’est pas tout à fait d’accord avec Bouteflika sur beaucoup de points, Ben Bella « préférerait autre chose, mais s’il y a des moins et des plus chez lui, pour l’instant c’est le moins mauvais et je m’en contente », confesse-t-il.El-Watan


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Réactions

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jeudi 12 mai 2011 à 15h32, par  M. Bouziane

c’est précisemnent ce que ce taré de h.ouali n’a pas fait. il n’a pas informé. heureusemnt qu’il ne possede pas une arme à feu, autrement il aurait flingué benbella. al watan quant à lui, n’est pas un journal comme les autres. pour lui tous les algériens de l’ouest sont des marocains.

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jeudi 12 mai 2011 à 15h12, par  N. Nassim

Inutile de tirer sue EL WATAN qui n’est qu’un journal et qui est tenu déontologiquement à donner la parole à tous les Algériens quelle que soit leur idéologie.Le journal a pour rôle d’informer mais n’est ni un juge ni un procureur. Désolé, les amis.Ne croyez surtout pas que je travaille pour EL WATAN. Nos journaux se valent : aucune intention de lui faire de la pub, en tout cas.

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jeudi 12 mai 2011 à 12h04, par  /

L’attaque de la poste d’Oran organisée par l’organisation spéciale (l’OS), alors dirigée par Ait Ahmed, visait à récupérer des fonds dont les clandestins avaient grand besoin. Elle a fait, par ailleurs, l’objet de plusieurs témoignages qui établissent les faits et la part de chacun dans l’opération. De nombreux militants, dont Ahmed Ben Bella, y avaient pris part. Le fait est que le nom de ce dernier est resté lié à cette attaque en raison d’une part de ses aveux détaillés lors de son arrestation et de son évasion de la prison de
Blida après sa condamnation.

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mercredi 11 mai 2011 à 20h00, par  AB

C’est ça ce qu’on appel le terrorisme intellectuel. Attention de parler ou de critiquer les Kabyles sinon ils vont lacher sur vous leur presse qui applique la meme méthode de mesquenerie utilisée par la presse française qu’on parle des juifs. On a vu ça avec Chadli, Yacef Saadi et aujourd’hui avec Ben bella. C’est une presse au abois.

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mercredi 11 mai 2011 à 19h51, par  Mohamed Benketaf

Ni je défends Ben Bella ni je le juge, il est encore en vie et l’Histoire n’épargne personne. Je m’insurge et d’une contre Hacen Ouali et de deux contre la rédaction d’El Watan qui tolère et cautionne même une subjectivité aussi excessive

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mercredi 11 mai 2011 à 19h36, par  AB

Vous savez, en Algérie on pense toujours avec la mentalité de la tribu. C’est l’histoire transposé au présent qui parle. C’est la lutte entre arabe et kabyle. A cet age là Ben bella doit transmettre la bonne parole sur ses compagnons Tout le monde a participé à la libération du pays, meme les harkis ont participé à la libération en donnant plus de courage et de détermination à en finir avec eux et avec le colonialisme. Il faut tourner la page et donner ce pays au jeunes, seuls qui peuvent le sauver..

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mercredi 11 mai 2011 à 15h59, par  M Bouziane

ait ahmed et mehri ne sont pas messi et al anka. je persiste hacen ouali est un débile

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mercredi 11 mai 2011 à 15h53, par  Un anti-Benbella

J’ai lu l’article dans Jeune Afrique. Les africains c’est la meme mentalité, ils ne posent pas les vrais question. Le journaliste aurait du demander à Ben Bella pourquoi tu as tué un grand Moudjahid qui est Mohamed Chaabani ?

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mercredi 11 mai 2011 à 14h26, par  A. lamri

Vive AIT AHMED,MEHRI et tous les victimes d’un idépendance confisqué

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mercredi 11 mai 2011 à 13h06, par  M. Bouziane

hacen ouali n’est pas un journaliste. c’est un pitre. on croirait lire saout echaab

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mercredi 11 mai 2011 à 10h38, par  JE

Il n’a pas volé, ils ont volé…

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mercredi 11 mai 2011 à 10h33, par  M. Bachir

« La poste d’Oran où j’ai volé de l’argent. C’est l’OS qui a servi à faire le 1er Novembre. » A ce sujet, Ben Bella persiste dans ses fanfaronnades en s’attribuant le rôle central dans l’attentat contre la poste d’Oran, en 1949. « Même si je respecte Aït Ahmed, bien qu’il ait été souvent beaucoup plus Kabyle qu’Algérien, l’organisation principale du coup, jusqu’au moindre détail, c’est moi », a-t-il déclaré. Une contrevérité historique. Tous les historiens les plus crédibles, Algériens et Français, attestent que l’attaque de la poste d’Oran a été organisée par Hocine Aït Ahmed, alors chef de l’Organisation secrète (OS). Aït Ahmed qui avait succédé à Mohamed Belouizdad à la tête de l’OS, raconte dans son livre, Mémoire d’un combattant, les détails de l’attaque contre la poste d’Oran. Le rôle de Ben Bella était secondaire" c’est aux historiens honnêtes d’établir la vérité sur la paternité de l’attaque de la poste d’Oran et non aux journalistes et autres plumitifs de décerner le label du patriotisme aux Enfants de la Toussain.

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