50 ans de bilan de l’économie algérienne 1963/2012

Dossier élaboré par des Experts de l’Association Algérienne de Développement de l’Economie de Marché –ADEM- sous la direction du Professeur des universités, Président ADEM - Expert International en management stratégique, Docteur Abderrahmane MEBTOUL
PLAN DU DOSSIER
- I- L’évolution politique et économique de 1963 à 2012 ?
- II-Le bilan financier : réserves de change, cotation du dinar, fonds de régulation des recettes, dépense publique et système financier fin 2011
- III- Le bilan socio-économique, taux de chômage, taux d’inflation, investissement productif, sphère informelle fin 2011 ?
- IV- L’Algérie étant une économie rentière qu’en est-il des réserves d’hydrocarbures et notamment de ses relations avec l’Europe ?
- V- L’Algérie a connu avec la loi de finances complémentaire 2009 un nouveau cadre d’investissement régissant les étrangers qu’en est –il ?
- VI-Comment dynamiser l’intégration maghrébine ?
- VII-Quelle est la destination des flux d’échange des pays du Maghreb ?
- VIII-On parle d’une relance de la coopération algéro-marocaine pour dynamiser l’UMA qu’en est –il ?
- IX- La sphère informelle n’est –elle pas un obstacle à l’intégration maghrébine ?
- X- Qu’en est-il de la zone de libre échange avec le monde arabe ?
- XI- Qu’en est –il de l’Accord pour une zone de libre échange avec l’Europe signé par l’Algérie
- XII-Et qu’en est –il pour l’Adhésion à l’organisation mondiale du commerce ?
- XIII- L’avenir économique de l’Algérie et du Maghreb n’est-il pas en Afrique ?
- XIV- L’Algérie et la crise mondiale
I -L’évolution politique et économique de 1963 à 2012 ?
Les forces sociales conservatrices et réformistes souvent antagoniques tenant compte du poids de l’histoire sont le moteur de la dynamique ou de la léthargie de toute société. Car, comment ne pas se remémorer les promesses des dirigeants politiques algériens qui ont présidé aux destinés du pays au nom de la légitimité historique encore quand certains évoquent récemment pour ceux qui veulent bien les entendre, la fin de l’Etat de la mamelle, puis celle de la légitimité révolutionnaire. Cela signifie surtout que le pouvoir bienfaisant comme contrat politique implicite par les tenants du socialisme de la mamelle afin de légitimer l’échange d’une partie de la rente contre la dépendance et la soumission politique et qui efface tout esprit de citoyenneté active, ce pouvoir doit céder la place à un pouvoir juste, justicier et de justice. C’est la norme du droit qui doit en principe dans les actes et non les discours, reprendre sa place pour légitimer le véritable statut de la citoyenneté.
Souvenons nous en 1962, de la domination idéologique du communisme, l’hymne à la liberté chantée dans les rues de l’ensemble de l’Algérie indépendante, les espoirs suscités par le socialisme spécifique à l’algérienne, l’autogestion des domaines des colons qui devait élever la production, restituer les paysans dans leur dignité, lutter contre l’injustice sociale, mais aussi les luttes de pouvoir entre l’Intérieur et l’Extérieur des différents clans. En juin 1965, c’est le discours du sursaut révolutionnaire du fait que l’Algérie serait au bord de la faillite. Il fallait la redresser, grâce à un pouvoir fort qui résiste aux évènements et aux hommes, à travers trois axes, la révolution industrielle, la révolution agraire, et la révolution culturelle, en prenant comme base le plan économique du programme de Tripoli qui repose sur la dominance du secteur d’Etat, comme fer de relance de l’économie nationale, à travers les grosses sociétés nationales. Ceux sont les discours triomphants de constructions des usines les plus importantes du monde, du bienfait de la révolution agraire, garantie de l’indépendance alimentaire, de l’école et de la santé pour tous et de la promesse solennelle que nous deviendrons horizon 1980 ,le Japon de l’Afrique avec les lancements du plan triennal 1967-1969,du premier quadriennal 1970-1973 et du second quadriennal 1974-1977. Rappelons nous ces discours de la vertu des fameuses industries industrialisantes et au niveau international l’Algérie leader du nouvel ordre économique international sans sa lutte contre l’impérialisme cause fondamentale du développement du sous développement. Et voilà qu’après la mort du Président après une longue maladie et une lutte de pouvoir qui se terminera par un compromis, et la venue d’un nouveau président, qu’en 1980, nous apprenons que cette expérience a échoué. Du fait de la compression de la demande sociale durant la période précédente et surtout grâce au cours élevé du pétrole, du cours du pétrole, les réalisations porteront sur les infrastructures, la construction de logements et l’importation de biens de consommation finale avec le programme anti-pénurie et la construction sur tout le territoire national des souks fellahs. L’Algérie ne connaît pas de crise économique selon les propos télévisés un d’ex Premier Ministre, qui touchait en ces moments les pays développés avec un baril en termes de parité de pouvoir d’achat 2010, équivalent à 80/90 dollars. C’est alors l’application mécanique des théories de l’organisation, car les grosses sociétés nationales ne seraient pas maîtrisables dans le temps et l’espace. Mais la population algérienne contemple en 1986, l’effondrement du cours du pétrole les listes d’attente et l’interminable pénurie : et c’est toujours la faute de l’extérieur. Et voilà que nous avons un autre discours : les algériens font trop d’enfants, ne travaillent pas assez. L’on fait appel à la solidarité de l’émigration que l’on avait oubliée. IL s’ensuit l’effondrement du dinar dont on découvre par magie que la parité est fonction du cours du dollar et du baril de pétrole et non au travail et à l’intelligence seules sources permanentes de la richesse. On loue alors les vertus du travail, de la terre, l’on dénonce les méfaits de l’urbanisation, du déséquilibre entre la ville et la campagne, la priorité devant être donnée à l’agriculture dont on constate le niveau alarmant de la facture alimentaire. Et c’est le slogan de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut et au moment qu’il faut, thème reproduit également aujourd’hui.
Octobre I988 conséquence de la crise de 1986 qui a vu s’effondrer les recettes d’hydrocarbures de 2/3, contredit ces discours populistes, et c’est le début timide d’une presse libre et d’un multipartisme que l’on tente de maîtriser par l’éclosion de Partis (une famille pouvant fonder un parti avec des subventions de l’Etat) avec la naissance d’une nouvelle constitution en 1989 qui introduit des changements fondamentaux dans notre système politique qui avait un caractère monocratique depuis l’indépendance en consacrant l’existence du multipartisme, conférant ainsi à notre système politique un caractère pluraliste du moins dans les textes. Sur le plan économique, entre I989-I99O c’est l’application des réformes avec l’autonomie de la banque centrale, la tendance à la convertibilité du dinar, la libéralisation du commerce extérieur, une tendance à l’autonomie des entreprises et l’appel, très timidement, à l’investissement privé national et international sous le slogan secteur privé facteur complémentaire du secteur d’ Etat, après le socialisme spécifique, de l’économie de marché spécifique à l’algérienne avec la dominance du secteur d’Etat soumis à la gestion privée, des lois portant autonomie des entreprises publiques. Effet de la crise économique, nous assistons à une crise politique sans précédent qui commencera entre 1989/1990, crise accélérée par des élections législatives, coordonnées par un nouveau chef de gouvernement issu des hydrocarbures des émeutes dont l’aboutissement sera la démission de ce Président après plus d’une décennie de pouvoir. Le procès est fait cette fois à la décennie noire de 1980/1990.
Et c’est la liste interminable de chefs de gouvernement et de ministres, changement successif du à la profonde crise qui secoue le pays. C’est la naissance du Haut Comité d’Etat (HCE), la venue d’un historique et figure charismatique qui donnera une première lueur d’espoir, présidera à peine une année le HCE avant d’être assassiné, son remplacement par un autre membre du HCE, avec parallèlement, un Conseil Consultatif faisant œuvre de parlement désigné. L’on rappellera comme chef de gouvernement le père de l’industrie lourde des années I97O qui prônera l’économie de guerre mais avec son départ rapide du fait de la cessation de paiement. Lui succèdera un premier ministre membre du HCE artisan du programme de Tripoli qui signera l’accord de rééchelonnement avec le FMI, démissionnant tout juste après, l’Algérie étant en cessation de paiement n’ayant pas de quoi acheter un kilo de farine, alors que certains responsables politiques clamaient haut et fort à la télévision et dans la presse que l’Algérie n’irait pas au rééchelonnement. Les accords avec le FMI verront une baisse drastique de la valeur du dinar qui sera dévaluée. La période qui suit verra un Chef d’Etat avec un parlement de transition à savoir le C.NT (conseil national de transition) combinaison d’associations et de partis politiques. Viendrons les élections de ce Président axé sur le rassemblement, pour sortir le pays de la crise et une nouvelle constitution (1996. Elle crée la seconde chambre, dite Conseil de la Nation, et par le truchement de l’article 120, lui donne pratiquement le pouvoir de bloquer un texte de loi voté par l’APN. Mais fait nouveau et important, elle limite le mandat présidentiel à deux étalé sur cinq années. Mais nous sommes toujours dans la même ambiguïté politique en maintenant le caractère dual de l’Exécutif,( ni régime parlementaire, ni régime présidentiel) tout en consolidant le système de Conseils existants dont l’institution d’un Haut Conseil Islamique et d’un Haut Conseil de Sécurité qui est présidé par le président de la République. C’est à cette période que naît le Parti le rassemblement national démocratique (R.N.D) dont le fondement du discours est la lutte anti-terroriste qui raflera presque tous les sièges en 8 mois d’existence tant de l’APN que du Sénat au détriment du Parti FLN et qui provoquera par la suite des protestations interminables et une commission sur la fraude électorale dont les conclusions ne verront jamais le jour. Les parlementaires du fait de la situation sécuritaire de l’époque, auront surtout pour souci de voter pour soi même des rémunérations dépassant 15 fois le SMIG de l’époque alors que la misère se généralise, oubliant naturellement du fait de la généralisation des emplois- rente, qu’un parlementaire aussitôt sa mission terminée retourne à son travail d’origine, et qu’une retraite automatique revient à afficher un mépris total pour une population meurtrie. Dans la foulée, la venue de deux chefs de gouvernement dont le premier technicien pratiquera le statut quo et le second par l’application des accords du FMI qui aura à son actif le cadre macro-économique stabilisé actuellement mais des retombées sociales négatives du fait de la douleur de cet ajustement. Ce président démissionne et des élections sont programmées le 08 avril I999 avec l’élection d’un nouveau président qui promet de rétablir l’Algérie sur la scène internationale, de mettre fin à l’effusion de sang et de relancer la croissance économique pour atténuer les tensions sociales qui sera matérialisé plus tard par le référendum sur la réconciliation nationale avec un vote massif en faveur de la paix.
Qu’en est-il sommairement de 2000 à janvier 2012 ? Un chef de gouvernement est nommé après plus de 8 mois d’attente mais son mandat sera de courte duré à peine une année du fait des conflits de compétences. Un second chef de gouvernement est nommé, plus politique qui s’engage également à redresser la situation mais qui démissionne, tout en se présentant candidat à la présidence avec comme conséquence une dualité dans les rangs du FLN dont il est tissu. Il est remplacé par le Secrétaire Général du RND. Viennent ensuite les élections du 08 avril 2004 qui sont largement remportées par le précédent Président avec trois chefs de gouvernement successifs : premièrement le secrétaire général du RND qui a été chargé des élections de 2004, , puis le secrétaire général du FLN courant 2007 ce Parti avec les élections successives étant devenu majoritaire tant au niveau de l’APN que du Sénat, avec peu de modification dans la composante ministérielle puisque l’ancien chef de gouvernement n’a pu nommé aucun ministres entre mai 2006 et juin 2008, (assistant d’ailleurs de 1999 à 2010 à la même composante à quelques variantes idem pour les walis et les postes clefs de l’Etat ) puis à nouveau courant 2008 le retour du secrétaire général du RND qui précisons a été chargé des élections d’avril 2009. C’est également durant cette période qu’est signé l’Accord avec l’Europe le 01 septembre 2005, pour une zone de libre échange constituant un acte politique e première importance depuis l’indépendance politique postulant ainsi l’irrésistibilité vers l’économie de marché, et courant novembre 2008 qu’est amendée la constitution, non pas par référendum mais à la majorité des deux chambres, les députes et sénateurs se feront comme leurs prédécesseurs voter un salaire de plus de 300.000 dinars par mois. Cet amendement ne limite plus les mandats présidentiels, tout en supprimant le poste de chef de gouvernement en le remplaçant par celui de premier ministre consacrant un régime présidentiel.
Dans la foulée l’élection présidentielle s’est tenue le 09 avril 2009 où l’ancien président est réélu pour un nouveau mandat de cinq années (2009/2014) en promettant la création de trois millions d’emplois durant cette période et d’augmenter le pouvoir d’achat des Algériens. Aussi, la période de 2004 à 2009 devait être consacrée à asseoir un Etat de droit avec la réforme des institutions, du système financier poumon des réformes, du secteur agricole et l’accélération des privatisations. L’objectif était une dynamisation de la production et des exportations hors hydrocarbures. Le pré programme de soutien à la relance économique reposant sur les dépenses publiques (plus de 7 milliards de dollars US) ayant eu lieu avant 2004, celui programmé entre 2004/2009 clôturé en principe à 200 milliards de dollars US mais dont le bilan n’a pas été rendu public. Durant cette période, comme durant la période 1980/1985, du fait de la compression de la demande sociale durant la période du terrorisme, demande qui a explosée depuis 2000, la priorité a été accordé aux infrastructures, logement qui ne sont qu’un moyen du développement et non au management stratégique de l’entreprise seule source permanente de la richesse. C’est durant cette période que nous assistons à des déballages sur la corruption qui a d’ailleurs toujours existé mais qui prend des proportions alarmantes avec une corruption socialisée de la BADR, de Khalifa, de la BCIA, BNA ,BEA ,BDL bon nombre d’agences du CPA et d’autres banques et d’entreprises publiques dont Sonatrach, le projet du siècle autoroute Est-Ouest , et bien entendu qui touche presque tous les autres secteurs de l’économie nationale ce qui a fait dire aux observateurs que le risque est de passer de l’ancien terrorisme à un autre - entendu la corruption- plus mortel pour le pays . Entre 200/2012 nous assistons à deux politiques économiques contradictoires. La première période de 200o/2006 a vu la signature de l’Accord d’association avec l’union européenne, l’adoption de la loi sur les hydrocarbures, des mines, de l’électricité et du gaz et une volonté de faire appel à l’investissement privé international mais sans vision stratégique. La deuxième période de 2007 à 2012 est caractérisée, outre par l’amendement de la loi des hydrocarbures de 2006,( loi qui selon les déclarations des responsables en 2011 serait à nouveau amendé car n’ayant attiré aucun investisseur potentiel) , par le retour au tout Etat gestionnaire avec une dépense publique sans précédent depuis l’indépendance politique. Mais sans que l’on ait mis au préalable les mécanismes de contrôle tant politiques qu’économiques comme le gel de la Cour des Comptes, la loi budgétaire au niveau des assemblées (APN et Sénat) qui vient d’être seulement adoptée fin 2011. Ainsi , a été programmé une nouvelle enveloppe de 280 milliards de dollars entre 2010/2014 que j’aurai l’occasion d’analysera l’impact et se pose été question : l’Algérie aura t- elle cette capacité d’absorption de cette importante masse monétaire et ne risque t- on pas d’assister avec le divorce objectifs ambitieux, moyens de réalisation limités surtout par la ressource humaine dévalorisée et la faiblesse d’une régulation claire , faute d’institutions adaptées à la transition à l’accélération de la mauvaise gestion pour ne pas dire corruption ?
Le constat à travers ce cheminement historique est que durant cette période de transition difficile d’une économie étatisée à une économie de marché concurrentielle et l’Etat de droit et la démocratie tenant compte de notre anthropologie culturelle est que les réformes sont timidement entamées malgré des discours apparemment libéraux, et moralisateurs que contredisent journellement les pratiques sociales. Les banques, lieu de distribution de la rente, continuent de fonctionner comme des guichets administratifs, et du fait des enjeux les réformes souvent différés s’attaquant plus aux aspects techniques qu’organisationnels, alors qu’elles sont le moteur des réformes, la privatisation et le partenariat comme moyens d’investissement et de valeur ajoutée piétinent faute de cohérence et de transparence ; la facture alimentaire continue d’augmenter malgré le fameux programme agricole ( PNDA) dont il conviendra de faire le bilan du fait plusieurs de milliards de dollars de dépenses , la bureaucratie et la corruption continuent de sévir. Comme conséquence, résultats de la pratique de plusieurs décennies et non seulement de la période actuelle, nous assistons à des tensions à travers toutes les wilayates contre la hogra- la corruption, la mal vie, d’une jeunesse dont le slogan « nous sommes déjà morts » ce qui traduit l’impasse du système économique rentier à générer une croissance hors hydrocarbures, seule condition d’atténuation des tensions sociales pour faire face à ce malaise social. Nos responsables ont –ils analysé le désespoir des harragas, ces jeunes souvent avec la complicité de leurs parents qui bravent la mort et l’impact de l’exode des cerveaux et vus les longues filles d’attente auprès des ambassades pour le visa, depuis l’aube du jour au crépuscule ou le rêve est de s’enfuir du pays. Pourquoi ces séminaires sur la diaspora à coup de millions de dollars , un opérateur, un cadre ou intellectuel étant surtout au sort de ses con concitoyens, devant retenir le peu qui existe déjà.
II Bilan financier : réserves de change, cotation du dinar, fonds de régulation des recettes, dépense publique et système financier fin 2011
1.- L’évolution des réserves de change 2005/2011
Les réserves de change, moyen et non facteur de développement, ont été estimées à 56 milliards de dollars en 2005, 77,78 milliards en 2006, 110 milliards en 2007 à 138,35 milliards de dollars en 2008, à 147,2 milliards en 2009, à 157 milliards de dollars fin 2010 et à 188 milliards de dollars fin 2011 par la banque d’Algérie et essentiellement grâce à la rente des hydrocarbures. Selon les statistiques du FMI de 2009, l’Algérie disposait, courant 2009 de 173,6 tonnes d’or avec une valeur en termes de lingots de 6,07 milliards de dollars soit 4,3% des réserves de change de l’époque et au cours d’aout 2011 un montant de 9,11milliards de dollars soit un gain net de plus de 3 milliards de dollars entre mars 2009 et aout 2011. Depuis le montant a vraisemblablement augmenté mais le ratio global stable ou en très légère augmentation en ramenant le ratio au total des réserves de change. Comme le niveau de la dette extérieure à moyen et long terme estimée à environ 4 milliards de dollars au 31/12/2011 (principal et service de la dette) et la dette intérieure à moins de 1 milliard de dollar ont été épongé toujours grâce à cette rente encore qu’il faille non pas se limier à la balance commerciale mais étudier la balance de paiements qui montre que le montant poste assistance technique étrangère est passé de 4 milliards de dollars en 2004 à 11 milliards de dollars entre 2009/2010 et approchera 12 milliards de dollars fin 2011/2012. Le FMI dans son rapport d’octobre 2011 classe l’Algérie au titre du pays le moins endetté des 20 pays de la région MENA, occupant le deuxième rang des plus gros détenteurs de réserves officielles de change après l’Arabie saoudite. Bien qu’étant très loin de la Chine plus de 3500 milliards de dollars estimation de 2010, selon les évaluations du FMI sur les réserves de change officielles 2011 (hors fonds de souveraineté) des pays pétroliers de la région, les trois plus gros détenteurs de ces réserves sont l’Arabie saoudite (539 milliards de dollars), l’Iran (104,6 milliards de dollars) et l’Algérie avec 188,8 milliards de dollars avec des projections de 210,8 milliards de dollars en 2012. Le FMI a souligné que " la prudente " gestion macro-économique des dix dernières années a permis au pays d’amasser " d’importantes " réserves. L’Algérie a, en parallèle, maintenu un très faible degré de dette totale à 3,8 mds de dollars en 2009 qui devrait baisser à 2,8 mds en 2010 et à 2,2 mds en 2011. La dette extérieure de l’Algérie représente que 2% du PIB en 2011 et devra reculer encore à 1,7% en 2012. La moyenne de la dette extérieure dans les pays exportateurs de pétrole de la région MENA est de 25,5% du PIB, les plus fortement endettés étant le Bahreïn et le Koweït avec respectivement 148% et 70% du PIB.
2-Cotation du dinar et impact sur le fonds de régulation et la fiscalité pétrolière
Comment expliquer au mi janvier 2012 la distorsion cours vente au cours officiel existant un écart de plus de 40% avec le cours sur le marché parallèle(plus de 13 milliards de dollars en 2010) , entre le dinar algérien (104,31 un euro) le cours du dirham marocain - (11,67 un euro) et la meilleure cotation du dinar tunisien (2,18 un euro) ? Or la monnaie est un rapport social traduisant la confiance ou pas entre l’Etat et les citoyens, étant est un signe, moyen et non facteur de développement autant que les réserves de change. Toute dévaluation, pour une économie productive, dynamise les exportations et toute réévaluation les freine. Le niveau des réserves de change analysé précédemment permet de sécuriser l’investissement et surtout éviter un dérapage plus important de la valeur du dinar par rapport aux devises. Il existe actuellement une corrélation d’environ 70% entre la valeur actuelle du dinar et ce stock de devises via la rente des hydrocarbures, sinon le dinar flotterait à plus de 300 dinars un euro. La Chine a des réserves de change qui sont passées de 819 milliards de USD en 2005 à 2.847 milliards de USD en 2010 et à 3181 milliards de dollars au 01 janvier 2012 sont le fruit du travail des chinois En effet, se pose le problème de la cotation du dinar qui n‘obéit pas toujours aux règles économiques comme en témoigne récemment depuis décembre 2011 la cotation du dinar par rapport à l’euro et au dollar alors que le dollar a subi une appréciation de 10/15% par rapport à l’euro. Ces mesures ponctuelles récentes sans vision stratégique ont été édictées principalement pour freiner les importations suite à l’importante augmentation des salaires et ont des répercussions négatives tant pour les opérateurs qui s ‘approvisionnent en Europe que sur le pouvoir d’achat des citoyens. Comme par le passé au moment du dollar faible la dépréciation du dinar a répondu souci de gonfler artificiellement le fonds de régulation des recettes et la fiscalité pétrolière variant entre 60/70% et donc de voiler l’importance du déficit budgétaire et l’inefficience de la dépense publique. Exemple, le fonds de régulation de un(1) dollar donne 100 dinars, pondéré par une dévaluation de 20% donne une valeur de 120 dinars calculé par le trésor et la banque d’Algérie dans leurs bilans annuels, et il en est de même pour la fiscalité pétrolière. Avec une dévaluation de 20% cela abaisserait le montant de la fiscalité pétrolière, Ces artifices d’écritures biaisent donc tant le montant du fonds de régulation que les recettes de la fiscalité pétrolière. Face à ces dépenses, l’encours du fonds de régulation des recettes , FRR crédité, du différentiel entre les produits de la fiscalité pétrolière budgétée et les produits de la fiscalité pétrolière recouvrés géré par le trésor, le prix de référence fixé par la loi de finances à 37 dollars, à ne pas confondre avec les fonds souverains qui sont des fonds d’investissement (le gouvernement algérien ayant écarté le recours à cette procédure), est passé de 4 280 milliards de DA, à fin décembre 2008, à 4 316 milliards de DA, à fin décembre 2009 de 4.840 milliards de dinars à la fin 2010,aurait atteint 5.500 milliards de DA (environ 75 milliards de dollars) à la fin 2011, selon le ministère des Finances. Pour plus de transparence, je préconise que les lois de finances se fonde sur le cours réel du marché des hydrocarbures, quitte à ce que l‘excédent soit versé dans un fonds de stabilisation. Actuellement la gestion du fond de régulation est totalement opaque.
3. Un système financier à dominance publique
Contrairement à ce qui passe en Europe où les banques se recapitalisent, le système bancaire algérien est en surliquidités n’arrivant pas à transformer le capital argent en capital productif. Les banques doivent recourir aux instrument de reprise d e liquidités de la banque d’Algérie qui sont rémunérés à des aux inférieurs à 2% alors que si elles prêtaient aux secteurs économiques le taux dépasserait 7% , excepté les secteurs dont les lois de finances bonifient les taux d’intérêts. La liquidité des banques, qui était estimée à 2800 milliards de dinars (28 milliards d’euros) à fin 2008, s’est contractée d’environ 10% en 2009, avant d’augmenter de nouveau en 2010. Cette surliquidité est alimentée, d’une part, par l’importance des dépôts du secteur des hydrocarbures, l’augmentation de la collecte de l’épargne des particuliers, qui se développe à un taux moyen proche des 20% au cours des dernières années, stimulée à la fois par les injections de revenus des plans de relance publics et par une bancarisation de l’économie en progrès rapide. Cependant, le système financier algérien non autonome est fortement connecté au pouvoir politique, dont l’Etat est actionnaire à 100%, le privé local ou international étant marginal. Ainsi, le système financier algérien bureaucratisé est déconnecté des réseaux internationaux expliquant d’ailleurs le peu d’impact de la crise financière mondiale sur l’Algérie, démontrant une économie sous perfusion de la rente des hydrocarbures. Après plus de 10 années d’ouverture, le marché bancaire algérien selon le rapport de la banque d’Algérie, de 2009 se compose de six banques publiques et de quatorze banques privées, mais ne devant pas confondre l’importance du nombre de banques privées actives en Algérie, puisque 90% du financement de l’économie algérienne dont 100% secteur public et plus de 77% secteur privé, se fait par les banques publiques avec une concentration au niveau des actifs de plus de 39% au niveau d’une seule banque, la BEA, communément appelé la banque de la Sonatrach. Seulement 10% du financement de l’économie sont pris en charge par les banques privées, avec une concentration de plus de 52% pour les actifs pour trois banques.
4.- Evolution de la dépense publique 2004/2013
Elle est passée successivement de 55 milliards de dollars en 2004, à 100 milliards de dollars en 2005 puis à 140 milliards de dollars fin 2006 et qui a été clôturée entre 2004/2009 à 200 milliards de dollars, mais faute de bilan on ne sait pas si l’intégralité de ce montant a été dépensé. Quant au programme d’investissements publics 2010/2014, le gouvernement a retenu des engagements financiers de l’ordre de 21.214 milliards de DA (ou l’équivalent de 286 milliards de dollars) et concerne deux volets, à savoir le parachèvement des grands projets déjà entamés entre 2004/2009, l’équivalent de 130 milliards de dollars (46%) et l’engagement de projets nouveaux pour un montant de 11.534 milliards de DA soit l’équivalent de près de 156 milliards de dollars. Qu’en sera-t-il des restes à réaliser pour les nouveaux projets inscrits au 31/12/2004 à la fois faute de capacités d’absorption et d’une gestion défectueuse ? Dans un contexte de ralentissement économique, mondial, à travers la loi de finances, 2012 l’Algérie maintient son programme d’investissement public massif cependant avec un important déficit budgétaire pour les années 2011/2012. Pour 2011, le déficit budgétaire a été de 4.693 milliards DA (environ 63 milliards de dollars au cours de l’époque) soit 33,9% du PIB. Pour la loi de finances prévisionnelle 2012, les dépenses se situeront à près de 7500 milliards de dinars alors que les recettes atteindront 3456 milliards de dinars, soit un déficit de 4000 milliards de dinars. Sur la base d’un taux de change de 75 dinars le dollar, retenu par le projet de loi, cela donne un déficit de 54 milliards de dollars, environ 25% du produit intérieur brut. Mais ce léger recul du déficit budgétaire s’explique par le fait que le budget de l’équipement enregistre un recul de 32% par rapport à 2011 pour se situer à près de 2700 milliards de dinars. Paradoxalement l’augmentation de 8% du budget de fonctionnement (dont les salaires de la fonction publique) dépasse les 4600 milliards de dinars, soit plus de 100% par rapport à 2008. Mais il faut savoir que depuis quelques années les lois de finances algériennes s’établissent pour un cours moyen de 37 dollars le baril de pétrole, la différence étant versée au fonds de régulation des recettes. Ce fonds de régulation des recettes géré par le trésor, à ne pas confondre avec les fonds souverains qui sont des fonds d’investissement (le gouvernement algérien ayant écarté le recours à cette procédure), est passé à 4 280 milliards de DA fin décembre 2008, à 4 316 milliards de dinars fin décembre 2009 et à 4842 milliards de dollars le premier trimestre 2011 soit 54,5 milliards de dollars.
5.-Quel est la réalité du déficit budgétaire 2011/2012 ?
Pour un calcul transparent du budget, il serait souhaitable à la fois de préciser les mécanismes de cotation du dinar par rapport notamment au cours du dollar et de l’euro et de supprimer le fonds de régulation afin de calculer le budget selon le cours moyen du marché. En effet, depuis plus d’une année existe une différence entre le cours du dinar sur le marché parallèle (plus de 140 dinars un euro) et la cotation officielle (un euro pour 100 dinars) soit un écart de plus de 40%. Le tarissement de l’épargne de notre émigration ou certains voyages ponctuels vers l’étranger, du fait de l’allocation devises limitées, souvent invoqués ne sont pas les seules explications. On peut établir un coefficient de corrélation entre la cotation du dinar et l’évolution du cours des hydrocarbures pour un taux d’environ 70%, 30% étant dues aux phénomènes spéculatifs et aux sections hors hydrocarbures bien que limitées et que sans hydrocarbures la cotation du dinar s’établirait à entre 300/400 dinars un euro selon l’offre et la demande, l’économie algérienne étant une économie totalement rentière. Ainsi, les recouvrements de la fiscalité ordinaire de l’Algérie ont été de 10,76 mds de dollars au 1er semestre 2011 et celle de la fiscalité pétrolière, hors Fonds de régulation des recettes (FRR) à 20,4 mds USD, (61,24% du budget de l’Etat), données de l’organe officiel l’APS citant la Direction générale des Impôts (DGI).Et tout dérapage rampant du dinar par rapport au dollar , les ventes d‘hydrocarbures étant reconvertis du dollar en dinars, gonfle artificiellement le fonds des recettes et voile l’importance du déficit budgétaire. Si on suppose une appréciation du dinar de 50% rejoignant, en tendance, les cotations des monnaies marocaines et tunisiennes, le déficit budgétaire dépasserait largement 50/60% du produit intérieur brut. Il est à préciser , étant entendu que la technique retenue de la loi de finances est le cours plancher de 37 dinars un dollar le cours des hydrocarbures, la différence étant placée dans le fonds de régulation, une réévaluation du dinar réduirait d’autant ce fonds. Cet artifice d’écritures explique malgré que la cotation du dollar et de l’euro n’évolue pas dans le même sens, souvent la banque d’Algérie dévalue simultanément le dinar à la fois par rapport au dollar et à l’euro, ce dernier renchérissant les importations des produits également écoulés sur le marché national en dinars auquel la valeur finale ,sans compter les couts des circuits de distribution, est amplifié par les taxes douanières calculés sur la valeur import en dinars.
III Bilan socio-économique, taux de chômage, taux d’inflation, investissement productif, sphère informelle fin 2011
1.- Le Produit Intérieur Brut 2009/2011 (PIB)
Toujours selon les institutions internationales, le produit inférieur brut l’Algérie arrive est de 158,97 milliards en 2010, 183,4 milliards de dollars en 2011 avec une prévision de 188,6 milliards de dollars en 2012. Or, il ya lieu de souligner la faiblesse de la production et de la productivité du fait que 97/98% des exportations sont le résultat des hydrocarbures à l’état brut et semi brut, les 2.3 % hors hydrocarbures fluctuant depuis plus de 20 années pour un montant dérisoire entre 900 millions de dollars et 1,5 milliards de dollars. Ces 2/3% sont constitués en majorité de produits semi finis issus eux-mêmes des hydrocarbures et déchets ferreux et non ferreux. C’est que plus de 90% du tissu économique est constitué de PMI/PME organisées sur des structures familiales, ne possédant pas de management stratégique, ne pouvant pas faire face à la concurrence internationale. Les importations couvrent 70/75% des besoins des ménages et des entreprises dont le taux d’intégration ne dépasse pas 10/15%. On peut démontrer facilement que le taux de croissance officiel hors hydrocarbures de 5/6% a été permis pour 80% via la dépense publique et qu’il ne reste pour les entreprises véritablement autonomes créatrices de richesses, pouvant évoluer dans un environnement concurrentiel mondial, moins de 20% du produit intérieur brut. Ce qui nous renvoie à la valeur de la monnaie algérienne. Mais fait important, le PIB peut voiler d’importantes disparités et l’indice du développement humain combinant 1/3 du taux de croissance, 1/3 le système éducatif et 1/3 le système de santé élaboré par le PNUD est beaucoup plus fiable. Cela explique les erreurs d’appréciation des indicateurs globaux de la banque mondiale et du FMI vis-à-vis de certains pays arabes qui ont connu le printemps démocratique où ces institutions ont omis d’analyser tant le déséquilibre spatial que la concentration des revenus socio professionnelles au profit d’une minorité ans compter els fuites de capitaux hors des frontières de certains dirigeants. L’organisme onusien le PNUD a essayé d’introduire certains indicateurs omis par le passé dans son rapport du 02 novembre 2011intitulé « durabilité et équité : un meilleur avenir pour tous », résultats des enquêtes sur l’année 2010. C’est ainsi qu’elle classe l’Algérie à la 96 ème place sur 187 pays, soit un recul de 12 places par rapport à 2010. Cependant ce classement rentre dans la catégorie développement humain moyen, l’Algérie étant mieux classé que certains pays dits pays émergent comme la Chine.
2.- -Population algérienne, taux de chômage et taux d’inflation
La population était de 35,6 millions d’habitants au 1er janvier 2010 et l’Office des statistiques ((ONS) l’estime à 36,3 millions d’habitants au 1er janvier 2011. Concernant la structure de la population, la répartition par âge fait ressortir que la population âgée de moins de 15 ans constitue 28,2% de la population totale et celle de moins de 5 ans, 10%, ce qui témoigne de l’augmentation récente de la natalité. La population active devrait dépasser les dix ( 10) millions et la demande d’emplois additionnelle varierait entre 300.000 à 400.000 personnes par an, nombre d’ailleurs sous estimé puisque le calcul de l’ONS applique un taux largement inférieur pour les taux d’activité à la population féminine, représentant pourtant la moitié de la population active et dont la scolarisation est en forte hausse. Pourtant le taux de chômage officiel est estimé à 10% entre 2010/2011 contre 11,3% en 2008 mais incluant les sureffectifs des administrations, des entreprises publiques, les emplois dans la sphère informelle et les activités temporaires de moins de six (6) mois, pour partie des emplois improductifs. Or, le taux d’emploi est fonction du taux de croissance et des structures des taux de productivité. Dans son rapport d’octobre 2011, le FMI note que l’Algérie doit faire plus pour diversifier son économie et sortir de sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures, notamment pour dynamiser l’emploi surtout parmi les jeunes dont le taux de chômage atteignait 21% en 2009. Quant au taux d’inflation qui se répercute sur le pouvoir d’achat, pour le gouvernement algérien, le taux d’inflation a été de 1,6 % en 2005, 3% en 2006, à 3,5 % en 2007, 4,5% en 2008, 5,7% en 2009 , moins de 4% en 2010, et plus de 4,5% en 2011. Or, selon un document relatif à une étude sur l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, du centre de recherche américain, Casey Research en date du 6 mars 2008, le taux d’inflation en Algérie serait 12 % pour l’année 2008, contre une moyenne de 7/8% au niveau de la région Mena. Le taux d’inflation officiel est biaisé, étant comprimé artificiellement par les subventions et reposant sur un indice largement dépassé, alors que le besoin est historiquement daté. Un agrégat global comme le revenu national par tête d’habitant peut voiler d’importantes disparités entre les différentes couches sociales. Une analyse pertinente devrait lier le processus d’accumulation la répartition du revenu et le modèle de consommation par couches sociales. Certes, le SNMG a plus que doublé en passant de 6.000 à 20.000 dinars, (200 euros au cours officiel) la dernière augmentation ayant lieu en septembre 2011, mais devant déflater par le taux d’inflation réel pour déterminer le véritable pouvoir d’achat. Aussi, une interrogation s’impose : comment est-ce qu’un Algérien, qui vit au SNMG, (200 euros par mois, soit 6,6 euros par jour alors que le kilo de viande est de 10 euros) fait face aux dépenses incontournables : alimentation, transport, santé, éducation. La cellule familiale, paradoxalement, la crise du logement (même marmite, même charges) et les transferts sociaux qui atteindront plus de 1.200 milliards DA en 2011, soit 18% du budget général de l’Etat et plus de 10% du PIB (taux identique entre 2009/2010) jouent temporairement comme tampon social.
3. Faiblesse de l’investissement productif
Les entreprises algériennes d’une manière générale ne peuvent être compétitives et encore moins innovantes du simple fait qu’elles disposent d’un faible savoir à la fois technologique et managériale. Cela explique selon les données du 7 novembre 2011 du Ministère du travail, 50.000 travailleurs étrangers exerçant en Algérie , répartis dans le BTPH pour 53% et 43% dans l’industrie, représentant 1,05% du nombre de travailleurs salariés dans le secteur économique national ( hormis le travail informel ) la Chine ayant 43%, suivi des Egyptiens 8% . Le dépérissement du tissu industriel représentant moins de 5% dans le PIB trouvent son explication surtout dans les contraintes d’environnement qui touchent tant les entreprises algériennes qu’étrangères souvent mis en relief dans les rapports internationaux de 2008/2011. L’entrave aux affaires en Algérie est due surtout à l’accès aux financements, la bureaucratie d’Etat, la corruption, l’inadéquation de la main-d’œuvre formée, la politique du travail considérée comme restrictive ainsi que le système fiscal et l’environnement dont la qualité de la vie. Combinée à l’instabilité juridique et à cet environnement des affaires contraignant dont la bureaucratie qui freine l’investissement à plu de 50%, renvoyant au mode de gouvernance, il en écoule que le bilan de l’investissement, en dehors des hydrocarbures et le commerce tant local qu’étranger est mitigé surtout pour l’investissement productif. Selon les chiffres communiqués par l’Agence de développement des investissements, ANDI, fin 2010, les déclarations d’investissement local, en termes de projets et non de réalisation, sont passées de 11.000 projets en 2007, à 17.000 en 2008, pour atteindre le chiffre symbolique de 20.000 en 2009 mais avec 1% seulement d’IDE. De ces projets, les chiffres avancés par l’ANDI, indiquent que ce sont les projets locaux qui sont dominants avec 99% des déclarations de projets. Pour ce qui est de la répartition des projets par secteur, c’est celui des transports qui attire le plus d’investissements depuis 2009 avec 60% en majorité des micro- projets, suivi par le secteur du bâtiment, des travaux publics et de l’hydraulique (16 %), du secteur de l’industrie (10 %), celui de l’agriculture (2 %). D’une manière générale les investissements directs étrangers significatifs réalisés restent insignifiants en dehors des hydrocarbures, des banques et des télécommunications.
4. Dominance de la sphère informelle
La sphère informelle en Algérie visible également dans l’ensemble des pays du Maghreb/Afrique, contrôle plus de 65% des segments de produits de première nécessité auxquels plus de 70% des ménages consacrent presque l’intégralité de leurs revenus (marché fruits et légumes, poisson, viande rouge et blanche , textile et cuir ) et plus de 40% de la masse monétaire globale en circulation. La masse monétaire a été évaluée dans le dernier rapport de la banque d’Algérie à 2.439 milliards de dinars fin 2010 donnant ainsi 33, 87 milliards de dollars, la sphère informelle contrôlant 13,55 milliards de dollars limitant la politique monétaire de la banque centrale avec une importante intermédiation financière informelle mais avec des taux d’usure. L’importance de cette masse monétaire captée, favorise une concentration du revenu au niveau de cette sphère avec des tendances monopolistiques et souvent oligopolistiques (quelques offreurs pour une multitude de demandeurs) et alimente la demande au niveau du marché de la devise parallèle où la distorsion actuelle depuis plus d’une année est de plus de 40% par rapport à la cotation, officielle (plus de 14 dinars algérien un euro).Cette sphère contrôle plus de 65% du marché biens de consommation : fruits et légumes, poisson , viande rouge et blanche et textile/cuir pour ce dernier segment à travers des importations souvent sans contrôle. Cette sphère est le produit de la bureaucratie, des dysfonctionnements des appareils d e l’Etat assistant à un dualisme dans l’économie. Cela n’est pas le produit du hasard. Lorsqu’un Etat veut imposer à une société des règles qui ne correspondent pas à l’état de la société, cette dernière enfante ses propres règles qui lui permettent de fonctionner, les relations étant établies sur un registre de confiance entre les co- contractants. Comme on ne saurait isoler les relations dialectiques entre la sphère régie par le droit de l’Etat et la sphère informelle qui a ses propres codes, existant en Algérie des liens diffus entre la logique rentière et l’extension de la sphère informelle. Cela favorise la dépréciation du dinar et l’évasion fiscale.
Quelle leçon tirer ce bilan économique : la non proportionnalité entre les impacts économiques et les dépenses monétaires et la déconnection de la sphère financière par rapport à la sphère réelle. Car, la vrai richesse ne peut apparaitre que dans le cadre de la transformation du stock de monnaie en stock de capital, et là est toute la problématique du développement. Or, les banques actuellement accompagnent peu les projets d’investissement à maturation lente, comme n’existe pas de véritable bourse des valeurs. Ni Sonatrach, ni Sonelgaz et ni une grande entreprise privée comme Cevital n’étant cotée en bourse. La société privée Alliance Assurance a été une exception. Cette déconnection de la sphère financière de la sphère réelle trouve son explication dans le fait que la richesse en Algérie à ne pas confondre avec l’ accumulation du capital productif , puise sa source dans la relation du triptyque : stock physique (stock ressources naturelles d’hydrocarbures) - stock monétaire (transformation : richesse monétaire) - répartition (modalités et mécanismes de répartition : investissement-consommation-fonds de régulation). La société des hydrocarbures transforme un stock physique en stock monétaire. On peut considérer que les conduits d’irrigation, les banques commerciales et d’investissement, opèrent non plus à partir d’une épargne puisée du marché, éventuellement un reliquat du travail, mais par les avances récurrentes (tirage : réescompte) auprès de la Banque d’Algérie pour les entreprise publiques qui sont ensuite refinancées par le Trésor public en la forme d’assainissement : rachat des engagements financiers des EPE auprès de la Banque d’Algérie, plus de 50 milliards de dollars d’assainissement des entreprises publiques entre 1991/201 , alors que plus de 70% de ces entreprises sont revenues à la case de départ de quoi créer tout un nouveau tissu productif s’insérant dans le cadre des valeurs internationales. Les erreurs de management quotidien sont couvertes grâce au transfert financier qui transite par le système financier et qui irrigue le système économique. Si on observe la ligne du temps, c’est-à-dire les dates qui consacrent les moments de stagnation puis de régression ensuite, parfois, des avancées des réformes, on remarque qu’il y a une corrélation étroite entre : plus le prix du pétrole est bas plus il y a émergence de potentiel de développement en ressources matérielles et ressources humaines. En revanche, plus le prix du pétrole s’accroît plus le potentiel de développement décélère, stagne et tend au final à régresser si le renchérissement du prix du baril de pétrole perdure.
IV L’Algérie étant une économie rentière qu’en est-il des réserves d’hydrocarbures et notamment de ses relations avec l’Europe ?
L’Europe s’inquiète récemment de la capacité de l’Algérie à honorer ses engagements internationaux en termes d’approvisionnent de gaz face aux événements en Tunisie et Lybie (baisse des exportations à travers le Transmed bien avant les sabotages récents du gazoduc en Tunisie ), de l’importante consommation intérieure algérienne et du gaz non conventionnels qui bouleversera profondément durant les années à venir le paysage énergétique mondial. Cette inquiétude est-elle justifiée ? Je précise que l’ Algérie détient 2,37% des réserves mondiales prouvées de gaz naturel, contre pour le pétrole, 1% selon certaines statistiques de janvier 2011 12 milliards de barils selon la revue financière Gasoil , tenant compte de l’entrée de nouveaux pays pétroliers , 1,5 % selon d’autres sources grâce aux techniques de récupération, ayant pompé ente 1962 et 2006 plus de 15 milliards de barils soit plus que les réserves actuelles, mais récemment avec des couts supérieurs à la moyenne des grands pays pétroliers. Pour le gaz, elle se classe à la dixième position avec des réserves mondiales. Elle est bien loin de la Russie, classée première, qui détient, e pas moins de 25,02% soit 47570 milliards de mètres cubes des réserves mondiales, l’Iran, (15%) le Qatar (10%), le Turkménistan, l’Arabie Saoudite, les Etats-Unis, les Emirats Arabes Unis, le Nigeria et le Venezuela. Les réserves de gaz naturel qui étaient de 3300 milliards de mètres cubes à la fin de l’année 1990 ont connu une hausse importante dès le début de la décennie 1990 avec les grandes découvertes faites parallèlement à celles du pétrole. Depuis le début de la décennie 2000, elles ont été consolidées toujours selon la revue internationale Gasoil à 4500 milliards de mètres cubes au 01 janvier 2010 malgré les volumes énormes qui ont été consommées sur le marché national et les volumes exportés depuis 1970. L’Algérie fournit à l’Europe 25/30% de ses besoins en gaz naturel, ce qui représente 70% des exportations algériennes, étant le troisième fournisseur de gaz de l’Europe après la Russie et la Norvège. Et ce à travers tant les GNL que Medgaz et Transmed. Les principaux pays importateurs sont l’Italie l’Espagne et la France. A titre de rappel, Medgaz est le troisième gazoduc algérien qui livre le gaz à l’Europe, avec le GME (gazoduc Maghreb-Europe qui transite par le Maroc et le détroit de Gibraltar). Medgaz compte comme actionnaires Sonatrach, majoritaire avec 36%, les espagnoles Cepsa Iberdrola Endesa et Gaz de France. Ces derniers ont signé des contrats d’achat de gaz avec Sonatrach pour un volume total de 5 milliards de mètres cubes annuellement. Sonatrach, au titre de sa quote-part, devra commercialiser 3 milliards de mètres cubes annuellement sur le marché espagnol via Medgaz à travers sa société implantée dans ce pays. On estime à 2 milliards de dollars annuellement les revenus en devises tirés par l’Algérie de Medgaz dans une première phase pour un volume d’exportation de 8 milliards m3 par an contre un coût de 28 milliards de DA en monnaie locale et 148 millions d’euros en devises. Et bien entendu ce montant concerne le chiffre d’affaire et non le profit net de Sonatrach après retrait des charges et si le prix de cession reste au même niveau des négociations de départ, soit 10 dollars le MBTU ce qui n’est pas évident dépendant de la durée de la bulle gazière et de la concurrence surtout de la Russie et le Qatar alimentant pour une fraction de leur production le marché spot sans préjuger avec l’embargo le cas de l’Iran. Un bas prix met en danger la rentabilité financière de ce projet au même titre que celui bien plus important du réseau Trans-méditerranéen (Transmed d’une capacité d’environ 30,2 milliards de mètres cubes (mmc) de gaz naturel par an, étant prévu d’étendre cette capacité à33,5 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an d’ici à 2012 aussi connu sous gazoduc Enrico Mattei) est un pipeline de gaz naturel qui relie l’Algérie via la Tunisie à la Sicile et de là vers l’Italie. La section algérienne est exploitée par l’Algérie et appartient à la société étatique Sonatrach, la section tunisienne est la propriété de Sotugat (Société Tunisienne du Gazoduc Trans-tunisien) et exploité par Sergaz, la section à travers le canal de Sicile est exploité par TMPC, une joint-venture d’ Eni et Sonatrach et la section italienne est exploitée par Eni, filiale Snam Rete Gas. Son extension à travers le projet GALSI, d’une longueur de près de 900 km, dont 600 km offshore, doit acheminer le gaz naturel du gisement de gaz d’Hassi R’mel en Algérie vers l’Italie du Nord après avoir traversé la Sardaigne. Les études détaillées du tracé se sont achevées à l’été 2008. Le coût de cet investissement additionnel pour ce du projet est estimé à 3 milliards d’euros mais est toujours en gestation, les élus de la Sardaigne s’opposant au tracé initial pour des raisons d’environnement. Les élus Corse y sont pourtant favorables à travers le projet Cyrénée aurait pour objectif d’alimenter la Corse en gaz naturel, à partir du projet de Gazoduc Algérie-Sardaigne-Italie (GALSI), une canalisation de transport de gaz naturel reliant l’Algérie et la Toscane en Italie, en passant par la Sardaigne. L’alimentation de la Corse via ce raccordement représenterait une part marginale du volume global de gaz naturel transporté par le GALSI : environ 5 % du volume de gaz serait prélevé à terme pour l’approvisionnement de l’île pour l’alimentation des deux futures centrales et des agglomérations d’Ajaccio et de Bastia.Encore que sepose la concurrence russe à travers les projets Northstream (55 milliards de mètres cubes gazeux) et surtout SouthStream (65 milliards de mètres cubes gazeux )devant également approvisionner l’Italie. Comme se pose le problème de la rentabilité du projet NIGAL. Suite au mémorandum d’entente signé, en janvier 2002, entre Sonatrach et la Nigerian National Petroleum Company (NNPC), réunis à Abuja au Nigeria, les ministres du pétrole et de l’énergie d’Algérie, du Niger et du Nigeria avait signé 3 juillet 2009 un accord pour construire un gazoduc baptisé Trans Saharan Gas Pipeline (TSGP),de 4 128 kilomètres (dont 2310km pour le territoire algérien) qui devrait servir à alimenter l’Europe en gaz puisé dans le delta du Niger au sud du Nigeria Avec un cout prévu initialement à 5/6 milliards de dollars puis reporté à 10 milliards de dollars en 2009 il aurait dépassé actuellement les 13/15 milliards de dollars. Ce projet financé pour partie par l’Europe avec la crise d’endettement et le bas prix du gaz est-il rentable sans compter les conflits tribaux dont le du Mouvement pour l’émancipation du Delta du Niger, à l’origine d’importantes interruptions au sein de l’industrie pétrolière. D’une manière générale, au moment où l’Europe tente de réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis du gaz russe, l’Algérie envisage d’augmenter ses exportations de gaz à 85 milliards de m3 à l’horizon 2015, certaines prévisions du Ministère de l’Energie donnant plus de 100 milliards de mètres cubes gazeux horizon 2020. Est ce que cela sera réalisable ? L’Union européenne et l’Algérie doivent établir un mémorandum ou protocole d’accord qui fixe les principes communs qui doivent régir cette coopération énergétique sur un prix juste qui ne pénalise ni les investissements algériens ni les consommateurs européens. Quelle est la situation actuelle des réserves de gaz en Algérie ?
En dépit d’un redressement de situation en 2010 – 55,28 milliards de mètres cubes de gaz naturel exportés contre 52,67 milliards de mètres cubes en 2009, l’Algérie peine toujours à maintenir le niveau des volumes exportés au-dessus de 60 milliards de mètres cubes, un seuil qui était bien conservé entre 2001 et 2008. La production à un rythme rapide des gaz non conventionnels aux USA et en Europe explique en partie cette situation alors que l’Algérie tablait sur des exportations de l’ordre de 85 milliards de mètres cubes pour 2011/2012, ce qui devient une impossibilité du moins pour cette échéance. Le temps étant de l’argent l’Algérie ne risque t- elle pas de perdre des parts de marché au profit d’autres concurrents ? Par ailleurs, le prix du gaz non conventionnel, encore qu’existe un problème de la dégradation de l’environnement, grâce la technique du forage horizontal est actuellement de 4/5 dollars donnant les USA exportateur de gaz horizon 2020, pouvant freiner l’importation de gaz algérien pour ne pas dire l’annuler où Sonatrach devait approvisionner la cote Est des USA. Selon les statistiques internationales, le gaz non conventionnel devrait représenter environ 25% de la production mondiale en 2020. Concernant l’approvisionnement de l’Europe, et cela n’est pas propre à Sonatrach mais également pour le géant russe Gazprom, il faudra de tenir compte de la donne polonaise membre de l’Europe des 27 qui pourrait bouleverser, la donne énergétique européenne. D’ après l’Agence américaine de l’énergie ( rapport 2010) la Pologne aurait une réserve de quelque 5300 milliards de mètres cubes de gaz de schiste dans ses sous-sols d’une valeur de 1380 milliards d’euros Est ce que la bulle gazière s’arrêtera horizon 2015 ou au -delà lorsque les contrats à moyen terme de l’Algérie arriveront à expiration ce qui influencera le niveau d’entrée en devises du fait que le gaz représente plus de 40% des entrées en devises. Et donc un sérieux problème de financement au delà de 2014 si l’on maintient le rythme de la dépense publique ou le déficit budgétaire déjà élevé dans la loi de finances 2011 (33,9% du PIB) dépassera les 40% selon la loi de finances prévisionnelle 2012 ? Comme se pose le problème si ce prix bas du gaz non conventionnel sur le marché libre est tenable à terme, devant fluctuer pour une extension de l’investissement dans ce segment selon les experts entre 8 ou 9 dollars ? Selon le dernier rapport du FMI (2011), il y aurait eu pour l’Algérie baisse de 10% des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) en 2010, arrêt depuis la même année des exportations de GNL vers les Etats-Unis et la Belgique (10% des volumes totaux). Le gazoduc Medgaz, opérationnel depuis le début de l’année en cours, ne pourra compenser de sitôt les pertes sur le marché américain compte tenu des craintes qui pèsent sur la reprise des européennes et notamment les économies espagnole et italienne. Le risque face à la déconnection du prix du gaz par rapport à celui du pétrole qui connait un cours relativement élevé, pour couvrir la dépense publique est que l’Algérie accélère l’épuisement de ses réserves de pétrole. Dans la Revue statistique sur l’énergie dans le monde daté de juin 2004 de British Petroleum, le groupe anglo-américain réputé pour ses analyses et ses données chiffrées sur le secteur indique que la durée de vie des réserves pétrolières de l’Algérie serait de 16 /18ans. De façon plus précise, pour cette revue, les réserves prouvées de brut du pays auraient été en 2004, de 11,3 milliards de barils, soit environ 1, 6 milliard de tonnes, représentent 1% des réserves mondiales. L’Algérie ayant produit en 2004 pour 1,8 million de barils/ jour de liquides, rapportée au niveau d’extraction du pays, la durée des réserves serait selon cette source de 16 ans, donc restant à la date de 2011 environ 10 ans. Cela pose un vrai problème : entre-temps, y a t-il eu de découvertes significatives ou de réévaluations à la hausse des accumulations de brut dans les gisements ? Dans le cas contraire l’Algérie sera un importateur net de pétrole à partir de 2020. Concernant le gaz, du fait du bas prix de cession au niveau du marché intérieur, et du programme du gouvernement d’aller vers plus de 90% d’utilisation du gaz dans les foyers, et des projets prévus dont pour ne citer que quelques unes , l’ Ammoniac Orascom avec des besoins de 1,645 milliard de m3/an, Ammoniac SBGH avec 0,8 milliard de m3/an, la raffinerie de Tiaret qui a été récemment différé (0,960 milliard de m3/an) et la réhabilitation de la raffinerie d’Alger selon le rapport de la CREG, hypothèse forte excluant l’abandon des projets programmés par le Ministère de l’énergie , la demande globale intérieure en gaz horizon atteindra 62,96 milliards de m3, soit un rythme d’évolution annuel moyen de 11,3% entre 2008 et 2013 et de 6,7% entre 2013 et 2018. Pour l’hypothèse moyenne cela approche 50 milliards de mètres cubes gazeux. La crainte pèse sur la capacité de l’Algérie à honorer ses engagements gaziers envers l’étranger en raison de l’augmentation de sa consommation interne d’ici à 2018. Les économies d’énergie supposant une politique des prix plus rationnelle et le développement de sources alternatives d’énergie (le solaire) pour les besoins du marché national permettrait d’alléger la pression de la demande sur l’offre de gaz et donc pour l’Algérie d’honorer ses engagements internationaux. Concernant le calcul de la durée de vie des réserves de gaz, il y a lieu de préciser que pour l’Algérie, fonction du cout de Sonatrach qui est un sujet tabou alors qu’il est déterminant pour déterminer sa rentabilité réelle, selon mes calculs, la rentabilité des installations de Medgaz et Galsi nécessite un prix de cession entre 9/10 dollars et pour le GNL 14/15 dollars. Le calcul des réserves et quelque soit le pays est fonction de l’évolution de la concurrence des énergies substituables , du cout et du prix international et non de découvertes de gisements physiques qui peuvent être non rentables. Ne pouvant pas compresser la demande intérieure en deçà de 50 milliards de mètres cubes gazeux entre 2011/2020, au risque de freiner le développement, compte tenu compte des exportations prévues et de la consommation intérieure (scénario moyen du CREG) , plus 85 milliards de mètres cubes d’exportation soit une production totale de 135 milliards de mètres cubes gazeux et presque 150 pour l’hypothèse forte du CREG , 10/15% des gisements marginaux selon les experts gaziers étant à soustraire car non rentables. En cas de l’hypothèse d’un prix moyen de 14/15 dollar le MBTU pour le GNL s’accroissant ou baissant proportionnément selon le prix du gaz par canalisation( GN) , et selon les scénarios variables pour la cession du prix du gaz par canalisation nous aurons les prévisions suivantes : :
prix du gaz 9/10 dollars le million de BTU par canalisation : 25 années de réserves ;
prix du gaz 4/5 dollars : entre 15/16 ans de durée de vie des réserves ;
en cas d’un prix supérieur à 15 dollars : la durée serait supérieure à 30 ans, les gisements marginaux devenant alors rentables.
La durée de vie des réserves sera moins longue si les prévisions du Ministère de l’Energie d’exporter plus de 100 milliards de mètres cubes gazeux horizon 2020 se réalisent et si la consommation intérieure est plus importante que prévue du fait du bas prix de cession du gaz. Il est entendu que la demande extérieure des hydrocarbures pour l’Algérie d’une manière générale sera fonction d’une reprise ou pas de l’économie mondiale et de l’évolution du cours du dollar. Rappelons la chute des cours en 1986 avec toutes les ondes de chocs politiques, économiques et sociales entre 1988/1994(rééchelonnement) et de près de 45%des recettes en devises de Sonatrach après la crise de 2008/2009.Cependant, il faut éviter la sinistrose, 25 ans étant la moyenne maximale et c’est déjà appréciable tout en étant conscient, à moins d’un miracle, l’Algérie n’ayant pas découvert de gisements substantiels de gaz entre 2000/2011 mais des gisements marginaux ce qui se pose le problème du cout élevé de l’extraction. Selon le gouvernement, la production de gaz naturel de l’Algérie, qui a connu en 2010 un recul de 2,4 % par rapport à 2009, devrait croître nettement d’ici 2014 avec l’entrée en production de nouveaux gisements gaziers. Ces exportations peuvent être renforcées par la mise en production de nouveaux gisements qui devraient renforcer les capacités de production de gaz naturel de près de 25 milliards de mètres cubes d’ici 2014 ce qui nous donnerait 80 milliards de mètres cubes gazeux pour 2014.
V L’Algérie a connu avec la loi de finances complémentaire 2009 un nouveau cadre d’investissement régissant les étrangers qu’en est –il ?
En effet, les lois de finances complémentaires 2009/2010 ont profondément modifié le cadre juridique régissant l’investissement surtout étranger. Nous ne parlerons pas du secteur agricole dans la mesure où la nouvelle loi foncière de 2010 exclut tout étranger. Pour les autres secteurs, pour toute soumission, la préférence nationale a été portée de 15 à 25% selon le nouveau code des marchés signifiant que même si le cout est 25% plus cher pur la réalisation de tout projet, la priorité sera donnée à l’entreprise algérienne. Pour le commerce, la loi de finances complémentaire 2009 prévoit 30% au maximum pour les étrangers et 70% pour les nationaux. Concernant l’encadrement de l’investissement étranger dans les services, BTPH et industries y compris les hydrocarbures le privé étranger doit avoir au maximum 49% et le local 51% Par ailleurs, l’Etat algérien a introduit des changements entendant faire prévaloir le droit de préemption et que « toute transaction qui ne respecte pas les dispositions légales ne sera pas avalisée par les pouvoirs publics et sera déclarée nulle et sans effet ». L’Etat algérien se réfère à l’article 62 de la loi de finances complémentaire de 2009 qui stipule que « l’Etat ainsi que les entreprises publiques économiques disposent d’un droit de préemption sur toutes les cessions de participations des actionnaires étrangers ou au profit d’actionnaires étrangers ». Le texte législatif stipule que l’effet rétroactif de la règle 51% et de 49% est susceptible d’être généralisé pour les opérateurs étrangers ayant investi en Algérie avant 2009 qui pratiquent l’extension. En vertu des dispositions de la loi de finances complémentaire 2010, toute augmentation ou modification de la structure de capital, et tout accroissement du nombre d’actionnaires de la part des entreprises étrangères détenant plus de 51 % des actions, seront contraintes de recevoir un ou plusieurs actionnaires des entreprises nationales à raison de 51% du capital. D’autres dispositions sont également prévues comme l’introduction dans les cahiers des charges des appels d’offres internationaux d’un engagement de l’entreprise étrangère soumissionnaire, que pour obtenir des contrats publics, les groupes étrangers devront dans l’avenir s’engager à investir en Algérie dans le cadre d’un partenariat avec une entreprise locale. Les cahiers des charges des appels d’offres internationaux doivent prévoir l’obligation, pour les soumissionnaires étrangers, d’investir dans le cadre d’un partenariat, dans le même domaine d’activité, avec une entreprise de droit algérien, dont le capital est détenu majoritairement par des nationaux résidents , à ne pas pratiquer la corruption et à se conformer aux lois algériennes en vigueur. La vente des participations des étrangers dans les sociétés algériennes rentrant dans le cade du droit de préemption au profit de l’Etat, introduit dans la loi de finances complémentaire 2009, la cession de participations détenues par des étrangers ou au profit d’étrangers en Algérie sera subordonnée à la délivrance d’une attestation authentifiée par le notaire. En cas de délivrance de l’attestation, l’Etat conserve le droit d’exercice du droit de préemption tel que prévu par le code d’enregistrement en cas d’insuffisance du prix . Comme il ya lieu de signaler qu’en cas de cession se pose le problème de l’application des dispositions de la loi de finances 2009 qui stipule un taux d’imposition à 20% du taux de l’IRG applicable aux plus values de cession de la partie étrangère (article 47 Loi de finances 2009), ainsi qu’un contrôle plus rigoureux des transferts de capitaux à travers la nouvelle réglementation des changes. Lors du Conseil des Ministres du 25 aout 2010, ces mesures ont été étendues aux banques étrangères complétant l’ordonnance n° 03-11 du 26 Août 2003, relative à la monnaie et au crédit. Il s’agit en premier lieu de mettre à jour les missions de la Banque d’Algérie par rapport aux progrès découlant de la modernisation du système financier, en la chargeant de veiller à l’efficacité des systèmes de paiements et d’émettre les règles les régissant, et en la mandatant pour garantir la sécurité des moyens de paiements autre que la monnaie fiduciaire . En second lieu, renforcer la sécurité et la solidité du système bancaire, par un suivi plus rapproché des banques y compris privées, pour s’assurer de la sauvegarde des intérêts de leur clientèle, et de la préservation de la stabilité monétaire et financière du pays. A ce titre, la Banque d’Algérie est habilitée notamment à demander aux banques et établissements financiers, toute information requise pour l’établissement de la balance des paiements du pays et de sa position financière, cela concernant particulièrement les mouvements de capitaux réalisés vers l’extérieur et à limiter les opérations réalisées par les banques et établissements financiers. En troisième lieu, les nouvelles dispositions prévoient d’intensifier la lutte contre toute fraude ou malversation dans les opérations réalisées par les banques et établissements financiers étrangers, notamment en ajoutant le délit de corruption aux motifs de prohibition de l’exercice de la fonction bancaire , mandatant l’Institution monétaire à promulguer des règles de bonne conduite et de déontologie applicables aux banques et établissements financiers. En vue de renforcer la transparence dans les activités bancaires, l’Etat détiendra une action spécifique dans le capital des banques et établissements financiers à capitaux privés, grâce à laquelle il sera représenté dans leurs organes sociaux sans droit de vote. En quatrième lieu, il y a confirmation de l’application aux banques et établissements financiers de la législation nationale en matière d’investissements étrangers. Ainsi, il est prévu que toute future ouverture de banque ou d’établissement financier par un investisseur étranger sera conditionnée par la détention de 51% du capital par des actionnaires nationaux et en cas de cession d’une banque ou d’un établissement financier dont le capital est étranger, l’Etat jouit d’un droit de préemption ; enfin toute cession d’actions d’une banque ou d’un établissement financier devra être préalablement autorisée par la Banque d’Algérie. Par ailleurs, certainement suite au rapport de la banque d’Algérie ( 2009), le taux de profitabilité des banques étrangères ayant été d’environ 28% pour l’année 2008 (récupération du capital avancé d’environ trois années ) encore que ce taux a été ramené 2009 à une moyenne de 24% alors que pour le cas de l’Europe, le taux de profitabilité bancaire est d’environ 12% ( ce du moins avant la crise de l’endettement) et pour la Tunisie et le Maroc, de 15% , les nouvelles dispositions contenues dans la loi de finances complémentaire 2010 annoncent que hors secteur des hydrocarbures, des activités peuvent être soumises à une taxe forfaitaire assise sur les marges exceptionnelles d’un taux qui varie de 30% à 80 , élargissant ainsi les dispositions qui étaient appliquées au niveau du secteur des hydrocarbures après l’amendement de la loi en 2006. Si ces mesures permettent de relancer l’outil de production, cela serait une bonne chose mais dans un environnement concurrentiel, se renforcer sur soi étant une utopie néfaste. L’ex ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements en 2009 se proposait de créer « treize champions nationaux » implantés dans des secteurs aussi divers que la pétrochimie, la pharmacie, la sidérurgie ou le transport aérien, qui devaient naître de la fusion de plusieurs entreprises d’un même secteur, publiques ou privées, y compris des PME. Or, pour faire face à la concurrence, on ne doit pas oublier que le facteur déterminant est la demande et non pas seulement l’offre vision mécanique de l’ancienne culture bureaucratique. Afin de repositionner l’Algérie dans le marché mondial, l’on ne devrait pas se limiter seulement au simple dispositif législatif. L’action concrète et surtout réaliste devrait concerner l’élaboration de la stratégie des filières, déterminer les filiales, les moyens et les instruments pour ces filiales, le rôle de l’Etat, du secteur public, privé, les services publics et faire des efforts dans la formation et la recherche développement. Or, le document portant stratégie industrielle n’a pas donné de calendrier précis pour le lancement de ces nouveaux fleurons ni précisé les moyens dont ils disposeront. Par ailleurs, si la mesure de taxation des surprofits , en principe, est possible au niveau des hydrocarbures à l état brut et semi brut , non pas pour les produits finis, cela est rendu plus difficile, voire impossible , pour les autres secteurs dont le taux de profit est très fluctuant au niveau du marché international qui devrait être la référence. Aussi, le risque avec la faiblesse de la régulation et de la planification stratégique d’ensemble, de compétences est d’aboutir à des actions bureaucratiques et à des marchandages, facteur de corruption. En outre, les mesures de rachat par l’Etat algérien avec droit de préemption posent problème lorsqu’une société est cotée en bourse et qu’elle cède non pas la totalité mais des ventes d’actions partiellement, pratique quotidienne au niveau des bourses mondiales où s’échangent chaque jour des centaines de milliards de dollars (fusion et cession des grandes compagnies) , qui est d’ailleurs le principe fondamental du fonctionnement de l’économie mondiale. Bien que le segment télécommunication soit régi par une loi spécifique promulguée avant les lois de finances 2009/2010, le conflit entre l’opérateur égyptien Orascom Télécom et le gouvernement algérien depuis plus de deux années en est la démonstration. En principe, une loi est rarement rétroactive sauf si elle est plus avantageuse que l’ancienne, principe du droit international. Aussi convient-il de se demander si ces mesures sont opérantes ? Les contraintes internationales sont toujours là : l’innovation interne est faible ; la plupart des entreprises publiques et privées fonctionnent avec des inputs importés. C’est que l’Algérie semble avoir du chemin à faire pour pénétrer dans les arcanes de cette nouvelle économie. Dans la pratique des affaires tant locales et surtout internationales et les différentes réévaluations des projets dans tous les secteurs avec les partenaires montrent clairement qu’il ne suffit pas de signer un contrat sans maturation mais de bien suivre son cheminement, impliquant un management stratégique et une moralité sans faille des négociateurs. Le problème posé après toutes ces mesures est donc le suivant : l’Algérie est –elle caractérisée par une bonne gouvernance, un bon management stratégique des entreprises et une amélioration du climat des affaires ? Les entreprises locales profiteront –elles de cette situation de rente pour pousser à une meilleure intégration et combien d’entreprises publiques et privées locales ont –elles des laboratoires de recherche appliquée digne de ce nom y compris Sonatrach ? Et cette innovation ne suppose t- elle pas à un environnement assaini et un renversement des échelles de valeurs récompensant le travail et l’intelligence, loin de simples mesures monétaires et d’une distribution passive de la rente ? Certes, tous les pays protègent leur production nationale grâce à l’Etat régulateur stratégique en économie de marché pouvant détenir des minorités de blocage dans des segments stratégiques à ne pas confondre avec le retour à l’Etat gestionnaire de l’ex économie soviétique comme le montre les décisions récentes de bon nombre de pays développés, mais d’une manière ciblée et ne décourageant pas l’acte d’investissement y compris étranger. De plus en plus d’experts algériens préconisent de lever ce voile juridique 49/51% de peu d’efficacité économique et de mettre en place un autre indicateur d’appréciation beaucoup plus significatif qui est celui d’une balance technologique et devises positives. Car en donnant une préférence de 25% c’est accroitre le taux de profit local (rentes de situation) qui se répercutera dans le cout final amoindrissant les avantages comparatifs pour l’exportation et pénalisant les consommateurs locaux avec la hausse des prix.
VI Comment dynamiser l’intégration maghrébine ?
Malheureusement, les échanges commerciaux inter maghrébins ne dépassent pas 2/3%( soit entre 7 et 8 milliards de dollars, une goutte dans un océan) à les comparer aux 21 % de l’Asean, aux 19 % du Mercosur et aux 10,7 % de la Cedeao dont le PIB est plus élevé sans compter la majorité des échanges des pays européens, se fait au sein de cet espace. Selon le rapport de la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) publié le 26 juillet 2011 sur l’investissement dans le monde, en termes de flux d’investissements directs étrangers (IDE) l’Algérie a drainé 2, 594 milliards de dollars en 2008, 2, 761 milliards de dollars en 2009 et 2, 291 milliards de dollars en 2010 mais essentiellement concentré dans les hydrocarbures. Le Maroc a drainé respectivement durant les mêmes années respectivement que 2, 487 milliards de dollars, 1, 952 milliard de dollars et 1, 304 milliard de dollars. Pour la Tunisie, ils sont de l’ordre de 2, 758 en 2008, 1, 688 en 2009 et 1, 513 en 2010 et la Libye 4,111 milliards de dollars, 2,674 milliards de dollars et 3,833 en 2010 principalement par la relance de son secteur hydrocarbures. Ainsi le total des IDE pour ces quatre pays du Maghreb totalisent 8, 941 milliards de dollars soit 0,6% des IDE estimés à 1500 milliards de dollars devant aller à plus de 2000 horizon 2013.. Fait marquant de l’année 2010, les pays en voie de développement reçoivent, pour la première fois, près de la moitié des flux d’IDE dans le monde. Ils sont également à l’origine d’un nombre record d’investissements, notamment en direction des pays du Sud. Les multinationales s’investissent de plus en plus dans les économies en développement, ou en transition, en recourant plus largement à de nouveaux modes d’implication, désignés par la CNUCED comme les modes de « production internationale et de développement sans participation au capital ». En 2010, les pays MED-11 (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Jordanie, Autorité palestinienne, Israël, Liban, Syrie et Turquie), ont attiré 37,7 milliards de dollars (28,5 milliards €) de flux d’IDE, un montant quasiment identique à celui enregistré pour cette région en 2009. C’est que les grosses firmes ayant besoin des économies d‘échelle évitant les micros Etats. Pourtant, la consolidation des échanges entre les 5 pays du Maghreb avec pour objectif créer un marché de 90 millions de consommateurs les aideraient à faire face à leurs principaux défis. Ceux-ci consistent à améliorer les perspectives de croissance et à réduire le chômage. Dans son dernier rapport sur la région du Maghreb, le Fonds Monétaire International (FMI) note qu’une coopération régionale accrue et une libéralisation du commerce permettraient aux pays maghrébins de tirer le maximum de profits de leur intégration avec l’Europe et le reste du monde. De plus, le développement du commerce régional au Maghreb aiderait à créer un marché régional et par là attirer de nouveaux investissements. Force est de constater, que l’organisation régionale n’a jamais eu qu’une existence virtuelle. Fondée le 17 février 1989 à Marrakech, l’Union du Maghreb arabe (UMA) ne cesse, depuis, de faire du surplace. Les responsables des cinq pays membres (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie) continuent certes de se rencontrer périodiquement et de développer une coopération bilatérale dans plusieurs domaines, mais force est de constater qu’il n’y pas d’amélioration sur le plan économique. Or je peux dissocier l’Algérie et le Maroc du Maghreb, pont entre l’Europe, le Moyen Orient et l’Afrique. La coopération euromaghrébine par une prospérité partagée en matière d’investissement grâce à un partenariat gagnant/gagnant, évitant cette vision mercantile du passé, doit être orientée à l’avenir vers l’Afrique enjeu du XXIe siècle et ce afin d’éviter que des milliers de maghrébins et d’africains émigrent vers l’Europe. Il s‘agira de relancer le projet de la banque d’investissement maghrébine avalisé en 2010 par l’UMA, d’unifier les tarifs douaniers, de prévoir la création d’une grande université euro maghrébine, d’une banque centrale et bourse magrébine support d’une monnaie maghrébine, devant au préalable résoudre le problème de la distorsion des taux de change, ces structures devant s’insérer horizon 2020 dans le cadre d’une banque centrale et bourse euro-méditerranéenne. Il faut le reconnaitre, la signature de conventions commerciales ou d’accords de libre-échange avec l’Europe par la Tunisie, le Maroc et l’Algérie n’a pas suffi à impulser un véritable co développement entre les deux rives de la Méditerranée. Donc est posé le bilan mitigé des accords de Barcelone et de l’UPM (union pour la Méditerranée) qu’il ya impérativement de dynamiser à travers des projets concrets..Six mesures concrètes faciles réalisables à court terme peuvent être mise en œuvre pour dynamiser les échanges. Rendre immédiatement opérationnel la banque d’investissement maghrébine ; les nombreux accords de libre-échange complique le système commercial et rend sa gestion par les agents de douane difficile. Dans ce cadre, une harmonisation régissant les échanges commerciaux s’impose ; les règles restrictives qui imposent notamment une autorisation préalable pour de nombreux produits doivent être supprimées au même titre que les normes techniques locales utilisées à des fins protectionnistes ; le niveau élevé des tarifs douaniers et la complexité des structures tarifaire (moyenne des tarifs est de 19,2 % en Algérie, 26,2 % au Maroc et 31,7 % en Tunisie) implique la poursuite de la réforme tarifaire en réduisant la dispersion et la moyenne des tarifs. Donc améliorer les procédures douanières qui manquent de « transparence et de prévisibilité » et sur l’automatisation des déclarations douanières pour un meilleur traitement des documents ; lever les lacunes du système de paiement (dont la disparité des systèmes de fixation de la cotation des monnaies) et des chaînes logistiques par l’assouplissement de la réglementation des changes et la mise au point des services conjoints d’assurances des exportations ; et enfin promouvoir des investissements dans les transports et les autres chaînes logistiques et services subsidiaires, l’organisation des ports constituant le principal obstacle au commerce maritime dans la région. La preuve en est que les containeurs restent bloqués dans les ports durant 20 jours en moyenne en Algérie, 18 jours en Tunisie et 11 jours au Maroc. Des comités techniques devraient être mis en place pour élaborer des mesures concrètes permettant de progresser dans les six domaines examinés. Pourtant, je suis optimiste quant à l’avenir de notre région. Comme je lai démontré dans plusieurs récentes contributions parues au niveau international, j’ai grand espoir après le printemps arabe notamment en Tunisie et Libye que l’avancée de la démocratisation qui ne se fait pas par une baguette magique, demandant du temps comme cela a été le cas en Occident, certains pays d’Asie et d’Amérique latine, fonction des rapports de force tant au niveau internes(conservateurs/réformateurs) qu’ international, tenant compte des anthropologies, sera un facteur catalyseur de l’intégration du Maghreb. L’intégration du Maghreb par une prospérité partagée pont entre le Moyen et l’Afrique noire permettra de réaliser une zone de prospérité et de stabiliser le Sahel par la lutte contre le terrorisme qui ne peut se faire uniquement par des moyens militaires. L’objectif stratégique est d’œuvrer durant les dix prochaines années pour que les échanges inter maghrébines atteignent au minimum un volume de 30% en 2020. La diaspora contrairement aux discours n’est pas mise à contribution alors que selon le FMI, globalement, l’épargne de la diaspora nord-africaine, sans compter le savoir faire accumulé difficilement quantifiable, est de l’ordre de 200 milliards de dollars. Mais cette épargne ne profite pas au Maghreb, dont les pays devraient prendre exemple sur la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud, donc à faire appel à cette diaspora pour contribuer à construire l’économie de leurs pays. Il existe quelques exceptions à la différence des Algériens qui alimentent le marché parallèles du fit du dérapage du dinar algérien. A titre d’exemple, les Marocains installés à l’étranger envoient chaque année dans leur pays d’origine un montant en devises deux fois plus important que celui des investissements directs étrangers ; ils possèdent 6 milliards d’euros en dépôt sur des comptes bancaires marocains. Il s’agit d’impliquer concrètement la diaspora maghrébine afin qu’elle soit les ambassadeurs de la modernisation de leurs pays d’origine.
VII Quelle est la destination des flux d’échange des pays du Maghreb ?
Les échanges intermaghrébins sont orientées essentiellement vers l’Occident et notamment l’Europe pour des raisons historiques. Si l’on s’en tient aux échanges, les échanges commerciaux (exportations plus importations) avec l’Europe représentent aux alentours des deux tiers du total pour le Maroc (63%), l’Algérie (64%) et la Tunisie (72%). Plus précisément, selon un rapport de l’OCDE moyenne 2009, l’Union Européenne représente 75% des exportations de la Tunisie, 90% des rapatriements des émigrés, 83% des revenus touristiques et 73% des investissements directs étrangers. Au Maroc où 60% des exportations sont vendues sur les marchés de l’UE. De même, 80% des revenus du tourisme et 90% des rapatriements des émigrés proviennent de l’UE. Pour l’Algérie une grande partie de ses importations provient de l’Europe, 55/60% et également pour ses exportations de gaz à travers Medgaz (via Espagne) et Transmed via Italie, le projet Galsi via a Sardaigne qui devait également approvisionner la Corse, étant toujours en gestation. L’analyse détaillée de ces relations commerciales laisse apparaître certaines différences quant à l’importance relative des différents partenaires européens, mais les trois principaux restent cependant l’Espagne, la France et l’Italie. Ce panorama général assez homogène cache des réalités bien différentes selon les pays étudiés. Par l’analyse de la composition du commerce extérieur de chaque pays, le Maroc apparaît principalement comme un exportateur de produits manufacturés, le textile/cuir, les produits de l’industrie électrique et mécanique ainsi que de produits agricoles. Les minéraux et la chimie représentent également une part significative, bien que mineure, des exportations, notamment grâce à l’industrie des phosphates, principale richesse minière du pays. Le cas de la Tunisie est similaire à celui du Maroc, bien que la spécialisation dans la production manufacturière soit encore plus marquée. La situation est radicalement différente pour l’Algérie dont les exportations dépendent quasi exclusivement du secteur des hydrocarbures. En ce qui concerne les importations de produits de l’UE se détache très nettement, pour tous les pays, la part du matériel électrique et mécanique, principalement des biens d’équipement (équipement de transport, centrales électriques).Ainsi pour le cas du Maroc et de la Tunisie, nous avons des biens industriels intermédiaires, lesquels sont ensuite transformés sur place pour être réexportés. Dans le cas de l’Algérie en plus des équipements, nous avons en particulier les produits de la métallurgie, principalement de l’acier, les produits agro-alimentaires, la chimie, des produits pharmaceutiques et des plastiques. Au cours des dernières années, les pays du Maghreb ont perdu des parts de marché face à leurs concurrents, ce qui est la marque d’un manque de compétitivité, en particulier face à des pays de l’Asie, comme la Chine, censés être pénalisés par leur éloignement géographique. Ainsi, selon le rapport du FMI de 2009, la non intégration les pays du Maghreb ( moins de 3% des échanges intra magrébins) qui couvre une superficie d’environ cinq millions de km qui approche les 90 millions d’habitants leur fait perdre 2 à 3 points de leur taux de croissance sans compter les effets indirects du non attrait de l’investissement étranger intéressé par un marché plus large. Ainsi le Maghreb du fait de la non intégration a un poids insignifiant au sein tant de la région méditerranéenne qu’au sein de l’économie mondiale. Le produit intérieur brut de l’ensemble des pays du Maghreb a été évalué en 2010 par le FMI à 380 milliards de dollars US .Ce PIB global est artificiellement gonflé par la Libye et l’Algérie du fait du poids des hydrocarbures et par le Maroc pour les phosphates, laissant peu de places pour de véritables entreprises compétitives. Ainsi le PIB maghrébin est légèrement supérieur à celui de la Grèce (305 milliards de dollars) alors que cette dernière a une population qui ne dépasse pas 12 millions d’habitants en 2010. Comparé à la population et au PIB allemand (3306 milliards de dollars pour 82 millions d’habitants) et français (2555 milliards de dollars pour 65 millions d’habitants), on mesure l’important écart. Le PIB maghrébin doit horizon 2020 quadrupler (1550 milliards de dollars à prix constants 2010) au minimum si l’on veut éviter des tensions sociales de plus en plus vives au niveau de l’espace Maghreb. Or selon la banque mondiale si les trois pays « maintiennent des taux de croissance annuels d’environ 4 à 5 %, ce qui n’est pas évident, il leur faudra plus de 20 ans pour atteindre des niveaux de revenus par habitant proches de ceux observés actuellement dans les pays de l’OCDE.
VIII On parle d’une relance de la coopération algéro-marocaine pour dynamiser l’UMA qu’en est –il ?
Il faut ramener cela à la population. La population de l’Algérie est actuellement de 36 millions d’habitants .La population marocaine est d’environ 32 millions d’habitants soit au total 58 millions d’habitants, plus de 70% de la population de l’UMA. Le produit intérieur brut en 2010 de l’Algérie selon le FMI a été de 159 milliards de dollars, celui du Maroc 92 milliards de dollars soit 251 milliards de dollars sur un total des pays de l‘UMA de 380 milliards de dollars représentent 66%. Cependant le PIB est un indicateur imparfait pouvant voiler d’importantes disparités régionales et une concentration excessive du revenu national au profit d’une minorité car croissance peut signifier non développement. Ainsi l’indice de développement humain beaucoup plus fiable selon le rapport du PNUD 2011, l’Algérie est classée à la 96e place mondiale, le Maroc arrive à la 130e sur 187 pays étudiés qui fournit une mesure composite de trois dimensions de base du développement humain : la santé, l’éducation et le revenu. Le taux de chômage selon les rapports du FMI et du BIT est important au Maghreb dans une étude sur le chômage au Maghreb (Algérie, Maroc et Tunisie).Le rapport fait ressortir que les statistiques officielles sur le taux de chômage dans ces pays sont biaisées.. Selon cette étude, reprenant d’ailleurs des données du BIT et de la banque mondiale, l’Algérie, le Maroc et la Tunisie ont réussi ces dix dernières années à ramener le chômage à des niveaux assez bas : 9,1% au Maroc, 10,2% en Algérie et 13,3% en Tunisie, en 2009, contre respectivement 13,4%, 30% et 15,7%, en 2000, mais pas nécessairement des emplois productifs. Ces données officielles, trompeuses, ne tiennent pas compte du facteur démographique où les taux de natalité dans les trois pays ont sensiblement baissé et ont été divisés en deux en un quart de siècle. De six (6) enfants par femme encore au début des années 80, on est passé à 2, 5 enfants par femme en 2007. Résultat, l’accroissement de la population a plus que ralenti : un peu plus de 1% par an en 2008, contre 3% dans les années 1980. En outre, les taux de participation dans les trois pays considérés sont particulièrement bas. Au Maroc, le chômage des jeunes âgés de 15 à 29 ans est passé de 15,3% en 2003 à 17,6% en 2008. En Algérie, il s’établi à 21, 5 % en 2008, contre 45% en 2003. En Tunisie, le taux de chômage des jeunes est le plus élevé (plus de 30%) et ce niveau n’a connu aucune amélioration ces dernières années. Les rapports du FMI et de la banque mondiale montrent que le chômage des jeunes diplômés est beaucoup plus important que celui des non-instruits. Au Maroc, le chômage des diplômés est tombé de 29% en 2001 à 20% en 2008 ; en Algérie il est passé de 10% et 10,4% et en Tunisie à 19,8 % et 21,6%. Par contre, le chômage des non-instruits est inférieur à 5 % dans les trois pays. L’étude conclut qu’au Maghreb le chômage touche beaucoup plus la frange des universitaires, plus exigeants quant à leurs emplois et leurs salaires, que ceux qui n’ont pas poursuivi leur cursus scolaire. Ainsi, le taux de chômage au Maghreb est supérieur à 40% tenant compte des emplois précaires et en soustrayant la sphère informelle. Or seule, une dynamisation de la sphère réelle peut diminuer les tensions sociales qui ne peuvent qu’avoir des incidences politiques, d’où l’urgence de l’intégration économique des pays du Maghreb. Ainsi, les échanges actuels dans tous les domaines de la coopération sont marginaux. Pour 2010, pour l’Algérie les exportations algériennes ont été de 62 milliards de dollars et les importations de 52 milliards de dollars. Pour le Maroc les exportations de 30 milliards de dollars et les importations de 40 milliards de dollars. Au total Maroc et Algérie ont exporté en 2010 92 milliards de dollars et ont importé 92 milliards de dollars un équilibre relatif que ne doit pas voiler le déficit commercial du Maroc de 10 milliards de dollars. Selon les statistiques du ministère du Commerce extérieur pour l’année 2010, la part des échanges commerciaux avec l’Algérie dans les réalisations globales du Maroc se limite à 2 % pour les importations et 1 % pour les exportations. Le Maroc exporte essentiellement des acides phosphoriques, des fils et câbles électriques, des produits alimentaires divers, et importe d’Algérie du gaz, du cuivre et des dattes. Or, il y a de fortes potentialités, mais les échanges visiblement sont globalement peu diversifiés, insuffisants au regard de la proximité géographique des deux pays. Si les exportations marocaines vers l’Algérie ont augmenté de près de 20 %, et bien les échanges commerciaux entre les deux pays ont globalement baissé dans une proportion similaire entre 2009 par rapport à 2008, ils représentent un peu plus de 600 millions d’euros, certaines estimations donnant une valeur des échanges entre 2010/2011ne dépassant pas 750 millions d’euros. Selon les rapports du FMI, seulement 0, 7 % des exportations algériennes sont destinées à ses deux voisins maghrébins, alors que 0, 8 % de ses importations en sont originaires. De même, le Maroc n’importe que 1, 4 % depuis l’Algérie et la Tunisie et ne leur expédie que 1 % de ses exportations. Il en est ainsi pour la Tunisie dont les importations, issues des voisins maghrébins, sont estimées à 1, 1 %, alors que les exportations qui y sont destinées sont de 1,9 %. Ainsi, les échanges commerciaux entre les deux pays restent dérisoires. Ainsi, les échanges commerciaux entre les pays du Maghreb restent dérisoires alors que leurs exportations totales en 2010 sont estimées par le FMI à 162 milliards de dollars et les importations à 147 milliards de dollars. Si les échanges intermaghrébins représentaient seulement 20% cela favoriserait un flux global importation et exportation de 62 milliards de dollars. Cependant il faut être réaliste, car actuellement, si le cadre macro-économique est relativement stabilisé pour l’ensemble des pays du Maghreb les réformes micro économiques et institutionnelles en cours ne sont pas homogènes ce qui se traduit par des politiques socio économiques différentes qui freinent la coopération. Comment, en effet, concilier une politique libérale en Tunisie, une économie semi libérale au Maroc, en Lybie, en Mauritanie avec une politique de volontarisme étatique en Algérie. Pour ce dernier cas, les opérateurs privés des autres pays du Maghreb peuvent-ils s’associer aux opérateurs publics dans le cadre des 49/51%, mesures inscrites dans les lois de finance algériennes entre 2009/2010 ? La coopération intermaghrébine Maghreb n’a-t-elle pas s besoin de la stabilité, d’une cohérence par l’homogénéisation du cadre juridique d’investissement ?
IX La sphère informelle n’est –elle pas un obstacle à l’intégration maghrébine ?
Sur le moyen terme la dynamisation de la coopération et de l’intégration maghrébine passe par l’intégration de la sphère informelle et la création d’entreprises dynamiques dans la sphère réelles s‘insérant dans le cadre des valeurs internationales d’autant plus, comme je l’ai montré précédemment pour l’Algérie, également pour la Tunisie et le Maroc pays, ont signé l’accord de libre échange avec l’Union européenne impliquant horizon 2017/2020 d’importants dégrèvements tarifaires. Or, la majorité des entreprises dans la sphère réelle sont peu initiés au management stratégique et sont à dominance familiale avec dune gestion autoritaire ignorant les mutations internationales , freinent en tant que lobbys l’ouverture par des pressions protectionnistes et prospèrent ( ou déclinent ) grâce à des parts de marché que leur attribuent l’Etat via la dépense publique. Dans les deux pays la sphère informelle reflet d’une productivité globale faible, produit de la bureaucratie dominante est dominante. Celle ci est le produit des dysfonctionnements des appareils de l’Etat et du poids de la bureaucratie car lorsque un Etat par des actions autoritaires émets des lois qui ne correspondent pas à l’état de la société, celle-ci enfante ses propres lois qui lui permettent de fonctionner, sphère qui ouvre la voie à l’Etat de non droit et à et la corruption par la domination du cash alors que l’économie moderne repose sur deux postulats le contrat et le crédit. Selon le Ministre du travail algérien l’informel contribue à 25% du PIB en 2010 et plus de 30% emplois Selon les derniers chiffres du Haut commissariat au plan au Maroc, l’économie informelle représente 14,3% du PIB et 37,3% de l’emploi non agricole. Pour l’Algérie, j’ai évoqué ce problème précédemment. Pour le Dr Deborah Harrold, professeur au Bryn Mawr Collège (Colombia), spécialiste du Maghreb, l’économie informelle représente les 50 % de la taille de l’économie nationale algérienne. Nous avons approximativement la même taille au Maroc. Selon une enquête du Soir du Maroc le soit marocain en date du 20 décembre 2010 La part de l’informel représenterait entre 50 à 70 %. Une place énorme comparée aux autres pays où ce secteur ne dépasse pas les 20 % et un manque à gagner considérable pour l’Etat alors qu’elle représente dans des sociétés organisées comme la Suisse (8% de l’économie globale), le Canada (15%) ou encore la Norvège (20%) ; l’Italie, pays de la « combinazione », affiche quant à elle avant son intégration à l’union européenne ou ce taux dépassait 50% un taux de 27%. L’économie informelle génère au Maroc quelque 280 milliards de dirhams par an, et ses rangs augmentent de 40 000 "unités de production" chaque année, selon les estimations publiées en décembre 2009 dans un rapport du Haut commissariat au Plan. Cinquante-sept pour cent des entreprises de ce secteur sont des commerces de détail, et 20 pour cent travaillent dans le secteur des services. Ce rapport estime également que le nombre d’entreprises non enregistrées est passé de 1,23 million en 1999 à 1,55 million en 2007, soit une augmentation de près de 18 pour cent.
X Qu’en es t-il de la zone de libre échange avec le monde arabe ?
Au préalable, il convient de rappeler que courant 2011, le Conseil de Coopération du Golfe CCG a invité le Maroc à la rejoindre et qu’en sera –il par rapport à l’UMA ? Et contrairement aux discours , malgré le lancement de la Grande zone arabe de libre échange (GAFTA) en 2005, le commerce interarabe n’a représenté que 10% en moyenne de l’ensemble des échanges commerciaux des pays arabes sur les 5 dernières années, ont déploré les participants à la 7e conférence arabe de l’OMC, qui s’est tenue en mai 2011 à Beyrouth, la destination privilégiée étant l’Occident. Les capitaux arabes dans les banques suisses sont colossaux. En valeur, ils étaient de quatre cents milliards de dollars, selon des sources bancaires suisses avant la crise de 2008. A cela s’ajoutent les centaines de milliards de dollars déposés tant aux USA, d’autres pays européens et investis dans bon nombre de segments à travers les fonds souverains. Ainsi selon les estimations bancaires internationales, en particulier les six pays membres du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) sont réputés avoir capitalisé à la fin de l’année 2007, un total de 1.795 milliards de dollars, représentant 224% de leur produit intérieur brut. Ce montant avec le doublement du prix du pétrole entre 2008/2011 a du croitre substantiellement malgré les pertes dues à a crise de 2008. La ventilation de ces capitaux toujours pour 2007, sur les 530 milliards de dollars placés à l’extérieur par ces pays, 300 milliards l’ont été aux Etats-Unis, 100 milliards en Europe, et 60 milliards dans la région Moyen-Orient/Afrique du Nord et en Asie. La tendance lourde ne semble pas avoir changé entre 2008/2011. En réciprocité, dans bon nombre d’opérateurs installés dans les pays arabes sont des étrangers privés. Etant à l’ère de la mondialisation, et il ne fallait pas s’attendre à ce que la majorité des produits finis algériens soient concurrentiels en termes de couts, prix et qualité. Aussi, partant des données du Centre national de l’informatique et des statistiques (Cnis) relevant des douanes algériennes qu’ en 2009, les importations algériennes des pays de la Zone arabe de libre-échange se sont inscrites à la hausse , l’import ayant crû de 46,6% pour atteindre 1,6 milliard de dollars, en hausse de 511 millions de dollars, par contre les exportations vers les pays arabes ont chuté de près de 50%, occasionnant une moins-value fiscale, due à l’exonération des importations de produits arabes de droits de douanes, à 92 millions d’euros, l’Algérie a dressé une liste négative d’environ 1.141 produits dont elle veut obtenir l’interdiction de l’importation auprès des pays membres de la Zone arabe de libre-échange pour une durée de 3 à 4 ans. Il s’agit de produits que l’Algérie estime « prioritaires » comme le textile, le papier et carton, les produits agricoles, l’électroménager, l’agroalimentaire. Qu’en est-il des structures d’échange en 2010 ? L’Egypte reste le premier fournisseur de l’Algérie avec 550,6 millions de dollars (34,3%), suivie de la Tunisie avec 347,5 millions de dollars (21,6%), l’Arabie saoudite avec 166,5 millions de dollars (10,4%), la Jordanie avec 123,9 millions de dollars. Quant aux échanges de l’Algérie avec le Maroc, ils représentent à peine 121,8 millions de dollars, soit 7,6% des échanges globaux au sein de la Zale. Quelle sera l’impact de la décision de l’Algérie de dresser une liste négative de produits interdits à l’importation sur la coopération maghrébine ?
XI Qu’en est –il de l’Accord pour une zone de libre échange avec l’Europe signé par l’Algérie
L’Accord d’Association avec l’Europe signé par l’Algérie le 01 septembre 2005 est un Accord régional concernant plusieurs volets à la fois économiques, politiques et culturels alors que l’Accord avec l’organisation mondiale du commerce(OMC) est un Accord mondial axé essentiellement sur le volet économique et financier. Les fondements de l’ Accord avec l’Europe outre les volets politiques, (respect du droit, de l’homme, engagement d’aller vers la démocratie, la promotion de la liberté la presse, ect) reposent sur les articles 32, 37, 39 et 54. L’article 32 stipule que l’Algérie réserve a l’établissement de sociétés communautaires sur son territoire un traitement non moins favorable que celui accordé aux sociétés de pays tiers ; qu’elle réserve aux filiales et succursales de sociétés communautaires établies sur son territoire, conformément à sa législation, un traitement non moins favorable, en ce qui concerne leur exploitation que celui accordé a ses propres sociétés ou succursales ou à des filiales ou succursales algériennes de sociétés de pays tiers, si celui-ci est meilleur. L’article 37,il stipule que les parties évitent de prendre des mesures ou d’engager des actions rendant les conditions d’établissement et d’exploitation de leurs sociétés plus restrictives qu’elles ne l’étaient le jour précédant la date de signature du présent accord. Les parties s’engagent à envisager le développement du présent titre dans le sens de la conclusion d’un accord d’intégration économique au sens de l’article V de l’AGCS. Pour formuler ses recommandations, le Conseil d’association tient compte de l’expérience acquise dans la mise en œuvre du traitement de la nation la plus favorisée et des obligations de chaque partie dans le cadre de l’AGCS, et notamment de son article V. Quant à l’article 39 il met en relief que la Communauté et l’Algérie assurent, à partir de l’entrée en vigueur du présent accord, la libre circulation des capitaux concernant les investissements directs en Algérie, effectués dans des sociétés constituées selon la législation en vigueur à la législation ainsi que la liquidation et le rapatriement du produit de ces investissements et de tout bénéfice en découlant. Les parties se consultent et coopèrent pour la mise en place des conditions nécessaires en vue de faciliter la circulation des capitaux entre la Communauté et l’Algérie et d’aboutir à sa libéralisation complète. Pour l’article 54 lié à la promotion et protection des investissements il met en relief que la coopération vise la création d’un climat favorable aux flux d’investissements et se réalise notamment à travers l’établissement de procédures harmonisées et simplifiées des mécanismes de co-investissement ainsi que des dispositifs d’identification et d’information sur les opportunités d’investissements, favorables aux flux d’investissements ainsi que l’établissement d’un cadre juridique favorisant l’investissement le cas échéant, par la conclusion entre I ‘Algérie et les États membres, des accords de protection des investissements et d’accords destinés a éviter la double imposition. Les malentendus entre l’Europe et l’Algérie ont commencé suite aux décisions du gouvernement algérien courant 2009 de postuler 51 pour cent aux algériens dans tout projet d’investissement et 30 pour cent des parts algériennes dans les sociétés d’import étrangères avec un effet rétroactif , ce qui serait selon la partie européenne contraire au droit international , qui explique la réaction européenne qui a demandé l’annulation de ces directives dans une correspondance officielle adressée au gouvernement algérien. Pour la partie algérienne les importations algériennes en provenance de l’Europe représentent environ 60% c’est l’Europe qui n’a pas respecté les engagements contenus dans l’Accord et le dégrèvement tarifaire fait perdre à l’Algérie 2 milliards de dollars et lui ferait perdre 6 milliards de dollars en 2007. L’Algérie a demandé un report à 2020. La réponse de l’ ‘Union européenne n’a pas encore été donnée. Dialogue de sourd : l’Algérie reproche à l’Europe le manque d’enthousiasme dans l’investissement et l’Europe pour qui à travers Transmed et Medgaz l’Europe achète une grande partie du gaz algérien sans compter le pétrole , les équilibres commerciaux étant presque en équilibre, reproche à l’Algérie le manque de visibilité dans les réformes micro-économiques et institutionnelles qui expliqueraient que l’Algérie n’a rien à exporter en dehors des hydrocarbures , devant avoir des couts compétitif et surtout respecter la norme du label qualité contenu dans l’Accord.
Or il s’agit de bien poser le problème du différent.Aucun pays n’a obligé l’Algérie à signer cet Accord, comme personne ne l’oblige à adhérer à l’OMC, Accord signé en toute souveraineté par le gouvernement et ayant des implications fondamentales, comme les produits industriels qui subiront progressivement un dégrèvement tarifaire allant vers zéro (O) horizon 2017. La facilité et la fuite en avant est de vouloir imputer les causes du blocage seulement à l’extérieur (ce discours anti-impérialiste chauviniste pour faire oublier les problèmes intérieurs, ce chat noir dans un tunnel sombre que l’on ne voit jamais) alors que le mal essentiel est en nous. L’extérieur est-il responsable de la montée en puissance de la bureaucratie destructrice et de la corruption dominante ; l’extérieur est-il responsable de notre mauvaise gestion et du gaspillage de nos ressources. Enfin l’extérieur peut-il engager à notre place les réformes structurelles dont l’Etat de droit, conciliant efficacité économique et une profonde justice sociale évitant cette concentration excessive du revenu national au profit de rentes spéculatives, assistant dans les réformes à un pas en avant et deux en arrière. Certes, les inquiétudes étant légitimes. Mais invoquer tant l’extérieur que la situation mono exportatrice de l’Algérie, ne tient pas la route, la majorité des pays de l’OPEP étant membres de l’OMC dont le dernier en date étant l’Arabie Saoudite. Aussi, il est peu vraisemblable que l’Algérie ait un statut spécifique, les clauses fondamentales avec l’Europe étant non négociables, ni d’ailleurs de spécificité pour l’adhésion à l’OMC, peut être, une prolongation de délais selon le même. Accord, contrairement à ce qui a été avancé par certains officiels algériens. Il est utile de rappeler que les États-Unis d’Amérique et l’Europe principaux partenaires commerciaux de l’Algérie font obstacles à son adhésion à l’Organisation mondiale du Commerce, l’Algérie négociant depuis juin 1987, sous prétexte fondamentalement qu’elle reste encore une économie administrée.
XII Et qu’en est –il pour l’Adhésion à l’organisation mondiale du commerce ?
En nous en tenant aux pays en voie de développement, après des poids lourds du continent Afrique , le Nigeria et l’Afrique du Sud, ou des petits pays comme le Tchad ,le Niger, le Togo , l’Angola, le Bénin, le Gabon, la Cote d’Ivoire, le Ghana , des pays du Maghreb, le Maroc et la Tunisie, la majorité des pays arabes pétroliers dont le dernier en date est l’Arabie Saoudite, sans compter la majorité des pays de l’Amérique du Sud dont le Brésil ,le Venezuela, le Chili , la Bolivie, le Pérou, le Mexique, Cuba, en Asie avec l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, le Vietnam, la Corée du Sud et la Chine, cette dernière ayant adhéré à l’OMC en 2001, sans oublier la Turquie , voilà un autre fondateur du communisme qui adhère à l’OMC, la Russie, adhésion ayant été approuvée le 15 décembre 2011 par le groupe de travail ad hoc de l’OMC. L’organisation va avec ce nouveau membre de poids couvrir désormais 98% du commerce mondial, contre 94% précédemment. Pour accéder à l’OMC, la Russie a conclu 30 accords bilatéraux pour l’accès aux marchés des services, et 57 pour l’accès des biens. Concernant l’aspect multilatéral, Moscou a accepté d’abaisser le seuil de ses tarifs à 7,3%, contre 10% actuellement. La Russie a aussi accepté de limiter ses subventions agricoles à 9 milliards de dollars en 2012, et de les réduire progressivement à 4,4 milliards d’ici 2018. Sur le plan des télécoms, la Russie a accepté que le seuil de 49% maximum de capitaux étrangers soit supprimé 4 ans après son accession à l’OMC. Sur le plan bancaire, les banques étrangères pourront librement ouvrir des filiales en Russie, mais ne pourront pas représenter plus de 50% du système bancaire. Par ailleurs, à partir du jour de l’accession, les importations d’alcool, et de produits pharmaceutiques ne seront plus soumises à des licences d’importation. La Russie s’est aussi engagée à pratiquer des tarifs commerciaux " normaux ", pour le gaz naturel. Pour les responsables russes et notamment, le négociateur en chef russe, M. Maxim Medvedkovo, concernant la crise actuelle et la mondialisation, il vaut mieux d’essayer de changer les institutions financières et économiques mondiales de l’intérieur, plutôt que d‘être mis de côté. Rappelons que la Russie a exporté plus de 400 milliards de dollars, 320 milliards d’euros de biens en 2010, 70% de cette somme était représentée par des minéraux (pétrole, gaz, minerais), 13% par des métaux et pierres précieuses et un peu plus de 6%par des exportations de produits chimiques. Toujours selon les autorités russes, devenir membre de l’OMC signifie pour les russes qu’ils pourront bientôt acheter des machines-outils et les biens durables qu’ils importent, à des prix bien moins élevés qu’auparavant. 45% des importations russes sont des machines et des biens durables. L’adhésion de la Russie à l’OMC va lui permettre d’exporter plus de produits qu’avant. Son industrie sidérurgique notamment ne sera plus sujette aux quotas imposés aux exportateurs non membres de l’OMC. De plus, les barrières douanières vont disparaître sur 700 catégories de produits, ce qui va faire baisser les taxes à l’importation de 10 à 7%. Pour sa part, l’Algérie, afin d’éviter sa marginalisation, bien que cette adhésion ait été inscrite dans le programme présidentiel 2004/2009, reconduit dans le programme 2009/2013, a un long chemin à faire si elle veut adhérer à cette organisation. L’Algérie, négocie son adhésion pour adhérer à l’organisation depuis 1987 c’est à dire depuis bientôt 25 ans étant un des pays qui atteint le record mondial. Le Ministre algérien du commerce a affirmé en décembre 2011 que l’Algérie serait membre de l’OMC pour 2012 avant de se rétracter en janvier 2012. Le directeur général adjoint de l’OMC , Alejandro JARA lors d’une récente visite début juin 2011 a insisté sur le fait que l’Algérie devrait redoubler d’efforts pour son accession à cette organisation afin de ne pas rester en marge des mutations mondiales lors d’une séance de travail à l’APN, en présence de son président, de Ministres et de responsables de la banque d’Algérie. Cela veut dire en langage diplomatique qu’il faille changer de politique économique. L’Algérie a déjà participé à 10 ronds de négociations et répondu à 1640 questions. Mais sur les 96 autres questions restantes, 13 stratégiques et les plus importantes demandées par les piliers de l’OMC à savoir l’Union européenne et les Etats Unis d’Amérique restent en suspens. Les accords avec l’OMC, qui s’inscrivent dans un espace mondial concernant uniquement le volet économique, reprennent les grandes lignes de l’Accord qui lie l’Algérie depuis le 1er septembre 2005 à l’Europe, ancré dans le processus de Barcelone, qui s’inscrit dans un espace régional mais en incluant des volets politiques et culturels. Ces accords ont des incidences stratégiques sur le devenir tant de l’économie que de la société algérienne.
Dont l’interdiction du recours à la “dualité des prix ” pour les ressources naturelles ; élimination générale des restrictions quantitatives au commerce (à l’import et à l’export) ; normes de qualité pour protéger la santé tant des hommes que des animaux (règles sanitaires et phytosanitaires) ;obligation d’observer les règles de protection de l’environnement dans l’usage de l’énergie pétrolières , les accords environnementaux conçus, certes, en dehors de l’OMC, ont été intégrés dans les préoccupations de l’OMC lorsque cet aspect nuit au bon développement du commerce ; mesures concernant la liberté des mouvements de capitaux (transfert de profits) , la propriété intellectuelle dont la protection est une condition essentielle afin de lutter contre le piratage et donc, l’intégration de la sphère informelle dominante intiment lié à la logique rentière en Algérie qui contrôle 40% de la masse monétaire en circulation et plus de 65% des segments de produits de première nécessité au niveau du marché intérieur. D’une manière générale, l’adhésion de l’Algérie à l’OMC lui imposera l’ouverture des frontières et la spécialisation accrue suscitée par la mondialisation. En effet, tant les accords avec l’Union européenne que ceux de l’OMC, prévoient de développer les échanges en mettant en place les conditions de la libéralisation progressive des échanges de biens, de services et de capitaux. Il s’ensuit que l’Algérie devra procéder au démantèlement des droits de douanes et taxes pour les produits industriels et manufacturés sur une période de transition. Tous les monopoles d’Etat devront être ajustés progressivement de manière à qu’il n’existe plus de discrimination en ce qui concerne les conditions d’approvisionnement et de commercialisation des marchandises entre les ressortissants des Etats membres. Ces accords devraient donc faire passer les industries algériennes du statut d’industries protégées à des industries totalement ouvertes à la concurrence internationale avec la suppression totale des obstacles tarifaires et non tarifaires, posant d’énormes défis aux entreprises algériennes. Si l’entrée de l’Algérie dans le cadre de l’OMC ne peut avoir que peu d’impact sur le marché du pétrole, déjà inséré dans une logique mondiale ou régionale (gaz), il en va autrement de tous les produits pétroliers qui vont être soumis à la concurrence internationale. Ainsi la dualité des prix – mesure par laquelle un gouvernement maintient des prix internes a des niveaux plus bas que ceux qui auraient été déterminés par les forces du marché et les restrictions à l’exportation – ne peut plus être de mise dans un contexte de libéralisation des échanges commerciaux. Un des éléments d’achoppement des négociations, outre l’importance de la sphère informelle, est la dualité du prix du gaz pour des unités destinées à l’exportation, qui fausserait la concurrence internationale, l’argument du ministère de l’Energie postulant que ce prix couvre le prix de revient n’ayant pas convaincu à ce jour notamment les USA et l’Europe. En cas d’adhésion, les produits pétroliers, principalement les carburants, ne pourront plus bénéficier de prix brut à l’amont inférieur aux prix internationaux. L’accord insiste sur l’ouverture à la concurrence du marché des services énergétiques qui concernent toutes les activités, de l’exploration jusqu’à la mise à la disposition du produit au consommateur en passant par la production et le transport. L’environnement considéré comme un bien collectif est un domaine privilégié de coopération, l’objectif étant la préservation des équilibres écologiques, exigeant de mettre en place des normes de qualité de plus en plus strictes , l’Algérie devant s’engager à mettre progressivement en œuvre les différentes recommandations des chartes sur l’énergie et l’environnement. Evoquer uniquement la situation mono exportatrice ne tient pas la route les principaux pays de l’OPEP étant déjà membre de l’OMC.
L’adhésion ou pas à l’OMC de l’Algérie dépendra grandement des rapports de forces internes ( donc politiques) et surtout d’une réelle volonté clarification de la trajectoire future d’une libéralisation maitrisée de l’économie algérienne pour une efficacité économique couplée avec une profonde justice sociale évitant cette concentration excessive du revenu national au profit d’une minorité rentière et donc une lutte efficace contre la corruption qui pend une proportion dangereuse. Ceci n’est pas une question de lois déjà nombreuses mais de pratiques sociales renvoyant à l’urgence d’une gouvernance rénovée. L’ensemble de ces contraintes, imposées tant par les accords d’association que de l’OMC pourront-elles arrimer l’économie algérienne à l’économie mondiale et jouer le rôle d’un important facteur d’entraînement du développement économique et du progrès social ? C’est que la nouvelle politique économique algérienne devra mieux articuler le jeu du marché et l’action de l’Etat fondamental en tant que régulateur dans son rôle d’encadrement macroéconomique et macro social, au sein d ‘un espace équilibré et solidaire, le défi étant l’arrivée massive sur le marché du travail de millions de jeunes dans les deux prochaines décennies. La question qui se pose alors est celle de la possibilité de modifier le régime de croissance pour atteindre un double objectif, aujourd’hui apparemment contradictoire : d’une part, créer les emplois nécessaires, d’autre part, améliorer la compétitivité internationale tout en distribuant davantage de revenus, notamment par le canal de la productivité des facteurs. C’est que la structure productive actuelle rend la croissance volatile et soumise aux chocs externes, la ressource financière, l’importance des réserves de change n’étant pas synonyme de développement. La position extérieure de l’Algérie reste dominée par la faiblesse inhérente à sa spécialisation dans les hydrocarbures, n’ayant pas de prise sur ses propres comptes extérieurs, qui ne dépendent que des cours du pétrole/gaz et du taux de change du dollar, le PIB par habitant évoluant de manière chaotique. Disposant d’une richesse naturelle éphémère, celle-ci étant amenée à s’épuiser, l’Algérie doit à la fois préserver cette ressource pour les générations futures et progressivement trouver des sources de revenus différents. Il s’ensuit que les niveaux de croissance nécessaires pour entraîner une amélioration significative de la situation, estimés à 8/9% par an jusqu’en 2015/2020, semblent difficiles à atteindre à court terme. Comme j’a eu à l’analyser à maintes reprises, sans la réorientation la réorientation de la politique économique, , il ne faut pas vendre des utopies comme ces anciennes déclarations de responsables gouvernementaux repris avec fracas par la télévision officielle ENTV, que l’Algérie serait membre de l’OMC en 2009, puis autre déclaration en 2010. Or, force est de constater que l’adhésion à l’organisation mondiale du commerce de l’Algérie qui est observateur depuis le 03 juin 1987 n’est ni pour 2012 ni pour 2013.
XIIIL’avenir économique de l’Algérie et du Maghreb n’est-il pas en Afrique ?
L’avenir du Maghreb pont entre l’Europe, le Moyen Orient est en Afrique continent à fortes potentialités. Le PIB de l’ensemble du continent a été multiplié par 2,5 passant en 10 ans de 580 milliards de dollars à 1500 en 2010 avec une population de 1,1 milliard d’habitant à 1,5 milliard horizon 2020/2025, avoisinant le marché chinois d’où l’enjeu futur et les rivalités géostratégiques pour le contrôle économique notamment Chine, USA et l’Europe, concernant ce continent. Selon le rapport du FMI, en 2009 les échanges de l’Afrique s’établissent ainsi : Amérique du Nord 16%, contre 13%en 1990, Europe occidentale 30% contre 52%en 1990,21%, Asie 25% dont la Chine (12,5%) conte 14%en 1990 et autres 29% contre 21% en 1990. Il faut le reconnaitre ,il ya eu des améliorations, ayant eu une gestion relativement saine de sa dette bien que la lutte contre la corruption par une meilleure gouvernance soit un important défi à relever pour la prochaine décennie, Mais attention, il existe des Afriques et pas une Afrique pouvant scinder les pays en pays exportateurs de pétrole, des économies relativement diversifiées, des économies en transition et des économies relativement pauvres .en pré-transition. Selon le FMI, le taux d’intégration est de 2% pour l’Afrique du Nord, 11%pour l’Afrique de l’ouest, 7% pour l’Afrique de l’Est, 5% pour l’Afrique centrale et 15%pour l’Afrique australe. Source FMI Selon une étude de l’OCDE , le PIB par habitant moyenne 2009/2010est de 15.497 dollars par habitant pour la Libye, 8.666 pour la Tunisie, 7.352 pour l’Algérie, 4.747 pour le Maroc et 2.479 pour la Mauritanie. Mais comme signalé précédemment un indicateur global peut voiler d’importantes disparités d’où l’importance d’enquêtes plus précises et d’analyses qualitatives pertinentes.
XIV L’Algérie et la crise mondiale
Pour un développement fiable, n’a ya t-il pas lieu d’avoir une meilleure gestion de la dépense publique car les réserves de change produit essentiellement des recettes des hydrocarbures sont une richesse virtuelle. D’une manière générale l’on peut établir une règle de l’évolution des réformes de l Algérie durant ces trois dernières décennies plus les cours des hydrocarbures sont élevés plus les réformes structurelles qui forcément déplacent des segments de pouvoir, les gagnants d’aujourd ‘hui ne sont pas forcément ceux de demain, sont freinés et vice versa alors que la logique économique verrait l’inverse l’aisance financière permettrait d’atténuer les ajustements sociaux douloureux de ces réformes. Car force est de reconnaître que l’Algérie en ce mois de janvier 2012 est en plein syndrome hollandais. Elle a exporté 98% d’hydrocarbures à l’état brut et semi-brut et elle a importé 70/75% des besoins des ménages (gonflement faramineux de la facture alimentaire entre 2008/2011 alors que le secteur agricole a absorbé des montants faramineux de plusieurs centaines de milliards de centimes algériens dans le programme du PNDA dont aucun bilan n’a été fait à ce jour) et des entreprises dont le taux d’intégration – public/privé - ne dépasse pas 15%.Aussi des questions stratégiques se posent quant au devenir de notre pays Pour un développement fiable, n’a ya t-il pas lieu d’avoir une meilleure gestion de la dépense publique grâce à une meilleure gouvernance ? Du point de vue du développement, il est clair que l’affectation des ressources pose la problématique de sa rationalité, l’Algérie dépensant deux fois plus pur avoir deux fois moins de résultat par rapport à des pays similaires selon un rapport récent de l’OCDE concernant la région Mena. Où en est la politique ide développement au sein d ‘une économie ouverte, ou nous assistons à un dépérissement du tissu productif malgré l’accroissement de la dépense publique ? Et se pose cette question le gonflement de la facture des importations malgré le passage du Remdoc au Crédoc a été clôturé fin 2011 à plus 46 milliards de dollars auquel il faut ajouter 11/12 milliards de dollars de services soit une sortie de devises de 57/58 milliards de dollars. Exemple la facture du médicament est passée de 1 milliards de dollars en 2006/2007 à 2 milliards en 2012 ; la facture d’importation de blé est clôturée fin 2011 à 2,5 milliards de dollars net pour l’ensemble de la facture alimentaire, elle est estimée en 2011 à 9 milliards de dollars, et extrapolée à plus de 14 milliards de dollars horizon 2015 en cas de léthargie du tissu économique. Paradoxalement l’Algérie est importatrice de gasoil et d’essence super sans plomb pour plusieurs centaines de millions de dollars.
Face à une aisance financière de conjoncture pas due au travail et à l’intelligence, le FMI dans ses rapports 2010/2011 constate une relative stabilisation macro-économique tout en soulignant que cela est due à la rente des hydrocarbures et la Compagnie française d’assurance du commerce extérieur (Coface) qui a tenu le 16 janvier 2012 son 16e colloque maintient la note A4 de l’Algérie concernant l’évaluation du risque commercial mais classe à B l’environnement des affaires en Algérie. Cette dernière note reflet de la panne des réformes est corroborée tant par le rapport du 17 janvier 2012 de la banque mondiale qui constate une détérioration de l’environnement des affaires, que le rapport de janvier 2012 de Héritage Fondation et le Wall Street Journal sur l’indice des libertés économiques où l’Algérie arrive à la 140e place , le15ème sur 17 parmi les pays de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient. Ainsi l’économie est sous perfusion de la rente des hydrocarbures, existant des liens dialectiques entre la logique rentière et l’extension et la sphère informelle, entre le niveau des réserves de change et l’évolution du cours des hydrocarbures déterminés essentiellement par des facteurs externes. Il y a urgence d’une transparence dans la gestion des réserves de change pour éviter les pratiques occultes posant la problématique de la démocratisation de la gestion des hydrocarbures, une transparence dans la gestion du système financier lieu de distribution de cette rente afin de lutter efficacement contre la corruption, les lois et la création d’institutions bureaucratiques inefficientes étant contredits par les pratiques sociales. Ainsi, pour l’Algérie, la cellule de traitement du renseignement financier (CTRF) a reçu 5 000 déclarations de soupçons de blanchiment d’argent depuis 2005. Répondant aux sénateurs le ministre des Finances a indiqué le 20 janvier 2012 que la CTRF, qui travaille à travers l’échange d’informations avec les cellules étrangères dans le cadre de la réciprocité, a reçu 11 déclarations de soupçons en 2005, 36 en 2006, 66 en 2007, 135 en 2008 et 328 en 2009 avant que ces déclarations ne s’élèvent à 3 302 en 2010 et 1 398 en 2011.
Car il y a lieu de tenir compte des impacts sur l’Algérie de la crise mondiale qui sera de longue durée impliquant une refonte du système économique mondial et notamment de la suprématie du dollar . Au niveau international existent des monnaies non convertibles et des monnaies internationales convertibles acceptées lors des transactions internationales. Ainsi, moyenne 2008/2010 65% des réserves de change des banques centrales étrangères sont détenues en dollars, contre seulement 27% en Euros, surtout depuis 1971 du fait de la démonétarisation du dollar vis-à-vis de l’or. Cependant existe une tendance contraire à cette dominance actuelle, expliquant la guerre des monnaies qui se fera de plus en plus vivace, certainement entre 2015/2020 avec l’entrée du Yuan chinois. L’on pourrait assister à une stratégie convergente à travers le duo USA/Chine notamment à travers les bons de trésor représentant environ 45 % de la dette totale externe des Etats-Unis , une grande partie est libellée en dollars et la Chine dont d’ailleurs le PIB ne dépasse pas 5000 milliards de dollars trois moins que celui des USA pour une population trois fois supérieure, dépendant pour une grande fraction de leurs exportations des USA, pouvant assister horizon 2020 à un duo USA/Chine marginalisant l’Europe qui demeure actuellement la première puissance économique mondiale et la zone d’exportation première de la Chine avant les USA. La monnaie à travers les systèmes financiers joue le rôle comparable au sang dans un corps humain ou toute circulation sanguine, pouvant bloquer le corps humain ou l’économie en tant que moyen et non comme fin. Cela explique en partie, les liens dialectiques entre la sphère réelle et la sphère financière, et cette suprématie de la sphère financière qui explique tant la crise mondiale de 1929, que celle d’octobre 2008 et la crise actuelle avec cette différence que nous sommes à l’ère de la mondialisation-interdépendance accrue des économies et qu’aucun pays n’est épargné. Les actifs toxiques continuent de produire leurs effets étant passé » une crise d’endettement des banques à une crise d’endettement des Etats dont USA et Europe totalisent certes 50% du PIB mondial pour une population de 880 millions d’habitants sur un total mondial de 7 milliard d’âmes, mais également rapporté au PIB mondial plus de 40% de la dette publique mondiale. Les ondes de chocs ne sont pas encore terminés, comme en témoigne la dégradation durant ce mois de janvier 2012 de la notation de la majorité des pays européens par la Standard & Poor’s (S&P) encore qu’elle n’ait pas été suivi intégralement par les deux autres grandes agences comme Moody’s et Fichet. Ces notations de AAA à la dernière note C, sont faites en principe sur trois principaux critères, le niveau de l’endettement des Etats, la projection du taux de croissance pour voir si le pays a les capacités de rembourser sa dette et sur des critères qualitatifs comme la stabilité sociale, politique et le mode de gouvernance. En principe, mais cela n’est pas général comme en témoigne la dégradation de la note US à AA qui continue d’emprunter à des taux bas, le niveau de confiance en els USA puissance économique mondiale n’ayant pas été affectée, le taux de financement est élevé en cas de dégradation surtout pour le long terme. Par exemple au 01 janvier 2012, l’Allemagne peut lever des financements à 10 ans au taux de 1,759% ,la France au taux de 3,055%, l’Espagne 5,156%, l’Italie 6,596% l’Irlande 7,465%,le Portugal 11,385% et la Grèce au taux de 28,30%. Ce taux est plus bas à court terme (1 ans et à moyen terme moins de 5 ans), l’Italie venant pour moins d’une année de lever 8,5 milliards de dollars au taux 2,735% et la France le 19 janvier 2012 à un taux largement inférieur au taux du marché. L’Algérie selon ces agences n’ayant pas à proprement parler d’économie hors rente, n’est pas noté. L’agence de notation chinoise Dagong récemment , mais qui a peu d’impacts sur les marchés financiers, a classée l’Algérie au niveau BBB. C’est que l’on ne s’ait pas attaqué à l’essence de la crise notamment en Europe qui souffre de la coordination de la gouvernance et le système bancaire inadapté impliquant la séparation des fonctions des banques des dépôts et des banques d’investissement à l’instar des USA. Le risque de cette crise est que les pouvoirs publics occidentaux utilisent l’inflation pour alléger l’endettement public alors qu’il faille s’attaquer au système économique mondial qui nécessite une nouvelle régulation et gouvernance mondiale liant dynamique économique et dynamique sociale, et atténuer la part des profits spéculatifs qui s’accentuent aux dépends des salaires productifs. Cela relance d’ailleurs l’application de la taxe Tobin sur les transactions financières mondiales mais pour son efficacité, elle devra concerner tous les pays.
L’Algérie ne saurait donc vivre dans une ile déserte et est concernée par l’actuelle crise mondiale. Dans le contexte actuel de déliquescence du capitalisme financier et prédateur, « il y a lieu de repenser impérativement le fonctionnement du système économique et politique international, et notamment les politiques de complaisance de l’Occident vis-à-vis de ces dictatures qui menacent la sécurité mondiale. Cela implique plus de moralité de la part des dirigeants de l’Occident, car s’il y a des corrompus, il y a des corrupteurs. Les mesures de politique monétaire et financière doivent s’inscrire dans une démarche cohérente de la réforme globale et au sein de grands espaces, d’où l’importance de l’intégration maghrébine. Toute injection de monnaies sans contreparties productives accélère la détérioration du dinar dont la valeur en Algérie, comme démontré précédemment tient pour beaucoup à la rente des hydrocarbures. L’Algérie a besoin d’une planification stratégique qui colle aux nouvelles mutations mondiales. Ces mutations conditionneront ou pas un développement durable hors hydrocarbures sachant que l’Algérie ayant actuellement 36 millions d’habitants sera dans 25 ans (50 millions) sans hydrocarbures –entendu en termes de rentabilité financière posant la problématique de la transition d’une économie de rente à une économie productive rentrant dans le cadre des avantages comparatifs mondiaux. Dans ce cadre existe un lien dialectique entre développement et démocratie tenant compte des anthropologies culturelles supposant de profonds réaménagements des structures du pouvoir algérien. Et comme fondement la moralité, si l’on veut éviter ce cycle de la décadence, cette société anomique mis en relief par le grand sociologue maghrébin Ibn KHALDOUN. L’Economie comme nous l‘ont enseigné les classiques est avant tout politique. Espérons pour l’Algérie un avenir meilleur. L’Algérie sera ce que ses dirigeants et les segments actifs de la société voudront qu’elles soient.
Le 31 janvier 2012 Fin du dossier
Docteur Pr -Abderrahmane MEBTOUL Expert International- Président Association- ADEM- Président du Conseil Algérien des Privatisations (rang Ministre Délégué 1996/1999/) et premier conseiller à la Cour des Comptes (1980/1983) - Directeur d’Etudes Ministère Energie Sonatrach (1974/1979-1990/1995-2000/2006)-Expert au Conseil Economique et Social 1996/2008-Consultant Présidence de la République (2007/2008)
Docteur Abderrahmane MEBTOUL



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