8 Mai 1945... Après

Rencontre de l’auteur à l’hôpital militaire Laveran de Constantine avec un soldat algérien revenu de la guerre.
Pleure Ô malheureux Ibn Allali Revenu de France et d’Italie Après la longue et funeste guerre Très joyeux de retrouver ta terre
Hélas ! Ton gourbi et l’olivier rasés La mechta entièrement embrasée Ta femme brûlée à Héliopolis Par un sous-préfet, chef de Milice
Pourtant, ton bras, ta jambe arrachés Par des éclats d’obus sur la tranchée Pour libérer de l’Axe immonde L’Europe et une partie du Monde
Pleure Ô triste Ibn Allali Tes médailles rappellent l’Italie Les combats de Tunis à Cassino Où tu fus grand mais modeste héros
Quand décoré par l’Américain Clarck Et l’officier Anglais devant les tanks Ta joue noire de fumée des salves Eut le baiser réservé aux braves
Chez toi, au « bled » des soldats sont passés Semant à la volée des trépassés A Guelma, Sétif, Kherrata ailleurs Oublieux du passé et de l’heure
Comme pelletées de grains au vent Mais, graines pour pousses de châtiment
Salah Bousseloua



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