A Monsieur le maire de Jijel : ma ville après la levée de l’état d’urgence...

Au début de cette année 2011, vous dépassez les trente huit mois de mandat électif, à la tête de la commune de jijel. Tout en coïncidant avec la déclaration du Président de la République de lever l’état d’urgence, une question pertinente est posée comme une ritournelle à toute l’équipe qui vous entoure , dans la gestion des affaires de la ville. Qu’avez-vous fait depuis votre investiture ? Médecin spécialiste de votre état, vous aviez toute la latitude et les moyens de diagnostiquer la morale et la manière de servir de vos collaborateurs, dans la collectivité locale, dont vous avez la charge quotidienne.
A dire vrai, il y en a qui ont trouvé que la morale est morte et bien enterrée. On en trouve aussi qui pensent que ses obsèques ont eu lieu et lui souhaitent bon repos à son âme. En effet, peut-on vraiment parler d’intégrité dans une ville où l’immoralité est la chose la mieux partagée ? Au nom de l’argent roi, l’on est aujourd’hui prêt à , trahir et suprême immoralité- à tuer à petit feu… N’avons-nous pas répété que l’exclusion est pire que la condamnation à mort ?! L’argent a divisé des amis que l’on disait inséparables, disloqué des foyers et des familles. L’immoralité est devenue la règle à tel point que des vertus comme la droiture, l’honnêteté, la probité, apparaissent comme de vilains défauts. Incarner ces valeurs ou les professer, vous fait ressembler à un extraterrestre, qui dérange, qui fait peur etc.… Comment sont-elles ces personnes par exemple qui, dans un milieu donné, ont refusé de marcher dans des combines, d’être complices de mensonges, de détournements, d’actes de corruption ? Pour leur grand malheur, ces personnes se retrouvent souvent même persécutées pour être restées droites dans leurs bottes. C’est le cas par exemple de ce responsable, qui a été relevé de ses fonctions, menacé de mort pour avoir- tenez-vous bien, dénoncé officiellement des malversations, qui ont englouti et détourné des milliards, opérées par vos prédécesseurs. Si la morale n’était pas morte, moi celui que vous qualifiez d’homme qui dérange, et pour certains le fou de la bande, je pense que c’est dans cette belle ville de Jijel que nous aimons tous, que la gabegie, la corruption et le clientélisme sont devenus un sport local. C’est dans cette ville également que l’on fraude aux examens et concours de recrutement, aux marchés publics, et ce, malgré les mesures prises par l’Etat, à savoir l’existence de structures de lutte contre la corruption et la fraude. Malheureusement, il y’a cette règle intransigeante, qui s’est heurté à une certaine réalité, qui veut qu’il ne faut pas trop secouer le cocotier, ni donner un violent coup de pied dans la fourmilière. Pour conclure, Une opération mains propres, doit être entreprise dans notre institution, sensée servir le citoyen, avant qu’il ne soit trop tard. En tout cas, il ne faut pas laisser le fantôme s’installer durablement, et vouloir ensuite le déloger. Cela risque d’être une mission impossible. Parole de fou qui vous dérange, vous le reconnaîtrez, qui pense qu’il ne prêche pas dans le désert, et qui veut interrompre à tout prix, le deuil de la morale que vous êtes en train de faire. Tout a une fin docteur, mais la fin est une et une seule…
HOCINE



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