A sens unique

jeudi 5 janvier 2012
par M. Saadoune

Moncef Marzouki, le Président tunisien, n‘a pas que le « défaut » de ne pas porter de cravate. Il a aussi le grand défaut d’avoir des idées, les siennes, qui ne correspondent pas à ce que le « centre » parisien se fait d’un homme de gauche et d’un démocrate. Le bon politicien doit nécessairement haïr les islamistes et souhaiter leur bannissement politique et civique ! Mais plus grave, Moncef Marzouki a le défaut majeur d’exprimer les idées qui sont les siennes quand on le sollicite. Il avait déjà énervé quand il a déclaré que les « Français sont souvent ceux qui comprennent le moins le monde arabe ». On n’a pas aimé non plus quand il s’est moqué des grands « penseurs » qui considèrent toujours que la démocratie et les Arabes, cela fait deux. Mais quand le site Médiapart, décidément bien à part, l’a sollicité pour qu’il adresse ses voeux aux Français, les oreilles des politiciens français, si prompts à donner des leçons et à décider ce qui est « bon » pour les autres, commencent à chauffer. C’est que Moncef Marzouki, dans ses voeux aux Français, montre qu’il sait parfaitement comment fonctionne le landerneau politique hexa- R gonal. Il avait donc invité les « politiciens français » à ne pas trop jouer sur la « carte de l’islamophobie » en cette année électorale en France, où l’on sait que tous les coups sont permis. « Je souhaite aux Français que cette année ne soit pas trop dure (…), que les élections se passent bien et que certains politiciens n’utilisent pas trop la carte de l’islamophobie ». Que l’on partage ou non les idées de Moncef Marzouki, ces souhaits partent d’un constat évident pour ceux qui observent une scène politique française où la droite est en surenchère avec l’extrême droite sur les thèmes classiques de l’islamophobie et de la xénophobie. Il y a eu une réponse plutôt langue de bois du porte-parole du ministère des Affaires étrangères français, affirmant que son gouvernement agissait « sans relâche » pour prévenir et « réprimer toutes les manifestations d’hostilité à l’égard de toutes les religions et de toutes les croyances ». Mais, apparemment, cela n’a pas suffi pour une classe politique française trop habituée à émettre des jugements sur les autres et peu encline à accepter la réciprocité. Et quand M. Marzouki parle de « colonialisme », ils ont de l’urticaire. A l’image du député de Paris, Bernard Debré, qui tance le Président tunisien et l’invite à surveiller ses paroles  ! Il y a tant de condescendance dans le propos que cela pourrait servir de modèle du prêt-à-penser de la droite française sur la Tunisie et les autres pays. Quand on connaît le flot de jugements péremptoires qui sont émis de Paris sur la Tunisie, sur ce que doit être son devenir et ce qu’il « faut » qu’elle soit, cette sommation de se taire est incroyable. Même les droits de l’homme, qui étaient, de l’avis officiel français, bien préservés sous le régime de Ben Ali, sont devenus un souci pour Paris. Pourquoi donc ne supportentils pas quelques observations que beaucoup de Français font sur les dérives des guerres politiques en France ? Il faudra peut-être ajouter cette volonté – qui ne sera pas forcément couronnée de succès – de Marzouki d’essayer de créer quelque chose de nouveau entre son pays et la Libye. Histoire d’essayer de sortir d’un néoprotectorat qui cherche à s’incruster ici et à s’installer là-bas.

Le Quotidien d’Oran


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Réactions

vendredi 6 janvier 2012 à 14h12

Moncef Merzouki met mal à l’aise le régime algérien

Présent depuis lundi 2 janvier 2012 à Tripoli dans le cadre d’une visite diplomatique, le président tunisien, Moncef Merzouki, a insisté sur « l’importance du respect de la victoire des islamistes », qui ne doit pas être remise en cause « sous peine, a t-il dit, « de voir se répéter un incident à l’Algérienne dans les années 90 » et d’ajouter : « si les Algériens avaient accepté les résultats des votes, le pays n’aurait pas sombré dans la violence et les bains de sang ».
Cette déclaration n’a de toute évidence pas été apprécié par le régime algérien. le lendemain, Mourad Medelci, ministre algérien des Affaires étrangères, a rappelé, sur une radio algérienne sur un ton des plus inhabituels, les lignes rouges à ne pas dépasser dans les relations avec l’Algérie, tout en insistant sur le fait qu’elle “n’a pas de leçons à recevoir” de quiconque.
“L’Algérie est souveraine, elle n’a pas au cours de la décennie noire reçu d’aide d’aucune partie. Elle est aujourd’hui en mesure de partager son expérience avec les autres, mais elle n’a pas de leçons à recevoir”, a lancé le ministre des Affaires étrangères, lors de son intervention dans l’émission “L’invité de la rédaction” de la radio Chaîne III.
Dans la foulée, des journaux algériens ont rebondi sur l’affaire et ne semblent pas non plus apprécier que la première visite officielle du président tunisien ait eu lieu en Libye. L’Algérie devant être « la première destination du chef de l’Etat, selon la tradition diplomatique en vigueur entre les deux pays », comme paru dans un article du site d’information « Tout sur l’Algérie », notamment.
Dans cet article, l’Algérie déplorerait « la marque d’ingratitude » commise par « le nouvel homme fort de la Tunisie » qui « n’en finit pas de multiplier les petits affronts envers son voisin algérien ».
Tout en déclarant que « pour sa première visite à l’étranger en tant que chef de l’Etat tunisien, il choisit donc la Libye, et non le « grand voisin », le « grand frère », la « grande puissance régionale » que l’Algérie entend continuer à représenter.
Ce site d’information va même beaucoup plus loin dans sa critique du président tunisien le qualifiant de « populiste avec une approche diplomatique qui l’est tout autant » en traitant avec mépris et arrogance « l’ingratitude » de « la petite Tunisie ( )qui a reçu à la mi‑mars 100 millions de dollars d’aide de l’Algérie ? ».
Ces attaques contre la Tunisie qui est entrain de réussir sa révolution et de son président élu , reflètent le malaise du régime algérien face aux nouvelles autorités en Afrique du Nord. La liberté de ton de Moncef Merzouki, qu’il tire de son passé d’opposant et de sa légitimité démocratique, agacera encore longtemps le « grand voisin ».
KalimaDZ

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jeudi 5 janvier 2012 à 19h28, par  mohamed seddik

Bon président ou pas, ce Marzouki ; l ’Algerie est déjà un pays stable, la population est à 99 pour cent riche, au pire loin du besoin, le régime du FLN et du RND est bon,de toute façon ’’thebou wella tekarhou’’,on est encore là pour 300 ans et c’est nos enfants qui vont prendre la relève en algérie et se pavaner dans le luxe et mort au peuple algérien qui n’est pas ancien moudjahid !!

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jeudi 5 janvier 2012 à 15h48, par  Ziani

il était temps qu’un officiel arabe parle légitimement en nôtre nom. mais Merzouki est un médecin pas un malade qui regrette que le cours de l’histoire ait été malheureux si tant est qu’il ait pris un itinéraire auquel nous révions.

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jeudi 5 janvier 2012 à 15h44, par  Noureddine

Ah ironie du sort. Leçon de vie en nature , mais les obtus le seront toujours jusqu’à leur départ…imminent. Inshallah

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jeudi 5 janvier 2012 à 15h43, par  Mourad

C’est un excellent President : les Tunisiens méritaient bien un tel gars !! En plus ,il adore l’Algerie !!!!

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