Aire marine protégée : les pêcheurs dans le désarroi

lundi 17 octobre 2011
par Fodil S.

La protection et la préservation de la nature, c’est bien, pourvu que cela n’empiète pas sur le gagne-pain des pêcheurs. Cependant, on peut toujours trouver une solution idoine.

Le lancement d’une enquête sur la deuxième proposition, entrant dans le cadre du processus de délimitation et du zoning de l’aire marine à intégrer dans la gestion du parc national de Taza, a suscité un réel désarroi au sein de la communauté des pêcheurs de Jijel. Des patrons pêcheurs que nous avons rencontrés au port de Boudis, disent ne pas comprendre ces décisions hâtives qui touchent à leur gagne-pain. Le principal point d’achoppement a trait essentiellement à la zone délimitée sur la carte, placardée au niveau du hall de la mairie de Jijel, et sur laquelle on remarque l’intégration de la zone englobant la Salamandre et le Banc des Kabyles, au large de Ras El Afia, à l’ouest de la commune de Jijel. Pour les professionnels de la pêche, l’interdiction de cette zone équivaut à une mort certaine de la pêche à Jijel car, assurent-ils, l’essentiel du poisson qui garnit les marchés de Jijel, vient de cette zone. L’autre problème relevé a trait au déficit en matière de communication. L’arrêté lançant cette enquête qui a été signé, le 8 septembre 2011, en fixe la durée à un mois, soit du 13 septembre au 13 octobre 2011.

Les structures auxquelles avait été adressée la correspondance, comme l’APC, le port de Boudis ou encore la Chambre de la pêche, devaient mettre à la disposition des citoyens un registre pour y apposer leur remarques ou oppositions. Ce registre était inexistant au niveau de l’APC et de la Chambre de la pêche. Au port, c’est un registre banal, puisque ne comportant ni cachet ni mention précisant son usage, alors que ce genre de supports doit être côté et paraphé, pour avoir un aspect officiel. Le peu d’intérêt donné à cette enquête, semble derrière le désarroi des pêcheurs. La montée au créneau de cette communauté, semble être déjà entendue. Nous avons appris que l’enquête, dont le délai a expiré le 13 octobre, a été prolongée par le comité de pilotage pour une période de 10 ou 15 jours. Des rencontres devraient aussi être initiées avec les pêcheurs pour mieux expliquer les contours de cette action et éventuellement répondre à certaines exigences de la profession. Dans un communiqué, la responsable du projet MedPan Sud, Mme Nadia Ramdane-Fetoussi, fait remarquer que cette enquête est une « des recommandations principales retenue par les travaux de la commission de consultation et de concertation, particulièrement celles du 23 juin 2011 » pour « renforcer la communication et impliquer le maximum de partenaires au montage de cette future aire marine protégée ».

Elle précise que cette version affichée « n’est pas encore finalisée », ajoutant que le but est « d’aboutir à la meilleure proposition d’aménagement spatial et de gestion rentable et équitable ». A cet effet, il est mentionné qu’entre 10 et 20% de la superficie totale seront classés comme zone intégrale réservée à une protection maximale, tolérant seulement la recherche scientifique. Une deuxième zone, dont la superficie sera dans une proportion comprise entre 30 et 50%, accueillera un certain niveau d’activité organisée. Enfin, le territoire restant appelé espace périphérique, abritera un grand nombre de créneaux. Si beaucoup de pêcheurs ont suivi de près le processus et l’évolution du projet, la responsable du projet reconnaît qu’ « une bonne partie nécessite encore de l’effort de la part de la commission pour mieux l’imprégner de cet évènement que l’histoire va enregistrer pour l’avenir de la wilaya ». Des soucis jugés légitimes « d’une catégorie en souffrance et qui s’inquiète de la diminution du stock halieutique ».

Le déficit en matière de communication est relevé, puisque l’on indique que « la médiatisation n’a pas été suffisamment encadrée. » D’où l’invitation faite aux professionnels de la pêche « de bien vouloir assister ce processus en espérant arriver à une mise en œuvre pour le bien-être de tous et pour un avenir meilleur pour notre wilaya à travers l’intégration de la zone marine Ouest de la wilaya de Jijel comme première aire marine protégée en Algérie ».

El-Watan


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Réactions

lundi 17 octobre 2011 à 20h16

Plus de protection, plus de poisson pour certains requins.

lundi 17 octobre 2011 à 19h22

Il faut investir dans le "gros tonnage" pour aller pêcher plus loin comme le font les pays de la rive nord, sinon il viendra le jour où il y aura plus de poisson sur nos cotes.

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