Assassinat de Larbi Ben M’hidi :secrets de tortionnaires

jeudi 17 juillet 2008
par BENKAM

La version erronée ( ?) du général Aussaresses Revenons à la guerre d’Algérie et surtout à la bataille d’Alger. Vous n’avez pas tout dit dans votre livre Services spéciaux ?
- Peut-être bien. La preuve : c’est en mars 2007 seulement que vous avez raconté les circonstances exactes de la mort de Larbi Ben M’hidi. Pourquoi avez-vous attendu tant de temps ?
- En réalité, c’est Florence Beaugé, la journaliste du Monde, qui a su me convaincre de parler. Tant de rumeurs et d’histoires fausses couraient sur cette mort mystérieuse qu’il fallait un jour dire comment cela s’était réellement passé. Alors, racontez-moi !

- Il faut d’abord dire qui était Ben M’Hidi. Il était, en tant que patron du CCE (Comité de coordination et d’exécution du FLN), I’organisateur des attentats à la bombe qui ensanglantaient Alger depuis plusieurs mois. Il avait été arrêté sur dénonciation quelques jours après deux terribles attentats dans le stade d’EI Biar. Deux bombes avaient explosé presque simultanément en plein match de football. Il y avait eu, je crois, une douzaine de morts et je ne sais combien de blessés. L’arrestation de Ben M’Hidi est restée secrète presque une semaine. Pendant ce temps, il a eu des entretiens prolongés avec le colonel Marcel Bigeard, qui avait dans la tête de le retourner. C’était un gros poisson et s’il se ralliait à nous, la situation à Alger pourrait changer rapidement. Je ne sais pas ce qu’ils se sont dit, mais il est évident que Bigeard n’a pas réussi à convaincre son ennemi. Il le traitait pourtant avec tous les égards. C’est ainsi que, le 3 mars 1957, le général Jacques Massu m’a fait venir dans son bureau. Il y avait là le colonel Roger Trinquier, son chef d’état-major. Nous avons discuté du sort de Ben M’Hidi et, finalement, Massu m’a dit : « 0ccupezvous-en, faites pour le mieux, je vous couvrirai. » J’ai compris ce que cela voulait dire, mais aussi que… Massu avait eu le feu vert du juge Bérard. Ce juge représentait le cabinet du garde des Sceaux François Mitterrand auprès de l’état-major. Sa ligne était reliée directement à celle de François Mitterrand et ils se téléphonaient au moins une fois par jour. Mon bureau, à la préfecture, était justement à côté de celui du juge. Lorsque, dans la nuit, je suis allé chercher le prisonnier à El Biar, un peloton de parachutistes du 3e RPC a rendu les honneurs. L’ordre venait de Bigeard. Ben M’Hidi a compris aussitôt que son sort était joué. Ce que vous dites là est déjà plus ou moins connu. Mais certains disent qu’il a été torturé par vos hommes, puis fusillé. Et, quant à la thèse officielle, on en est toujours au suicide.
- La réalité, c’est que l’ordre est venu de Paris. De Paris, vous voulez dire, du ministère de la Justice ?
- Oui. On nous demandait de « laisser sa capsule de cyanure à Ben M’Hidi. » Devant mon ahurissement, lorsqu’il m’a communiqué cet ordre, le juge Bérard a insisté lourdement : « Mais oui, mais oui, tous les grands chefs ont leur capsule de cyanure. Vous ne savez pas ça. Ils l’avaient pour se supprimer s’ils tombent aux mains de l’ennemi. » J’avais compris. Il fallait que Ben M’Hidi se supprime comme un grand chef. Sauf qu’il était impossible de trouver une capsule de cyanure à Alger. Il a donc fallu trouver l’autre chose pour « suicider » Ben M’Hidi. Nous avons conduit le prisonnier sous bonne escorte - nous craignions que le FLN n’organise une évasion - dans une ferme isolée. Là, dans une pièce à l’écart de l’habitation, mes hommes ont accroché une corde à un tuyau et placé un tabouret dessous. L’un d’eux a même testé le gibet pour mesurer la résistance du tuyau. Il était solide. Vers minuit, Ben M’Hidi est entré dans la pièce. Il a repoussé le parachutiste qui voulait lui mettre un bandeau sur les yeux en disant qu’il était un soldat. Le para lui a répondu que c’était un ordre. La voix ferme, Ben M’Hidi a répliqué : « Je sais ce qu’est un ordre. Je suis moi-même colonel de l’ALN. » Ce sont ses dernières paroles. Finalement, Ben M’Hidi a accepté le bandeau sans broncher et nous lui avons mis la corde au cou. C’est peut-être un signe du destin : la première corde, celle qui avait été testée par un des parachutistes, a cassé. Il a donc fallu s’y reprendre à deux fois pour exécuter ce chef de l’ALN. J’ai fait immédiatement transporter son corps à l’hôpital Saint-Eugène pour accréditer la thèse du suicide. J’ai prévenu Massu. Il était bien deux heures du matin. Quant au juge Bérard, il avait déjà sur son bureau mon rapport sur le suicide de Ben M’Hidi que j’avais rédigé l’après-midi précédant l’opération. L’affaire en est restée là, bien qu’un procureur ait voulu nous chercher des noises. Voilà ce qui s’est vraiment passé. Je dois ajouter que la mort de Ben M’Hidi a porté un coup terrible aux réseaux de l’ALN à Alger. (…)


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Réactions

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mercredi 13 octobre 2010 à 06h06, par  BENKAM

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invité(e) Posté le : 17/07/2008 10:41 Mis à jour : 17/07/2008 11:41
Re : Assassinat de Larbi Ben M’hidi :secrets de tortionnaires
vous donnez bien d’importance à cette crapule d’Aussarès


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invité(e) Posté le : 17/07/2008 18:55 Mis à jour : 17/07/2008 20:24
Re : Assassinat de Larbi Ben M’hidi :secrets de tortionnaires
Voila aucun respect pour les droits des prisonniers de genève de 1946, pourtant les français étaient parmi les signataires. Tout façon il nous ont menti pendant plus d’un siècle et nous mentent aujourd’hui pour leur droits de l’homme sur mesure ! Droits du plus fort qui écrasent les plus faibles, ça toujours été comme ça !

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invité(e) Posté le : 18/07/2008 18:38 Mis à jour : 18/07/2008 19:18
Re : Assassinat de Larbi Ben M’hidi :secrets de tortionnaires
On était en "maintien de l’ordre" suivant le terme employé par les politiques de l’époque.
Donc la convention de Genève ne s’appliquait pas !………..

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invité(e) Posté le : 17/07/2008 17:45 Mis à jour : 17/07/2008 18:00
Re : Assassinat de Larbi Ben M’hidi :secrets de tortionnaires
Cette crapule, comme vous dites (le terme n’étant pas exagéré du tout), et même si c’est par effraction, fait partie de notre histoire. Si la vérité historique doit venir par lui, eh bien, moi je suis preneur.


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invité(e) Posté le : 17/07/2008 23:42 Mis à jour : 18/07/2008 00:23
Re : Assassinat de Larbi Ben M’hidi :secrets de tortionnaires
allah yarahmou,dire que l’algerie a possede des hommes de son envergure et qu’elle patauge maintenant dans la boue, c’est allucinant.qu’avons nous fait au bon dieu pour meritait ces dirigeants ?j’ai peur que je mourrais et que l’algerie ne verra pas la lumiere.il reste fort a faire ; helas !

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