Association « L’Immigration Repères et Citoyenneté –I R C » (3)

lundi 5 décembre 2011
par Chérif Boudelal

L’IRC propose aux structures socioculturelles et éducatives un module de formation intitulé : « L’Histoire de la Civilisation arabo-musulmane » (Avec un support vidéo sur la mécanique et les instruments de mesure astronomique)

Un trou de mémoire aussi grand que le monde !

Texte explicatif Après avoir mis en place le module de formation : « L’Histoire de l’immigration française XIXe-XXe siècles » en 2000, l’association « IRC » a mis en place, en 2009, un second module intitulé : « L’Histoire de la Civilisation arabo-musulmane ». Les deux modules s’adressent aux mêmes publics et ont le même objectif : la connaissance de l’Histoire et le mélange des cultures en tant que facteurs de rapprochement entre les citoyens de différentes origines qui composent la société française.

C’est aussi une façon d’honorer la mémoire des Grands Savants qui ont contribué aux développements des sciences qui ont métamorphosé l’image du monde. Prenant le relais de la Grèce antique, la Civilisation arabo-musulmane a développé - outre les sciences exactes que nous connaissons aujourd’hui - d’autres domaines tels la philosophie, la sociologie, l’histoire, la géographie, la littérature, la musique, etc. Les savants et intellectuels arabo-musulmans les plus connus en Occident sont : 1) Averroès, que les Occidentaux initiés considèrent comme un philosophe modèle. Cette reconnaissance est due au fait que ce dernier ait pu faire de l’Andalousie, par sa sagesse, une société multiculturelle et fraternelle entre les citoyens de la Cité, où les fidèles des trois religions monothéistes vivaient en harmonie et en bonne intelligence. 2) Avicenne, connu pour avoir développé la médecine et laissé des ouvrages médicaux précieux. 3) Ibn Khaldoun, pour ses œuvres en matière de sociologie et d’histoire scientifiques qu’il a développées. Mais beaucoup d’autres savants sont restés anonymes.

Sur le plan scientifique, beaucoup de savants arabo-musulmans se sont adonnés au Savoir et légué à l’humanité des Œuvres scientifiques jamais réalisées avant eux. La plupart de ces savants furent polyvalents et laissèrent une production scientifique abondante dans tous les domaines. Nous citons quelques uns de ces savants ci-après tels que :
- Al-Kindi (Abu Yusuf Yaqub ibn Ishaq al-Sabah Al-Kindi - IXe siècle), considéré comme le premier philosophe arabe. Il fut un savant excellent dans des domaines très variés (philosophie, mathématiques, médecine, physique, astronomie, psychologie et musique). Il a laissé 290 ouvrages dont 32 en géométrie, 22 en philosophie, 22 en médecine, 16 en astronomie, 12 en physique, 11 en arithmétique, 9 en logique, 5 en psychologie, 7 en musique et 2 ouvrages dans l’optique.
- Abu Al-Wafa (Muhammad Aboûl-Wafâ - IXe-Xe siècle) qui fut un Astronome et un Mathématicien, principalement connu pour ses apports en trigonométrie plane et en trigonométrie sphérique. Parallèlement à ses observations astronomiques, il écrivit de nombreux livres en arithmétique dont « el-kitab al-kamil » (le livre complet), une révision de

l’Almageste de Ptolémée. Certains de ses ouvrages ont disparu, tel le traité sur les coniques « kitab al-maraya al-muhriqa » (livre du miroir ardent) qui est une théorie sur la Lune et les tables trigonométriques. On lui attribue également la formule des sinus en trigonométrie sphérique (il est cité par plusieurs auteurs tels que Hebri Bousserouel, dans « Les savants musulmans oubliés de l’histoire ». Ahmed Djebbar, dans « Une histoire de la science arabe », John J. O’Connor et Edmund F. Robertson dans « Biographies/Abou al-Wafa », MacTutor, dans « History of Mathematics archive ».
- Razès (Abou Baker Mohamed ben Zakaria ARRAZI, dit Razès - IXe-Xe siècles) fut l’un des plus grands médecins arabes, bâtisseur du premier hôpital à Bagdad. Ce dernier est l’auteur de plusieurs ouvrages de médecine dont le plus important est celui qui traite de la variole et de la rougeole. Il développa une philosophie de la médecine universelle. Il fut aussi mathématicien, chimiste, astronome, philosophe et homme de lettre.
- Alhazen (Abū Alī al-Ḥasan ibn al-Ḥasan ibn al-Haytham, dit Alhazen - Xe-XIe siècles), fut Mathématicien, physicien, médecin et astronome. Auteur de nombreux ouvrages en mathématiques, en physique, en médecine, en optique et en astronomie, grand connaisseur des auteurs grecs. Il a considérablement inspiré les savants de la Renaissance occidentale (courant intellectuel rénovateur du XVe - XVIe siècle).
- Avicenne (Abou Ali Al Hussein ben Abdellah Ibn Sina, dit Avicenne - Xe-XIe siècles) est l’un des plus grands médecins et philosophes arabes (d’origine persane) ; auteur de plusieurs ouvrages de médecine dont le « Canon » (règle de médecine), « Le remède » ainsi que plusieurs ouvrages de philosophie. Son approfondissement de la philosophie grecque et son interprétation d’Aristote et de Platon ont exercé une influence considérable en Europe jusqu’au XVIIe siècle.
- Al Khawarizmi (Mohamed ben Ahmed - Xe siècle), auteur de « La clé des sciences ».
- Averroès (Abû Al-Walid Ibn Ruchd, dit Averroès - XIIe siècle) fut philosophe et médecin de renom. Il a interprété la métaphysique d’Aristote à la lumière du Coran et parvenu à unifier, en Andalousie, les fidèles des trois religions monothéistes en une grande famille harmonieuse. Il influença les grands penseurs occidentaux depuis le Moyen-âge et du monde contemporain.
- Ibn Battota (Mohamed ben Abdellah Ibn Battota –XIVe siècle) était un géographe itinérant. Il effectua trois grands voyages (en 29 ans) dans plusieurs pays d’Asie dont l’Inde et la Chine, mais aussi en Afrique et en Europe. Il laissa un manuscrit « Merveille des observations des destins étranges et l’extravagance des voyages », traduit en anglais, en français et en allemand. Ces sciences furent d’une grande utilité pour les géographes contemporains.

- Ibn Khaldoun (Abou Zeid Abderrahman Ben Mohamed Ben Khaldoun El-Hadrami –XIIIe-XIVe siècle) est un grand historien, sociologue, philosophe et juriste. Il a démontré son génie par son œuvre prestigieuse « Al Moukadima » - Prolégomènes - dans laquelle explique sa philosophie de l’Histoire en tant que science sociale méthodologique. On y trouve mêlées aussi bien des notions sur la sociologie, l’histoire, la géographie et la théologie. Il est considéré par de grands spécialistes en la matière comme le père de l’histoire méthodologique et de la sociologie scientifique.

L’islam du Savoir est mal connu Contrairement à ce que certains pensent, tous les apports de la civilisation arabo-musulamane ne traitent pas que du dogme purement religieux. L’islam qui encourage l’effort et la recherche scientifique est mal connu, laissant la place à celui qui traite strictement le côté religieux ; et même la religion est souvent mal interprétée par la majorité de musulmans eux-mêmes. L’islam insiste sur l’éducation ; il recommande à ses fidèles de bien éduquer leurs enfants et leur apprendre à se mettre au service de l’humanité et de l’intelligence. Il leur recommande de « Chercher le Savoir du berceau jusqu’à la tombe » ; de « Demander la Science fut-elle en Chine ! ». Et c’est ce qui explique que pendant « l’âge d’or » de cette Civilisation (VIIe-XVe siècles), des dizaines, voire de centaines de grands savants et intellectuels musulmans ont été formés et excellé dans divers de domaines scientifiques et littéraires. Si les musulmans d’autrefois avaient réussi à développer les sciences, c’est parce qu’ils considéraient le Savoir comme un devoir au même titre que les autres pratiques religieuses ; notion que les musulmans d’aujourd’hui ont complètement perdue.

De l’avis des savants qui ont commenté les vidéos de démonstrations mécaniques et instruments astronomiques (mentionnées plus bas), l’Occident n’aurait jamais pu avoir le développement qu’il connaît aujourd’hui sans l’apport scientifique de la Civilisation arabo-musulmane. En effet, c’est grâce à cette Grande Civilisation (oubliée) que les savants occidentaux, nés de la Renaissance européenne, ont pu développer à leur tour les sciences et technologies du temps moderne, et qu’il convient d’honorer également.

Plusieurs spécialistes occidentaux ont reconnu Ibn Khaldoun comme le pilier de l’Histoire et de la Sociologie, tels Yves Lacoste qui écrit de lui, dans son livre « Naissance de l’Histoire passé du tiers monde » : « L’œuvre d’Ibn Khaldoun, qui marque l’apparition de l’Histoire en tant que science, est peut-être l’élément le plus prestigieux de ce qu’il faut bien appeler le miracle arabe. Ces jugements ne sont que légitimes » … « Ibn Khaldoun a laissé une immense Chronique universelle. Celle-ci est précédée de “Al Moukadima“ (Prolégomènes), dans laquelle il expose et développe sa Philosophie de L’Histoire ». Pour P. K. Hithi, dans son « Récit de l’Histoire des Arabes », « Ibn Khaldoun a été le plus grand philosophe et historien de tous les temps ». Pour G. Marçais, « l’Œuvre d’Ibn Khaldoun est un des ouvrages les plus substantiels et les plus intéressants qu’ait produit l’esprit humain ». Pour A. Toynbee « Ibn Khaldoun a reçu et formé une philosophie de l’histoire qui est sans doute le plus grand travail qui ait jamais été créé par aucun esprit dans aucun temps et dans aucun pays ».

Les œuvres littéraires classiques arabes Les œuvres littéraires arabes classiques les plus connues en Occident sont « Les Mille et Une Nuits » et « Les Fables de Kalîla wa Dimna ». Ces œuvres sont arrivées en Occident, à travers l’Andalousie, au début du XVIIIe siècle. Jean de La Fontaine s’est inspiré de Kalîla wa Dimna pour écrire ces Fables : « Les Fables de La Fontaine ».

Les libres penseurs arabo-musulmans On peut citer encore les libres penseurs de la Renaissance arabo-musulmane, à partir du VIIIe siècle du calendrier Grégorien, tels les poètes et hommes de lettres Aboû Nouwâs (VIIIe-IXe siècles) ; Al-Hallaj (IXe–Xe siècles) ; ou encore Omar Khayyam (mathématicien et astronome, XIe-XIIe siècles), qui fut aussi un poète critique envers les dogmes de la religion et le comportement des religieux zélés. Ces intellectuels, qu’on peut les comparer aux libertaires d’aujourd’hui, furent les premiers libres penseurs après les Grecs. Ils s’élevèrent, déjà à leur époque, contre les dogmes religieux et revendiquèrent la liberté d’expression.

Honorer l’intelligence Tous ces savants qui ont consacré leur temps pour le Savoir universel au service de l’humanité, méritent d’être honorés. En réhabilitant leurs œuvres et reconnaissant leur génie, c’est le Savoir et l’intelligence que l’on honore.

Utiliser le Savoir comme un outil pédagogique Ce module peut servir de culture générale pour tous, mais aussi de repères pour les enfants/adolescents/jeunes issus de diverses communautés arabo-musulmanes, souvent à la recherche de leurs identités. Comme il peut servir de support pédagogique aux professionnels des secteurs socioculturels et éducatifs. Il est notoirement connu que lorsqu’on a des repères identitaires on se sent plus à l’aise pour travailler à l’école et réussir ses études, se former, travailler et faire des projets d’avenir. Par ailleurs la connaissance de cette approche de l’Histoire est un enrichissement personnel pour celles et ceux qui la découvrent ou en approfondissent leur connaissance. L’interculturalité permet de dissiper considérablement les préjugés qui peuvent exister dans des esprits, voire briser les barrières qui séparent des communautés les unes des autres, leur permettant ainsi de mieux se connaître et s’apprécier mutuellement.

Programme Ce module est une synthèse de l’Histoire de la Civilisation arabo-musulmane relative à la période de « l’âge d’or » de celle-ci (VIIe au XVe siècle). Il peut être dispensé sous forme d’interventions dans les classes pour les établissements scolaires et de conférences pour le public divers. L’exposé est précédé de deux vidéos de sept minutes chacune, relatant les inventions scientifiques et technologiques mentionnées ci-après.

• La première vidéo montre le système mécanique à engrenage (ancêtre de l’arbre à cames actuel) inventé par les trois frères BANOU MOUSSA (IXe siècle), qui furent membres fondateurs de « Dar Al-Hikma » - la Maison de la Sagesse - de Bagdad qui fut fonction d’université, de centre de recherche scientifique et de la traduction de la philosophie greque. Ce système mécanique a été amélioré ensuite par AL-JAZARI (de son vrai nom : Abū al-’Iz Ibn Ismā’īl ibn al-Razāz al-Jazarī, XIe-XIIe siècles).

• La seconde vidéo relate l’invention du calendrier du système solaire par Al-Bīrūnī (de son vrai nom : Abu Raihan al-Biruni, Xe-XIe siècles) - « connu pour sa théorie sur la rotation de la Terre autour de son axe et autour du Soleil ». Il calcule avec précision les mouvements des astres, les jours, les mois et les années, et ceci bien avant Copernic et Galilée, selon les savants qui ont commenté la vidéo en question.

Les scientifiques qui ont simulé ces mécanismes et commenté les deux vidéos reconnaissent le génie de ces savants qui ont inventé et/ou développé les sciences et technologies que nous connaissons aujourd’hui. Ils attribuent le développement et la diffusion des Sciences à cette grande Civilisation arabo-musulmane que le monde d’aujourd’hui a tout simplement oubliée.

Les publics visés : Ce module est destiné à tous les publics à partir de 11 ans

Durée des interventions :
- Entre 1H et 1H30 pour les classes des collèges et lycées
- 2H pour les conférences-débats publics
- 3H pour les stages (programme complet) pour les professionnels


Association « L’Immigration Repères et Citoyenneté –I R C » (Régie par la loi 1901, inscrite à la préfecture du Vaucluse sous le N°212025) 9, rue Corot – 84000 - Avignon L’intervenant : Chérif BOUDELAL (formateur indépendant) Contact : Tel : 06 11 36 48 86 - courriel : cherif.boudelal@yahoo.fr


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