Au Maroc tout va bien, nous dit-on !

lundi 7 mars 2011
par Chérif Boudelal
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Voici quelques exemples de la « réale démocratie » au pays de l’émir des croyants

Au Maroc, le makhzen tue en silence

Pendant que les regards du monde sont rivés sur la Libye, l’Etat marocain poursuit tranquillement sa répression contre le Mouvement du 20 février. … Deux noms, deux visages, Fadoua et Karim, deux victimes de l’arbitraire, sans doute pas les seules, mais leur triste sort a particulièrement ému au Maroc.

Karim Chaïb, 21 ans, a laissé sa vie dans les violents soulèvements qui ont secoué la ville de Sefrou à la suite des manifestations du 20 février. Une vidéo montre plusieurs policiers s’acharnant contre lui dans une ruelle de la ville, sous les cris indignés de quelques femmes. Bien que la scène se soit déroulée devant témoins, cela n’a pas empêché les autorités de vouloir "maquiller" leur crime. Karim a été enterré très tôt le matin, seulement en présence d’un nombre très limité de membres de sa famille, sans que les résultats de l’autopsie n’aient été rendus publics. Pourtant, d’autres vidéos de la ville accablent les forces de la répression, comme celle qui montre un membre de l’AMDH gisant au sol ensanglanté, où il accuse les éléments de la police judiciaire de l’avoir tabassé et volé son portable. Fadoua Laroui, 25 ans, la première femme qui s’est s’immolée par le feu après s’être fait expulser de sa baraque en taule pour se retrouver à la rue avec ses deux enfants. D’autres villes ont connu des morts non élucidées, comme les cinq cadavres calcinés trouvés dans une agence bancaire saccagée à Al Hoceima, les arrestations se comptent par centaines, et des siècles de prison ont été prononcés contre les manifestants. Les récits de torture et d’arrestations arbitraires sont légion, l’armée a été déployée dans certaines villes, comme Dakhla où ceux que l’on appelle les "Marocains de l’intérieur" - autrement dit les milices du pouvoir - ont commis des agressions contre les populations sahraouies sous le regard complice des forces de l’ordre, comme ce qui s’était passé il y a quelques mois à Lâayoun suite au démantèlement du camp de Gdeim Izik. Tout ceci se déroule pendant que l’Etat marocain continue à afficher son discours de démocratie et à faire l’éloge de ses "avancées". Mohammed VI n’a jusqu’ici donné aucun signe en faveur des revendications du Mouvement du 20 février. Seules quelques rumeurs de remaniement ministériel filtrent à travers les murs opaques du palais royal. Des rumeurs auxquelles les jeunes ont d’ores et déjà répondu lors des manifestations tenues dimanche dernier dans plusieurs villes du Maroc : "nous ne voulons pas que le roi nomme des ministres plus compétents, nous voulons qu’il cesse de nommer des ministres"- autrement dit il doit dégager. Article abrégé de ZINEB EL RHAZOUI (journaliste indépendante et internaute libre) - Rabat 02/03/2011

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Qui est-ce Zineb El Rhazoui ? Voici un article qui définit son itinéraire :

L’ARBITRAIRE AU MAROC Violation de domicile et arrestation illégale de Zineb El Rhazoui et Ali Amar Publié : le 6 juin 2010

Le vendredi 4 juin 2010 à 5 h 45 du matin, le chef de la Police judiciaire, ainsi que le chef de la brigade préfectorale de Casablanca, accompagnés d’environ 15 officiers et agents de la Police judiciaire marocaine, ont défoncé la porte de l’appartement casablancais de Zineb El Rhazoui, journaliste indépendante et co-fondatrice du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali) qui s’y trouvait en compagnie d’Ali Amar, journaliste indépendant, fondateur et ancien directeur du Journal hebdomadaire (interdit par le pouvoir marocain en janvier 2010), et auteur du livre Mohammed VI, le grand malentendu (Calmann-Lévy, Paris, 2009), ouvrage censuré au Maroc. Les dits agents d’autorité ont refusé de décliner leur identité ou de présenter leur carte professionnelle. Ils n’étaient pas non plus munis d’un mandat de perquisition ou d’amener. Zineb El Rhazoui et Ali Amar n’avaient pas reçu de convocation préalable. Dès qu’ils ont franchi le pas de la porte, les policiers ont commencé à photographier les deux journalistes et les recoins de l’appartement, et les ont interrogés sur la nature de leur relation, question à laquelle ils ont refusé de répondre. Les deux journalistes, qui se trouvaient dans le salon, ont reçu l’ordre de se soumettre à une mise en scène en s’asseyant sur le lit de la chambre à coucher de Zineb El Rhazoui pour y être photographiés ensemble, alors qu’ils étaient en tenue de ville. Devant le refus de ces derniers de s’exécuter, trois agents se sont rués sur Ali Amar et l’ont menotté. Les deux journalistes ont alors été immobilisés par deux agents, alors que d’autres s’affairaient à fouiller de fond en comble l’appartement, sans pour autant donner la moindre explication de ce qui justifie un tel assaut. Les agents ont continué à prendre de multiples photos, notamment du reste d’un dîner, dont deux bouteilles de vin rouge vides. Ils ont ensuite démantelé les ordinateurs et les périphériques informatiques des deux journalistes qui venaient de terminer une séance de travail consistant en la rédaction d’articles pour la presse internationale. Les agents ont compulsé leur documentation de travail, ont fouillé leurs sacs, papiers et effets personnels. L’un des officiers a ordonné à un agent d’examiner la vidéothèque de Zineb El Rhazoui pour vérifier s’il s’agissait de films pornographiques. L’un des photographes (qui s’est révélé plus tard être un technicien de la police scientifique) s’est rendu dans la salle de bains pour prendre des photos en plan serré d’une pastille de bain effervescente de marque Sephora qu’il a faussement identifiée comme étant un préservatif. Ce n’est qu’après les protestations répétées des deux journalistes que l’un des officiers a finalement donné quelques bribes d’explications. Il a justifié cette violation de domicile par la recherche d’un ordinateur supposément volé et le dépôt d’une plainte à ce sujet contre Ali Amar, pour vol, et Zineb El Rhazoui, pour complicité. Lorsque Ali Amar a fourni la facture d’achat de ce matériel informatique qui attestait de sa propriété, la police a ignoré le document et saisi l’ordinateur. Les agents ont également essayé de saisir l’ordinateur portable de Zineb El Rhazoui et son disque dur avant d’y renoncer face à ses protestations. Ils ont tout de même saisi la carte mémoire de son appareil photo numérique, ainsi que les deux bouteilles de vin vides qui seront considérées comme des pièces à conviction. Avant d’embarquer les deux journalistes à la préfecture de police de Casablanca pour les soumettre à un interrogatoire qui a duré 12 heures et demie (de 7 h à 19 h 30), Zineb El Rhazoui a demandé à se rendre aux toilettes. Les policiers lui ont répondu qu’elle pouvait le faire uniquement si elle laissait la porte grande ouverte. Bien qu’il n’y ait pas eu de violence physique ou verbale dans les locaux de la police judiciaire, de nombreuses questions ont été posées aux deux journalistes sur les aspects relatifs aux mœurs. Le procès-verbal de Zineb El Rhazoui fait mention de la consommation de vin et indique la présence d’un préservatif chez elle. Dans celui d’Ali Amar, la police a refusé de faire mention de la facture prouvant l’origine légale de l’ordinateur. Zineb El Rhazoui et Ali Amar ont été relâchés vers 19 h 30. Ali Amar a été verbalement convoqué à se représenter le samedi 5 juin 2010 à 10h30 à la préfecture de police de Casablanca. Zineb El Rhazoui et Ali Amar

(Par Chérif BOUDELAL - lundi 7 mars 2011 (contact : immigrationstorys@yahoo.fr)


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Réactions

jeudi 10 mars 2011 à 19h19

Dans FFA : Et si le Maroc devenait la première vraie démocratie au Maghreb ?
Par Le Matin dz |
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Email de destination : Bcc : Votre adresse email : Message : Le royaume, avec sa prochaine constitution, est en passe de devenir la première vraie démocratie du Maghreb, pour peu qu’il y ait une issue à la question du peuple sahraoui. Et il y a sept bonnes raisons de le croire : les sept promesses du roi. Forum free Algerie ouvre le débat.

Incontestablement, avec la prochaine réforme constitutionnelle "globale" annoncée par le roi, le Maroc est sur orbite démocratique, bien qu’il subsiste de lourds héritages du passé, bien qu’il y pèse encore l’insoutenable inégalité entre les hommes et les régions. Bien qu’il traîne l’embarrassante question du Sahara occidental. Le royaume, avec sa prochaine constitution, est en passe de devenir la première vraie démocratie du Maghreb, pour peu qu’il y ait une issue à la question du peuple sahraoui. Et il y a sept bonnes raisons de le croire : les sept promesses du roi. La prochaine constitution va consacrer la pluralité de l’identité marocaine ; elle va consolider l’Etat de droit et des institutions, l’élargissement du champ des libertés individuelles et collectives et la garantie de leur exercice ; elle va ériger la Justice au rang de pouvoir indépendant ; elle décrétera la séparation et l’équilibre des pouvoirs, avec un vrai parlement issu d’élections "libres et sincères", un gouvernement élu ( nomination du premier ministre au sein du parti politique arrivé en tête des élections) et un Premier ministre au vrai pouvoir ; consolidation du rô le des partis politiques dans le cadre d’un pluralisme effectif, et l’affermissement du statut de l’opposition parlementaire et du rô le de la société civile ; consolidation des mécanismes de moralisation de la vie publique ; constitutionnalisation des instances en charge de la bonne gouvernance, des droits de l’Homme et de la protection des libertés.
Le roi du Maroc a fait ce qu’aucun dirigeant du Maghreb n’oserait faire : répondre à la rue en annonçant non seulement une réforme constitutionnelle "globale" qui consacre l’"élargissement des libertés individuelles" mais en se délestant d’une partie de ses pouvoirs au profit du Premier ministre au statut renforcé, qui sera nommé, selon la prochaine constitution, au sein du "parti politique arrivé en tête des élections" et non plus désigné par le souverain.
Le 20 février plusieurs milliers de Marocains, inspirés par les révolutions tunisienne et égyptienne, étaient descendus dans les rues pour réclamer des réformes politiques. Les manifestants avaient également dénoncé le poids de la famille royale dans l’économie et les abus de pouvoir présumés de certains proches du roi.
C’était la première fois depuis son accession au trône, en 1999, que les prérogatives de Mohamed VI étaient ainsi mises sur la sellette.
Que voulaient les Marocains par cette manifestation ? Un roi qui règne ; un gouvernement qui gouverne. Revendication d’une monarchie constitutionnelle véritable qui, contrairement à ce que l’on peut penser, est très ancienne. Elle a été fortement renouvelée par les militants de l’independance, et depuis toujours par les forces vives de la nation. La démocratie, dans le cadre d’une vraie monarchie constitutionnelle, telle est la question de l’heure au Maroc.
Ce n’est pas simple. Cela suppose la séparation des pouvoirs et une définition claire des prérogatives de la monarchie d’une part, des assemblées, parlements et corps élus de l’autre.
Mohamed VI a saisi que cette revendication sous-entend la fin d’une certaine idée de la monarchie telle qu’elle a existé au Maroc depuis des siècles. Il a compris que plus jamais on ne règnera sur les Marocains comme on l’a fait sur leurs grands-pères. Mais, en même temps, ces concessions seraient la marque de respect à une société qui refuse d’être asservie, et ce respect-là, c’est la garantie de la survie de la royauté.
"Avec ce discours, le Maroc a réussi à franchir avec succès la crise qui a entraîné des révoltes au Proche-Orient", a jugé Lahcen Daodi, membre influent de la principale formation de l’opposition, le Parti de la justice et du développement. Toutefois, une incertitude demeure, selon lui, sur la capacité du Premier ministre à désigner les ministres importants comme celui de l’Intérieur. "Je suis profondément déterminé à donner un puissant élan aux réformes substantielles en cours et dont une Constitution démocratique est à la fois la base et l’essence", a conclu le souverain.

FFA

Site web : roi
lundi 7 mars 2011 à 19h44

oh le schérif parle nous un peut de ce qu’il se passe en algérie par exemple l’agression contre si said saadi lâches les baskets du maroc et d’israel merci d’avance

Site web : sherif
lundi 7 mars 2011 à 19h40

Mohamed VI pourra-t-il ne rien céder sur ses pouvoirs au Maroc ?
publié le 07/03/2011

Le roi Mohamed VI dispose de diverses options pour résister momentanément aux revendications en faveur d’une diminution de ses pouvoirs, mais il lui faudra s’attaquer aux racines de la vague de mécontentement qui souffle sur le Maroc, comme sur le reste du monde arabe.
Le 20 février, le Maroc a connu sa première tentative de manifestations coordonnées pour lancer un mouvement populaire inspiré de ceux qui ont eu raison des dirigeants tunisien et égyptien en janvier et février.

Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Rabat et d’une cinquantaine d’autres villes. Les organisateurs via Facebook de ce "Mouvement pour le changement du 20 février" exigeaient le rétablissement de "la dignité du peuple marocain" et des réformes constitutionnelles.

C’était la première fois depuis son accession au trône, en 1999, que les prérogatives de Mohammed VI étaient ainsi mises sur la sellette. Dès le lendemain, le souverain a fait savoir qu’il n’entendait pas céder à la "démagogie".

Le limogeage d’un gouvernement impopulaire et la mise au pas de membres contestés de son propre entourage figurent parmi les concessions que le souverain de 47 ans est susceptible de faire à la rue pour se ménager un répit, au moins jusqu’aux élections législatives de 2012.

"Le roi dispose de plusieurs options, comme par exemple renvoyer le gouvernement, ce qui se reflétera positivement sur son image et montrera au partis politiques qui est le vrai patron", estime Lise Storm, enseignante spécialisée dans le Moyen-Orient à l’université d’Exeter, en Angleterre.

Selon elle, les partis d’opposition "n’imaginent pas un Maroc sans monarchie", celle-ci "est perçue comme un filet de sauvetage" et "ce sont les partis qui représentent le plus grand obstacle à la démocratie, parce qu’ils ne sont pas assez représentatifs".

Le politologue Mohamed Darif convient, lui aussi, que "le moment est loin d’être opportun pour une monarchie parlementaire, puisque les partis et les institutions ne sont pas assez solides pour une telle transformation".

Prié de dire pourquoi son Parti de la justice et du développement, le principal mouvement d’opposition, ne réclamait pas du palais une réforme constitutionnelle, le leader islamiste Abdelilah Benkirane a déclaré : "Nous ne voulons pas forcer la main du roi."

Le Maroc est une monarchie constitutionnelle, mais le roi dispose de larges pouvoirs, dont celui de dissoudre le parlement, de décréter l’état d’urgence et de choisir le Premier ministre.

Les manifestants "ne se sont pas attaqués au roi", parce que, selon le cercle de réflexion Oxford Analytica, "il donne l’impression d’être loin de la politique". Mais "la crédibilité de cette image dépendra maintenant de l’adoption par le gouvernement d’actions palpables pour traiter les problèmes du pays".

Le royaume chérifien se situe derrière la Tunisie et l’Egypte sur l’échelle indicielle de développement humain des Nations unies. Selon Oxford Analytica, la pauvreté, les inégalités, le chômage des diplômés et l’illettrisme ont peu évolué depuis l’accession au trône de Mohamed VI.

Outre des changements constitutionnels, les manifestants du 20 février ont dénoncé le poids de la famille royale dans l’économie et les abus de pouvoir présumés de certains proches du roi, dont son secrétaire privé Mohamed Mounir el Madjidi et Fouad Ali Himma, son ex-camarade de classe et ancien vice-ministre de l’Intérieur.

De nombreux Marocains s’indignent aussi que trois parents du Premier ministre Abbas al Fassi dirigent des ministères et que ses proches occupent aussi des postes clés dans des entreprises publiques.

"La corruption a joué un rôle crucial dans le déclenchement des révoltes en Tunisie et en Egypte. Au Maroc, elle est aussi très présente", souligne Toufik Bouachrine, rédacteur en chef du quotidien indépendant Akhbar al Youm.

Le mécontentement de la rue est nourri, outre par la corruption, par la hausse des prix, une sécurité sociale déficiente, un système éducatif inefficace, une justice perçue comme inique et des médias publics jugés partiaux.

Ce n’est pas parce que tout le monde ne réclame pas des réformes constitutionnelles qu’il faut pour autant que le système politique ne bouge pas, estime une partie de la classe politique.

Même si la "légitimité dont jouit la monarchie" a limité la mobilisation de la rue le 20 février, "faut-il pout autant attendre des mouvements de protestation massifs pour lancer des réformes ?" souligne Moustafa Khalfi, rédacteur en chef du journal Attajdid.

"On ne peut se satisfaire de ce calme trompeur."

"Les Marocains passent des heures devant Al Djazira et Al Arabia pour suivre l’actualité en Libye, en Egypte et en Tunisie. Pour nombre d’entre eux, il s’agit bien de cours d’apprentissage", prévient-il.

Marc Delteil pour le service français

Par Reuters

Site web : roi
Logo de Cassada
lundi 7 mars 2011 à 18h54, par  Cassada

Les peuples arabo-musulmans sont tous dans la meme situation, il faut changer les monarchie en républiques démocratques ou en monarchie constitutionnelle, et les "Etat républicains" en Etat républicains

Logo de .
lundi 7 mars 2011 à 12h30, par  .

Avant de parler du Maroc, il faut finir avec les régimes dictatoriaux les plus criminels. Je pense, le Maroc n’a pas massacré son peuple, par milliers et centaines de milliers…Il ne faut pas se tromper de cible, regardez ailleurs c’est mieux

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