Béni Yadjis, Un musée à ciel ouvert au cœur du Tamesguida

lundi 18 juillet 2011
par BENKAM

La localité de Béni Yadjis est située au sud de la ville de Jijel, à une trentaine de kilomètres à vol d’oiseau, sur le piémont nord de la montagne de Tamesguida (1626m) (de l’arabe “Masjad”, mosquée). Elle est séparée à sa droite de Djimla par l’oued El Askaf et trouve à sa gauche le territoire des Béni Foughal. Elle est sous la “protection” du saint Sidi Mansour, enterré sur la montagne éponyme (918m) qui domine le pays avec celle du djebel Si Oussaf (939m).

U ne virée dans cette jolie contrée qui fait corps dans le grand et extraordinaire douar de Tamesguida, nous surprend avec la densité des curiosités que l’on ne soupçonnait pas. Dans un éclatement, l’on devine des facettes enterrées ou cachées au regard. Surtout celles qui cerneraient les périodes préhistoriques et protohistoriques… En s’arrêtant au niveau du Chouf, belvé- dère dominant les alentours, d’où l’on peut observer les petites villes de Texenna et de Djimla et leurs paysages immédiats, on peut emprunter un chemin qui nous conduit directement à la ruine de Bouayache, près de Sida, sur près de un kilomètre environ. C’est vraisemblablement l’antique voie romaine Sitifis-Igilgili, que la colonne expéditionnaire des Babors sous le commandement du Général Maissiat a emprunté en 1856 pour se diriger vers le massif des Babors en plein trouble. Après quelques encablures, tout en contemplant le site, on arrive à l’inscription de cette époque qui commémore la "réouverture" de cette route : monument de deux mètres de haut sur un mètre de large, flanqué d’une belle écriture dont on peut lire les détails ci-dessus. En continuant notre chemin, on aperçoit au loin la ruine de Bouayache. Les pierres encore debout décrivent un rectangle, alors que d’autres sont éparpillées sur toute la pente en contrebas. Ces vestiges probablement d’un fortin militaire surveillaient sans doute le col entre les djebels Tebala (937m) et Si Oussaf. Tout près de là, un peu plus bas, on peut jeter un regard sur une grande masse rocheuse creusée d’une cavité presque carrée dont l’entaille pour la pose de la dalle de fermeture est bien visible. Un peu plus loin cheminant vers M’zara, on rencontre à notre gauche en face d’un moulin délaissé un gros bloc entaillé de deux formes rectangulaires ayant approximativement deux mètres de longueur et moins de deux en largeur. Vestiges probablement d’un ancien moulin. De là, en empruntant le chemin qui mène à El Oulidja, on peut selon certains habitants voir une borne milliaire encore debout. Et suivant toujours les dires, on pourrai déambuler jusqu’à la base de la falaise de Seridja par un chemin ardu en suivant l’oued Akabal, affluent de l’oued Djendjen, pour arriver à Ghar Ghoula (la grotte de l’Ogresse), d’où l’on a à propos, entrevu dans les discussions qu’il s’agissait, et il faudrait le confirmer, d’un genre de grotte funéraire… Si on ne dispose pas assez de temps, on prendra le chemin qui mène vers le vaste champ couvert de grosses pierres noircies par le soleil, et disposées d’une façon surprenante à l’oeil. C’est le "Hadjar El Meurakeb". Séduit par le nom du lieu, qui suggère des "pierres montées", l’endroit dégage une forte impression quand à la densité des pierres, néanmoins parmi les habitants rencontrés aucun n’a encore retrouvé un soupçon d’objet ancien. Tout près de là, coule dans un univers presque exempt d’arbres, l’oued Bou Kerma. En le suivant, on aboutit à une source de très bonne eau, près d’une ancienne mine. Plus bas, dans la mechta de Bou Kerma, plusieurs vestiges romains gisent, certains ont disparus lors des glissements de terrains survenus il y’a un peu plus de deux années, quand il eut à tomber une grande quantité de pluie et de neige. Dans la localité même, on avait retrouvé une épitaphe romaine presque effacée, une fontaine complètement cernée par les habitations, mais qui reste tout à fait visible, un mortier et une meule dormante ainsi que quelques pièces de monnaies. Karim H. pour jijel-@rcheo


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