Berceuses de Jijel et des Beni Caïd

Ces deux chansons nous replongent dans le quotidien folklorique de Jijel, avec une des facettes de célébration, par les femmes jijelliennes, des fêtes et évènements qui au delà du vocable employé, l’arabe jijelien, nous imprègnent intimement dans l’ethnographie particulière de la région.
Berceuse de Jijel
Mon petit, je l’ai mis à l’école, à la mosquée, élevée. Avec son joli encrier et sa plume il s’en va de bon matin.
Mon petit est sur le pas de la porte, la main posée sur la ligne (qu’il lit). Il a dit : « Maman chérie, voilà mon oncle qui vient ».
Mon petit, je l’ai mis à l’école, à la mosquée grande, à piliers. S’il vit et grandit, en un jour il récitera complètement le Coran.
Ô l’Andalou, ô l’Andalou, ô toi qui portes le burnous, J’espère te voir, ô mon fils, monter dans le lit du marié.
Mon petit est sur la pas de la porte, la main ornée du beau henné rouge. A celle qui n’enfante pas un fils tel que le mien je donnerai une co-épouse
Mon petit je l’ai mis à l’école dans le fortin du littoral, Ne le frappe pas, toi qui l’instruis : ce qui le fait souffrir me fait souffrir.
Mon petit, je l’ai mis à l’école, une jolie planchette à la main ; Ne le frappe pas, ô son maître : il est chéri de sa mère.
Berceuse des Beni Caïd
Je te berce et je te recouvre. Tu es, je le sens, la joie de mon cœur,
Comme est la joie des moissonneurs Le blé s’il est belle moisson.
Je te berce et je te recouvre, Ô fruit de mon cœur : Je crains pour toi la pluie Et le vent qui souffle de l’Ouest.
Je te berce et je te recouvre. Viens voir, viens voir La maison qu’a achetée ton père. Elle a un premier et un second étage ; Elle repose sur des fondations ; Elle est ornée d’un beau portrait ; Elle a, à la place d’honneur, la femme de mon fils.
Ô mon bonheur et ma joie, Qui est venu m’a félicitée, M’a félicitée de mon fils : Il est meilleur que mon bien.
Je te berce et je te recouvre, Et je compose sur toi une chanson. Notre saint patron veille sur toi Lorsqu’il apparaît de Bougie.
Je te berce et je te recouvre : Ô fruit de mes entrailles, Je crains pour toi la pluie Et le vent d’Ouest s’il se lève.
Je te berce et je te recouvre. Madame Fatima, fille du Prophète, De bouche à oreille m’a dit : « Ma fille ne sera qu’à ton fils ». Oh ! lorsqu’on m’a annoncé : c’est une fille, Les montagnes se sont effondrées, ont disparu ; Et lorsqu’on m’a annoncé : c’est un fils, Les anges et le Prophète ont été en joie. Ma fille grandira et épousera ton fils, Elle mangera la nourriture de sa main Et maudira père et grand-père (de son époux).



Réactions