Boniface, BHL, les faussaires et les pérégrinations de Mqideche à Bahreïn

vendredi 15 juillet 2011
par Akram Belkaïd

Quatorze éditeurs français ont refusé le livre dont il est question dans cette chronique (1). Il n’y a rien d’étonnant à cela. Son auteur, Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), s’y attaque avec un grand courage à des poids lourds de la vie médiatique et éditoriale française.

Notez bien que je n’ai pas employé l’expression de « vie intellectuelle » car les personnes que ce chercheur met en cause sont tout sauf de véritables intellectuels.

Néanmoins, qu’il s’agisse de Bernard Henri-Levy, de Caroline Fourest ou de Philippe Val, toutes les personnes dont sont décrites les impostures ont une influence certaine dans le Paris qui compte. S’attaquer ouvertement à ces prépondérants, c’est prendre le risque de grosses représailles et de mise à l’index de la part de la majeure partie des médias qui font et défont les ventes d’ouvrages et les réputations d’auteur.

De quoi s’agit-il ? Comme il l’explique lui-même, Pascal Boniface ne s’attaque pas à des gens « qui se trompent » ou avec lesquels il ne serait pas d’accord mais bien à des experts, ou supposés tels, qui « trompent » leur auditoire de manière délibérée en ayant recours « à des arguments auxquels ils ne croient pas eux-mêmes pour mieux convaincre téléspectateurs, auditeurs ou lecteurs ». Et de préciser que ces « faussaires » peuvent croire à une cause mais emploient des méthodes malhonnêtes pour la défendre » et « fabriquent de la fausse monnaie intellectuelle pour assurer leur triomphe sur le marché de la conviction. »

A tout seigneur, tout honneur, commençons par BHL, qualifié par Boniface de « maître des ‘faussaires’ ». Il y a bien longtemps que l’on sait que ce philosophe « froufrouttant », pour reprendre l’expression de l’éditorialiste K. Selim est une imposture intellectuelle. On se souvient de ses papiers biaisés à propos de l’Algérie au milieu des années 1990 ou de ses prises de positions partiales à chaque fois qu’il s’agit d’Israël.

Boniface, lui, rappelle que l’homme à la chemise blanche « a bâti sa carrière en maniant sans vergogne le mensonge » profitant en cela d’une exposition médiatique, mais aussi d’une grande fortune et d’une proximité avec les puissants « pour tenter, non pas de contredire, ce qui serait son droit, mais de faire taire, ce qui devient un abus, ceux dont les opinions ne lui plaisent pas. »

Ainsi, un nombre incroyable de mensonges jalonnent le parcours du « philosophe » de Saint-Germain des Près capable, par exemple, de confondre l’animateur Frédéric Taddeï avec le joueur de football italien Rodrigo Taddeï et de s’élever par écrit contre la prorogation de contrat du second en pensant qu’il s’agissait du premier… Rappelons aussi l’affaire « Botul » où, pour régler son compte à Kant (rien que ça !), BHL en appelle dans l’un de ses derniers livres aux « conférences aux néokantiens du Paraguay » ( !) d’un certain Jean-Baptiste Botul, ce dernier n’étant en réalité qu’un canular inventé par Frédéric Pagès, journaliste au Canard Enchaîné. Dans un pays normal, avec des contre-pouvoirs et une vraie éthique au sein des élites intellectuelles, une affaire comme celle de « Botul » aurait du discréditer à jamais BHL. Il n’en a rien été et l’homme continue de sévir, cherchant à faire taire tous ceux qui ne partagent pas son avis. « Dans la période récente, nul n’aura, à mon sens, autant desservi la vie intellectuelle et le débat démocratique que BHL, note Pascal Boniface. Et d’indiquer que, pour lui, BHL est « un peu le Ben Ali du monde médiatique. »

Comme indiqué au début de ce texte, d’autres personnalités très médiatiques sont éreintées par le livre. En Algérie, on comprendra aisément qu’il n’est nul besoin de trop s’attarder sur les pages consacrées à Mohamed Sifaoui, « pourfendeur utile de l’islamisme », et, peut-être, le seul Algérien au monde à avoir applaudi à l’intervention israélienne à Gaza en janvier 2009… On lira avec attention les chapitres consacrés à Alexandre Adler et à Frédéric Encel, deux personnalités omniprésentes dans les médias (plus pour le premier que le second) et dont le propos pseudo-objectif (pour les deux) et sous couvert de références académiques un peu exagérées (pour le second) ne sert en réalité qu’à défendre les intérêts d’Israël.

Un autre chapitre concerne Caroline Fourest, qualifiée par l’auteur de « sérial-menteuse ». Concernant cette grande pourfendeuse de l’islamisme, le livre montre bien ce mécanisme utilisé par nombre de ses pairs qui consiste à se faire un nom et une réputation en surfant sur l’air du temps (islamophobie, peur de l’islam, etc…) et en s’attaquant à quelqu’un qui aura du mal à répondre et à se faire entendre. C’est fut le cas par exemple avec Tariq Ramadan.

« En s’attaquant à ‘Frère Tariq’, note Pascal Boniface, Caroline Fourest sait pertinemment qu’elle va s’attirer les bonnes grâces d’une partie des élites politico-médiatiques, et notamment celles de Bernard-Henri Levy, premier pourfendeur de Ramadan ». Et d’ajouter que « Tariq Ramadan possède l’avantage d’être extrêmement visible et de n’avoir pas beaucoup d’appuis et de soutiens dans les médias. L’accusation pesant sur lui d’antisémitisme lui ferme la plupart des portes. Il ne pourra pas rétorquer. Ou si peu. » A ce niveau, et avant de terminer, le présent chroniqueur se doit de signaler qu’il ne connaît pas Pascal Boniface (ni Tariq Ramadan d’ailleurs) et que seule lui importe la nécessité de parler d’un ouvrage qu’il incite à lire pour ne plus se faire berner par des discours aussi omniprésents que malhonnêtes sur le plan intellectuel.

Terminons cette chronique par un autre sujet qui n’a pas grand-chose à voir (quoique…). J’ai lu avec consternation le « reportage » de Yasmina Khadra à Bahreïn (*) où ce dernier dédouane allégrement la monarchie absolue des al-Khalifa. Si des gens n’étaient pas morts Place de la Perle à Manama. Si d’autres n’étaient pas en prison. Si certains de mes amis bahreïnis, chiites de confession mais opposants laïcs au régime ne vivaient pas dans la hantise d’être arrêtés à tout instant-quand d’autres se sont déjà exilés à Dubaï -, j’aurais pu rire aux éclats devant ces pérégrinations digne d’un Mqidèche à Manama. Quand une telle inconsistance le dispute à autant de légèreté et d’obséquiosité, il n’y a rien d’autre à faire que plaindre l’intéressé, fut-il un écrivain au talent plus ou moins reconnu, et d’assurer à ses propres amis bahreïnis qui vivent dans la terreur depuis mars dernier, qu’il est des Algériennes et des Algériens solidaires de leur lutte contre une dictature qui tue, torture et persécute nombre de ses opposants qu’ils soient chiites ou non.

(1) Les intellectuels faussaires. Le triomphe médiatique des experts en mensonge, Pascal Boniface, Jean-Claude Gawsevitch, 247 pages, 19,90 euros.

(2) BAHREIN : Ce que le mirage doit à l’oasis, L’Expression, 12 juillet 2011.

Le Quotidien d’Oran


Noter cette article :
bottom

Réactions

Logo de Fatma n'sumer
samedi 16 juillet 2011 à 19h45, par  Fatma n’sumer

Aghzer, retourne à tes sites racistes des kabyles de France et de Navarre. Sache que l’histoire a retenu du bédouin arabe la virtuosité du verbe (de très grands poètes) et celle de la bataille. Le courage et le verbe voilà le bédouin arabe qui a reçu le coran en héritage mérité. Sur ces sites on parle de bédouins comme s’il s’agissait d’une insulte rappelant une autre : les pouilleux. Je te suggère de relire l’histoire des peuples y compris la tienne et celle de l’occident.
Ce n’est pas possible ! Ces tristes kabyles qui ne connaissent de l’évolution que la liberté matérialiste et qui insultent les arabes à longueur d’interventions ! Si tu espères que les israéliens t’accueillent dans leur giron tu as tout faux ! Pas plus que les occidentaux !
Tu n’as qu’à voir le sort des juifs falacha.

Logo de Aghzer
samedi 16 juillet 2011 à 19h22, par  Aghzer

Mqidech a le droit de défendre sa poche. Il n’a aucun principe, mais ce n’est pas étonnant, s’il défend les bédouin c’est parce qu’il est l’un des leur, un bédouin mentalement et physiquement. D’ailleurs comme les bédouin d’arabie, il est l(ami du sionisme, des américain et un pur nostalgique du colonialisme. Toufik ben Brik, un homme de princvipe a refusé 200000 euros, khadra a eu 40000 en france et aller quémander chez ses cousins pour compléter la somme . Yakhi tama3

Logo de AFP
samedi 16 juillet 2011 à 15h09, par  AFP

La réalité de la presse algérien. Voici un article qui parle de cette presse qui est elle meme une autre face de la corruption en Algérie

وزير جزائري .. وأقلقته "صحافة الطراباندو" في الجزائر

من المفارقات الغريبة عندنا في الجزائر، أن يخرج علينا وزير الإعلام والإتصال، السيد ناصر مهل، ليخبرنا –وكأنّنا لا نعلم-، بأن هنالك "طرابندو" في الساحة الإعلامية، وأنه سيتخذ كافة الإجراءات لمكافحة هذه الظاهرة، وأضاف "أقول وأكرّر أن "الطرابندو" الذي يسود الساحة الإعلامية، حيث تُباع وتُشترى اعتمادات عناوين الصحف أمر غير مقبول"، كلام خطير كهذا ومن وزير في الحكومة الجزائرية، أعتبره إقرارا صريحا بأن الساحة الإعلامية في الجزائر، شأنها شأن الساحة السياسية، أصبحت سوقا سوداء كبيرة، لبيع اعتمادات الصحف واعتمادات الأحزاب، والمناصب العليا في البلاد، وحتى ثروات الشعب الجزائري.
لأن الحديث عن واقع الصحافة المُتعفن، ليس جديدا على الإطلاق، وسبق للعديد من المتابعين لهذا القطاع أن ندّدوا بالممارسات السّوقية والمبتذلة التي تطبعه، ومن جهتي سبق لي أن عرّيت فضائح الإعلام الجزائري في مقال نشرته العديد من المواقع والجرائد الدولية، بتاريخ 4 ماي 2010، تحت عنوان "صحافة أهل الكفّ وسياسة الهفّ في الجزائر"، من بين ما جاء فيه "إن بعض عناويننا الإعلامية في الجزائر لا يضُرّها أن تنشر بعض الفضائع السياسية، لكنه من المُحرّم عليها أن تتطاول على المافيا المالية التي تُحكم قبضتها على الشعب بأكمله، لا لشيء سوى لكون هذه العناوين تقتات من فُتات أموال الفساد التي تُلقي بها إليها جماعات الفساد، كما تُلقى بقايا الأكل للكلاب…" فأي جديد أراد أن يطلعنا عليه وزير الإعلام الجزائري؟ علما أنه ينحدر من الأسرة الإعلامية، وعايش عن قرب كيف وُلدت العناوين الصحفية، وكيف تكاثرت، في وقت انحدر فيه مستوى الممارسة الإعلامية، وتحوّلت فيه بعض الجرائد إلى محميات تابعة إما لجهات أمنية، أو جماعات المافيا المالية والسياسية، واليوم يُبشّرنا السيد الوزير بأنه سيتخذ إجراءات لتطهير قطاع الصحافة، لكنه لم يحدّد طبيعة هذه الإجراءات، والجهة التي ستُباشرها، وغالب الظن أن وزارة الإعلام هي من سيتكفل بهذه المهمة، وهنا أتساءل عن السند القانوني الذي سيرتكز عليه الوزير للقيام بعملية التطهير التي يُريدها، فالوزارة تنتمي إلى السلطة التنفيذية، وبالتالي فأي خطوة ستقوم بها في هذا الإتجاه، ستكون مشبوهة، ولن تبتعد عن دائرة تصفية الحسابات، والأخطر من هذا وذاك، أن وزارة الإتصال في قانون الإعلام الساري المفعول إلى يومنا هذا، ليست هي من يمنح "الإعتماد" للصحف، وحتى مصطلح "الإعتماد" غير موجود في قانون الإعلام المذكور، حيث ينص القانون على تسليم وكيل الجمهورية وصل استيلام ملف بسحب نشرية سواء كانت يومية أو أسبوعية أو غيرها، وهذا ما تنص عليه صراحة المادة 14"إصدار نشرية دورية حر غير أنه يشترط، لتسجيله و رقابة صحته، تقديم تصريح مسبق في ظرف لا يقل عنثلاثين ( 30 ) يوما من صدور العدد الأول.
يسجل التصريح لدى وآيل الجمهورية المختص إقليميا بمكان صدور النشرية ويقدم التصريح في ورق مختوميوقعه مدير النشرية. و يسلم له وصل بذلك في الحين.ويجب أن يشتمل الوصل على المعلومات المتعلقة بهوية الناشر و الطابع، و مواصفات النشرية .." فهذه المادة وما يليها، لا تتحدث لا من قريب أو بعيد، عن أي دور لوزارة الإعلام والإتصال في نشر الصحف، وما دام أن المشرع أعطى الحق للعدالة ممثلة في وكيل الجمهورية، لتسليم وصل "بمثابة اعتماد"، فلا يحق لغير هذه الجهة، أن توقف سحب أية جريدة كانت، ومن ثمة، فإن وزير الإتصال، يكون بتصريحاته، قد تعدى على صلاحيات السلطة القضائية، لأنه برأيي، ما دام أن "إعتمادات" الصحف، باتت تُباع وتُشترى، فهذا بحدّ ذاته يُمثل جريمة يُعاقب عليها القانون، وكان من الواجب والضروري أن يُخطر وزير الإتصال النيابة العامة بذلك، لتفتح تحقيقات قضائية، لا أن يُعلن بأنه سيحارب هذه الظاهرة دونما تحديد وسائل هذه الحرب، والخطير بنظري في تصريحات وزير الإتصال ناصر مهل، هو أنه لم يكشف لنا عن الفترة التي بدأت فيها ظاهرة المتاجرة بالإعتمادات في الظهور، ولم يكشف كذلك عن سرّ السّماح بسحب هذه العناوين، لأنّنا نعرف جميعا أن غالبية المطابع تابعة لسلطة الدّولة، وحتى المطابع الخاصة، تلقّت تعليمات بعدم سحب أي صحيفة إلا بعد تقديم صاحبها "رخصة بالسحب"، باتت تسلمها وزارة الإتصال، وهو إجراء لا نجد له هو الآخر أي سند في قانون الإعلام، والمُفارقة الأخرى كذلك، هي أن هذه العناوين "غير الشرعية"، لو تصفّحناها، لوجدنا بها صفحات إشهارية، للوكالة الوطنية للنشر والإشهار، التي تحتكر الإشهار العمومي في الجزائر، والتي هي تحت سُلطة الدولة كذلك، ومن هنا، أقول لوزير الإتصال، أن مصالح وزارته متواطئة بشكل أو بآخر، في استفحال ظاهرة "الطراباندو أو السوق السوداء" في الجزائر، ولا عجب في ذلك، ما دامت السوق السوداء، وسياسة "الشكارة" هي من تتحكّم في السياسة عندنا، وتوصل البارونات، ورؤوس المافيا، إلى قبة البرلمان، بل وتحدّد الخيارات الإقتصادية والمالية للبلاد، وهذا ما عشناه مؤخرا، عندما طغت قضية استيراد "الشيفون" أو الملابس البالية، على أشغال الدورة الربيعية للبرلمان. وأخلص بعد كل هذا إلى القول، بأن ظاهرة السوق السوداء، ما كان لها أن تنتعش في قطاع الصحافة والسياسة والإقتصاد .. لو أن البلاد لم تكن تُسيّرها عقلية "الطراباندو" منذ عشريات خلت…

الجزائر تايمز / جمال الدين حبيبي

Logo de Si Zoubir
vendredi 15 juillet 2011 à 15h21, par  Si Zoubir

Le Quotidien d’Oran court pour la liberté de la presse, pour l’Algérie, pour la démocratie, pur le développement, pour l’intelligence et pour la tolérance. Je ne connais pas les raisons qui vous poussent à poser cette question mais je suppose que :
- vous n’êtes pas un fidèle lecteur de ce journal ni un observateur de la scène algérienne et vous intervenez comme ça pour dire une imbécilité ;
- ou, tout simplement, vous êtes un agent du Mossad israélien comme il y en a tant sur la toile et qui veut semer le doute sur un des fers de lance de l’intelligence en Algérie.
C’est comme ça que je vois les choses en ma qualité d’Algérien instruit et engagé.

Logo de Omar
vendredi 15 juillet 2011 à 15h19, par  Omar

Je journal roule pour le général Kamel Abderrahmane, comme la plupart des journaux qui roulent pour des généraux. Les hommes de lettres aussi roulent pour eux, d’ailleurs comme Yasmina Khadra qui soutient Dilmoun au nom du pétrodollars. C’est mesquin, c’est de la mendicité déguisée.

Logo de youssef
vendredi 15 juillet 2011 à 12h55, par  youssef

Le quotidien d’Oran lui-même pour qui courre-t-il ?

tonimage tonimage

Top Articles