Carlos Ghosn : « L’usine Renault en Algérie n’est qu’un projet »

samedi 11 février 2012
par Melissa Roumadi
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■ Carlos Ghosn a indiqué jeudi que l’implantation d’une usine en Algérie n’est pour l’heure qu’un projet ■ Le site de production fi xé à Bellara, à proximité du port de Djendjen, ne semble pas du goût des responsables de Renault. Le projet de création d’une unité de construction automobile est encore loin d’être aussi abouti qu’on voudrait le faire croire. Jeudi, les déclarations du patron du groupe Renault, à Tanger-Med (Maroc), contrastaient lourdement avec l’optimisme béat des autorités algériennes, notamment du ministre de l’Industrie, Mohamed Benmeradi, lequel a déclaré récemment qu’on était très « proches » d’un accord.

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Inauguration jeudi de l’usine Renault de Tanger en présence du roi Mohammed VI

Carlos Ghosn est beaucoup plus mesuré dans ses propos. Il a, à cet effet, indiqué jeudi que l’implantation d’une unité en Algérie n’est pour l’heure qu’« un projet ». Selon ses propos repris par l’agence Reuters, Renault est actuellement « en discussion avec les autorités algériennes sur un projet d’usine en Algérie. Les discussions sont en cours (…) mais pour l’instant, c’est un projet, il n’y a pas de décision, pas d’aboutissement ». Les intentions du groupe concernant son projet algérien seraient même beaucoup moins ambitieuses que ce qui est souhaité par Alger. Contrairement au site Tanger Med- Melloussa qui prévoit la production annuelle de 350 000 véhicules de la gamme Entry, destinée au marché européen, l’unité algérienne n’est en fait qu’une usine de montage pour le marché local et non tourné à l’exportation. Exit donc les rêves de création d’une filière à fort taux d’intégration pour cette unité qui devra produire 75 000 véhicules par an avant de porter sa production à 150 000 véhicules à moyen terme. D’ailleurs l’intérêt de la marque au losange pour l’Algérie ne semble pour l’heure motivée que par la taille du marché. Les déclarations de Carlos Ghosn à Tanger reflètent parfaitement cet état de fait. S’il a indiqué que son groupe restait « intéressé » par une usine en Algérie, il a précisé que « Renault est la première marque en Algérie, il n’est pas question de laisser qui que ce soit venir construire en Algérie une usine. Si le gouvernement algérien souhaite une usine en Algérie, nous préférons que ce soit une Renault ». Une allusion certaines aux velléités de Volkswagen qui, tel qu’annoncé par le ministre Benmeradi, entend faire de l’Algérie une porte d’entrée vers l’Afrique. Les motivations de Renault sont également intimement liées par une volonté de se prémunir contre les taxes actuelles et futures sur l’importation de véhicules neufs et de bénéficier de la réintroduction du crédit à la consommation au bénéfice exclusif de la production nationale. Cependant, les contraintes imposées au constructeur refroidissent quelque peu l’intérêt des Français. UN SITE QUI MANQUE D’ATTRAIT Le site de production fixé à Bellara à proximité du port de Djendjen, par les négociateurs algériens ne semble pas du tout du goût de Renault. Ainsi, quelques jours après qu’une délégation ait pu visiter le site en question, un dirigeant de Renault n’a pas hésité à déclarer au quotidien économique français les Echos que la région était peu habitée et dépourvue de tissu industriel. « On ne va pas aller dans le micro-port, complètement paumé, mieux vaut être dans la région d’Alger, plus proche du marché local », a-t-il d’ailleurs asséné. Il y a aussi les conditions de répartition de capital de la société à créer et qui sera détenue à hauteur de 16% par la SNVI, 35% par le FNI et 49% par Renault qui font jaser les constructeurs français. Enfin, le projet risque de pâtir de la polémique grandissante actuellement en France autour des délocalisations. La désindustrialisation en Europe occidentale et son rapport aux délocalisations s’invite comme l’un des thèmes majeurs de la présidentielle en France. Et l’inauguration, jeudi au Maroc de la nouvelle usine Renault n’a fait qu’aviver la polémique à droite mais surtout à gauche, où l’on accuse le constructeur français de faire du dumping social en « exploitant la main-d’œuvre maghrébine à bas prix » et d’organiser la concurrence avec les produits fabriqués en France. Il n’est pas donc acquis que le prochain occupant de l’Elysée cautionne la stratégie du groupe détenu à 15% par l’Etat. Entre-temps, il faut bien le reconnaître, nos voisins ont su tirer parti d’une situation dans laquelle Renault cherchait un nouveau site de production proche des côtes européennes pour le leur offrir. D’ailleurs en plus des véhicules de la gamme Entry, le site de Tanger-Med aura pour vocation de fabriquer des « collections » de pièces détachées pour fournir d’autres usines Renault dans le monde en composants à partir du nouveau port.


El-Watan


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Réactions

Logo de Hacène
samedi 11 février 2012 à 15h06, par  Hacène

MOURAD ;IL FAUDRAIT d’abord créer des pme pmi ,comme avant ,ensuite ces industriels viendront ,et il n ya pas que Renault !

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samedi 11 février 2012 à 14h36, par  Redouane B

ahh ça vire au supercherie lollllllllll, un rêve accessible n’est pas un rêve..et cette usine ne déroge pas à la règle lol ;-)

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samedi 11 février 2012 à 14h33, par  Mourad

AU DIABLE RENAULT la Marocaine,il faut ramener les Japonais (dixit BENCHRIF PNSD)

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samedi 11 février 2012 à 14h31, par  Nacéra

vous savez combien touche-t-il le marocain 240 eurros…et une fois la construction des voitures faites…elle sont sur le marché français..vous vous rendez compte c’est l’esclavage moderne..et je suis contente que cela ne s’est pas fait en Algérie….

Logo de Noureddine Kias
samedi 11 février 2012 à 14h18, par  Noureddine Kias

On s’en doutait un peu Mr Carlos, on s’en doutait un peu.

Les français et autres "gros investisseurs" ne sont si dupes que cela.

C’est une reconnaissance de la révolution en marche et un clin d’oeil aux suivants.

La prudence est de mise partout envers l’actuel…

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