Cette noble bicyclette...

La « Petite Reine », », comme on la surnomme si tendrement dans le milieu du cyclisme, serait-elle en train de recouvrer doucement enfin, ses lettres de noblesse… ? La bicyclette a longtemps été considérée à tort, plus particulièrement chez nous, comme le parent pauvre des transports.
L’ancienne chanson de Yves Montand (à bicyclette…), n’évoque t-elle pas un certain bonheur pour ceux qui on pratiqué à un moment de leur vie, ce bon vélo : Exemple, ( par hasard…), un retour des « 400 » la nuit après une belle soirée de pêche, le feu avant parfois éclairant droit devant, parfois vacillant, selon ces humeurs des soirées chaudes et magiques de chez nous…
( Parfois, il arrivait que dans le noir même, on devinait de loin qui conduisait, rien qu’au grincement caractéristique d’une « sincela » ou au geignement d’un pédalier. Curieux, non.. ? ). Joe Dassin chantait : ( à Paris à vélo…on dépasse les autos ) avec un thème vraiment précurseur d’une solution salutaire, entre autres, dans cette multiplication des moyens de transports et cette circulation de plus en plus difficile. En effet, à vélo, on peut circuler plus rapidement, à l’aise et sans subir le stress des embouteillages avec en sus, le bruit des klaxons derrière nous et les gaz d’échappement devant nous… De plus, en matière de santé, tout le monde sait que le vélo est un excellent moyen d’exercice pour tonifier le corps, dépenser des calories ( ça, c’est pour mes amis obèses ) etc… Quant à l’environnement, il y a longtemps qu’ en Europe et en chine, leur politique nationale du vélo a été pensée, comprise et adoptée. Nos municipalités devraient y réfléchir et éveiller l‘intérêt pour la bicyclette chez nous : information, joyeuses animations comme dans le bon vieux temps, voies cyclables, espaces publics pour déposer momentanément et en toute sécurité sa « petite reine » et même la faire entretenir… Si la bicyclette nous charme, elle requiert quand même un minimum de discipline pour éviter bien des risques d’accidents aussi bien pour soi que pour autrui. A l’époque coloniale, les autorités ( que je ne regrette pas mais dont je regrette seulement certains sens d’organisation, de prévision, de gestion et de tact dont ma génération a heureusement hérité et qu’elle essaie de sauvegarder pour la survie d’un autre état d’esprit…) celles-ci donc, en plus de sensibiliser le cycliste au code de la route, n’hésitaient pas à le pénaliser en cas d’infraction : Circulation sur les trottoirs, feux cassés, pas de freins, transport des « grands » …
Impossible de parler de bicyclette, sans évoquer quelqu’un qui a marqué l’histoire de Jijel et dont les anciens Djidjelliens se rappellent encore : l’agent de police « La Droite ». Tous ceux qui ne respectaient pas la circulation à droite, se prenaient une amende. Tous ceux qui conduisaient sans poser la main sur le guidon, il le leur démontait sur le champ (puisqu’ils n’en avaient pas besoin, disait-il…), quant aux freins ou feux cassés ou bien manquants, quand il était de service « fi telâa di Lazouine », il les emmenait directement chez « Da Mohamed T. » réparateur juste en face de Dar el Askri et ne lâchait pas l’affaire jusqu’à ce que le coupable répare, paie et reparte en sécurité. Farfelu pour les uns, logique pour d’autres…Qui a tort ? Qui a raison ? On se le demande encore…
Daoud NAFA





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