Chant du Déshonneur

Poème présenté par M. Khaldoun En septembre 1959, quand l’appelé Benoist Rey débarque en Algérie, il a vingt et un ans. Parce qu’il était apprenti typographe et, qu’à l’atelier, ses camarades en parlaient…, parce qu’il avait le cœur « à gauche » et avait participé à quelques manifs contre la guerre d’Algérie…, parce que son meilleur pote lui avait conseillé de déserter…, Il n’était pas tout à fait sans savoir. Mais il avait envie d’aller voir ! Ce poème « Chant du Déshonneur » nous raconte une partie de l’histoire douloureuse de Texenna pendant la guerre d’indépendance.
Chant du Déshonneur (Benoist Rey) Je n’oublierai jamais l’écartèlement algérien, aux Quatre vents de l’agonie. Ni les enfants, dans les ruines, cherchant qui pleurer. Ni les hommes, fusillés à l’aube, égorgés la nuit, entre les murs de la honte. Ni les femmes violentées. Ni le hideux sourire du suborneur, mon camarade. Je n’oublierai jamais les incendies dans la montagne, Les agneaux éventrés, au hasard de la cruauté. Ni les pistes de haine, les cortèges de douleur. Ni le regard faux des chefs, ordonnateurs de massacres. Ni leur rire devant la torture, la bastonnade, la mutilation. Dépassant l’arbitraire et l’absurde, je n’oublierai jamais Ce que fut notre guerre, La guerre de nos vingt ans. Faire la guerre, C’est être moins qu’un homme et bien plus qu’un salaud



Réactions