Chronique du monde arabe

mardi 12 avril 2011
par Chérif Boudelal

- Israël se félicite pour la volte-face de Goldstone Et continue de faire « un carton » tous les jours à Gaza
- BHL, quant à lui, frotte les mains pour sa réussite en Libye
- Mais les révolutions des peuples arabes continuent et défient leurs ennemis

Palestine

Profitant de ce qui se passe dans le monde arabe vers lequel les regards sont tournés, Israël intensifie ses attaques contre Gaza faisant des dizaines de victimes par semaine. Dix-neuf Palestiniens ont péri, et plusieurs blessés, ces derniers jours sous les bombes israéliennes lançaient au hasard sur des maisons, décimant ainsi des familles entières. Les médias sionistes de France rapportent que ces attaques sont des « ripostes aux missiles du Hamas tirés sur le Sud d’Israël », ce qui signifie une légitime défense ! La propagande israélienne à travers ses médias implantés en Occident consiste à légitimer ses crimes, comme cela a été fait pour l’occupation de la Palestine ; ensuite pour l’implantation des colonies en Cisjordanie après « le processus de paix » débuté en 1993, qui ne cessent de s’ériger jour après jour dans un silence total des « démocraties occidentales » qui vénère « l’armée la plus morale du monde » d’Israël ! Les régimes arabes et les « démocraties occidentales » sont complices de cette barbarie, de cette lâcheté qui ne dit pas son nom. L’impunité d’Israël par ces « démocraties occidentales » encourage le monstre à continuer ses bombardements contres deux millions d’habitants que l’on veut affamer en leur imposant un blocus total pour essayer de faire capituler la résistance. Mais celle-ci ne baisse pas les bras et défie l’ennemi et ses complices ; elle riposte aux bombardements, avec des moyens dérisoires certes, pour montrer au monde que la lâcheté de ceux qui se taisent sur le massacre du peuple palestinien n’entame pas sa détermination à lutter contre les occupants de son pays. Israël considère ses bombardements contre la bande de Gaza comme une routine militaire nécessaire, une façon de faire entrainer ses soldats, essayer ses nouvelles armes, et en même temps montrer sa puissance au « monde libre ». Mais les libres penseurs de ce monde savent qu’il n’y a rien de glorieux pour cet Etat de l’apartheid, sinon son excellence en sa lâcheté accompagnée d’une arrogance et d’un cynisme inouïs.

  Libye : la révolution du peuple détournée !

Les prévisions que nous avions émises avant l’intervention étrangère en Libye se concrétisent jour après jour sur le terrain. Le commandant de « l’armée de libération » libyenne (alliée des révolutionnaires), Abdelfatah Younès s’en est pris à l’OTAN, l’accusant de vouloir laisser périr les opposants au régime Kadhafi, voire les bombarder « par erreur ». En effet, l’OTAN, c’est-à-dire les USA, qui ont fini par prendre le commandement de « la coalition » sensée protéger les populations civiles et les « insurgés », laissent « traîner les pattes » pour donner le temps aux troupes de Kadhafi de tuer le maximum des opposants en vue d’affaiblir la résistance. La stratégie des « humanistes » militaires de cette guerre rusée dont Israël est l’instigateur principal, aurait-elle un autre objectif non déclaré ? Oui, il est fort possible que le but est de voir la résistance très affaiblie pour exiger d’elle d’accepter les conditions de leur aide empoisonnée, à savoir l’intervention terrestre de l’OTAN qui nécessites la construction des bases militaires pour « irakiniser/afghaniser » la Libye. Les dirigeants US n’avaient-ils pas déclaré que le renversement du régime n’était pas leur objectif ? Donc, leur objectif était clair dès le début. Ce qu’on essaie de cacher aux peuples c’est que des milliers de morts et de blessés entre civils et résistants au régime sont tombés, non seulement sous les balles et bombes des partisans de Kadhafi, mais aussi sous les bombes « amies » ; des victimes de bombardements « collatéraux » dont les forces de la coalition/OTAN ont reconnu avoir tué quelques dizaines de résistants « attribués à des erreurs de coordination ». Désormais on ne les appelle plus les forces de la coalition, mais les « forces de l’OTAN ». Comme nous l’avions prédit dès le début, les USA se sont arrogé le droit d’intégrer l’ensemble des forces de cette « coalition » dans l’OTAN, y compris celles des régimes arabes qui n’en font pas partie. Ces derniers ont déjà osé dire que ce que font les USA « n’était pas prévu dans les accords initiaux », mais ils continuent de subir l’humiliation de cet affront attendu de la part des USA en persistant à les soutenir dans leur politique impérialiste.

Le risque de détournement de la révolution libyenne

Si la révolte d’une partie du peuple libyen contre le régime corrompu de Kadhafi est légitime et mérite soutien et encouragement, son objectif risque d’être détourné en faveur de ses pires ennemis. Le président du CNL (Conseil National Libyen) a remercié solennellement les intervenants étrangers dans son pays pour « sauver » les libyens opposants à Kadhafi. Ou bien il ne mesure pas les conséquences désastreuses pour la Libye qui pourraient survenir, ou bien il le fait à bon escient en étant lui-même « l’émir Fayçal libyen », c’est-à-dire l’arabe de service utilisé pour faire avorter la révolution de son peuple. Weizmann/Fayçal 1919 – BHL/Mustapha 2011, une triste histoire qui se répète ! Nous pouvons dire que les BHL (Bernard Henri Lévy) ont d’ores et déjà réussi leur première étape pour diviser les Libyens après avoir occupé la Palestine et divisé les Palestiniens ; leur ruse ne va pas s’arrêter en Libye, mais ils vont tenter de saboter tous les mouvements des peuples arabes qui veulent en finir avec leurs dictatures et instaurer une réelle démocratie chez eux. Car, la démocratie dans le monde arabe n’est pas compatible avec la politique d’Israël et de ses alliés occidentaux qui préfèrent garder leurs valets au pouvoir en place dans les pays arabes afin de les manipuler à leur profit. Pour cela, on peut dire que BHL a presque réussi sa mission pour faire des membres de la direction du Conseil National Libyen ses collaborateurs privilégiés, à l’instar de ses prédécesseurs sionistes qui avaient préparé le terrain pendant un demi-siècle avant d’occuper la Palestine. Son œuvre consiste à aboutir à la division de la Libye et à l’installation de bases militaires de l’OTAN dans ce pays stratégique qui sépare le Maghreb du Machrak arabes. Israël peut être fier de son représentant officieux qui joue le même rôle que son apôtre, Heim Weizmann (président du congrès sioniste mondial et premier président de l’Etat d’Israël). Ce dernier avait fait la démarche en 1919 auprès de la dynastie Hachémite (Hossein ibn Ali el-Hâchimi et ses fils, Fayçal et Abdellah, futurs « rois » de Jordanie et d’Irak) pour en obtenir la première « trahison arabe ». Cette démarche a abouti à l’occupation par les milices sionistes d’une partie de la Palestine, en échange de la Cisjordanie « cédée au royaume » de Jordanie. C’est aux peuples arabes de faire face aux tentatives sionistes qui cherchent à les diviser encore et encore pour réaliser leur objectif satanique : « la pacification » du monde arabe pour mieux le dominer et accaparer ses richesses.

Des mercenaires algériens en Libye !

Des rumeurs qui courent depuis un moment, selon lesquelles des mercenaires algériens participent aux combats aux côté des milices du régime Kadhafi contre les révolutionnaires, ont été confirmées dans une conférence de presse par le président du Conseil National Libyen, Mustapha Abdeljalil (discours rapporté lundi par la chaîne de télévision Al-Jazeera) qui a accusé le gouvernement algérien d’en être l’instigateur. Mais Alger a catégoriquement démenti son implication sur le territoire libyen. « Les informations faisant état d’une implication d’Alger dans l’envoi des mercenaires en Libye n’ont aucun fondement », déclare le porte-parole du gouvernement algérien. Si le régime algérien - à la déférence des cheikhs du Golfe membres de la « ligue arabe » - a désapprouvé l’intervention étrangère en Libye, il nous parait difficile de prendre au sérieux l’accusation de ce responsable libyen, et ce pour deux raisons. 1) Ceci va à l’encontre du principe que défend le gouvernement algérien, puisqu’il est contre une intervention étrangère en Libye. 2) Le contraire serait plus crédible puisque les relations ne sont pas bonnes, voire tendues, entre les deux régimes depuis longtemps, car le régime algérien soupçonne le régime libyen de « favoriser le terrorisme » en Algérie. Ceci dit, il n’est pas impossible que des algériens servent dans les rangs de l’armée libyenne, à titre individuel, sachant que Kadhafi a une légion étrangère au sein de son armée dont les volontaires sont très bien payés.

Yémen

Au Yémen le même scénario se répète. Des centaines de milliers de manifestants continuent à défier le régime d’Ali Abdellah Salah, tous les jours depuis deux mois, lui demandant de « dégager ». Mais ce dernier persiste et signe dans son arrogance en continuant à faire tirer sur les manifestants pacifiques faisant des victimes tous les jours. Des centaines de morts et des milliers de blessés depuis le début de cette révolution pacifique menée par des millions de citoyens qui refusent d’utiliser la violence malgré l’acharnement de leurs bourreaux contre eux. Les cheikhs du golfe essaient de sauver l’apparence du régime yéménite en suggérant la transition du pouvoir au vice-président et un gouvernement transitoire formé par l’opposition. Ali Abdellah Salah se dit prêt à accepter l’offre, mais l’opposition refuse et exige son départ ainsi que celui de toute son équipe gouvernementale. Ils réclament aussi le jugement de tous ceux qui ont un rapport avec les massacres commis contre les manifestants, dont la première responsabilité revient au président lui-même.

Egypte

Sous la pression de la rue, le procureur général égyptien, Abdel Méguid Mahmoud, a annoncé par un communiqué qu’il avait convoqué l’ex président, Hosni Moubarak, et ses deux fils, Alaa et Gamal. Leur convocation est motivée par les accusations qui pèsent sur eux concernant la corruption, la répression et les assassinats des manifestants lors de l’insurrection du 25 janvier au 11 février 2011 qui ont fait 800 morts et plusieurs milliers de blessées. Par ailleurs, l’ex Premier ministre de H. Moubarak, Ahmad Nazif, impliqué dans la corruption, a été placé en détention ce dimanche, selon des sources judiciaires égyptiennes rapportées Aljazeera et d’autres médias.

La Syrie s’embrase

Les Syriens continuent de manifester et le régime continue à leur faire tirer dessus, à chaque manifestation et cortège funéraire s’ajoutent des morts et des blessés. Il y aurait 37 morts depuis vendredi dernier et des dizaines de blessés. Aljazeera montre les images de cinq miliciens armés entrain de frapper un homme à terre et tirer en direction des manifestants. Les autorités syriennes continuent de nier les faits et accusent « des bandes armées » qui tirent à la fois sur les manifestants et les services d’ordre ». Par ailleurs elles affirment que 9 soldats ont été tués dans une embuscade tendue par des bandes armées entre les villes de Homs et de Ladikiya. Malgré les réformes promises par Beshar Al Assad, à la manière des autres pays arabes, les manifestants en colère clament le départ de ce dernier. Mais aussi comme au Yémen et en Libye dont les opposants aux régimes ne se démobilisent pas malgré les répressions sanglantes, comme le fait le régime de Kadhafi qui bombarde les résistants et populations civiles par tous les moyens dont il dispose.

La démocratie dans les pays arabes fait peur à Israël et à ses alliés Le simple observateur de la politique internationale aura compris que ce qui se passe en Libye est bel et bien une « croisade » pétrolière, entamée par G. W. Bush en 2002, dont les planificateurs reçoivent leur directive de Tel-Aviv. Israël et ses complices ont peur de la démocratie dans les pays arabes et ils doivent tout faire pour parvenir à avorter les révolutions populaires qui s’y déroulent afin de garder les mêmes régimes, ou à défaut les remplacer par d’autres qui seront à leur solde. Car, la libération des peuples arabes pourrait mettre fin à leur mainmise sur les richesses de ces pays qui servent à financer les guerres qu’ils mènent contre les pays arabes et musulmans. C’est pour ces raisons que la démocratie dans le monde arabe est perçue comme un danger chez Israël et « les démocraties occidentales ». Ainsi, on la déclarée hors la loi Palestine, et a même entraîné le blocus de la bande de Gaza pour asphyxier ses habitants en vue d’en finir avec la résistance. Non seulement elle fait peur à Israël qui peut perdre des alliés sûrs, comme H. Moubarak (ex président-roi d’Egypte), Abdellah de Jordanie ou le régime d’Arabie saoudite à qui Israël doit son existence grâce. C’est grâce à la trahison de la dynastie Hachémite que l’Etat d’Israël a pu voir le jour. La démocratie fait peur également à ses alliés parmi les régimes occidentaux à caractère impérialiste qui risquent de perdre à jamais leur contrôle des hydrocarbures de ces pays riches, alors que la grande partie des peuples ne mange pas à sa faim.

Quand on est sioniste on le reste pour la vie !

Le juge, Richard Goldstone, regrette déjà d’avoir accablé Israël dans son rapport concernant les crimes de guerre et crimes contre l’humanité, commis lors de l’opération israélienne « plomb durci » contre Gaza (qui a durée du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009) et fait environ 1.500 morts et 6.000 blessés. Oui, quand on est sioniste on le reste toute sa vie. De son côté, le terroriste N°1 israélien, Benjamin Netanyahu, s’est empressé de demander à l’ONU d’annuler ce rapport, en s’appuyant sur la volte-face de ce jugé éhonté qui a cédé aux pressions israélo-sionistes qui l’ont traité de « la honte de soi ». Ceci ne peut que confirmer la mainmise de l’Etat d’Israël et des lobbies sionistes sur les institutions internationales. Faut-il s’attendre à ce que Ban Ki-moon et Obama fassent la même chose que Goldstone, en annulant ce rapport ? Ce n’est pas impossible, car le lobby sioniste international constitue un Etat mondial tout puissant dont aucune puissance au monde ne peut oser dénoncer son caractère immoral son arrogance et son cynisme. Car son épée (l’épée du sionisme), la manière de l’épée de Damoclès, est suspendue sur chacune des têtes de leurs dirigeants et peut les trancher à tout moment. Ce n’est pas impossible puisque Ban Ki-moon et Obama suivent Goldstone, car ils ne sont que des pions du lobby sioniste, sachant que sans son accord ils n’auraient jamais accédé aux postes qu’ils occupent.

(Par Chérif BOUDELAL – 12 avril 2011 - immigrationstorys@yahoo.fr)


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