Comité consultatif d’expansion économique pour l’arrondissement de Djidjelli

Le Comité consultatif d’expansion économique pour l’arrondissement de Djidjelli continuant ses travaux à une cadence rapide, s’est à nouveau réuni, les 13 et 15 janvier 1959 dans la salle de conférence de la Sous-Préfecture sous la présidence du colonel Pellerin, commandant le Secteur, et en présence de M. de Béarn, sous-préfet. Conscients, de l’importance de l’oeuvre entreprise, membres et techniciens administratifs coopérent étroitement à la mise sur pied d’un programme économique cohérent et complet susceptible d’avoir de profondes répercussions sociales dans un avenir proche.
Lors de ces deux séances furent succéssivement traités l’industrie du liège, l’hydraulique, l’habitat et la préformation professionnelle, questions particulièrement vitales s’il en est pour l’Algérie de demain. M. Bencharif, industriel liègeur, dans un exposé d’une objectivité très remarquable, retint l’attention de l’auditoire en soulignant la place de premier choix qu’occupait l’industrie du liège dans la vie de l’arrondissement.
Cette activité qui, en temps normal, faisait vivre 1500 ouvriers et leurs familles, voit son potentiel, extrêmement réduit du fait des événements et ne nourrit plus que 10°/° de la main d’œuvre employée auparavant. D’autre part, menacée par ces produits synthètiques, cette branche économique doit veiller à ne pas se laisser dépérir et rechercher d’autres débouchés en se reconvertissant si c’est nécessaire. La question de l’hydraulique fit l’objet, aussitôt après, d’une excellente étude de la part de M. René Bachelot. On ne peut ignorer l’importance de ce problème qui commande tout l’avenir agricole de Djijdjelli et de l’Algérie. Pour l’arrondissement, un barrage, celui de Djen-Djen inférieur, permettant l’irrigation et la mise en culture de près de 4000 hectares de terre et assurerait aux autres branches de l’économie régionale une activité accrue. Restait à l’ordre du jour de cette séance : l’habitat. M.Lafranque, architecte, était particulièrement bien placé pour traiter le sujet, ce qu’il fit avec brio. Connaissant parfaitement le mode de vie traditionnel des montagnards, il soumit à l’assemblée le plan d’un logement type répondant aux besoins de la population rurale et dont le coût demeure raisonnable : 600.000 Francs environ, main-d’œuvre et approvisionnement assurés par le futur propriétaire. Cette séance, où furent abordés des sujets de première urgence pour la région de Djijdjelli, devrait être suivie, le 15 janvier, d’une autre où M. Montmège, contrôleur du Travail, traitra le problème de la préformation professionnelle s’insérant dans le cadre du plan quinquennal et qui assurera à la région une main-d’œuvre qualifiée apte à répondre aux besoins nés d’une mise en valeur accélérée. Nous ne pouvons qu’applaudir à tel effort et à une telle coopération entre l’Administration et l’entreprise privée. La construction d’une Algérie nouvelle sur de telles bases où se trouvent unis le technique et l’humain, laisse présager un avenir meilleur pour tous dans la paix retrouvée. Source, La Dépêche de CONSTANTINE ET DE L’EST ALGERIEN nr16485, page 6, Dimanche-Lundi 22-23 Février 1959.
M.F.TOUMI.



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