Comment le football est-il devenu source d’émeute dans nos pays ?

Lorsque le football devient victime de ses supporters, surchauffés par des médias zélés, les langues longues dégénèrent et entretiennent les enchères. Le match de football entre l’Algérie et l’Égypte s’est transformé en une guerre langagière entre les médias des deux pays, soutenus par des bandes de dévoyés (et le mot n’est pas assez fort) issus de classes sociales diverses, et les plus « instruits » sont à l’avant-garde de cette dégénérescence.
Par Chérif BOUDELAL d’El-Milia - Algérien vivant en France
Au lieu d’encourager les deux équipes et féliciter le vainqueur qui représentera au « moundial » tous les pays arabes, ces hooligans de type nouveau ont montré au monde leur stupidité, en trouvant le prétexte de ce match qui aurait dû être une fierté de tous, pour jeter l’opprobre sur le sport et créer un climat d’hostilité entre les deux peuples frères. Contrairement aux hooligans des autres pays qui sont constitués de délinquants issus des couches sociales exclues de la société, les chefs des hooligans arabes sont plutôt issus des classes supérieures des deux pays. Ce sont eux qui ont manipulé des jeunes en désarroi, inconscients, et les ont dressés les uns contre les autres. Parmi eux on trouve des politiciens malveillants qui ont fait des surenchères, des intellos mal-en-point, des journalistes zélés, ou encore des acteurs en fin de carrière qui supportent mal leur vieillissement. On y trouve même des juristes qui, faute de pouvoir s’exprimer librement dans les tribunaux de leur pays respectif, ils se sont défoulé en clamant leur « amour » à leur équipe et en s’attaquant au camp adverse ! Tous se vantent par ailleurs d’avoir un esprit nationaliste, tout en piétinant les valeurs morales et l’esprit sportif. Ils ont poussé des jeunes en mal de vivre à se déclarer la guerre psychologique dont le but est de créer des hostilités entre les deux peuples, en pratiquant la méthode du colonialisme selon laquelle il faut diviser pour régner. Inutile de dire que ces derniers sont les ennemis du sport, des sportifs et de leur peuple, et ils ne peuvent en aucun cas représenter le sport ou leurs concitoyens. Un adage populaire que les gens de mon village natal (Boukhdèche) disent souvent pour désigner quelqu’un qui n’est pas digne de quelque chose : « on a donné le clou de girofle à l’âne pour le sentir, il l’a mangé ». Cet adage s’applique parfaitement à ceux, en Algérie et en Égypte, qui ont fait du sport un moyen pour refouler leur colère générée par le système politique qui les humilient quotidiennement, car ils n’ont pas l’intelligence ni le courage de l’affronter. Les gens raisonnables savent pertinemment que le sport et les sportifs, ainsi que leurs supporters honorables sont innocents, et que ces délinquants, qui n’ont aucun esprit sportif ni valeur morale, ne les représentent pas, loin de là.
A qui profite le crime ? Comment ces gens sont arrivés à ce point de l’infamie ? Est-ce qu’ils ont oublié l’histoire qui lie les deux peuples frères, ou bien ne la connaissent-ils pas du tout ? En faisant abstraction des liens culturels qui existent entre les deux peuples, ceux qui sont concerné par cette campagne insensée côté algérien ne savent-ils pas que l’Égypte a joué un rôle important dans la libération de l’Algérie ? Et ceux concerné par le hooliganisme côté égyptien ne savent-ils pas que des Algériens ont versé leur sang sur le sable du Sinaï, et auparavant en Palestine, en combattant l’ennemi sioniste aux côtés de leurs frères égyptiens ? Qu’ont-ils fait de tout cela, ces hooligans qui voulaient montrer leur « amour » à leur équipe respective national en se rabaissant de la sorte ? Comment peut-on concevoir ce qu’ils ont fait ? Ils ont essayé d’effacer tout le passé qui lie ces deux peuples frères par un coup de pied dans le ballon, ou par une simple rature de plume au lieu d’honorer l’avènement en faisant plutôt la fête commune, amicale et joyeuse, en se félicitant mutuellement. Par leurs actes, ces hooligans au col blanc ont gravé les stigmates de la honte sur leurs fronts et devenus la honte de leurs peuples. Ils ont donné l’occasion aux ennemis de leurs peuples de se moquer d’eux, les prenant comme modèle représentatif de leurs deux nations, comme étant des retardés mentaux. Quant à leurs dirigeants, inutile d’en parler puisqu’ils ne sont en place que pour servir leurs intérêts personnels et leurs classes sociales. Nous savons également que cette mise en scène relève de leurs pratiques habituelles pour détourner les opinions publiques sur les problèmes dont souffrent leurs peuples. La preuve évidente est là : aucun haut dirigeant des deux pays n’a pris la peine de s’adresser à ses délinquants pour les calmer et leur dire qu’ils ont fait honte à leur peuple et à leur pays ; mais aussi en s’adressant au peuple frère de l’un et de l’autre pays pour lui dire que leur gouvernement et leur peuple condamnent fermement les actes infâmes de leurs ressortissants délinquants. Mais non, rien n’a filtré de ces derniers sinon de féliciter ou consoler leur équipe respective ! Une honte « à la puissance n » de ceux qui nous gouvernent. A travers cet évènement, le monde entier a pu mesurer à quel point le monde arabe à besoin de se remettre en cause, puisque ceci montre qu’il est en voie de sous-développement moral et intellectuel inquiétante.
Questions : La question primordiale que l’on doit se poser après cette crise intellectuelle et morale qui frappe de plein fouet le monde arabe est la suivante : quelle est la solution pour les génération futures ? La réponse est très simple : la solution réside dans le changement radical des mentalités, et d’abord chez les élites politiques et intellectuelles, tels ces intellos hooligans qui sont les premiers responsables de la souffrance de leurs peuples qui souffrent des mêmes symptômes. Pour que ce monde arabe puisse remédier à ces problèmes, il doit s’émanciper. Il doit se libérer du colonialisme intellectuel, intérieur et extérieur, et du et de « sa servitude volontaire ». Et ceci ne peut se faire qui si des gens conscients parmi les instruits veillent se libérer et libérer leur peuple de cette servitude volontaire que les peuples ont fini par accepter comme une fatalité divine. Dans nos pays on trouve des rois et des présidents-rois, qui se sont élus eux-mêmes à vie à la tête de l’Etat ; à leur mort leurs descendants les remplacent au pouvoir de façon « naturelle », dont leurs intérêts passent avant celui de leurs peuples et de leurs pays. Un verset coranique di-il pas : « Lorsque les rois entrent dans un village, ils le détruisent et humilient ses habitants » ? Et les dirigeants arabes, à quelques nuances près, sont tous des rois en puissance. L’un de ces tyrans a dit, à l’adresse de son peuple, ceci : « Pour que le chien vous suive il faut l’affamer ». Et malheureusement la majorité de nos dirigeants ont la même conception politique immorale que ce tyran.
Il faut mériter sa place au pouvoir Nous souhaitons que les honorables citoyens des deux pays, de l’Égypte et de l’Algérie, dépasseront cette mise en scène et feront en sorte qu’ils retrouvent à nouveau leurs relations normales, amicales et fraternelles. Nous disons aux deux peuples frères, attention à la ruse de vos ennemis (intérieurs et extérieurs) qui pratiquent la méthode colonialiste, celle qui consiste à diviser pour régner. Nous espérons que les générations futures du monde arabe sauront balayer tous les corrompus parmi leurs peuples et de tous les traîtres, où qu’ils soient et quels qu’ils soient.
Enfin, pour que les peuples du monde arabe puissent atteindre cet objectif, ils doivent être émancipés. Ceux qui ont une lourde responsabilité pour réaliser cet objectif ce sont ceux qui ont des compétences, c’est-à-dire les intellectuels intègres, ceux dont « la science n’a pas ruiné leur âme ». Ils doivent être les premiers à se libérer de la peur, de l’indifférence et de la léthargie pour se mettre au service de leurs pays et de leurs peuples. Les futurs dirigeants doivent avoir non seulement des compétences pour gérer le pays, mais aussi une moralité sans faille. Ils doivent être l’exemple pédagogique pour leurs peuples dans tous les domaines de la vie, y compris dans le sport qui a été fondé à l’origine pour le rapprochement et la fraternité entre les citoyens et entre les peuples.



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