Corruption en Algérie, le témoignage accablant d’un patron allemand

dimanche 15 août 2010
par BENKAM

Les actions de lutte contre la corruption menées en Algérie demeurent encore insuffisantes eu égard aux différentes pratiques dont font usage les auteurs de ces forfaitures. Un homme d’affaires a témoigné sur les colonnes de la presse allemande pour illustrer la gravité du phénomène qui ronge la société algérienne. Sous le titre « Un patron de PME allemand brise la loi du silence », le quotidien économique français Les Echos reprend, dans son édition datée du 11 août, le témoignage de l’opérateur paru sur le journal Handelsblatt. Il s’agit de Eginhard Vietz, patron d’une PME de Hanovre, âgé de 69 ans, qui a vu les versements de pots-de-vin. Eginhard Vietz affirme dans l’interview en question qu’il continue à pratiquer la corruption d’agents étrangers.

Pour lui « les grands noms de l’industrie comme Siemens, Daimler, MAN ont eu à pratiquer la corruption pour bénéficier de marchés publics ». Selon cet industriel, qui œuvre dans le monde des équipements pour la construction de pipelines, « il y a des pays où cela ne marche pas autrement », citant surtout l’Algérie, l’Egypte, le Nigeria, et la Russie.

La procédure, raconte Vietz, est identique : « Le responsable de l’octroi des marchés, cité le plus souvent comme un agent public, perçoit une commission sur facture représentant une partie de la somme du contrat.

Un compte en Suisse est désigné, sur lequel l’argent est viré, et le tour est joué », lit-on dans cet article. A la question : la marge de l’entrepreneur en souffre-t-elle ? la réponse de l’opérateur allemand est « Non ». Car il se trouve que la somme, qui peut représenter 10% du contrat, est réintégrée dans le prix du devis. Le coût est supporté par le contribuable algérien.

Selon le patron de la société allemande, « des marchés lui ont échappé car des concurrents ont promis davantage sous la table ». Expliquant l’ampleur de ce phénomène de commissions, il a affirmé que « la corruption de fonctionnaires revient à une affaire de niveau de vie ».

« Les agents chargés de collecter les pots-de-vin vivent parfois à quatre dans 30 mètres carrés », a-t-il constaté « de ses propres yeux ». Et quand ces derniers sont invités par les entreprises soumettant une offre, en Allemagne ou aux Etats-Unis, pour y voir les rutilantes machines en usine puis partager un copieux repas, c’est un moment de « luxe absolu » pour ces exécutants, qui veulent récupérer une part de ce bien-être en retour, lit-on également dans cet écrit. Pour Vietz, « c’est humain ».

L’éthique, un vain mot ? A-t-il mauvaise conscience ? Aurait-il pu refuser de signer certains contrats ? Des questions que l’opérateur allemand ne pose pas dans ce type de situations. « Et après ? Je dois renvoyer mes gens à la maison ? Je ne peux tout de même pas changer la face du monde », confie-t-il.

Il n’y a pas de vertu dans le domaine des affaires, insiste-t-il, même si des multinationales annoncent l’embauche de dizaines, parfois de centaines d’agents chargés en interne de veiller à l’éthique dans les affaires. Eginhard Vietz estime que « tout cela n’est qu’une pure hypocrisie ». La corruption par le versement de commissions illégales prélevées sur le compte

du Trésor public interpelle plus, sachant que les projets lancés par les pouvoirs publics se chiffrent à des milliards de dollars, dépassant depuis 2005 les 400 milliards de dollars, dont les 280 milliards de dollars injectés pour le plan quinquennal 2010-2014.

Le gouvernement devrait trouver la parade à ce type de pratiques afin d’éviter le prélèvement d’un bon pactole sur le compte du citoyen et au détriment des projets. La prise en charge sociale des personnes censées veiller à la bonne gestion des budgets de l’Etat devrait être inscrite dans le cadre de la politique de lutte contre la corruption. L’opérateur allemand a souligné dans son témoignage que les tentatives de corruption sont dans la plupart des cas motivées par la situation sociale des cadres, notamment algériens.

Par Farouk Belhabib Le Temps d’Algérie


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Réactions

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lundi 29 novembre 2010 à 16h11, par  BENKAM

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 15/08/2010 09:55 Mis à jour : 15/08/2010 10:03
Re : Corruption en Algérie, le témoignage accablant d’…
En Algérie ça se pratiquait déjà sous l’ère boumediéniste avec des firmes allemandes qui approchaient non pas les hauts cadres, mais les petits, pour connaître les offres concurrentielles.
C’est trés facile de lutter contre la corruption. Il suffit de le vouloir. Lorsqu’un petit employé mène un grand train de vie, lorsque l’enfant d’un général devient milliardaire. Il suffit d’enquêter.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 15/08/2010 14:28 Mis à jour : 15/08/2010 14:33
Re : Corruption en Algérie, le témoignage accablant d’…
La corruption est l’essence même du système algérien, elle est plus vitale que l’eau pour le poisson….Ce n’est qu’une infime partie de l’iceberg…..Un Snipper ;-Algérie

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 15/08/2010 18:39 Mis à jour : 16/08/2010 01:24
Re : Corruption en Algérie, le témoignage accablant d’…
La corruption est la première religion en algérie,viens ensuite la bassesse,viens ensuite le déshonneur,viens ensuite l’indignité,et loin très loin dèrrière encore pas mal d’autres choses mauvaises à écrire et a entendre,la pratique de l’islam
Il faudrait revoir le pourcentage de vrais musulmans en algérie,la corruption possède la majorité de fidèles qui connaissent tous sur le bougt des doigts les pilliers principaux de celle ci ;-divers

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