DJIDJELLI : Le Fort des Français

Bonjour.
L’histoire nous apprend que parmi les ouvrages défensifs les plus marquants et les plus importants construits par l’armée du "Roi Soleil" Louis XIV, lors de l’expédition du 22 septembre 1664 contre la ville de Djidjelli, sous le commandement général du Duc de Beaufort, figure le fort des Français. Érigé sur les vestiges d’une vieille tour romaine au sommet d’une éminence rocheuse dans un endroit stratégique dominant mer et montagnes, ce fort de « Djebel El-Korn » constituait le poste le plus avancé des lignes Françaises dont les troupes avaient pris position dans la plaine qui s’étendait entre la mer et la zone montagneuse (l’actuel centre ville colonial).
Tous les historiens s’accordent à dire que l’utilisation des pierres tombales du cimetière musulman pour l’édification de ce fortin, était l’une des causes principales qui poussa la population autochtone à se rallier aux cotés des turcs pour s’insurger contre la présence Française sur son territoire. Ainsi, l’historien français Ernest WATBLED écrit à ce propos : « …. Une autre circonstance, la profanation des tombeaux d’un cimetière musulman, dont les matériaux avaient été employés à la construction d’un fortin, acheva de compromettre le succès des négociations ». Dans le même sens Aimé RETOUT note : « Les Kabyles de la montagne n’aimaient pas beaucoup les turcs, qui n’avaient jamais pu s’étendre hors de la ville et de ses environs immédiats. Ils hésitaient sur le parti à prendre, lorsqu’on commit la faute de se servir de matériaux enlevés à un cimetière musulman pour construire un fort sur le Djebel el Korn, près de l’emplacement où se trouve maintenant le fort Saint-FERDINANT ». Un autre témoignage, celui de Charles FERAUD qui confirme cette hypothèse en écrivant : « Un témoin oculaire, cité par PELISSON, pense que la profanation des cimetières musulmans, dont les matériaux furent employés à la construction du fortin de l’ouest, nuisit beaucoup au succès des négociations. On connaît le respect des Arabes pour les morts : (cette espèce d’inhumanité les éloigna plus que nulle autre chose.) ».
Da Salah BOUSSELOUA dans sa monographie de la wilaya de Jijel rédigée en 1970, nous indique de son coté que : « ’’Le Fort des Français’’ pour les armées de Louis XIV et ’’Bordj-Echetti’’ pour les vieux Djidjelliens, fut construit prés du vieux cimetière de la ville (ce vieux fort aujourd’hui disparu, était debout jusqu’en 1933) ».
Cependant, à chaque fois je me rends au cimetière de notre ville, je ne cesse de me poser des questions quand à la nature et l’origine des restes d’une ancienne construction qui se trouvent du coté de Beaumarché, pas loin de l’endroit ou s’élevait la vigie de Djidjelli. D’une superficie totale d’environ 200,00 mètres carrés et une hauteur de 5,00 mètre, l’ouvrage semi-enterré est composé essentiellement d’une muraille périphérique en pierres de 60 centimètres d’épaisseur dotée de contreforts (murs en retour) ayant une épaisseur de 80 cm. Dépourvu d’accès proprement dit, une ouverture a été creusée sur un de ses cotés pour pouvoir y pénétrer, (voir photo ci-dessous).
L’ouvrage actuellement à l’abondant total est couvert d’une dalle en béton armé dont la réalisation, d’après les techniques et les matériaux utilisés, serait de l’époque coloniale. Vétuste et trouée de partout, cette dalle qui se trouve aujourd’hui dans un état de délabrement très avancé constitue en fait danger permanent pour les enfants imprudents des quartiers environnants qui parfois n’hésitent pas à s’aventurer à jouer dessus.
Meilleures salutations
Hocine.T



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