De Misrata au bloc opératoire de l’hôpital

En véritable miraculé, Dahmane Trier, un jeune Algérien de 26 ans, natif d’El Ancer, une commune à l’est de la wilaya, qui s’est, tiré de la ville assiégée de Misrtata, en Libye, a atterri au bloc opératoire de l’hôpital d’El Milia. Donné pour mort il y a quelques jours, il a été opéré, mardi dernier, pour une hernie étranglée, une urgence chirurgicale qu’il a traînée depuis son départ de cette ville étrangère. A sa sortie du service de chirurgie, Dahmane raconte sa fuite de Misrtata. Parti en Libye à la recherche d’un autre destin, après avoir quitté en 2006 l’université de Jijel, il est revenu bredouille laissant ses biens et ses revenus. Avec regret, il évoque les conditions de vie de ces milliers d’Algériens pris entre deux feux depuis que ce pays est en guerre. « On vivait bien en Libye, on était apprécié, et même avec les rebelles à Misrata on n’était pas inquiété, mais après que des informations aient été relayées au sujet de la présence d’Algériens dans les rangs des pro-Kadhafi, on est devenu des suspects, voire des ennemis », affirme-t-il. A Misrata, une ville qu’il dit prospère, et où il tenait un café ayant pignon sur rue, Dahmane estime que les Algériens sont livrés à eux-mêmes. Selon lui, beaucoup de nos compatriotes ont été enrôlés de force dans les rangs des mercenaires combattants aux côtés des troupes d’El Kadhafi. C’est à bord d’un bateau, affrété par le Qatar pour évacuer des Égyptiens, qu’il a pu se tirer de cette ville, la troisième du pays que Kadhafi n’aime pas parce que, soutient-il, ses habitants se sont rebellés. Au port égyptien de Tobrouk, il a pu enfin communiquer avec sa famille à l’aide d’un téléphone Thouraya d’un Qatari. Après un long périple qui l’a conduit jusqu’au Caire, où il a été récupéré par deux membres de l’ambassade d’Algérie avec cinq autres compatriotes qui ont embarqué avec lui à Misrata, il est enfin revenu au pays. « Je n’oublie pas les moments d’enfer vécus, d’abord à Misrata sous les missiles qui nous tombaient sur la tête de partout, et ensuite dans le bateau avec des gangs de Baltaguia égyptiens qui se bagarraient férocement pour des morceaux de pain et qui n’ont pas encore oublié la défaite d’Oum Dourman », ajoute-t-il. Z. A./El-Watan



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