Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’installation à l’enracinement

vendredi 14 août 2009
par BENKAM

Vers la fin du XIXe siècle, les soulèvements populaires à répétition qui se sont déroulés tant en Algérie qu’en France, ont poussé les gouvernants français de l’époque à adopter la solution radicale de l’éloignement des insurgés de leur pays natal. Cette solution a aussi été appliquée, à une grande échelle, aux condamnés aux travaux forcés. Les premiers, jugés pour des délits politiques, étaient dénommés les « déportés » et les seconds, jugés pour des délits de droit commun, étaient dénommés les « transportés ».

Napoléon III s’empare de la Nouvelle-Calédonie afin de créer une colonie pénitentiaire et d’accueillir ces « indésirables ». Elle présentait l’avantage d’être loin de l’Europe et de l’Afrique, elle était vierge et sa colonisation serait vue d’un bon œil puisque la vie sur ce territoire était encore à l’état sauvage.

Une fois la colonisation du pays entamée, il fallait créer un centre de colonisation pénale, le choix s’est fait sur le village naissant de Bourail qui se développa petit à petit à partir de 1850. Ce n’est qu’en 1871 que le territoire de Bourail s’est transformé en véritable centre de colonisation pénitentiaire communément appelé « La pénitentiaire ». Dans l’esprit de colonisation de ce pays, le centre pénitentiaire agricole servirait à mettre en place un foyer d’accueil pour les déportés et transportés en fin de peine pour les inciter à vivre et à fonder des foyers dans ce pays nouvellement colonisé. Les structures de « La pénitentiaire » se sont multipliées et dispersées dans la région. En 1877, le centre pénitentiaire de Bourail comptait déjà 816 condamnés et libérés. Des concessions de quelques hectares de terres sont accordées aux libérés qui désiraient s’installer dans ce pays. A cette date, ils sont 148 concessionnaires libérés ou en fin de peine, installés avec leurs familles dans leurs terres. Pour parfaire cette œuvre de colonisation pénale et de peuplement, les autorités coloniales autorisent la venue dans ce pays de femmes issues de la Métropole uniquement, soumises ou non à la transportation. Le regroupement familial a aussi été favorisé. Les Algériens n’étaient pas concernés par ces mesures sociales. Les transportés algériens et français, ainsi que les déportés algériens issus de la révolte de Kabylie de 1871 et les déportés français issus des événements de la commune de Paris de la même année, constituent le gros de ce centre pénitentiaire. Dans le but de créer les conditions idéales d’enracinement de ces familles métropolitaines en priorité, des structures administratives d’état civil sont mises en place. En général, les mariages sont souvent groupés, une vingtaine par cérémonie. Le 22 février 1873, quinze unions sont célébrées par l’officier d’état civil. Ce jour-là, deux Algériens célèbrent leur mariage, Ali Ahmed Ben Foulah avec Fanny Saumont et Kaddour Mohamed Ben Yamina Ben Hadj avec Amélie Moussard. Beaucoup d’autres Algériens en fin de peine feront de même par la suite. Les Calédoniens utilisent le terme générique « Arabes » pour désigner les descendants de déportés et transportés venant du Maghreb. Cette appellation n’est pas du tout conforme aux réalités historiques, elle ne représente pas toutes les composantes de cette population. Les historiens et les descendants de déportés algériens ont souvent été confrontés à des polémiques autour de cette appellation. Il est tout à fait légitime de faire référence à l’Algérie et de parler de descendants de déportés algériens et non de privilégier une ethnie par rapport à une autre. L’écrasante majorité de ces déportés maghrébins est issue d’Algérie.

Bourail

Le peuplement de Bourail va s’accentuer, il se fera dans la diversité forcée et inévitablement au détriment des tribus locales indigènes. Ces tribus se révoltent, mais, faiblement armées, elles seront toutes vaincues et repoussées vers des réserves lointaines hostiles. Un des grands chefs de tribus révoltées Ataï sera décapité le 1er septembre 1878, un martyr qui deviendra un symbole pour les nouvelles générations kanaks. Entre 1867 et 1889, on estime à environ 1500 le nombre d’Arabes transportés en Nouvelle-Calédonie, dont la grande majorité est issue d’Algérie. Quelques dizaines seraient venus du Maroc, de Tunisie et même du Yémen. Ces derniers, les Yéménites, seraient venus dans ce pays comme chauffeurs sur les navires à vapeur assurant la liaison avec l’Europe. L’arrière-grand-père de l’actuel président de l’Association des Arabes de Nouvelle-Calédonie, Salem, était originaire du Yémen. En Nouvelle-Calédonie, la tradition orale véhiculée à ce jour confond souvent les condamnés à la transportation et les déportés politiques de l’insurrection kabyle de 1871 initiée par El Mokrani et le cheikh Mohand Amézian El Haddad. Celle-ci entraînera à partir de 1873 la déportation de plus de 120 révoltés algériens condamnés par un tribunal d’exception militaire siégeant à Constantine. Boumezrag Mokrani, le frère du leader de la révolte, Mohamed, Azziz et M’hamed, les fils du cheikh Mohand Amézian El Haddad, leader de la révolte et de la confrérie des « Rahmania », feront partie de ce lot de déportés. Après quelques années de détention, certains Algériens, devenus concessionnaires, s’installent définitivement dans ce pays d’adoption et fondent des foyers. La superficie des concessions est de 4,5 hectares environ, réparties autour du village de Bourail avec une grande partie dans la vallée de Nessadiou (appelée autrefois la Vallée du Malheur). En 1895, Bourail compte 41 concessionnaires d’origine arabe (probablement tous d’origine algérienne), la liste est donnée en annexe, l’orthographe des noms des registres des concessions de Bourail a été conservée. Le registre des concessions rurales du centre pénitentiaire de Bourail donne plus de détails, dont voici quelques exemples : « Ameur Ould Chaouffa, concessionnaire du lot n° 39 de superficie 4,40 ha, a été mis en concession le 27 août 1883, libéré le 18 avril 1885, il devient concessionnaire définitif le 27 août 1888 ». « Mohamed Ould Bel Kissous, concessionnaire du lot n° 38 de superficie 4,20 ha, a été mis en concession le 27 août 1883, a bénéficié d’une remise de peine, il devient concessionnaire définitif le 27 août 1888. Il s’est marié le 15 mai 1893 ». « Bachir Ould Sghir Ould Saïd, concessionnaire du lot n° 40 de superficie 4,50 ha, a été mis en concession puis libéré, en 1890 il devient concessionnaire définitif ».

Miloud Ben Abdallah, un concessionnaire au-dessus du lot

Miloud Ben Abdallah, fils de Abdallah ould Moussa et de Aïcha Bent Saïd, est né en 1837 à Righas, arrondissement de Blida. Déjà marié en Algérie à Kheira Bent Haya, deux enfants, profession : journalier. Taille : 1,81 m, borgne de l’œil gauche, illettré. Le 5 juin 1867, jugé pour meurtre, il est condamné à 10 ans de travaux forcés par la cour d’assises de Blida, il sera déporté en Nouvelle-Calédonie où il arrivera le 11 février 1868 à bord du Fleurus. Il sera libéré de la section n°1 le 9 juin 1877, mis en concession le 10 mai 1886 sur le lot numéro 77 de Nessadiou de 6 hectares de superficie. Il devient concessionnaire définitif le 10 mai 1891. Le 24 décembre 1892, il obtient un lot supplémentaire de 2,40 hectares, le n° 77 planté en caféiers. Il se marie le 5 juillet 1882 à Bourail avec Hobigand Cécile Lodoïska, dite « Berthe », elle-même transportée de France. De cette union, naîtront 6 enfants. Miloud décédera à Bourail le 4 juin 1900. Miloud travaillera dur, à force d’efforts, d’abnégation, d’ingéniosité et de persévérance, il devient un concessionnaire modèle aux yeux de l’administration pénitentiaire. A propos de la concession réussie de Miloud, le registre des concessions rurales de Bourail indique les observations suivantes : « De tous les concessionnaires de Nessadiou, le libéré Miloud est l’un des premiers qui aient entrepris la culture du café. Les résultats obtenus sont déjà des plus satisfaisants et on ne peut que le louer de sa persévérance à poursuivre un essai de culture que la nature des terrains de Nessadiou ne paraissait pas devoir mener à bien. L’exemple de Miloud a entraîné la majeure partie des concessionnaires de la section. « Excellent concessionnaire ».

Avec le développement de leurs concessions agricoles, les familles de déportés algériens s’agrandissent petit à petit pour donner naissance à une communauté attachée à ses origines, à sa religion et à ses coutumes ancestrales.

Malgré le mutisme gardé par les anciens sur leur passé, les descendants de ces déportés ont, tant bien que mal, tout fait pour transmettre ces repères aux générations futures. En participant pleinement au développement de leur pays d’adoption, cette communauté s’est complètement intégrée au pays sans avoir à renier son passé, sa religion et sa culture. L’exemple le plus marquant est celui de Taïeb Aïfa, actuellement maire de la ville de Bourail, une personnalité politique incontournable pour les grands problèmes sociaux politiques de Nouvelle-Calédonie. A leur arrivée en Nouvelle-Calédonie, la plupart des déportés algériens ont été logés dans l’île des Pins, une île vierge où tout était à faire. Certains décéderont dans cette île et seront enterrés dans le cimetière spécialement aménagé pour enterrer les révoltés de la commune de Paris. Ali Ben Galouza, né en 1821 à Draâ El Mizan, suite à son implication dans le soulèvement de 1871, est condamné à la déportation le 20 mai 1873 par la cour d’assises de Constantine. Il meurt le 17 novembre 1875 et sera enterré dans ce cimetière avec ses compagnons d’infortune de la commune de Paris. Sa tombe porte le numéro 103. D’autres algériens seront aussi enterrés dans ce cimetière des communards, on peut aussi citer Tahar Ben Akli ; lui et Ali Ben Galouza figurent dans la stèle commémorative du cimetière. La création d’un cimetière musulman à Nessadiou va entraîner le regroupement des déportés algériens dans cette vallée. Leurs épouses n’étaient pas autorisées à rejoindre leurs époux, ils finiront par se marier à des Européennes.

1896 - Création du cimetière musulman

Avec l’âge s’est posé le problème du cimetière de cette communauté musulmane. Ils se sont entendus pour soumettre cette question aux autorités administratives locales. Lors de la séance du 18 juillet 1896 de la commission, Charles Metzer soulève cette question et demande à cette commission « pour savoir s’il y aurait ou n’y aurait pas d’inconvénients à créer, à Nessadiou, un cimetière arabe ». A l’unanimité, la commission déclare n’en voir aucun et émet le vœu de donner satisfaction à ces professants d’un culte essentiellement différent, mais à la condition que les « arabes » soient seuls chargés, et à leurs frais, de tous les travaux d’entretien… (Extraits du registre des délibérations) Sidi Moulay, en voulant traverser à cheval par temps de grande pluie la rivière, s’est noyé. C’était un grand marabout très respecté. Le vieux Miloud, au nom de la solidarité communautaire, propose de l’enterrer sur son terrain. Il fait don d’une de ses concessions pour créer le cimetière musulman actuel de Bourail. Le marabout Sidi Moulay est enterré dans un coin de ce cimetière. Sa tombe devient un lieu de recueillement, où les vieux, autrefois, déposaient de l’argent et formulaient des vœux. Avec le temps, le nombre de tombes s’est accru, les plus anciennes n’ont malheureusement aucune inscription. Avant, les vieux n’inscrivaient pas les noms de leurs morts sur les stèles. En guise de stèles, ils utilisaient des pierres tombales peintes en blanc. L’entretien de ce cimetière est entièrement pris en charge par la communauté par le biais de l’Association des Arabes de Nouvelle-Calédonie. A l’intérieur du cimetière est planté un palmier orienté vers la Mecque et servant de kebla pour l’enterrement des morts. A côté de ce cimetière se trouve un hangar aménagé avec une petite cuisine et une salle avec des tables et des chaises. Des cérémonies de célébrations et de commémorations d’êtres chers disparus sont organisées par des familles, tous les membres de la communauté y sont invités à manger et à partager ce moment de recueillement avec la famille organisatrice. Ces rencontres rituelles sont assez appréciées par tous, elles leur permettent de se retrouver, y compris ceux de la communauté qui vivent loin de Bourail.

Cimetière musulman de Nessadiou

L’étape suivante a été de doter la ville d’une mosquée, c’est chose faite depuis un peu plus de 10 ans. Le regretté Mohamed Seddik Taouti sera l’un des grands artisans de la construction de cette mosquée, il apportera son aide et sa grande contribution en vue de réunir les fonds nécessaires pour son achèvement. Cette année, une plaque commémorative au nom de cet illustre bienfaiteur a été apposée à l’entrée de ce qui s’appelle maintenant le centre islamique de Bourail. Ce centre est situé à proximité du cimetière. Le vieux Jean-Baptiste Barretteau, voisin et ami des déportés algériens, mort en 1911, est, suite à sa demande, enterré au cimetière musulman de Nessadiou avec son oncle et sa fille Louise. On raconte qu’il a été enterré dans le cimetière par les anciens et que ces derniers avaient accepté la présence de croix sur leurs tombes. Une des conditions posées par les anciens est que la prière du curé soit dite sur les tombes et non dans tout le cimetière. Ce geste de tolérance a toujours été considéré comme un signe de reconnaissance envers des amis, des voisins et surtout des compagnons d’infortune. Par la suite, ce précédent a donné lieu à des polémiques soulevées par les jeunes des nouvelles générations de descendants de déportés d’origine musulmane. Le message transmis par les vieux, en répondant favorablement à la demande de leurs amis et voisins chrétiens d’être enterrés parmi eux, est un message de tolérance. On raconte aussi que ces vieux arabes étaient stricts, mais tolérants.

Mosquée de Bourail

Beaucoup de descendants de déportés algériens ont parfaitement réussi leur intégration dans ce pays. Celui qui symbolise mieux la réussite sociale et l’intégration dans ce pays de ces descendants de déportés algériens est sans contexte Aïfa Taïeb, surnommé le « calife ». Il est né le 31 octobre 1938 à Bourail et il est fils d’un transporté algérien. Il a d’abord été un grand sportif, lors des jeux du Pacifique Sud qui se sont déroulés dans les îles Fidji en 1963, il a gagné la médaille d’or au 3000 mètres steeple. Après une activité syndicale, il se consacre à la politique, il sera maire de Bourail de 1977 à 2001 et de 2008 à ce jour. Lors d’une visite de travail en Nouvelle-Calédonie, l’ancien ministre français d’origine algérienne, Azzouz Begag, s’est rendu au cimetière musulman de Nessadiou. Taïeb Aïfa prend la parole et lui déclare : « Vous êtes dans notre lieu de mémoire. » Il ajoute : « Les vieux couchés, là, avaient été exilés de leurs terres souvent données à des colons, puis installés sur des terres prises à des tribus. Pour eux, l’histoire s’est inversée. La colonisation qu’ils subissaient en Algérie, ils en sont malgré eux devenus les agents, pour survivre ici. » Taïeb Aïfa a visité à plusieurs reprises l’Algérie, dont il est devenu un fervent défenseur sur la scène internationale. On peut aussi citer Kader Boufenèche, petit-fils de transporté algérien, qui s’est beaucoup investi dans la communauté. Actuellement à la retraite, il a été président de l’Association des Arabes de Nouvelle-Calédonie. Sa participation à la construction de la mosquée de Bourail a été déterminante. Il a lui aussi visité l’Algérie à plusieurs reprises.

Une communauté solidaire Cette communauté soudée s’est construite à partir d’une base de solidarité héritée d’un passé douloureux. Les anciens déportés algériens ne parlaient presque pas de leur passé, un silence devenu pesant pour les nouvelles générations. Elles voulaient comprendre l’histoire de leurs parents et surtout de rechercher leurs racines. On retrouve dans leur comportement dans la société certaines coutumes ancestrales algériennes transmises sans doute par leurs parents. Un des exemples de solidarité agissante est celui de Yasmine Mistoura, fille de déporté algérien. Agée et fatiguée, après une longue carrière médicale ponctuée par une médaille de mérite, a pris sa retraite et s’est installée seule à Nouméa pour rejoindre ses enfants. Cette femme extraordinaire est respectée au sein de la communauté. Elle me racontait que ces anciens amis de Bourail, à chaque fois qu’ils venaient à Nouméa, lui rendaient systématiquement visite. Elle était particulièrement heureuse de les retrouver. De par sa vertu, sa sagesse et sa longue expérience, elle était en quelque sorte le modérateur de la communauté. Elle a aussi visité à plusieurs reprises l’Algérie. Elle et ses enfants sont en contact avec des membres de sa famille, résidants du Khroub. Un oued du Khroub porte d’ailleurs le nom de leur famille, Mistoura.

Par Rachid Sellal

L’auteur est : Chercheur


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Réactions

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jeudi 4 novembre 2010 à 01h30, par  BENKAM

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invité(e) Posté le : 14/08/2009 18:18 Mis à jour : 14/08/2009 19:12
Re : Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’instal…
Merci pour cet article très enrichissant et très touchant aussi.
Moh del Fobor


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Jijelecho Posté le : 14/08/2009 19:46 Mis à jour : 14/08/2009 19:48
Webmestre

Inscrit le : 27/05/2008
De :
Envois : 248 Re : Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’instal…
j’ai en ma possession un document authentique ,que je ne sait comment le publier sur se site.

Bonjour,

Pour envoyer le document en question vous devrez le scanner ou le prendre avec un appareil photo numérique, ensuite nous le faire envoyer sur l’adresse suivante : echodejijel@hotmail.fr
Pour la publication nous le ferons avec plaisir.

Cordialement

L’Equipe de Jijel-Echo

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invité(e) Posté le : 14/08/2009 20:17 Mis à jour : 14/08/2009 20:21
Re : Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’instal…
Superbe l’article,et bonne continuation a l’auteur qui est un chercheur
Quel plaisir de lire des textes qui essaient de nous rapprocher,et non de nous faire éloigner de tous nos anciens
Ca change quand meme de l’étérnel chanson de l’indépendance de la honte
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invité(e) Posté le : 15/08/2009 09:54 Mis à jour : 15/08/2009 12:56
Re : Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’instal…
L’indépendance de l’Algérie s’est faite dans la douleur……Un lecteur

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invité(e) Posté le : 15/08/2009 16:14 Mis à jour : 15/08/2009 17:21
Re : Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’instal…
La douleur est encore plus forte aujourd’hui,et elle ne cessera jamais d’etre encore plus vive

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invité(e) Posté le : 18/08/2009 13:35 Mis à jour : 18/08/2009 14:01
Re : Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’instal…
Je suis l’auteur de cet article et je voudrais remercier tous les lecteurs qui l’ont apprécié. Trouver des descendants de déportés algériens à plus de 22000 km du pays de leurs parents et qui ont tenu à garder leurs racines malgré le poids des années passées a été une expérience enrichissante. C’est des gens fiers de leurs parents, de leurs coutumes et de leur pays d’origine. Leurs parents ont quelque part participé à cette indépendance. Depuis 1830, l’Algérie a été en pertétuelle rébellion, celle de 1954 a été la dernière et la bonne.
Beaucoup d’entre eux ont visité l’Algérie à plusieurs reprises.
C’est dommage, cet article publié dans El Watan, a été amputé de très jolies photos prises à Bourail et surtout de la liste des concessionnaires d’origine algérienne de terres agricoles acquises en fin de peine.

R.S.


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invité(e) Posté le : 14/08/2009 18:51 Mis à jour : 14/08/2009 19:12
Re : Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’instal…
Un de mes grands père maternelle nommé said ben younes a été lui déporté en nouvelle Calédonie mais avait purgé sa peine et revenu chez lui au Douar de Beni caïd pour cause de rébellion et j’ai en ma possession un document authentique ,que je ne sait comment le publier sur se site. Amicalement


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invité(e) Posté le : 19/08/2009 14:46 Mis à jour : 19/08/2009 14:58
Re : Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’instal…
Effectivement, ce serait une bonne chose de publier ce document. Plus de 120 insurgés issus du soulèvement de 1871 de l’est algérien ont été jugés au tribunal militaire de Constantine. Une grande partie a été déportatée en 1873 en Nouvelle-Calédonie, les plus connus sont Boumezrag Mokrani et Azziz El Haddad, les deux leaders de cette révolte dite de Kabylie. La plupart d’entre eux reviendront au pays une fois leur peine accomplie, mais Boumezrag Mokrani a été forcé de séjourner plus de 30 ans. Il sera gracié en 1904, il décèdera en Algérie au mois de juillet 1905. Azziz El Haddad s’est enfui de Nouvelle Calédonie en 1880.
Boumezrag Mokrani est enterré à Alger au cimetière de Sidi Mhamed. Mohand Amézian El Haddad le leader de la confrérie des Rahmania, un autre leader de la révolte de 1871, lui aussi jugé et comdamné à la prison par le même tribunal de Constantine. Ses restes ainsi que ceux de son fils Azziz ont été transferrés au mois de juillet 2009 du cimetière de Constantine à Seddouk, leur ville natale.
R. S.


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invité(e) Posté le : 20/08/2009 02:21 Mis à jour : 20/08/2009 02:43
Re : Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’instal…
Monsieur Sellal bonjour et merci pour l’article

J’ai une petite question à vous poser : comme nous sommes sur un site de Jijel, je voudrais bien savoir s’il y a des gens de jijel qui ont été déportés en Nouvelle-Calédonie ?

Merci

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Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 20/08/2009 14:56 Mis à jour : 20/08/2009 16:30
Re : Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’instal…
Je ne suis pas sûr de jijel ville, mais des environs oui. Le cas le plus connu est celui de Belkacem Ben Ahmed Boufenèche, né en 1874 au douar Ouled Yahia (Yaya dans les registres administratifs de Nouvelle-Calédonie). Ce village montagnard est situé dans la région jijelienne et pas loin aussi d’El Milia. Il a été comdamné à la déportation, il fera souche dans ce pays après purgé sa longue peine. Il décéde au mois d’octobre 1943 à Bourail, il sera enterré dans le cimetière musulman de cette ville.
Son petit fils Abdelkader, agé aujourd’hui de 66 ans, a été un membre très actif et même président de l’association des arabes de N.C. Son apport pour la construction de la mosquée de Bourail a été déterminant. Il a visité à plusieurs reprises l’Algérie. Son grand père et son père ont été de grands cavaliers, la tradition du cheval dans ce pays a été en grande partie l’oeuvre des déportés algériens. Nadir, le fils de Abdelkader a été à plusieurs reprises champion de courses hippiques de N.C.

R. S.

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Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 21/08/2009 04:34 Mis à jour : 21/08/2009 12:36
Re : Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’instal…
Monsieur Sellal, merci beaucoup pour toutes ces informations, je vous souhaite bon courage et bonne continuation dans vos recherches ;- à votre santé

Un confrère

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Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 07/04/2010 10:51 Mis à jour : 07/04/2010 14:26
Re : Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’instal…
mourad6000@yahoo.fr je lis ces histoires d’algeriens desporter en nouvelle caledonie a chaque fois que je peus sa me donne un sentiment tres particulier .beaucoup de respect de fiertè toujours tres emue ya comme une force interieur qui me procure tres forte nostalgie a dire que j’etais present avec eux allah yarhamhoum

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Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 03/06/2010 21:04 Mis à jour : 03/06/2010 21:06
Re : Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’instal…
JE CHERCHE UN DEPORTE BENBACHIR AISSA IL A POSTE UNE LETTRE EN 1936 DE BOURAIL OU IL DIT QUE CEST DEUX FILS PASSE LEURE SERVICE MILITER AGE DE 21ans et 23ans LA MEME ANNE ET MOI DE MARS MERCI. ROSTOMAYM@YAHOO.FR ;-Algérie ;-Tahia Labled

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mouad2 Posté le : 24/08/2009 23:40 Mis à jour : 25/08/2009 00:07
Débutant

Inscrit le : 18/08/2009
De :
Envois : 9 Re : Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’instal…
les déportés de l’époque coloniale en a parler que des déportés vers les colonnies d’outre-mer comme ceux qui ont été déportés vers la nouvelle-calédonie ou cayenne en guyanne française mais en a jammais ecrit meme un article sur les déportés de l’exil intérieur je peut vous citer que beaucoup de familles des tribus jijelliennes ont été déportés vers la région de guelma oued-zenati heliopolis ain abid ils ont été déportés en meme titre que les précédents pour participation a l’insurrection de 1871,de beni-caid beni-yahmed beni-amrane beni-foughal beni-khettab beni-affeur beni-hassane beni-siar ouled-allal ouled-taffer etc… je vous remerçie monsieur pour votre texte que je trouve trés intéréssent.


Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 25/08/2009 15:48 Mis à jour : 25/08/2009 16:55
Re : Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’instal…
Effectivement, c’est un drame connu, une grande partie du village natal de mon grand père a été entièrement rasé et toute la population a été déplacée et certains exhilés vers d’autres villages lointains. Je pense que ces drames ont été traités par des historiens mais peut être pas d’une manière commémorative.
Je ne suis pas historien, j’ai simplement été passionné par cette histoire des déportés algériens de NC suite à plusieurs voyages d’ordre professionnel à Nouméa qui m’ont permis de les cotoyer et de mieux connaitre leur dramatique histoire. Si ce sujet vous intéresse, vous pourrez trouver dans internet d’autres anciens articles que j’avais publiés à ce sujet.
R.S.

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ghazi4 Posté le : 25/08/2009 23:03 Mis à jour : 25/08/2009 23:16
Débutant

Inscrit le : 20/08/2009
De :
Envois : 3 Re : Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’instal…
le monsieur du 9e commentaire il a demander s’il ya des déportés de jijel qui on été déportés en nouvelle calédonie ce que je peut vous dire que m lounis said ben younes né n 1826 à jijel et chef de tribu de benicaid a été deporté a cayenne suite a sa condamnation le 1 mai 1873 par la cour d’assise de constanine a 9 ans de prison envoyer a cayenne pour payé sa peine,apres son retour à jijel il déceda en 1895 et il repose sur la terre de ces encetres .
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invité(e) Posté le : 21/03/2010 09:02 Mis à jour : 21/03/2010 09:38
Re : Déportés algériens de Nouvelle-Calédonie, de l’instal…
bonjour , je veux la liste des déportés de 1873

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9 juin 2011 - كتاب : "كذبة بيع الفلسطينين لأرضهم" للحاج أمين الحسيني

كتاب : "كذبة
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