Des Législatives et une présidentielle anticipées, Bouteflika de plain-pied dans l’histoire

mercredi 9 mars 2011
par BNIBRAS

Les choses commencent à bouger en haut lieu. Et sur beaucoup de points urgents à entreprendre avant la date symbolique du 5 juillet 2012, coïncidant avec le 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie.

Ce début de mois de mars 2011, qui voit la vie politique marquer une certaine pause, après les semaines agitées, est aussi l’occasion de se préparer à de nouvelles échéances.

Ce mois de mars a été marqué par l’ouverture de la session parlementaire et le discours prononcé à cette occasion par le président de l’Assemblée populaire nationale, Abdelaziz Ziari, qui a exprimé sa hantise d’une probable abstention électorale. Ce dernier a tenu des propos en demi-teinte, plaidant certes pour la démocratie et le pluralisme, mais renvoyant dos à dos la plupart des acteurs politiques auxquels il a reproché leur ton trop rigide et leur incapacité à se parler posément. Pour surmonter ce problème récurrent, le chef de l’Etat devrait appeler à une élaboration consensuelle de la prochaine Constitution, en demandant que toutes les sensibilités de la société puissent participer à l’entreprise. La première interrogation posée aux initiateurs a été de répondre d’abord à cette lancinante question : comment passer à moindres frais de la première République née en 1962 et qui a donné naissance à un système politique hybride, désorganisé et totalement réfractaire aux libertés publiques, à une seconde ? Deux visions s’affrontent. Cette fracture se retrouve logiquement entre les différents think tanks mis en place dans le plus grand secret depuis une année. Ceux-ci entament donc une nouvelle bataille pour promouvoir leurs priorités, leurs objectifs et faire valoir leurs craintes. Au sein de ces « laboratoires de pensée » s’exprime un sentiment d’urgence, censé inciter stratèges et responsables politiques à prendre la mesure des « véritables » problèmes politiques d’abord, économiques et socioculturels ensuite. Si aujourd’hui encore le pouvoir n’a rien cédé sur le plan politique et démocratique, hormis la levée de l’état d’urgence, l’agenda politique mis en place et approuvé par le président Bouteflika est plus qu’ambitieux. Première échéance cruciale : l’organisation d’élections législatives anticipées La première mesure politique que le président Bouteflika devrait annoncer concerne la tenue cette année d’élections législatives anticipées, prélude à la future Constituante de l’Algérie. La date précise pour la tenue de ces élections n’a pas été tranchée. Deux options s’offrent au pouvoir algérien : le mois de juin ou le mois de septembre prochains. Selon une source proche du dossier, le président Bouteflika « doit préparer l’Algérie à un véritable changement politique et constitutionnel avec la participation de l’ensemble de la classe politique et des personnalités nationales telles que Aït Ahmed, Mehri et Hamrouche. Le pays doit arriver à faire naître la deuxième République algérienne. La première République qui a pris le pouvoir en 1962 a échoué dans son entreprise. Le GPRA et la Constituante ont été dissous par les partisans du KO. Donc, il faut revenir à une Constituante qui devrait élaborer une nouvelle Constitution pérenne et non conjoncturelle 6 mois avant – chaque président élabore la sienne –, la dissolution du Parlement, du Conseil de la nation et de toutes les instances élues et enfin un gouvernement de transition chargé de mettre en œuvre les structures projetées, dont la préparation des élections, locales, législatives et une élection présidentielle. L’élection présidentielle pluraliste devrait être annoncée pour le 5 juillet 2012, date de naissance de la deuxième république démocratique et sociale ! ».

L’élaboration de la Constituante et l’élection présidentielle de 2012 en point de mire Comme pour la première question citée plus haut, les avis divergent : il y a ceux qui soutiennent que le président Bouteflika doit continuer au-delà de l’échéance 2012 et préparer l’élection présidentielle de 2014 et ceux qui veulent un départ en 2012 après l’annonce de la tenue de l’élection présidentielle anticipée. Selon notre source, le pouvoir en place semble apprécier la position et les propositions du FFS qui a réussi une grande première la semaine dernière : « Il est revenu au temps de la mobilisation maghrébine. Le changement dans un seul pays est non productif dans cette grande ère de mondialisation. C’est le PPA, MTLD, OS et FLN (1954-62) qui ont préparé la Révolution, rassemblant le peuple jusqu’à l’indépendance en 1962. Les despotiques ont récupéré l’élan nationaliste en confisquant l’indépendance, poussant les nationalistes et indépendantistes à fuir le pays, alors que d’autres ont été emprisonnés, poussés à l’exil et assassinés. Le GPRA a été empêché d’asseoir les structures de l’indépendance, la Constituante dissoute par Ben Bella. Aujourd’hui le FFS qui n’a jamais abandonné ses luttes pacifiques, des personnalités nationales et historiques en association avec d’autres personnalités et hommes politiques sincères, peuvent constituer le nœud gordien de la renaissance nationale. Un profond changement politique, économique, constitutionnel est nécessaire aujourd’hui. Une Constituante reste le plafond nécessaire du changement, toutes les sensibilités nationales, y compris des représentants du pouvoir, des jeunes doivent s’associer pour appeler à la refondation nationale, et la naissance de la deuxième République. Il faut aussi revoir les démarches actuelles et assainir les partis politiques. Le FLN actuel ne doit pas être encore souillé. C’est un patrimoine national à maintenir en dehors du jeu politique. Un ordre juridique nouveau doit être élaboré sur la base des principes de la future Constituante. Les partis politiques seront admis sur la base de nouvelles procédures en conformité avec les principes de la Constituante. Il faut aussi insister sur l’interdiction de partis politiques religieux et confessionnels. L’Etat doit être un Etat civil, pacifique et démocratique. La Constituante doit rester le ciment du peuple et éloigner des querelles politiques de base. La question des langues doit être aussi traitée avec attention : la langue arabe, la langue amazighe et les langues étrangères ». Les initiateurs du projet de refondation insistent également sur la mise en place d’un gouvernement de transition nationale constitué par l’ensemble des formations politiques. Sa seule mission est de réaliser des élections locales, législatives et présidentielles dans la transparence totale : « cette transition qui débutera à brève échéance de mars-avril 2011 à juillet 2012, soit 15 mois, débouchera sur la naissance de la seconde République algérienne démocratique et sociale, et non démocratique et populaire, comme annoncé dans la déclaration du 1er novembre 1954 » soutiennent-ils. Hocine Adryen/Jeune indépendant


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Réactions

vendredi 11 mars 2011 à 14h01

Bouteflika est disqualifié pour mener la transition » Par Causeur - Il y a 1 heure 56 min

Abdelaziz Bouteflika entend rester président de la République algérienne jusqu’en 2014 et propose, pour toute concession, de ne pas briguer un nouveau mandat. Peut-il initier ou accompagner une transition démocratique ? Son premier pas ? la fin de l’état d’urgence ? ne s’applique pas à la capitale, Alger, placée sous état de siège. S’agit-il d’une manœuvre ?

 : Remarquez que la concession qui consiste à renoncer à la présidence à vie qu’il s’était octroyée en 2009 ressemble étrangement au recul tactique tenté par Ben Ali et Moubarak quand ils ont compris que les menaces ne prenaient plus. Le scénario est invariable : menaces, simulacre d’écoute, promesse de réformes, renoncement à une nouvelle candidature puis sacrifice de seconds couteaux avant l’effondrement. Bouteflika est sans doute un peu rassuré : aussi est-il passé à la deuxième étape. Pour le reste, le pouvoir algérien louvoie, comme tous les régimes autocratiques agonisants et affaiblis par une contestation chronique ? plus de 9700 émeutes en 2010. On lève l’état d’urgence mais on maintient l’état de siège sur la capitale, qui est la ville la plus sécurisée du pays, pour empêcher les manifestations. Le samedi 26 février, nous avons eu en face de nous 10 000 policiers de plus que les trois semaines précédentes. La télévision et la radio sont toujours aussi vulgaires. S’agissant de l’accompagnement d’une phase de transition, je me dois de dire que, malheureusement, Bouteflika, associé à trois putschs depuis 1962, est disqualifié pour une telle mission. La seule sincérité que l’on puisse lui reconnaître ? et qu’il revendique, d’ailleurs ?, c’est qu’il croit plus au despotisme qu’à la démocratie et qu’il connaît des sujets, pas des citoyens

Site web : bouteflika
vendredi 11 mars 2011 à 11h45

C’est quoi un Président algérien ?
Poste par faycal mar 10th, 2011 C’est quoi un président de la République algérienne ? C’est un homme vieux et malade qui prétend toujours ne pas l’être, souvent autoritaire, paranoïaque et souffrant d’une terrible carence en bonne gouvernance.

Un Président algérien, c’est cet homme légendairement incapable qui réussit l’exploit de rater un éléphant dans un couloir de deux mètre de largeur. C’est celui qui peut provoquer une crise de liquidité au pays qui compte le plus de surliquidités bancaires dans tout l’hémisphère sud. C’est celui qui arrive à faire marcher, protester, suicider, brûler (dans tous les sens), massacrer, matraquer, molester et provoquer une société entière, avec tous ses pans, riches, pauvres, médecins, juristes, aveugles, militaires, étudiants, enseignants, infirmiers, gardes communaux et même bébés. Il faut le faire quand même, d’autant plus quand on est le chef d’un Etat riche à l’indécence.

Un Président algérien, c’est celui qui ne renonce jamais à son poste sauf pour raisons divines ou militaires. Un Président algérien, c’est celui qui ne s’adresse jamais à son peuple même si sa moitié meurt. C’est aussi celui qui tient toujours à féliciter le peuple frère des Bermudes à l’occasion de sa fête des cafards tropicaux. Le Président algérien est celui qui ne pense qu’à construire, à l’infini, des logements, des trémies, des autoroutes même si personne ne va les emprunter.

Le Président algérien est cet homme qui défend les libertés, toutes les libertés, à conditions qu’elles ne débordent pas le cadre exigu de son imagination. Le Président algérien est certainement le fonctionnaire le mieux rémunéré de l’Etat algérien. On se demande bien pourquoi ?

Hicham A.

Site web : PRESIDENT

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