Des canonniers aux prestidigitateurs

mercredi 8 juillet 2009
par BENKAM

Des canonniers aux prestidigitateurs

Le processus dit de paix au Moyen-Orient ne finit pas de commencer. Sans le drame qui s’acharne sur le sort du peuple palestinien,on le qualifierait volontiers de théâtre de marionnettes où d’infatigables tireurs de ficelles engrangent les bénéfices au détriment de spectateurs complices et de pantins arabes consentants. Tous les présidents américains y ont donné,chacun,son spectacle depuis la tragédie de juin 1967 pour ne reprendre que la tranche la plus spectaculaire et la plus dramatique du conflit israélo-arabe et dont les cendres ne sont pas près de s’éteindre.

Par A.B.A.

Qui ne se souvient des tours de prestidigitation du président Johnson, alors empêtré dans la guerre du Vietnam avec son fameux "plans Rogers" des années 1969-70, basé sur la sinistre résolution 242, qui réussissait à l’époque le meilleur score des non,à la fois par Tel-Aviv qui lui reprochait de faire la part trop belle aux Arabes et par ces derniers qui relevaient dans sa substance la négation totale des droits nationaux palestiniens. Avec Nixon vint un autre illusionniste, Henry Kissinger, avec sa politique de règlement à petits pas, dont l’échec,au bout de deux ans,lui fera verser des larmes manifestement par dépit de ne pas voir son entreprise aboutir à la capitulation politique des Arabes et à l’enterrement définitif du dossier palestinien. Ce n’était que partie remise puisque moins de trois années plus tard, son successeur, Cyrus Vance, achèvera le travail de haute voltige, sous la présidence de Jimmy Carter pour sceller les accords de Camp David détachant l’Egypte du camp des adversaires d’israêl et en en faisait le nouvel allié de Washington et de Tel-Aviv. Le camp arabe en sera terriblement ébranlé et les fissures se révèleront à quelques sinuosités près dans leurs véritables contours lors de l’embrigadement occidental contre l’Irak. Plus radical et libéré de toutes contraintes, le président Reagan ne tenta même pas de jouer les faux-semblants. Il poussa le rejet des droits palestiniens jusqu’à barrer l’accès de l’Organisation mondiale aux représentants de l’OLP pour la célébration du 45e anniversaire de cette institution qui "légalisa" le crime en Palestine. Faut-il accorder encore quelque crédit aux États-Unis et à ce cinquième président quand Washington feint d’être devant une entreprise complexe pour aider à un règlement du conflit israélo-arabe alors qu’il a eu "l’ingéniosité" de mobiliser et d’appliquer les moyens que l’on sait pour écraser un pays arabe coupable, selon les nations du droit international élastiques, d’avoir commis le centième des délits encouragés d’israel. Ce qui n’a pas été pardonné à Saddam Hussein, c’est autant son audace à tenter de disputer la propriété d’un Emirat immensément riche à la mainmise anglo-saxonne que d’avoir poussé la crise jusqu’à la mise à nu des véritables enjeux et des alliances monstrueuses des faux prêcheurs de l’Islam et des Don Quichote de l’Unité arabe. Les noms de certains pays sont indignes même d’être cités. Pendant cette crise,ceux qui reprochaient à l’Irak son comportement cavalier avec son voisin s’entendaient proposer par Baghdad le marché judicieux d’un retrait irakien de ce qu’il considérait sa 19e province contre un retrait israélien des territoires arabes. "Pas de liens juridiques entre les deux problèmes" répondaient alors en chœur Français, Américains et Anglais, avec en écho l’indignation des têtes couronnées du Golfe toutes aussi convaincues du lien dialectique entre les deux conflits que de la détermination des Occidentaux à refuser violemment tout projet de règlement global. Pour l’opinion arabe exacerbée par le parti-pris flagrant de ceux qui s’imposaient comme les protecteurs des droits dans la région, Washington,comme Londres et Paris, promettaient en retour de quelques discours rageurs contre Saddam Hussein, de s’attaquer au problème palestinien aussitôt que serait résolu le problème avec l’Irak. C’est ce qu’on s’appliqua à faire depuis sur les brisées de l’armée irakienne repoussée de sa conquête. Paris et Londres particulièrement ne rataient aucune occasion pour souligner la nécessité de régler le problème palestinien. Mais la mollesse du ton traduit plus une volonté de diversion de l’opinion sur le monstrueux crime perpétré contre le peuple irakien qu’un début d’exécution d’un engagement politique vis-à-vis du monde arabe. Depuis Paris et Londres sont retournés à leurs affaires internes. Il vaut mieux dans doute ainsi pour les Palestiniens et certains pays arabes qui, du reste, n’ont jamais nourri trop d’illusions de ce côté-ci de l’Europe. Si la Grande-Bretagne retrouve son rôle un moment menacé de réceptacle des pétro-dollars des monarchies de coin sans autre prétention, la France a été récompensée dans l’entreprise de destruction de l’Irak par la participation de ses troupes à des parades militaires organisées, toute honte bue, pour célébrer la "victoire" d’une coalition de 32 pays sur l’armée irakienne…promue au rang de cinquième puissance pour rehausser le mérite des vainqueurs. L’essentiel des contrats pour la reconstruction a été confié aux États-Unis. Pendant ce temps, le Secrétaire d’État américain fait la navette entre Washington et certaines capitales de la région pour faire revivre l’illusion d’une recherche de la paix. Il en est à son cinquième voyage en l’espace de moins de trois mois. A son tour, Washington reçoit les officiels israéliens. De cette inutile gesticulation, une certaine presse visiblement associée aux tours de passe-passe reprend ses fallacieux clichés suggérant l’amorce d’un processus de paix. Mais, le constat est là. Avec l’évolution qu’a connue l’Organisation palestinienne, les grandes concessions qu’elle a faites pour obtenir un règlement, dont la renonciation à la violence et la reconnaissance de la résolution 242 et malgré les engagements des coalisés qui ont détruit le seul pays arabe capable de faire face à israel, le problème n’est pas plus près d’un règlement qu’il ne l’était il y a vingt ans. israel dresse les mêmes obstacles, à quelques barrières près sur le chemin d’un règlement. Il entend désigner à la fois le nom de la conférence,le lieu, la qualité, le nombre et l’origine des participants. Tel-Aviv applique ainsi le pari du prince et du fou qui prétendait enseigner l’alphabet à l’âne. Au terme du pari, l’un des trois devait fatalement disparaître et rendre l’engagement caduc. Pendant que Tel-Aviv multiplie les obstacles sous l’œil approbateur de protecteurs et de complices qui s’étendent désormais à des pays arabes, les immigrants juifs débarquent massivement de l’Europe orientale et de l’Éthiopie. En fait, la situation dans la région lui est favorable plus que jamais dans le passé. Il en a même fait quelques alliés surprenants à l’occasion de l’agression contre l’Irak où politiciens et soldats arabes se sont retrouvés dans les mêmes tranchés que ceux d’israel. Quelle sorte de paix pourrait souhaiter Tel-Aviv autre que celle dont il jouit avec en prime les territoires arabes qui n’ont plus d’Arabes que l’appellation d’origine ? Avec en prime l’élargissement du cercle de sympathies dans toute la région à l’exception de l’Irak qui n’y peut plus rien.

A.B.A.


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Réactions

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mercredi 3 novembre 2010 à 00h27, par  BENKAM

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invité(e) Posté le : 08/07/2009 21:50 Mis à jour : 09/07/2009 00:34
Re : Des canonniers aux prestidigitateurs
cette histoir a était depuis sa naisance une affaire édifié a chaque foi un nouveau representent qui prend la parole, a vrais dire calmer la situation, qui pretend defendre ce peuple alors que les resultats de leur manigances sont dé le debut etudié, le probléme que les arabes jusqu a maintenant non pas pris en consideration les soufrences de leurs fréres malgré tout siminaires "sois disant" qui doivent etudié l affaire , et quand lautre monde sente la fraternité penétre d une façon insidieuse pour ensorselé le pouvoir avec leur discoure et sois disant mettre l affaire comme histoir du monde entier … ghizléne du saara
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invité(e) Posté le : 13/07/2009 15:35 Mis à jour : 13/07/2009 15:58
Re : Des canonniers aux prestidigitateurs
L’Algérie s’indigne t elle sur l’assassinat de BOUDIAF qu’il repose en paix


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invité(e) Posté le : 13/07/2009 21:07 Mis à jour : 13/07/2009 21:11
Re : Des canonniers aux prestidigitateurs
Bonsoir,

Pour détourner l’attention des pays arabes de l’immigration massive des juifs soviétiques en Palestine,il fallait une crise aux dimensions planétaires.
L’actuelle crise du Golfe -issue tout droit de "l’ordre de Malta"- au-delà de ses tenants et aboutissants sur les enjeux stratégiques et pétroliers,obéit de facto à cette logique ; n’en déplaise à ceux qui n’y voient qu’une confrontation entre l’Irak et l’occident.

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