Des voeux pour l’ année 2011, Sortir du cycle des crises

La wilaya compte plusieurs ratages, notamment en termes d’investissements touristiques dans des ZET restées en jachère, et de projets non réalisés. De la crise de liquidités à la poste, à celle qui a touché le petit poisson bleu, devenu un produit de luxe de par son prix inabordable, en passant par les déboires des petites bourses dans leur quête d’un petit sachet de lait, l’année 2010 aura été particulièrement rude pour bon nombre de citoyens dans la wilaya de Jijel. Wilaya côtière par excellence, celle-ci n’a pu trouver dans ses côtes de la sardine, souvent ramenée dans des camions frigorifiques pour être écoulée sur le marché local à un prix oscillant entre 250 et 300 DA le kilo.
Les déclarations élogieuses des responsables du secteur, assurant que la production halieutique a plus que doublé en quelques années, passant de 3 500 t en 2004 à plus de 8000 en 2009, n’ont pas trop changé la réalité du marché du poisson régulé par une seule logique, celle des prix qui ne cessent d’augmenter. L’autre crise qui a marqué l’année 2010 reste sans conteste celle liée au manque de liquidités à la poste, une situation qui a longtemps pénalisé les titulairs des CCP qui, pour un simple retrait d’argent, passent de longues heures devant les guichets. Depuis l’été dernier, la situation n’a guère connu d’amélioration.
Par moment les bureaux d’Algérie poste sont alimentés en fonds qui s’épuisent rapidement devant l’ampleur de la demande. Toujours en termes de crises qui ont secoué la wilaya, faisons un rappel de ces logements flambant neufs qui se sont fissurés à la cité de Tabriht à El Milia, où les autorités de la wilaya sont intervenues pour évacuer 160 appartements menacés d’effondrement. Loin de ces crises qui l’ont marquée durant l’année 2010, la wilaya de Jijel a eu, cependant, sa part du troisième plan quinquennal, bénéficiant ainsi d’une manne financière de 1 600 milliards de dinars pour plusieurs projets de développement. La réalisation de la RN77, l’axe devant relier la wilaya de Jijel à l’autoroute Est-Ouest à partir de Sétif sur une distance d’une centaine de kilomètres, reste sans conteste le projet phare annoncé par le nouveau wali en 2010. Après avoir connu des fortunes diverses, ce projet, auquel une enveloppe de 200 milliards de dinars a été consacrée, devrait être lancé dans les mois à venir.
Sur le registre des vœux pieux, la wilaya de Jijel compte davantage de ratages, notamment en termes d’investissements touristiques dans des ZET restées en jachère et des projets non réalisés à Bellara, un site abandonné depuis de longues années. A noter qu’en 2010, le retrait des géants de l’acier, ArcelorMittal et El Ezz Industries, a, semble-t-il, porté le coup de grâce aux projets d’investissements dans cette zone sans vocation depuis qu’elle a été érigée en zone industrielle d’intérêt régional en 2004. Prévus pour être livrés en 2010, plusieurs projets, longtemps en souffrance sont, cependant, attendus pour être achevés en 2011, à l’image de la station de pompage de Kissir, la voie de contournement sud de la ville de Jijel, ainsi que du port de pêche et de plaisance d’El Aouana.
Il est également attendu la livraison de la double voie express El Milia-El Kennar. L’autre tronçon ayant traîné et dont on promet la réception cette année, concerne la route reliant El Milia aux limites de la wilaya de Skikda sur un parcours de 13 km. Selon les autorités de la wilaya, en 2010, l’achèvement des projets inscrits dans les délais a souvent été confronté au manque d’entreprises et de bureaux d’étude spécialisés et performants.
Zouikri A.
El-Watan, le 3 janvier 2011



Réactions