Discours du Général De Gaulle du 16 Septembre 1959.....La réponse de Ferhat Abbas le 28 Septembre 1959

DISCOURS DU GENERAL DE GAULLE - 16 Septembre 1959 - ….Compte tenu de toutes les données : algériennes, nationales et internationales, je considère comme nécessaire que ce recours à l’autodétermination soit dès aujourdd’hui proclamé. Au nom de la France et de la République, en vertu du pouvoir que m’attribue la Constitution de consuslter les citoyens, pourvu que Dieu me prête vie et que le peuple m’écoute, je m’engage à demander, d’une part, aux Algériens, dans leurs douze départements, ce qu’ils veulent être en définitive, et, d’autre part, à tous les Français d’entériner ce que sera ce choix. …. Le destin politique qu’Algériennes et Algériens auront à choisir dans la paix, que peut-il être ? Chacun sait que, théoriquement, il est possible d’en imaginer trois…
Ou bien : La sécession, où certains croient trouver l’indépendance. La France quitterait les Algériens qui exprimeraient la volonté de se séparer d’elle. Ceux-ci organiseraient, sans elle, le terrtoire où ils vivent, les ressources dont ils peuvent disposer, le gouvernement qu’ils souhaitent. Je suis, pour ma part, convaincu qu’un tel aboutissement seraint invraisemblablement et désastreux. L’Algérie étant actuellement ce qu’elle est, et le monde que nous savons, la sécession entrainerait une misère épouvantable, un affreux chaos politique. L’égorgement généralisé et, bientôt, la distature belliqueuse des communistes…Il va de soi que, dans cette hypothèse, ceux des Algériens de toutes origines qui voudraient rester Français le resteraient de toute façon, et que la France résislerait, si cela était nécessaire, leur regroupement et leur établissement. D’autre par, toutes les dispositions seraient prises pour que l’exploitation, l’acheminement, l’embarquement du pétrole saharien, qui sont l’œuvre de la France et intéressent tout l’Occident, soient assurés, quoi qu’il arrive.
Ou bien : La francisation complète, telle qu’elle est impliiquée dans l’égalité des droits…..
Ou bien : Le gouverment des Algériens par les Algériens, appuyé sur l’aide de la France et en union étroite avec elle poour, l’économie, l’enseignement, la défense, les relations extérieures. Dans ce cas, le régime intérieur de l’Algérie devrait être de type fédéral, afin que les communautés diverses : française, arabe, kabyle, mozabite, etc, qui cohabitent dans le pays y trouvent des garanties quant à leur vie propre et un cadre pour leur coopération.
…..Si ceux qui la dirigent (l’insurrection) revendiquent pour les Algériens le droit de disposer d’eux-mêmes, eh bien ! toutes les voies sont ouvertes. Si les insurgés craignent qu’en cassant la lutte ils ne soient livrés à la justice, ils ne tient qu’à eux de régler avec les autorités les conditions de leur libre retour, comme je l’ai proposé en offrant la paix des braves. Si les hommes qui constituent l’organisation politique du soulèvement entendent n’être pas exclus des débats, puis des scrutins, enfin des institutions qui régleront le sort de l’Algérie et assureront sa vie politique, j’affirme qu’ils auront comme tous les autres, et ni plus ni moins , l’audience, la part, la place, que leur accorderont les suffrages des citoyens. Pourquoi donc les combats odieux et les attentats fratricides qui ensanglantent encore l’Algérie continueraient-ils désormais ?
A moins que ne soient à l’œuvre un groupe de meneurs ambitieux résolus à établir par la force et par la terreur leur dictature totalitaire et croyant pouvoir obtenir qu’un jour la République leur accorde le privilège de traiter avec eux du destin de l’Algérie, les bâtissant par là même comme gouvernement algérien. Il n’y a aucune chance que la France se prête à un tel arbityraire…
LA REPONSE DE FERHAT ABBAS - 28 Septembre 1959 -
Au seuil de la sixième année de guerre, alors que l’Assemblée générale des Nations unies s’apprête à discuter de nouveau de la question algérienne, et que de grandes confrontations internationales laissent entrevoir un espoir de paix dans le monde, les regards se tournent vers l’Algérie. Tous les peuples appellent de leurs voeux le retour à la paix dans cette terre africaine om se déroule encore une guerre qui a fait déjà près d’un million de victimes.
Le peuple algérien a été contraint par le colonialisme à prendre les armes. Tout en réaffirmant sa volonté de lutte jusqu’à la libération nationale, le gouvernement provisoire de la République algérienne déclare qu’il n’entend néglier aucune occasion pour donner toutes ses chances à la paix.
Le président de la République française a solennnellement reconnu, au nom de la France, dans sa déclaration du 16 Septembre 1959 le droit des Algériens à l’autodétermination.
Le droit de disposer librement de son destin est enfin reconnu au peuple algérien. Cette évolution n’a été possible que parce que depuis cinq années le peuple algérien résiste victorieusement à l’une des plus sanglantes guerres de reconquête colonialiste.
Elle n’a été possible que parce que le Front de Libération Nationale et l’Armée de libération nationale poursuivent et poursuivront s’il était nécessaire le combat libérateur. Elle n’a été possible, enfin que grâce au soutien de tous les peuples frères et amis et à l’appui de l’opinion publique internationale.
Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, inscrit dans le proclamation du Front de Libération Nationale, a toujours été un objectif fondamental de la révolution algérienne. Il constitue un moyen démocratique et pacifique pour le peuple aglérien d’aboutir à l’indépendance nationale.
Inscrite dans la charte des Nations unies, l’autodétermination, c’est-à-dire le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, restitue au peuple algérien l’exercice de la souveraineté nationale qu’une conquête militaire - d’où ne saurait découler aucune légitimité - lui a momentanément ravi.
L’entité nationale que constitue l’Algérie et l’unité sociologiue de son peuple sont des éléments objectifs essentiels. Une application de l’autodétermination qui ne tiendrait pas compte de ces réalités et qui viserait à un éclatement de cette entité en communautés raciales ou religieuses est illusoire.
Le gouvernement provisoire de la République algérienne rappellent, en outre, le principe intangible de l’intégrité du territoire national et exprime la détermination inéductible du peuple algérien de s’opposer à toute tentative de partition.
Il attire l’attention de l’opinion internationale sur le danger que constitue toute atteite à cette unité et à cette intégrité. une tentative de cette nature, loin de contribuer à la solution, ne ferait que l’aggraver et constituerait une menace permanente à la paix et à la sécurité internationale.
Quant aux richesses du Sahara, leur prospection et leur exploitation ne sauraient en aucun cas se muer en droit de priorité. Source de progrès humain, d’abord pour l’Algérie et l’Afrique de Nord, ces richesses ne peuvent dans l’intérêt général que susciter une large et fructueuse coopération.
Sur un autre plan, subordonner le libre choix du peuple algérien à la consultation du peuple français serait la négation même de l’autodétermination et à la démocratie.
L’indépendance qui résultera d’une libre consultation du peuple algérien ne sera pas une source d’anarchie et de misère, bien au contraire, cette indépendance conditionne tout progrès réel. Elle garantira la liberté des individus et assurera la sécurité des personnes. Enfin, elle facilitera l’édification du Maghreb et la libre coopération avec tous les pays. Ce sont là les deux discours prononcés par le Général De Gaulle et Le Président du GPRA sur l’autodétermination de l’Algérie.
M.F.TOUMI.



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