Egypte, J’y suis et je reste, confirme Hosni Moubarak, le bourreau égyptien, malgré l’insurrection générale du peuple

Par Chérif BOUDELAL
Dixième jour de la révolution populaire en Egypte Le bourreau du peuple égyptien ne veut pas céder et préfère faire commettre un génocide contre son peuple avant de quitter le pouvoir. Ses milices attaquent les manifestants pacifiques par tous les moyens (armes à feu, armes blanche, gourdin, etc.) Entre hier, mercredi, et aujourd’hui, jeudi, il y aurait encore 10 morts et plus de 1500 blessés. « L’armée ne peut pas rester spectatrice ; elle doit choisir entre l’Egypte et son peuple ou Hosni Moubarak et ses complices » clament les représentants des jeunes et ceux des partis politiques de l’opposition.
Que de nouveaux officiers libres suivent l’exemple de leurs aînés qui ont fait la révolution de 1952 en renversant la monarchie corrompue, mais en laissant le peuple choisir ses dirigeants de façon démocratique. Au lendemain de la déclaration du président, H. Moubarak, qui se prend pou un pharaon tout puissant, 9 millions d’Egyptiens manifestent dans les rues de toutes les villes mardi 1er février. Rien que dans la place Tahrir et alentours (centre du Caire), il y avait plus de deux millions de manifestants. Les slogans des manifestants sont les suivants : « Ya Moubarak, mouche aïzinak ! »- Moubarak, on ne veut plus de toi. « Trent ans de dictature ça suffit, on ne veut plus de toi », scandent les 9 millions d’Egyptiens qui sont sortis dans les manifestations dans toutes les villes du pays du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, mardi 1er février. Mais le bourreau persiste et signe : « J’y suis et je reste », leur a dit dans son discours.
Arrogant et sûr de lui, Moubarak, clame sa légitimité et rappelle qu’il aime son pays qu’il aurait servi fidèlement, tout en accusant les manifestants de vouloir détruire le pays. Il est tellement amoureux de son pays et de son peuple qu’il ne veut pas les quitter comme ça, il veut terminer « son mandat » ; puis, il veut mourir sur le sol égyptien, car il se prend pour un libérateur de l’Egypte. En effet, il a promis, lors de son discours de mardi 1er février au soir, qu’il reste au pouvoir jusqu’au terme de son mandat de 30 ans, car élu « démocratiquement » ! Mais il a promis, quand même, qu’il n’avait pas l’intention de briguer un nouveau mandat. Les langues de ses proches politiques commencent à se délier et confirment les rumeurs qui circulaient depuis plusieurs années déjà. Selon certains d’entre eux, certes il n’avait pas l’intention de se présenter lui-même aux prochaines élections présidentielle (à 83 ans), mais il préparait son fils Jamal pour le remplacer. Il convient de rappeler que ce « prince héritier » a pris la fuite (à Londres) dès les premiers jours de l’Intifada, en attendant les jours meilleurs, au cas où. Hosni Moubarak aime bien son peuple Le président-bourreau d’Egypte aime tellement ses concitoyens qu’il a lâché ses chiens de garde sur eux pour les terroriser, voire les lyncher mercredi 2 et jeudi 3 février. Alors que les manifestants faisaient un rassemblement pacifique sur la place Tahrir, les milices et mercenaires du régime les ont attaqués par surprise en utilisant les gros moyens (on parle de plus de 1.500 personnes qui ont attaqué les manifestants). On les voit sur les images, montrées par Aljazeera, se ruer sur les opposants au régime. Certains de ces assaillants enfourchaient des chevaux et des chameaux ( !), armés de bâton et de fouets, frappant et piétinant les manifestants pacifiques. Ceci a prouver que ce régime sanguinaire veut se venger de cette jeunesse qui a osé le défier. Mais les jeunes opposants leur ont fait face avec courage et détermination. Les affrontements ont duré toute la journée de mardi. Au début de la soirée on a annoncé trois morts dont un soldat et plus 1.500 blessés. Les milices de Moubarak ont lancé des cocktails Molotov, bombes lacrymogène et des bouteilles incendiaires, aussi bien sur les manifestants que sur le musée national égyptien, qu’ils avaient déjà pillé auparavant. Les militaires, qui étaient présents sur la place, n’avaient pas eu l’ordre d’intervenir, malgré la demande des manifestants, car leur présence dans cet endroit était apparemment prévue pour protéger le musée national d’Egypte et les établissements de l’Etat sur la place Tahrir et alentours. Les jeunes manifestants ont arrêté plusieurs des assaillants dont certains avait sur eux des carte professionnelles de police. Ceci prouve que ces derniers ne sont pas que des contremanifestants ordinaires qui soutiennent le régime, mais des milices du pouvoir qui ont été enrôlé avec eux des gens qu’ils ont payés. Certains d’entre eux ont été arrêtés ayant avec eux des sommes d’argents et auraient avoué qu’ils ont été payés pour ça. Comme l’a dit un officier de l’armée en retraite, Moubarak est capable d’enflammer tout le pays avant de quitter le pouvoir. Les manifestants, quant à eux, promettent qu’ils resteront mobilisés jusqu’à la fin du règne du pharaon moderne. Les jeunes sont déterminés à aller jusqu’au bout car, comme ils le disent « Mieux vaut mourir dans la dignité que de continuer à vivre sous la dictature et dans l’humiliation ». Pour éviter un bain de sang, les responsables des partis politiques et syndicaux, mais aussi de simples citoyens qui se sont exprimés sur Aljazeera, demandent à l’armé d’intervenir et d’arrêter Moubarak, ainsi que ses complices, afin qu’ils soient jugés pour leurs crimes. Ceci dit, la solution ne sera pas pour demain, et ne sera pas sans effusion de sans supplémentaires non plus ; sachant que tous les opposants, y compris les religieux comme Youssef al-Qardaoui, ont appelé les Egyptiens a sortir manifester partout en Egypte à la fin de la prière du vendredi. Certains « sages » le conseillent de démissionner le plus tôt possible s’il ne veut pas subir le même sort que Chawsisco, en faisant allusion à l’ex président de Romanie qui s’est lynché par son peuple.
Encercler le palais présidentiel serait la dernière étape pour dire, enfin, au roi « échec et mat » Il se peut que les manifestants qui, jusqu’à présent se rassemblent uniquement à la place Tahrir qui se situe au centre de la capital, où il y a quelques institutions de l’Etat, élargisse leurs actions jusqu’au palais présidentiel. Un rassemblent en permanence autour du palais (qui se trouve à « Masr-Al-Jadida », dans la banlieue du Caire à 20 KMS de la place Tahrir), facilitera certainement la reddition du monarque. Mais on sait que la police militaire a entouré d’ores et déjà le palais avec de fil-de-fer-barbelé.
Les dernières nouvelles de ce jeudi 3 février On a appris que les milices du pouvoir sont revenues ce matin de bonheur pour charger les manifestants, endormis pour la majorité d’entre eux, qui se rassemblent jours et nuits sur la place Tahrir. On parle de trois autres morts et de plusieurs centaines de blessés. Cet acharnement a confirmé la déclaration de l’officier qui a dit « Moubarak est capable d’enflammer tout le pays avant de quitter le pouvoir. » Le régime désespéré est en train de jouer sa dernière carte avant de se suicider. Les manifestants demandent à l’armée d’intervenir. Elle ne peut pas rester neutre dans de telles conditions ; elle doit choisir son camp ; ou elle est avec le peuple ou avec ses ennemis, comme le disent beaucoup d’intervenant sur les différents médias. Que le peuple égyptienne se mobilise comme un seul homme pour chasser le tyran du pouvoir, mais il ne doit pas pouvoir se sauver comme ben Ali ; il doit rester en Egypte pour être jugé ainsi que ses collaborateurs.
Que les peuples arabes se soulèvent et arrachent leur émancipation En Egypte comme en Tunisie, les bourreaux n’ont plus de place pour diriger les peuples ; ils doivent payer pour leurs crimes. Les Révolutions de ces deux peuples vaillants terrorisent tous les tyrans des régimes arabes. Au Yémen, le bourreau du peuple yéménite, Abdellah Ali Salah (32 ans au pouvoir !), s’est « assagi » : il implore l’opposition de négocier avec lui, en lui promettant qu’il ne se représentera plus aux prochaines élections présidentielles ! Que les autres peuples arabes prennent comme exemple ces deux Révolutions et se mobilisent pour demander des comptes à leurs propres bourreaux. Comme ont fait à Ben Ali, les USA et tous leurs alliés occidentaux, ainsi que l’ONU, exigent de Moubarak de quitter le pouvoir et laisser le peuple égyptien choisir leurs dirigeants ! Ô combien cette position « courageuse » serait si noble si les acteurs n’avaient pas prouvé le contraire ailleurs. La « leçon de la démocratie » qu’ils ont donnée au monde, en la piétinant en Palestine en 2006, n’est pas encore effacée des esprits sains. Mais les traîtres et les bourreaux de leurs peuples ne mériteraient pas mieux. Ceci dit, de Nouakchott à Baghdad, les peuples arabes se préparent et font trembler leurs bourreaux de peur. Car ces régimes ont bien compris que, malgré leur docilité et leur largesse envers leurs maîtres occidentaux qui pillent les richesses de leurs pays, leur tourneront le dos dès que leurs peuples se soulèvent et décident de s’émanciper. C‘est aux peuples de battre le fer pendant qu’il st chaud et jeter leurs tyrans à la poubelle de l’Histoire éternelle.
A vos savates les jeunes de tous les pays épris de liberté, vous êtes l’avenir de vos peuples et les briseurs de cous de vos bourreaux !
Chronique de l’Égypte Par Chérif BOUDELAL – 3 février 2011 (contact : immigrationstorys@yahoo.fr)



Réactions