El Milia : Le lycée Houari Boumediène, otage de ses difficultés

jeudi 27 octobre 2011
par Zouikri A.

Le chef de l’établissement a raison, les enseignants aussi, mais les parents n’ont pas tort en s’inquiétant du sort de leurs enfants. Cependant, cela ne résout pas les problèmes de surcharge, de délabrement, de la faiblesse du niveau scolaire…

Le plus ancien établissement de l’enseignement secondaire de la ville d’El Milia est en difficulté. En dépit des résultats probants enregistrés l’année passée à l’examen du baccalauréat, le lycée Houari Boumediene est aux prises avec les contraintes d’un environnement hostile aux bonnes méthodes pédagogiques. Assiégé à l’extérieur par les dépôts d’ordures de la cité Lemridja, délabré à l’intérieur par une structure menaçant ruine faute d’entretien, et surchargé par un surnombre d’élèves par classe, l’établissement est loin des normes pédagogiques requises.

A ces difficultés s’ajout, avoue le directeur, le harcèlement des parents d’élèves qui font tout pour que leurs enfants ne redoublent pas l’année en dépit de leur faible moyenne. Il dira : « Certains viennent nous intimider ; on a eu affaire à des menaces. Ces agissements ne contribueront pas à l’amélioration du niveau scolaire ; au contraire, ils l’affaiblissent davantage ». A l’origine de ces réactions, une instruction orale donnant le droit de passage à tout élève ayant une moyenne annuelle de 9/20 et plus. Cette instruction est conditionnée par la capacité d’accueil par classe de l’établissement, précise-t-on. Cette note a rendu la situation délicate à l’intérieur des classes, où l’on recense 40 à 49 élèves collés l’un à l’autre.

« Récemment un enseignant a eu un malaise en entrant en classe ; tellement l’air était irrespirable, il a failli perdre connaissance et ce n’est qu’après s’être rafraîchi qu’il a repris ses forces », assure le chef d’établissement. Des enseignants se mettent de la partie et demandent que les salles soient allégées. « Je n’arrive pas à repérer convenablement mes élèves et jusqu’à la fin de l’année je ne peux pas les reconnaître tous », déclare un professeur. Dans un tel contexte, l’approche par compétence, la méthode pédagogique chère au système Ben Bouzid, est critiquée.

Le directeur le dit haut et fort et soutient que cette méthode n’est valable qu’avec de petits groupes d’élèves. « La surcharge dans les classes contraint les enseignants à adopter des méthodes pédagogiques anciennes, voire rudimentaires », conclut-il. Le président de l’association des parents d’élèves, estime, pour sa part, que les enseignants ont refusé de prendre en charge les classes de 3e année de plus de 40 élèves. Ce refus, a-t-il dit, est à l’origine de la pression exercée sur l’administration.

Zouikri A.


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