Emeutes à Bab-El-Oued, Alger, Staouali, Tipaza, Fouka, Djelfa : L’Algérie gronde de colère .

Un mort dans des affrontements à M’Sila
Un manifestant a été tué vendredi en fin de journée à M’Sila, après avoir été touché par balles, avons nous appris de sources locales. La victime est un jeune manifestant de 18ans, qui a été touché dans l’après midi de vendredi dans les manifestations qu’a connu la commune de Ain Hadjel.
Trois policiers ont été également blessés, alors que l’agence postale de la cité des 1000 logements a été saccagée. En début de soirée, les affrontements se poursuivaient toujours.
Ghellab Smail
El-Watan
Sabotages et affrontements avec la police : Les émeutes gagnent une grande partie de la Kabylie .
Plusieurs localités de la wilaya de Bejaia ont été gagnées par les émeutes ce vendredi après midi. Le chef lieu de la wilaya a vu les premières échauffourées entre policiers et manifestants se dérouler dans le grand quartier populaire d’Ihaddaden et au niveau de la cité dite Edimco.
Des groupes de manifestants et d’émeutiers se sont par la suite éparpillés à travers la ville pour s’en prendre, notamment au siège de la wilaya défendu par les forces anti-émeute. A l’heure actuelle, les émeutes ont gagné plusieurs quartiers.
A El Keur, localité située à une vingtaine de kilomètres à l’est de Bejaia, des émeutes ont également éclaté dans l’après-midi du vendredi. Plusieurs édifices publics ont été saccagés. Les immeubles abritant la recette des impôts ainsi que l’inspection des impôts ont été complètement saccagés par la foule des insurgés.
Le siège abritant la régie communale des eaux a également été détruit et mis à sac. C’est la même situation que vit la localité de Sidi Aich, à 40 kms à l’ouest de Béjaia, secouée par de violentes émeutes qui ont pris pour cibles les édifices publics comme le siège de la Sonelgaz, la recette des impôts ainsi que le tribunal.
Selon des informations concordantes que nous avons pu obtenir auprès de plusieurs citoyens présents sur les lieux, les émeutes s’étendent comme une traînée de poudre à travers aussi bien le couloir de la vallée de la Soummam que l’axe Tichy, Souk El Tenine, pour toucher des villes comme Kherrata. Des heurts opposent actuellement les émeutiers aux policiers, mais il est à noter que la plupart des agglomérations touchées par les troublesn’ont pas reçu de renforts de police anti-émeute.
Dans la ville d’Akbou, les affrontements entre police et manifestants ont repris de plus belle. Des groupes de jeunes assiègent le commissariat de police alors que la veille le siège du tribunal a été totalement détruit. A Tazmalt, de nombreux édifices publics ont été détruits et saccagés dans la nuit du jeudi 6 janvier.
La région de Kabylie a connu de graves émeutes au printemps 2001 durant lesquelles plus de 120 personnes ont été tuées.
DNA
Mouvement de révolte populaire à Bejaïa, Akbou, Bordj Menaïl et Naciria.
Nos compatriotes des wilayas de Béjaïa et de Boumerdés viennent de nous informer qu’un mouvement de révolte populaire contre la dégradation des conditions de vie se déroule actuellement à Béjaïa, Akbou, Bordj Ménaïel et Naciria. Des citoyens révoltés contre la cherté de la vie, clament des slogans dénonçant le pouvoir illégitime et sa faillite socio-économique.
Nous venons d’apprendre également que la route Rouiba-Le Hamiz a été fermée à la circulation par des gendarmes provoquant un impressionnant embouteillage.
LQA
Sihem Balhi
Une vive tension règne mercredi soir dans certains quartiers d’Alger où des sources font état d’échauffourées entre des jeunes manifestants et des forces de l’ordre. Les services de sécurité algériens ont été mis en alerte au moment ou de fortes rumeurs indiquent que des manifestations sont prévues dans la capitale pour jeudi 6 janvier. A Bab-el Oued, quartier populaire d’Alger, on signale des affrontements et des jeunes manifestations et certains témoignages font état de tirs de sommations de la part des éléments des brigades anti-émeutes.
Plusieurs axes routiers ont été coupés à la circulation alors que la présence des forces de l’ordre a été grandement renforcée autour de la capitale. Certains édifices publics ont été saccagés. Plusieurs villes d’Alger et de sa périphérie ont été secouées dans la journée et la soirée du mercredi par des émeutes conduites par des jeunes. A Oran, des quartiers se sont embrasés mercredi après-midi et des affrontements ont opposés des manifestants aux forces de l’ordre. Ce climat de rumeurs et de contre rumeurs alimente une vive tension à Alger. Ce climat de tension et d’affrontements rappelle celui vécu en Algérie lors de la révolte du 5 octobre 1988.
Au moment ou les dirigeants annoncent en boucle que les caisses de l’Etat sont pleines à craquer (155 milliards de dollars de réserves), des émeutes éclatent à Staoueli et Fouka, sur le littoral ouest d’Alger et surtout à Oran, deuxième ville du pays. Ces émeutes n’ont pas pour revendication principales le logement mais dénotent un ras le bol général de la mal-vie.
L’année 2011 commence comme s’est finit l’année 2010, Il n’y a plus un seul endroit ou il n’y a pas eu, de routes barrées, d’APC ou de daïras bloquées, d’affrontements avec les forces de l’ordre. Les raisons de cette colère sont multiples. S’il est souvent question de manque de logements, cette revendication n’est pas la seule. Le chômage des jeunes, les abus et les injustices, l’absence totale de perspectives, le coût de la vie qui ne cesse d’augmenter sont autant d’ingrédients qui jettent les jeunes dans la rue pour manifester leur mécontentement.
Dans l’Algérie qui alloue la faramineuse enveloppe de 286 milliards de dollars à un plan de développement quinquennal, après avoir investi presque autant pour les deux plans quinquennaux précédents, le marasme social est patent. Pis, ce marasme porte en lui des germes d’un défoulement généralisé aussi imprévisible qu’explosif.
Aux émeutes violentes et répétitives du mal logé se sont succédées depuis lundi 03 décembre les barricades des maigres bourses, la frange la plus importante de la population. Et, comme pour bien marquer le contraste entre un pouvoir qui dépense sans compter pendant que le citoyen éprouve les pires difficultés à joindre les deux bouts, les émeutes ont élu comme territoire la commune de Staouali, là où se trouve la résidence d’Etat du club des Pins, l’univers des nantis hautement sécurisés, logeant dans des villas luxueuses et roulant carrosses rutilants.
La subite augmentation des prix de certains produits de consommation de base tels que le sucre, l’huile et la farine a fait sortir dans la rue les habitants de Staouali et de Fouka, une localité du littoral à l’ouest d’Alger. Les jeunes des cités la Bridja (Staouali) et les Orangers (Fouka) ont barricadé les routes au niveau de leurs quartiers respectifs pour dénoncer la flambée des prix. Le bidon d’huile de 5 litre est commercialisé à 780 dinars, le kilo de sucre est proposé à 150 dinars, voire 170 dinars dans les villes de l’intérieur du pays.
Le ministre du commerce, Mustapha Benbada a tenté mardi 4 janvier de rassurer, déclarant qu’il mettrait urgemment un dispositif pour stopper l’envolée des prix de produits de consommation. Mais le pourrait-il lorsque l’on sait que les prix sont libres, excepté ceux du pain et du lait qui restent encore administrés. Une profession de foi qui tombe mal, puisque le jour même le directeur de la prévision au sein du ministère du commerce annonçait lui que l’inflation ira crescendo l’année 2011.
Les Algériens à faibles revenus ont toutes les raisons de s’inquiéter. D’autant plus qu’ils savent que le marché national est très peu soumis à la loi de l’offre et de la demande. Les citoyens cernés par ailleurs par d’autres difficultés, réagissent par la violence de l’émeute, comme à Diar Echems, ou encore celle plus récente des résidents de la cité des palmiers à Oued Ouchayah. Comme c’est également le cas chaque jour dans les villes et villages de l’intérieur du pays.
Devant l’absence de canaux légaux de prise en charge des revendications populaires, l’émeute est devenue, au fil des ans, le seul moyen de protestation. Les autorités font semblant de ne pas voir les émeutes. Le Premier ministre, comme le chef de l’Etat, gardent le silence. Alors que la colère gronde et que l’Algérie est en situation « d’émeute permanente », la seule réponse est l’envoie de forces de l’ordre. Jusqu’à quand ?
DNA
Très vive tension à Bab El Oued : les jeunes promettent de déclencher "une révolte contre la mal vie et le chômage" Réagissez
Après une nuit d’émeute et d’affrontements très violents avec les forces de l’ordre, une tension très vive a été constatée jeudi matin dans le quartier populaire de Bab El-Oued, devenu ces derniers temps un véritable bastion pour la protestation populaire.
Jeudi matin à la célèbre place des Trois Horloges de Bab El-Oued, les policiers se font rares et les attroupements de jeunes occupent le pavé. Après une nuit agitée, les jeunes de Bab El-Oued n’ont, ce matin, qu’un seul mot d’ordre sur leurs lèvres : "ce soir, nous reviendrons dans les rues pour déclencher une révolte contre le chômage et la mal vie" ! Dans les cœurs et les esprit de ces jeunes, la colère continue à bouillonner même si la veille les forces anti-émeutes leur ont promis une répression exemplaire.
"Plus rien ne va nous retenir cette fois-ci. La vie est devenue trop chère et la disette menace nos familles alors que les apparatchiks détournent des milliards et s’enrichissent sur notre dos. Nous ne voulons plus de cette vie de chien. Nous réclamons notre part aux richesses de ce pays", confient un groupe de jeunes qui habitent à Bab El-Oued dans des immeubles vétustes lesquels " risquent à tout de moment de s’effondrer" !
La misère, la cherté de la vie, le chômage et la précarité, tels sont les maux dont ces jeunes veulent se libérer pour écrire une nouvelle page de leur existence. Mais à cet appel de détresse, les pouvoirs publics ne semblent pas y prêter une oreille attentive. Des lors, les conséquences malheureuses ne se sont pas faites attendre.
"Les majorité des jeunes du quartier ont été récupérés par le filet social dans le cadre du pré-emploi. Qu’ils soient diplômés ou non, ils ne touchent même pas dix mille dinars par mois. Comment voulez-vous qu’ils s’en sortent avec une paie aussi minable ? On leur a enlevé le droit de penser à l’avenir. La précarité a fini par les jeter dans les bras la violence et le pire peut arriver à présent", relève pour sa part aâmi Omar, un des vieux de la place des Trois Horloges qui s’attend lui aussi à de nouvelles violences pour cette nuit.
Des violences que tout le monde craint dans le quartier. Et d’ailleurs, jeudi matin, de nombreux commerces sont restés fermés. Leurs gérants sont sur le qui-vive et guettent la moindre menace émanant de ces bandes de délinquants qui profitent des émeutes pour piller et tout casser sur leur passage.
De leur côté, les familles s’approvisionnent en produits de première nécessite pour garantir de quoi faire à manger au cas où les sorties deviennent très risquées ! A n’en point douter, après les émeutes de mercredi soir, plus rien ne sera comme avant à Bab El-Oued…
Abderrahmane Semmar
El-Watan



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