Emploi " La tête avant les sous "

Emploi " La tête avant les sous "
Aujourd’hui ou en l’an 2000, l’emploi restera une caractéristique centrale et sensible de la croissance économique et des équilibres sociaux du pays. Après une longue phase de création massive d’emplois due à une politique d’extension rapide du tissu productif national, les déséquilibres structurels de l’économie nationale ont atteint leurs limites. Ne pas voir ces limites, c’est se cacher les yeux pour ne pas voir la réalité économique telle qu’elle est aujourd’hui.
Par A.B.A.
Une des principales limites est incontestablement celle qui pèse lourdement sur la création d’emploi. Or l’emploi se trouve au carrefour d’un grand nombre de considérations de stratégie macro-économique et de gestion micro-économique des entités composant le paysage économique et social du pays. Il ne faut pas être grand clerc pour mesurer l’ampleur du problème pour la prochaine décennie comme pour le court et moyen termes. " Un seul indicateur suffira peut-être à apprécier l’effort à accomplir pour atteindre un taux satisfaisant et acceptable d’emploi : la croissance démographique." Mais ce terme de l’équation n’est pas le plus contraignant, les ressources financières figurent au premier plan dans l’autre terme de cette difficile équation. Il ne s’agit ni de jouer aux alarmistes ni aux défaitistes. Mais d’être tout simplement des réalistes conscients de nos possibilités et de nos limites afin de faire les choix les plus conformes à notre projet de société et au respect de ses grands équilibres. Regardons la réalité en face : donner du travail à tout Algérien exigera des trésors d’imagination et une gestion optimale de nos ressources et de la contrainte financière qui pèse durement aujourd’hui sur l’économie nationale. Les Algériens demandeurs d’emploi en l’an 2000 sont nés et sont à l’école aujourd’hui. La population active d’aujourd’hui comme celle de l’an 2000 se compte en millions. Voyons nos atouts : notre pays est riche en ressources naturelles qui sont loin encore d’être prospectées, identifiées et expoitées. La société algérienne, au gré des rapides mutations qui l’ont traversée exprime des besoins de plus en plus divers et massifs tant en matière de consommation collective (éducation, santé, transport,eau,etc. qu’individuelle). Ce qui s’appelle un large marché intérieur prêt à absorber les produits et services de grand nombre d’industries et d’activités qu’il faut dès à présent batir et développer. Aujourd’hui, l’infrastructure de base existe à un niveau correct et plus qu’acceptable dans beaucoup de domaines. Elle peut accepter et recevoir une densification considérable de l’appareil de production. Résumons : une population jeune, un pays riche en facteurs naturels, une base industrielle et infrastructurelle, de larges possibilités d’élargissement de nos ressources par des politiques d’intégration, d’aménagement du territoire, et enfin, un nouveau consensus social résultant du jeu démocratique et du fonctionnement institutionnel. A présent, les handicaps : la première contrainte donc aux rigidités actuelles de notre économie, s’appelle la remurée financière. Des rigidités qui font que la création d’un poste de travail coûte des millions de centimes. Résultat d’un surcoût aux causes multiples qu’il faut conjuguer à une contraction drastique de nos recettes extérieures. Ma problématique centrale, actuellement, tourne autour des modalités de financement de la création de l’emploi. Or, cette question renvoie fondamentalement au problème du financement de l’économie. Tout le problème est de savoir, aujourd’hui, quel type d’ajustement que nous devons mener pour dégager les ressources nécessaires à l’investissement et à la création de l’emplois ? Il existe plusieurs thèses en présence chacune ayant un coût économique et social déterminé. Pour certains, la thérapeutique consisterait à redéployer l’appareil de production, relever la productivité, accélérer, l’intégration désendetter le Trésor vis-à-vis de la BCA, unifier les marchés, maîtriser l’inflation, désengager le Trésor du financement des investissements productifs, d’accroître les exploitations, réduire la pression fiscale, réguler par une batterie d’instruments tels prix, crédits,etc, accélérer l’autonomie des entreprises, veiller à une gestion rigoureuse de la masse monétaire, etc. Ce qui a fait dire à quelques experts qu’il s’agit d’une politique orthodoxe d’ajustements.
A.B.A à suivre…
Auteur Conversation invité(e) Posté le : 25/08/2009 11:34 Mis à jour : 25/08/2009 16:51 Re : Emploi " La tête avant les sous " Car s’il faut réduire les dépenses publiques, il faut accepter que l’État réduise la masse de création d’emplois qu’il initiait chaque année par le biais de ses dépenses budgétaires. De l’autre côté, si la réduction des dépenses publiques n’est pas pour des raisons et des objectifs de création d’emplois, il faut donc augmenter les recettes. Or, hormis la fiscalité pétrolière, l’impôt actuel est un impôt sur la dépense dont le rendement reste faible sauf quand l’assiette s’appelle salaire. Et réduire la pression fiscale dans un tel impôt risque d’accentuer la baisse des recettes - un impôt sur le revenu serait plus générateur de ressources mais, il est difficile à mettre en œuvre dans un marché segmenté où l’économie parallèle avale gloutonnement des ressources considérables qui pèsent par la suite sur l’inflation, l’allocation des ressources et les équilibres sociaux. A ce jeu, la création d’emplois est évacuée car l’argent ne retourne pas pas au travail mais vient "happer" l’offre des biens et services déjà bien réduite en raison de la pénurie des facteurs de production en grande partie importés. Donc, l’épargne intérieure reste une vue de l’esprit dans un tel système où les déséquilibres jouent à fond sur le comportement qu’ils opèrent sur leur patrimoine. Problème : Quel est le taux d’inflation compatible avec un taux de croissance escompté pour assurer un taux acceptable pour la société algérienne. Pour d’autres experts, l’emballement des prix est inévitable. Emballement pour emballement, autant l’organiser sous la conduite et le contrôle de l’État pour résorber les déséquilibres et améliorer les performances micro-économique de nos entités de production de biens et services. En libérant les prix, les entreprises pourraient relever leur capacité d’autofinancement des investissements des emplois à travers leurs investissements d’intégration d’extension d’autant qu’il leur faudra faire face au renouvellement de leur outil de production arrivé à obsolescence. Ce relèvement des prix permet également de faire des ponctions sur les ressources abreuvant jusqu’ici les structures de l’économie parallèle. Le problème est de savoir au terme de quelle période (l’année du plan quinquennal) nous souhaitons réaliser l’ajustement de nos flux de fonds. Le prix à payer est différent, selon les périodes à considérer ainsi que l’instrumentation et l’encadrement des marchés à mettre en œuvre. La question de l’emploi est au cœur de ses différentes thérapeutiques d’ajustement entre nos flux physiques et flux financiers, nos ressources internes et nos ressources externes, notre instrumentation économique et nos objectifs de croissance et d’emploi. Ainsi certains ont parlé de politique hétérodoxes au sens où il faut introduire des mécanismes d’allocation efficace des ressources tout en continuant à conduire des politiques visant à assurer des équilibres sociaux fondamentaux à un niveau minimum de stabilité pour asseoir en douceur l’économie sur des critères d’efficacité sans sacrifier la dynamique sociale et son pilotage fin.
A.B.A ( à suivre)
Auteur Conversation invité(e) Posté le : 27/08/2009 12:25 Mis à jour : 27/08/2009 12:29 Re : Emploi " La tête avant les sous " Suite et fin. Les grands pays industrialisés ont tous exercé des redéploiements importants durant la décennie noir. En maîtrisant l’inflation, les comptes extérieurs,la productivité, la croissance, mais un point noir commun à tous demeure au tableau : le chômage. Mais dans ce contexte, les choix et règles du jeu sont clairs en termes de choix politiques et de société. Pour notre pays qui est un pays en voie de développement, il est, certes, difficile de trouver un chemin optimal entre inflation, croissance, investissement, développement, emploi, équilibres extérieurs. Mais ce qui est certain, c’est le fait de pouvoir choisir des objectifs réalistes à des coûts tolérables pour tous lorsque tout est affiché clairement. Ce qui est certain c’est que l’emploi fera couler encore beaucoup d’encre et épuisera les méninges de tous nos décideurs pour trouver la bonne formule. A ce niveau, le travail ne manquera pas pour peu que le bon sens, la lucidité, l’esprit de responsabilité soient au rendez-vous de la réflexion et de l’action. Parce que le premier matériau indispensable à la création et au financement d’un emploi c’est l’emploi de sa tête avant tout sans quoi les sous ne servent à rien. Sinon à nous leurrer avec le chômage des hommes et des idées en prime. Un luxe que personne ne peut se payer aujourd’hui. A.B.A



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