Enquete sur le jeûne et le diabète à Jijel


- Dr Bouad a travaillé sur 330 cas de diabète
Une enquête menée par le Dr Dia-Eddine Bouad, endocrinologue- diabétologue, qui pilote le noyau scientifique de l’association des malades diabétiques de la wilaya de Jijel, a fait un constat alarmant en ce qui concerne le comportement d’une majorité de diabétiques vis-à-vis du jeûne. Lors de la conférence de presse organisée ce mardi à l’hôtel Jazira de Jijel, il insistera sur le fait que le prochain Ramadhan sera le plus difficile relativement au climat, sachant qu’il s’étalera sur tout le mois d’août. Au cours de cette période, les diabétiques auront à jeûner 16 heures par jour durant lesquels ils seront privés, à la fois, d’eau, d’aliments et surtout de médicaments. Cette enquête basée sur un questionnaire, a révélé des comportements jugés alarmants par le Dr Bouad, notamment le jeûne des diabétiques contre l’avis de leurs médecins. Cette enquête a pris en compte un échantillon de 330 diabétiques dont l’âge moyen est de 60,3 ans, avec des extrêmes allant de 21 ans à 84 ans. Il en résulte que les malades de sexe féminin représentent 63,6% de l’échantillon, 9,4% d’entre eux souffrent d’un diabète de type 1, 18,2% sont soumis à l’insuline, 54,5% sous traitement oral et 27,3% suivent un traitement mixte. Parmi ce lot de patients, 57,6% n’ont pas été autorisés à jeûner, et ce sur recommandation médicale, alors que 78,5% préfèrent jeûner en dépit des risques qu’ils encourent. Le principal motif de ce refus de suivre les consignes médicales avancé par 32,3 des malades est rattaché à des considérations religieuses ; 18,1% avancent diverses raisons et 4,3% disent observer le jeûne par habitude. C’est le point de vue religieux de la question qui a d’ailleurs justifié la présence à la conférence de presse, de l’imam de la mosquée de Haddada, à Jijel, Samir Kerrouche. Ce dernier a été catégorique : les malades ne doivent pas jeûner si cela devait porter préjudice à leur santé. Il étayera ses propos par ces versets du Coran : « (…) Celui d’entre vous qui, malade ou en voyage [peut s’en dispenser, quitte à jeûner plus tard] un nombre de jours [égal] », (Coran S2, V184), « (…) Dieu veut rendre non pas difficile mais facile pour vous [l’accomplissement des obligations religieuses] », et : « Dieu n’impose rien à l’âme qui soit au-dessus de ses capacités » (V286 de la même sourate). Ces réponses de l’imam, qui rappellera aussi le verset : « Ne vous tuez pas », (Coran S4,V29), s’adressent par ailleurs à ceux qui justifient leur jeûne par le manque de moyens pour se racheter en nourrissant un pauvre durant le mois sacré, ou encore celui qui persiste à jeûner, « même si (je) meurs ». Une conduite suicidaire réprouvée par la religion. La même enquête a montré que 66,9% des malades ont eu des antécédents de jeûne contre l’avis du médecin traitant et que 35,3% ont eu des hypoglycémies. Si 33,6% reconnaissent avoir un antécédent de rupture du jeûne pour cause médicale, le chiffre effarant de 68,9% représente celui des malades ayant repris le jeûne les jours ayant suivi l’incident. L’auto-surveillance est l’autre carence relevée chez les malades ayant fait l’objet de cette enquête. Si 63,6% soutiennent posséder un lecteur de glycémie, seulement 9,6% ramènent leur appareil sur le lieu de travail. Quant à la disponibilité permanente d’une source de glucose chez le malade pour les cas d’hypoglycémie, rien que 6,4% répondent par l’affirmative. Enfin une dernière question montre que 60,1% des interrogés soutiennent qu’ils ont un meilleur équilibre durant le mois de Ramadhan. Une réponse que l’on peine à situer entre la logique et le psychique. Ces comportements risqués en dépit des recommandations des médecins, peuvent causer des complications aiguës menant à une hypoglycémie sévère. On notera que cette rencontre avec la presse s’est déroulée en présence des présidents de l’association des malades diabétiques de la wilaya de Jijel, Hocine Merizek, et de l’association des malades cardiaques de la même wilaya, créée au mois de juillet en cours. Fodil S./El-Watan *Les traductions du Coran sont de feu Cheikh Boubakeur Hamza
Les diabétiques et le Ramadhan par B. M. C.
Le noyau scientifique de l’association des malades diabétiques de la wilaya de Jijel, qui active sous la houlette du Docteur Bouab Diai- Eddine, a organisé, avant-hier mardi, une conférence de presse. Au cours de cette conférence de presse, le Dr Bouab a présenté les résultats d’une enquête sur le « diabète et le jeûne » dans la wilaya de jijel, entouré par le président de ladite association, M. Merizek, et des membres de l’association des malades cardiovasculaires nouvellement créée. Le Dr Bouab, médecin spécialiste en diabète, a affirmé qu’il a effectué une enquête sur un échantillon de 330 malades dont l’âge varie entre les âges de 3 ans et 60 ans, ceci, pour avoir une idée très claire sur la réalité des diabétiques durant le mois de carême. La même enquête fait également ressortir qu’il existe parmi les diabétiques 09,4% de patients atteints de diabète de type 01 et 90,6% qui sont atteints du diabète de type 02. Il a par ailleurs ajouté que ces malades font appel à des formules de traitement dont le traitement par voie orale qui vient en pole position avec un taux de 54,5%, suivi du traitement insulinique avec un taux de 18,2%. et le traitement mixte avec 27,3%. L’enquête a permis également de constater que le diabète est accompagné de certaines maladies dont l’hypertension artérielle avec 52,7%, la cardiopathie avec un taux de 11,1% et les accidents vasculaires cérébraux avec 07%. Sur sa lancée, le Dr Bouab a attribué la non-acceptation de la consigne du « dispense du jeûne », à plusieurs motifs, dont la raison religieuse vient en première position sans toutefois omettre de dire que plusieurs patients diabétiques de type 01 refusent cette consigne en dépit des hauts risques du jeûne sur leur santé. Pour sa part, le jeune imam de la mosquée du quartier d’El Heddada n’a pas manqué de mettre l’accent sur les « recommandations » religieuses concernant la question du jeûne chez les malades diabétiques tout en soulignant que la pratique religieuse concorde avec les avancées de la médecine, le savoir et le savoir-faire. Dans son passage, l’imam n’a pas manqué de « critiquer » certains parents influencés par des tendances extrémistes qui contraignent leurs enfants à faire du jeûne alors qu’ils n’ont pas dépassé l’âge de 06 ans. Lui emboitant le pas, le Dr Bouab a affirmé que les enfants à cet âge ne disposent pas encore d’adaptation hormonale, ce qui constitue un sérieux danger sur leur santé et se répercute même sur le rythme de croissance. Notons enfin que l’enquête réalisée par le Dr Bouab, avec chiffres à l’appui, a apporté un important éclairage sur le vécu quotidien des malades diabétiques avec ses multiples complexités socioculturels durant le mois du jeûne, ce qui mérite d’être un travail de référence pour un grand nombre de nos patriciens dont l’unique et le seul souci demeure malheureusement pour certains d’entre eux, ramasser beaucoup de sous au détriment de l’éthique médicale et de toutes les autres règles…



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