Faune, Flore et sites archéologiques jijeliens : Un patrimoine national à protéger

Soyez zen dans les forêts de chênes zen !
C’est presque trop pour des vacances, sauff à y revenir souvent. Escalader la montagne, visiter les grottes, parcourir la corniche, plonger d’une falaise, s’insérer dans les cols ? Par quoi commencer et que faire en priorité. Le Parc national de Taza, situé dans la wilaya de Jijel, a la particularité de longer la méditerranée sur 9 km et de s’offrir une superficie en terre de plus de 3807 ha. De quoi satisfaire n’importe quel vacancier amoureux de la nature et ne sachant trancher entre la mer et la montagne. Tous les sens sont mis en éveil et même s’il reste difficile d’atteindre les étendues de chêne zeen pour des questions liées à la sécurité, il est possible de s’introduire sur quelques monts et d’apprécier les paysage les plus beaux d’Algérie.
L’HUMIDITÉ
Le Parc national de Taza est le plus boisé d’Algérie et d’entrée de jeu, cela se voit. D’ailleurs, la pluviométrie moyenne avoisine les 1200 à 1400 mm par an. Ses étendues d’arbres se prolonge à l’infini, offrant au regard des tapis molletonnés verts et sans fin. Et ce qui fait également la particularité du parc est que c’est l’unique localité où le chêne zeen occupe d’un seul tenant une vaste étendue mesurée à 1670 ha. Cette forêt est presque entièrement dépourvue de sous-bois, ce qui la protège des incendies. La route d’ElAouana, ex-Cavallo, qui mène à Jijel par l’ancienne route, offre la surprise de s’insérer presque entièrement en hauteur et dans la montagne. Les panoramas sont sans limites lorsque la buée s’est effacée. Dans ses débuts, le chêne liège y est en force. Il occupe 756 ha du parc, le classant en deuxième position. L’environnement se prête à la marche, mais très vite on est rattrapé par des barrages militaires. La zone est surveillée. Une barrière de fer indique que la route s’arrête là. Et pourtant, les militaires autoriseront la promenade en échange de la pièce d’identité. D’autres barrages militaires accompagnent le parcours qui devra s’arrêter à un point donné, une maison blanche. « Audelà, c’est dangereux et on ne peut vous laisser y aller. » Pourtant, il sera précisé que la route est praticable et autorisée le samedi et le mercredi. En attendant, il s’est offert à nos yeux émerveillés des étendues gigantesques de forêts d’arbres. Les incendies, qui marquent leur passage dans la montagne durant des années, n’est pas passé par là. Ni le feu, ni l’homme qui peut endommager ces étendues aussi durement que les incendies. On notera l’absence de déchets, de bouteilles en plastique, de canettes de bière. Le Parc national de Taza est l’un des rares vestiges naturels où les immondices n’ont pas place. C’est surprenantt.
LA FOUINE
C’est la course-poursuite. L’un derrière l’autre, on pensera à une sorte de ballet nuptial. Mais le jeu n’a rien d’amoureux. Le premier animal est petit et roux. Sa queue fait penser à un écureuil. Le second est plutôt gras et gris et sa queue à lui fait penser au rat. Ainsi, le rat se fait poursuivre par une belette ? Non, la belette est plus grosse et ici la bête est encore plus petite que le rat. C’est une fouine et en trois quatre mouvement, elle lui saute dessus. Ils roulent et le rat tente de se dégager. Elle l’enroule, le plaque dos au sol, saisit sa gorge, et on devine qu’elle mort. Il aura quelques brusques mouvements et sa queue qui frappe le sol donne signe de vie. Pas longtemps. La fouine a tué le rat sous les yeux des moineaux venus assistés au spectacle. Elle le saisira à la gorge, la tête fièrement déployée, pour le traîner sans difficulté vers sa tanière. C’est l’un des spectacles que peut offrir de façon impromptue le Parc national de Taza. Et quelle merveilleuse trouvaille ! Le rat a bien un prédateur hormis l’homme. On savait qu’à Alger, les chats prenaient la fuite devant un rat. C’est qu’en ville, ils sont largement nourris par l’ensemble des déchets qui s’amoncellent partout. Mais Taza, ce n’est pas que la fouine et le rat. C’est surtout une quantité impressionnante d’animaux, tels que le singe magot. En fait, il en existe quelque 146 espèces dont 11 sont protégées la loi. A titre d’exemple, on y trouve le renard roux, la hyène rayée, mais également 131 espèces d’oiseaux dont 89 passereaux, 23 rapaces et 19 espècess d’eau.
LES CURIOSITÉS… FERMEZ LES YEUX : La sitelle de Kabylie
On va pas se mentir : je ne l’ai pas vu. Elle est rare et difficile à discerner pour les novices, mais elle a quelques particularités dont son chant. Avant toute chose, il faut savoir que la sitelle est endémique à l’Algérie, bien qu’on ne l’aie découverte qu’en 1973 ; elle vit dans quatre zones de montagne au nordest du pays. La sitelle affectionne les forêt de chênes à plus de 1000 mètres d’altitude et est surtout reconnaissable à son chant qui fait « quair-di, quair-di, quair-di, quair-di, quair-di ! » flûté. Le mâle a une calotte noire et un sourcil blanc, et tandis que son dessus est gris, son ventre est orange. La femelle ne possède pas de blanc sur la calotte et est plus pâle. C’est une espèce protégée, car en voie de disparition. Si vous avez la chance de l’entendre, dites-vous qu’il n’en reste que 1000 environs dans le pays.
paysagez vos horizons
Le lac d’Erraguène fait partie du parc et consitue un habitat pour de nombreuses espèces d’oiseaux
Parmi les sites les plus remarquables, il y a en plus des majestueuses forêts de chênes zeen, principalement situées dans le massif montagneux de Guerrouch :
La Grotte Merveilleuse : unique en son genre et par l’attraction qu’elle exerce sur les touristes qui viennent la visiter en nombre important.
La presqu’île de Ziama Mansouriah : elle constitue l’un des rares refuges du pin d’Alep (Pinus halepensis) qui a survécu dans la région en échappant aux incendies.
Un ensemble d’îlots où séjournent de nombreux
oiseaux migrateurs.
Les terres agricoles telles que celles de la zone de Selmaa, uniques de par leur qualité paysagère et leur situation sur toute la longueur d’une vallée, que dominent de part et d’autre deux montagnes richement boisées.
Le barrage d’Erraguène : d’une étendue d’environ 900 ha qui constitue une importante station d’hivernage pour de nombreuses espèces
d’oiseaux d’eau.
A ne pas rater
Le territoire du Parc national de Taza renferme un patrimoine archéologique important dont : ◗ Un cimetière préhistorique où des ossements d’animaux et d’hommes primitifs ont été découverts ; ◗ des vestiges archéologiques de l’ère romaine, notamment au niveau de Ziama Mansouriah ; ◗ la mystérieuse source dite El M’chaki sise près de la commune de Selma Benziadaa. Des historiens se sont aussi intéressés à cette source, tels que Charles Ferrault ou encore El Bakri au XIe siècle, qui l’aurait nommée : « La source des cinq temps ».
Au moins un geste par jour
◗ Le Parc national de Taza est protégé par décret présidentiel n°84-328 du 03 novembre 1984. Le Parc national de Taza, dans sa version maritime, est composé de plusieurs îles et îlots. Ils constituent des écosystèmes particuliers pour les oiseaux migrateurs, surtout en période de nidification. Il paraît donc évident que l’usage touristique doit se faire en adéquation avec ces écosystèmes. Eviter donc d’y laisser vos ordures, mais également d’y faire des feux de camps. ◗ Choses surprenantes, les incendies de forêt à proximité des routes ou des restaurants. Très souvent, il suffit d’une bouteille d’eau pour éteindre ce début d’incendie qui se fait timide. Alors pensez-y : une bouteille d’eau à 5 mètres de vous, c’est pouvoir demain se promener en montagne et… avoir moins chaud.
Z. A. M. A



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