Ferhat Abbas Personnalité historique

samedi 21 février 2009
par M.F.TOUMI

Il figure parmi les personnalité historiques écartées et marginalisées après l’Indépendance. La classe intellectuelle française considéra le fait que Ferhat Abbas rejoigne la révolution comme la fin de la présence française en Algérie. Dans les congrès et les rencontres internationaux, la personnalité de Ferhat Abbas était fortement présente. Né en 1899 à douar Chemala aux environs de Tahir (Jijel), Ferhat Abbas est militant dans les rangs du mouvement de la jeunesse algérienne, sous l’égide de l’Emir Khaled, le petit-fils de l’Emir Abdlkader.

C’est l’un des partisans de l’assimilation, de l’égalité et la transformation de la Colonie en province, sur les mêmes voies et thèses du front populaire. Auteur des propos « J’ai interrogé les vivants et les morts, j’ai visité les cimetières, j’ai parcouru l’histoire, je suis revenu au Coran et je n’ai pas trouvé ce qui interdit au musulman d’être assimilé à une nation non musulmane. Je ne mourrai pas pour la patrie algérienne car cette patrie n’existe pas ». Il soutient le projet réformateur « Blum violette » qui a été abandonné par les autorités françaises suite aux pressions des colons. Il côtoie la classe politique française et reste convaincu de la possibillité des autorités coloniales de réviser leur politique coloniale de ségrégation.

Il participe au congrès islamique, considéré comme l’un des principaux animateurs du mouvement des Amis du manifeste algérien et de la liberté, il présente les revendications du mouvement nationaliste représenté par l’association des oulémas et le parti du peuple. Lorsqu’il rencontre le refus des autorités françaises, malgré l’obtention par son parti, l’Union démocratique des amis du manifeste algérien, dans les élections législatives de 11 sièges sur 13 réservés aux Algériens, il fait les dernières tentatives menaçant qu’en cas d‘absence de solution politique, « nous opterons pour la mitraillette ! » Il rencontre Jacques Soustelle, le gouverneur général, puis le président de l’assemblée, Edgar Faure, en 1955 dans une dernière tentative. Après négociations, il rejoint au Caire le Front de libération nationale. Membre du conseil national de la révolution algérienne et du comité de coordination et d’exécution, il est président du gouvernement provisoire entre septembre 1958 et août 1961. Au moment du conflit entre le gouvernement provisoire et l’Etat Major, il opte pour l’Alliance de Tlemcen, contre le gouvernement provisoire et le groupe de Tizi Ouzou. Il reconnait son erreur de jugement concernant le duo Houari Boumerdienne et Ahmed Benbella. Président de l’assemblée constituante en septembre 1962, il démissionne le 13 août 1963 après avoir subi les dépassements du président et ses agissements qu’il considérait comme une déviation et une dictature. Dans sa lettre de démission, Ferhat Abbas explique « le gouvernement a soumis à de prétendus cadres d’un parti, qui en fait, n’existe pas encore, un projet de constitution ». Le 3 juillet 1964 à 21h, Ferhat Abbas est arrêté et mis en résidence surveillée à cause de ses opinions. Il retrouve des compagnons de l’ex-président de l’exécutif, Farès Abderrahmane, l’ancien ministre de la Justice, Amar Bentoumi, le commandant Larbi Beredjem de la wilaya II et les députés Ousedik Boualem et Brahim Mezhoudi. Le 10 mars 1976, sous le régime de H. Boumedienne, Ferhat Abbas fut placé en résidence surveillée dans sa demeure à Kouba. Cette mesure est survenue à la suite d’un appel au peuple dont les principaux signataires sont Ferhat Abbas, Cheikh Kheireddine ancien vice-président du GPRA, Hocine Lahoual, ancien SG du PPA-MTLD. Cette surveillance ne fut levée, qu’après la mort de Houari Boumediene. Ferhat Abbas fut également propriétaire d’une pharmacie, celle-ci ne lui fut restituée qu’en janvier 1982. Décédé le 23 décembre 1985, Ferhat Abbas était titulaire d’un diplome en pharmacie et auteur de plusieurs ouvrages sur la révolution algérienne.


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