Feu vert pour un musée israélien sur des tombes musulmanes

Le ministère de l’Intérieur israélien a donné son feu vert pour le début des travaux de terrassement du musée de la Tolérance à Jérusalem, qui doit être construit sur un site de tombes musulmanes datant de plusieurs siècles, a indiqué hier, une porte-parole. "Le permis accordé mardi par la commission de district du ministère permet de commencer à creuser immédiatement pour ce projet", a affirmé à l’AFP la porte-parole Efrat Orbach, sans pré- ciser quand ces travaux allaient effectivement débuter. Elle a par ailleurs, souligné que de "nombreuses étapes" devront encore être franchies pour passer des fondations à la phase de construction du bâtiment luimême. Le musée doit être érigé à Jérusalem sur le terrain du vieux cimetière musulman Ma’man Allah où plusieurs saints soufis sont enterrés ce qui avait suscité l’indignation de la population musulmane et un malaise dans l’opinion publique en Israël. Selon le département israélien des Antiquités, 200 squelettes ont dû être exhumés pour procéder à une translation des restes.

- Le cimetière musulman à Jérusalem sur lequel doit être construit un musée de la Tolérance, photographié le 2 juillet 2011 (AFP, Ahmad Gharabli)
La Cour suprême israélienne, qui avait dans un premier temps ordonné de suspendre les travaux, a finalement donné son feu vert en janvier 2009 à la construction, les promoteurs faisant valoir que la plus grande partie du terrain servait jusqu’alors de parking. Le projet, estimé à 250 millions de dollars, est financé par le centre Simon Wiesenthal qui a édifié un musée éponyme à Los Angeles, en Californie. La réaction palestinienne ne s’est pas faite attendre. Le porteparol du gouvernement de l’Autorité a déclaré hier que ce projet « entre dans le cadre du projet de judaisation de Jerusalem, et c’est une agression caratérisée. Des géné- rations de Palestiniens arabes musulmans sont enterrés sur le site ». Il en a appelé à la mobilisation de la communauté internationale. Sur place, des militants israéliens des droits de l’homme ont tenté de s’interposer, afin d’arrêter des engins prêts à commencer les travaux. Un important dispositif sécuritaire, composé de policiers et de soldats israéliens avait pris position tôt le matin et interdit l’accès à la zone. En février 2010, des dizaines de familles palestiniennes avaient appelé l’ONU à intervenir auprès d’Israël pour obtenir l’arrêt définitif de la construction de ce musée en dénonçant "la profanation du cimetière" et "des violations des conventions internationales". R. I.



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