Fuera de Aqui , gringo !
Fuera de Aqui , gringo !
" Un homme meurt en moi toutes les fois qu’un homme meurt quelque part, assassiné par la haine et la hâte d’autres hommes."
Jaime Torres Bodet, écrivain mexicain (1902-1974), in civilisation.
Certains rapprochements peuvent être hâtifs et hasardeux, des similitudes sont cependant frappantes entre des situations régnant dans des pays éloignés les uns des autres par l’espace et le temps. Hier,en Algérie,la domination française était synonyme de peuplement et d’exploitation des ressources humaines,richesses nationales,et la flamme de la résistance était demeurée vivante malgré la sauvagerie de la répression et le reniement d’une infime minorité de collaborateurs.
En 1870, le général Deligny, dans une lettre au maréchal Mac Mahon, gouverneur général de l’Algérie, apportera le témoignage suivant : "de l’expérience que j’ai acquise, il résulte pour moi que la société indigène est en état permanent de conspiration contre nous et que toute organisation appuyée sur l’élément indigène y repose sur une base instable ". Pour s’en convaincre,il suffit de se référer aux poètes populaires,le souvenir amer de la défaite ne mourra pas et la résignation,lourde à supporter,ne pouvait qu’être passagère. Les chants sont éloquents,surtout après la prise d’Alger en 1830,le départ en exil de l’Emir Abdelkader en 1847, le massacre de l’Oasis de Zaatcha en 1849,l’échec malheureux des soulèvements dans le Sud oranais en 1881,les journées sanglantes de mai 1945 à Guelma,Sétif et Kherrata. Les peuples n’acceptent pas d’être spoliés, humiliés indéfiniment. Outre-atlantique, l’Amérique Latine est depuis toujours considérée comme l’arrière-cour, la "profondeur stratégique" des Etats-Unis du Nord qu’elle tient pour responsable de tous les maux, ce qui explique la rancœur, voire l’hostilité violente dont ils sont l’objet permanent, à l’ombre des multiples alliances "militaires (Big-stick ou gros bâton) et/ou de la "diplomatie du dollar". Les conquistadores ont été relayés par les Yankees et les Gringos, après l"élimination de fait des Européens,à l’issue de la première guerre mondiale. La volonté hégémonique suscite et alimente des conflits incessants, aggravés par d’indiscutables différences (Anglais/Espagnols/protestantisme, catholicisme ; civilisation matérialiste, civilisation humaniste). Avec les immigrés arrivent des capitaux considérables notamment dans les pays, à climat supportable (Argentine, Brésil, Chili, Uruguay) et, chaque fois qu’ils estiment leurs intérêts menacés, les Etats-Unis interviennent militairement,de façon automatique,en vertu du " corollaire Roosevelt "de 1904, blocus proprement dit ou "guerre de faible intensité ("directe : Grenade ou indirecte : Nicaragua). S’ils accordent volontiers des prêts aux gouvernements "loyalistes", ils créent mille et un problèmes aux progressistes pour les déstabiliser et installer leu " protectorat " sur des républiques théoriquement indépendantes en particulier par le biais de " conseillers ", d’ambassadeurs omnipotents, enfin de compagnies pétrolières, minières (fer, nitrate, cuivre) et fruitières (banane, cacao, canne à sucre, café), le tout au nom de leur propre sécurité et de la paix internationale ! Là, ils installent des bases (Cuba), là, ils imposent des concessions (Panama), là, ils occupent carrément les pays (Saint voisins dans de sanglantes épreuves (guerre du Chaco en 1935 entre la Bolivie et le Paraguay) afin d’acquérir des puits de pétrole, d’autre part en 1928 à la conférence de la Havane, ils ne voient pas d’un bon œil la constitution d’une opposition refusant que l’Union panaméricaine devienne instrument de l’impérialisme Yankee. Ils n’apprécient pas non plus les projets " révolutionnaires " du mexicain Cardenas,qui entend nationaliser terre et pétrole,des Brésiliens Vargan qui entame l’élimination des sociétés étrangères et Getulio qui fonde la Petrobras et dénonce les " forces obscures " du guatémaltèque Arbenz qui ose confisquer les terres de la Unites Fruit Compagny et sera en 1951, la première victime de la CIA, du panaméen Rémon assassiné l’année suivante,du cubain Castro dont l’exemple subversif est à la fois une " provocation insupportable " pour les uns et une " revanche contre les Etats-Unis " pour les autres.
A.B.A à suivre…



Réactions