Hadjammar Mohamed dit Hamou (1880-1932)

Vieille figure du Mouvement Jeune Algérien qui se développe à la veille de la Première Guerre Mondiale. Représentant de commerce, il entre dans la carrière politique en 1911 où il remplace son oncle Tahar décédé, au Conseil Municipal de Djidjelli (Jijel). A cette époque, il fonde Le Rachidi, organe de la défense des intérêts musulmans avec quelques amis de Jijel et la collaboration des éminents polémistes (Albin Rozet et Numa Leal), il plaide avec chaleur à la cause de ses coreligionnaires. C’est à lui que les jijelliens doivent cette popularité dont ils jouissent en Algérie.
Né à Djidjelli (Jijel) en 1880, fils de Hadjammar Bachir, négociant, il fait partie de la délégation qui se rend à Paris en 1912, en tant que Directeur Politique du Journal Le Rachidi. Lettré en français et en arabe il se fixe à Alger après la Première Guerre Mondiale.
En 1920, il est élu Conseiller général de l’Arba (Alger). « Le triomphe de Khaled et de Hadjammar aux élections départementales de février 1920 était celui d’une Algérie Nouvelle qui rejetait l’assimilation et qui revendiquait la liberté dans son sens le plus large ». On le retrouve aux côtés de l’Emir Khaled, Kaid Hammoud, du docteur Moussa réclamant avec force les promesses faites aux musulmans. « Aux Conseil Général (d’Alger), Khaled et Hadjammar demandèrent que fût accordé aux indigènes musulmans non naturalisés des représentants à la chambre des députés. Ils soulignèrent à plusieurs reprises que les nègres de la Martinique, de Guadeloupe étaient représentés aux Parlement alors que les indigènes de race blanche ne l’étaient pas que les Musulmans du Sénégal et de l’inde avaient des députés et des sénateurs , et que ceux de la Bulgarie, de Serbie, de Roumanie, de Grèce avaient des délégués spéciaux. Le Conseil Général n’examina pas leur vœu et le renvoya à la session d’Octobre ». La profession ne le détourne pas de la ligne de conduite qu’il s’est tracée. Il noue d’étroites relations avec les milieux politiques algérois et devient rapidement populaire. Homme affable et très cultivé, il milite sans relâche pour les droits politiques des musulmans algériens. Il conquiert la sympathie du collège électoral qui l’envoie siéger au sein du conseil Municipal d’Alger en 1925 et 1929… « L’élément indigène a été exclu des opérations électorales, ce que nous regrettons, car nous aussi avons nos opinions et nos sympathies ». C’est ce que Hadjammar expliqua courageusement lors de la séance du Conseil Municipal d’Alger le 6 Juin 1925, car les musulmans n’avaient pas participé aux opérations électorales. Il meurt à Djidjelli (Jijel) le 28 Juillet 1932. Au cimetière musulman où Hadjammar Hamou dort de son dernier sommeil, une émouvante cérémonie s’est déroulée. Une grande partie de la population musulmane a tenu à accompagner à ses dernière demeure un de ses plus dévoués enfants enlevé prématurément à l’affection de tous. Son nom est cité par les éminents historiens algériens et étrangers qui voient en lui non seulement un lieutenant de renom, il écrit avec aisance la langue de Voltaire avec un verbe qui est propre, ses nombreux articles sont appréciés de tous. Brillant à l’excès, Hadjammar Hamou est l’un des premiers intellectuels de sa ville, sa constance égrenée au fil de sa plume traduit un maître à penser en ce début du siècle. Issu d’une vieille et grande famille de Jijel qui compte de nombreux lettrés et commerçants habiles, son beau-père Benkhellaf Mohamed (1852-1907) est membre de la Chambre de Commerce de Bougie dès sa fondation en 1893 et conseiller municipal de Jijel durant vingt cinq ans. Il laisse un fils Abdelkader Hadjammar (décédé en 1951). Source : A. Sekfali, Biographie de personnalités du journal Rachidi (1911-1914) Al-Majalla al-Tārīkhīya al-Maghāribīya, mars/mai 1997.



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