Hommage à Maître Abdelkader Lounis

Né le 29 janvier 1929, fils de Ahcène et de Younsi Khedija, il a été confronté très jeune aux dures réalités de la vie ; il a travaillé à la boulangerie de son père avec ses deux frères Ali et Aissa. Son grand frère a été assassiné par les soldats français pendant les années de braise de la révolution algérienne ; un choc qui l’a ébranlé au plus profond de lui-même et qui a ouvert ses yeux sur la nature foncièrement belliqueuse du colonialisme.
Abdelakder Lounis a réussi ses études au lycée de Médéa avant de décrocher son baccalauréat en 1952. Il s’avait qu’en s’armant du savoir, il pourra non seulement vaincre ce colonialisme orgueilleux qui prétendait incarner une civilisation, mais aussi se mettre au service de sa patrie. Plus tard, il enseigne à six enfants et petits enfants que les études sont la meilleure arme pour se défendre, les études étaient un moyen de s’affirmer et de faire face à la vie quelles que soient les circonstances. En 1947, il n’hésite pas à adhérer au Parti du Peuple Algérien PPA dans le cadre des activités militaires et de formation politique sous la responsabilité de Bouzida Arezki. En 1954, il ne résiste pas à l’appel de la révolution. Il a trouvé même un moyen de réagir au joug colonial. Son adhésion au FLN dans le cadre des activistes politiques au sein des cellules estudiantines est plus qu’un engagement personnel au service d’une nation déchirée par la guerre et broyée par les souffrances. En 1958, il est incorporé dans les rangs de l’ALN à la wilaya V avec Abdelahfid Boussouf. Durant les années de lutte, il s’est forgé un tempérament de guerrier qui refuse la fatalité. Sa conscience politique s’aiguise, le pays libéré de ses boulets, le Colonel Fawzi se consacre à d’autres activités.
En 1967, il a obtenu une licence de droit option droit privé et relations internationales et, plus tard, son DES sciences criminelles sur la notion de l’infraction militaire. Son cursus militaire est exemplaire : de lieutenant en 1963, il est arrivé au grade de lieutenant-colonel en 1985 sous le nom de Colonel Fawzi.
A sa retraite, il a préféré continuer à travailler pour défendre le droit où il rejoint le système judiciaire civil sous le nom de Maître Abdelkader Lounis. Pour défendre les cas les plus démunis et cela jusqu’à son dernier souffle.
Aujourd’hui si nous remémorons tout ce parcours, c’est pour te rendre un hommage mérité et pour t’extraire de l’oubli. Tous ceux qui t’ont aimé ne peuvent pas te ranger dans un coin de leur mémoire. Tu as vécu comme un héros modeste avant d’aller reposer en paix pour l’éternité.




Réactions