Ils étaient beaux, les platanes de Jijel

Le cœur se serre à la vue de ces platanes étêtés, sans ombre, sans esthétique, alignes en chandeliers, le long des avenues et des routes. Naguère, avec ses platanes séculaires, Jijel semblait noyée dans un lac de verdure. On marchait à l’ombre, sous des voûtes et des tonnelles formées par l’entrecroisement des branches et des feuilles.
Par : S. Bousseloua Ancien conservateur
Pourquoi donc ces périlleuses mutilations exécutées sans interruption. A qui et à quoi profitent-elles ? pas de ces pauvres arbres, non aux habitants privés d’ombres d’été, ni au tourisme à qui, on offre une vue panoramique dégradée. On peut certes élaguer ou couronner les arbres mais cette opération s’effectue au minimum, tous les dix ans. Elle nécessite une technique précise (coupe en biseau carbonyle ou créosote passe sur les plaies pour prévenir les attaques de parasites (champignons et insectes). Les botanistes placent le platane (platanus orentalis) dans la catégorie des arbres d’alignement, commun en Europe occidentale et en Afrique du Nord. C’est un grand arbre à croissance rapide dont la longévité peut dépasser, trois siècles. Il se dépouille tous les ans de son écorce par plaques tandis que le tronc prend une belle couleur verdâtre. Il met en moyenne vingt années pour atteindre sa forme spécifique et s’intègre au paysage, dont il souligne la beauté. Comme tous les arbres, le platane a besoin de ses feuilles pour respirer, transpirer et réaliser la synthèse chlorophyllienne. La chlorophylle est un pigment vert que l’on trouve sous forme de petits grains dans les cellules des feuilles. Son rôle est essentiel dans la photosynthèse. Elle a la propriété d’absorber certaines radiations solaires et décomposer sous l’action de ces radiations, l’acide carbonique en rejetant l’oxygène. Elle combine en outre le carbone avec les éléments de l’eau pour former des substances nutritives indispensables à l’arbre. Compte tenu de ces données et, afin de sauver du dépérissement certain à brève ou longue échéance, les platanes de Jijel, une opération d’assainissement leur est nécessaire. Les troncs malvenant, fendus, malades ou pourris, doivent être coupés à blanc étoc (ah-ras du sol) pour permettre le drageonnement (rejets de souches). Ces rejets protèges deviendront de beaux brins vigoureux et remplaceront avantageusement les troncs éliminés. Ces mesures ne manqueraient pas de sauvegarder la beauté de nos sites qui placent Jijel et sa région sur le plan touristique, parmi les premières du pays.
S. Bousseloua Ancien conservateur



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