Introduction à la civilisation musulmane (12)

Les acteurs Théologie et jurisprudence Le poète, mystique, réformateur et résistant somalien Muhammad Ibn Abdullah Hasan Al-Mahdî (m. 1920) de la tarîqa Çâlihiya (Fraternité de Çâlih), s’autoproclame Mahdi en 1899. Avec ses derviches, il a réussi à tenir tête à l’occupation étrangère britannique et italienne jusqu’en 1920, date à laquelle il fut vaincu par une action combinée aérienne, terrestre et maritime britannique. Les anglais lui ont donné le sobriquet de « The Mad Mullah (Le Mollah Fou) ». Le théologien et réformateur égyptien Rashid Rida (m. 1935). Il fut le disciple éminent de Muhammad Abduh (m. 1905).
Le réformateur Shaykh Abd Al-Hamid Ibn Badis (m. 1940) d’Algérie, qui en 1931 a fondé l’association des Oulémas (dirigeants religieux) algériens, dans l’optique de réforme religieuses. L’écrivain et prêcheur égyptien Hassan Al-Banna (m. 1949), fondateur du parti politico-religieux Ikhwân al-Muslimîn (Les frères musulmans). Le noyau principal du parti fut formé à Ismaïliya, puis sa création officielle eut lieu au Caire en 1929. Ses écrits les plus importants sont Al-Aqâ’id (Les Croyances), « Entre hier et aujourd’hui » et sa profession de foi « Vers la lumière ». L’écrivain, théologien, homme d’Etat et dirigeant politique indien, Mawlana Abul Kalam Azad (m. 1958), auteur de Tafseer-e-Quran (commentaire du Coran) et d’autres ouvrage politico-littérarires. Le théologien et dirigeant Mawlana Abul Ala Mawdudi (m. 1979) du Pakistan, dont les écrits ont influencé l’élite et les masses dans tout le monde musulman. Son travail monumental reste l’exégèse du Coran en six tomes, Tafhîm al-Qur’ân. Il est le fondateur du Jama’at Islâmi, parti politico-social et religieux. L’écrivain, journaliste et homme d’Etat autrichien, Léopold Weiss, connu sous son nom musulman de Muhammad Asad (m. 1992). Il a représenté le Pakistan aux Nations unies. Il est l’auteur d’une traduction du Coran en anglais et de sa célèbre autobiographie le Chemin de La Mecque. Le théologien et écrivain prolifique Muhammad Hamidullah (m. 2002) formé à l’Osmania université de Deccan. Ecrivain polyglotte, il rédigea différents livres et traités de théologie islamique, de sociologie et d’histoire, en urdu, en arabe, en anglais, en français et en allemand ! (Il connaissait vingt-deux langues en tout et en maîtrisait parfaitement cinq !). Ses travaux les plus connus sont sa traduction annotée du Coran en français – la première traduction du Coran en français faite par un musulman -, la Vie du Prophète (QSSSL) de l’Islam en deux tomes, l’Etat islamique et Introduction à l’Islam. Il est auteur de plus de 250 ouvrages et articles ; ses œuvres, diffusés mondialement dans une vingtaine de langues, sont dénombrées à plus de 2 500 ! Science et technologie Hakim Hafiz Muhammad Ajmal Khan (m. 1927), de la Maison de Sharif (Khandané Sharifi). Médecine, homme politique réputé, poète et philanthrope, on lui donna le titre de Masîh-ul-Mulk (Le Messie du pays) en raison de ses dons extraordinaires et légendaires de cures médicales. Il a fondé la Madrasa Tibbiya College (Université médicale) de Delhi pour la promotion de l’enseignement supérieur et pour la recherche médicale. Le mathématicien, écrivain et politicien pakistanais Inayatullah Khan, connu sous le nom d’Allama Mashriqi (m. 1963). Son œuvre renommé Tazkirah est un commentaire du Coran. Il avait fondé le mouvement Khaksar, en 1931, pour l’indépendance du sous-continent indien. Le médecin, botaniste et poète Hakim Muhammad Jamil Khan de Khandané Sharifi, né à Delhi et décédé à Lahore en 1970. Son livre Al-Mufarda (Remèdes simples) et son traité sur la tuberculose sont bien connus dans le sous-continent indo-pakistanais. Le scientifique pakistanais Salimuz Zaman Siddiqi (m. 1994), réputé pour ses travaux en biochimie et en chimie des produits naturels. Il a découvert et synthétisé l’alcaloïde auquel il a donné le nom d’Ajmaline, en l’honneur de son mentor Hakim Ajmal Khan. Le savant pakistanais de grande renommée Abdou Salam (m. 1996) qui a conduit d’importants travaux en physique sur l’unification des différentes forces, travaux pour lesquels il a reçu le prix Nobel de physique en 1979. Les scientifiques musulmans, Abdul Qadir Khan au Pakistan et Abdul Kalam en Inde sont à l’origine de la bombe atomique en Asie. Le scientifique égyptien Ahmad Zewail, lauréat du prix Nobel de chimie en 1999, pour ses études sur les états de transition d’une réaction chimique en utilisant la « femtosecond spectroscopie ». Lettres culture Le philosophe et poète Allama Muhammad Iqbal (m. 1938) dont les écrits ont dynamisé l’esprit de réforme, particulièrement dans la communauté musulmane indienne. Il a exhorté les musulmans au réveil en enseignant le développement de la personnalité pour atteindre un succès véritable. Il est considéré comme le poète national du Pakistan. L’écrivain polyvalent et poète de langue urdûe Shibli Nomani, (m. 1914) dont les diverses biographies et les travaux en histoire et philosophie sont bien connus. Parmi mes plus fameux ouvrages, on trouve Shiré Ajam (Anthologie des poètes Persans) et Safar Nameh Miçr wa Rûm wa Shâm (Chroniques de voyage). Cependant son chef-d’œuvre reste le monumental Sîrat an-Nabî (biographie du Prophète (QSSSL) de l’Islam) dont la dernière partie fut achevée après sa mort, par son disciple Syed Sulayman Nadawi (m. 1953), lui-même grand érudit en théologien célèbre. Les écrivains de langue urdûe : Nazir Ahmad (m. 1912) Mirza Ruswa (m. 1913), Farhatullah Beg (m. 1948), Saadat Hasan Manto (m. 1955) et Maulvi Abdul Haq (m. 1961), connu sous le nom de Baba-é-Urd (Père de l’Urdu). Les poètes de langue urdûe : Altaf Husayn Hali (m. 1914), Akbar Allahabadi (m. 1921), Mawlana Hasrat Mohani (m. 1951), Jigar Muradabadi (m ; 1960), Josh Malihabadi (m. 1982) et Faiz Ahmad Faiz (m. 1984). Hasrat Mohani a activement participé au mouvement des musulmans de l’inde pour la création du Pakistan. Les poètes et écrivains turcs Khalid Ziya Ushaklïgil (m. 1945), Ahmed Hikmet (m. 1927), Mehemt Emin Yurdakul (m. 1944), Abdulhaq Hamid Tarhan (m. 1937), Mehmet Akif (m.1936), Ahmet Hashim (m. 1933), Yahya Kemal (m. 1958), Faruk Nafiz Chamlïbel (m. 1973), Oran Sayf Orhon (m. 1972), Yusuf Ziya Ortach (m. 1967), Nazim Hikmet (m. 1963) et Halit Fahri Ozansoy (m. 1971). Le poète iranien Bahar (m. 1951). Les poètes et écrivains kurdes Evdalah Sulayman connu sous son pseudonyme de Goran ; Haji Tevfik de pseudonyme Pirmerd (Le Vieillard) (m. 1950) ; Wazir Nadir (m. 1947) ; Nuredin Usif ; Mustefa Ehmed et Sheikmuse Hesen. L’écrivain Muhammad Kurd Ali (m. 1953) qui a fondé l’Académie arabe de Damas. Les écrivains égyptiens Husayn Haykal (m. 1956), Taha Husayn et Naguib Mahfouz. Ce dernier a reçu le prix Nobel de littérature en 1988. Divers Fondation de la Jâmi’a ‘Uthmâniya (Université Osmania) en 1917 à Hyderabad, dans le Deccan, par le Nizâm (Souverain) d’Hyderabad. XXIe siècle 2001. Après les attaques du 11 septembre aux Etats-Unis, les Américains partent en guerre, avec une coalition internationale, contre le gouvernement des Talibans en Afghanistan. 2003. Sous le prétexte fallacieux que l’Irak aurait été en possession d’armes de destructions massives, et en dépit du droit et des protestations internationales, une coalition à dominante anglo-américaine attaque le pays, l’envahit et l’occupe. Epilogue L’Occident fait croire aux musulmans que leur religion est un obstacle au progrès. Le mot progrès prend des sens différents selon les peuples. Cependant, même dans le sens moderne et largement accepté du terme, il n’a jamais été entravé par l’Islam. Au contraire, l’Islam s’est montré être un catalyseur sans égal. Le VIIe siècle a vu la naissance de la civilisation islamique, qui est devenue en un siècle la première puissance militaire et économique du monde. Au début du IXe siècle, les musulmans ont établi des centres de connaissances, dans lesquels tout d’abord l’héritage scientifique et culturel du monde a été traduit en arabe à partir du grec, du sanscrit et du perse. Ces centres ont ensuite été utilisés comme des tremplins vers le progrès et l’avancement scientifiques et technologiques. Les musulmans y ont tracé de nouveaux chemins et ont atteint des sommets jusque-là inconnus. Ce fut la raisons primordiale de la suprématie de la civilisation islamique pendant presque un millénaire.
, La mise à sac de Baghdâd et les ravage des grands centres de connaissances par les Mongols au XIIIe siècle, ainsi que la destruction de la plus grande bibliothèque du monde à Cordoue en Espagne, ont été des pertes inestimables et irréparables. A cela, s’ajoutent les autodafés suivant la conquête espagnole de Grenade au XVe siècle. Le progrès scientifique dans le monde musulman a donc été stoppé au XVIe siècle, puis a commencé à décliner au XVIIe. Une conséquence directe de ce déclin a été la décadence du pouvoir politique musulman au XVIIIe siècle, avec comme corollaire un assujettissement de tous les pays islamiques au XIXe par les nations européennes, dès lors plus avancées. Ces nouveaux « maîtres » avaient peu d’intérêt à éduquer les peuples musulmans qu’ils gouvernaient car l’ignorance de ces peuples était la garantie de leur domination politique. L’éducation générale était parfois même découragée, comme dans le cas de l’Algérie française. Cependant, ce blâme doit être partagé par la masse de la population musulman qui a souvent été réfractaire à ce qu’elle appelait « l’éducation des maîtres étrangers ». Les efforts infatigables de certains réformateurs du monde musulman ont entraîné un début d’éclaircissement, dont le résultat fut l’indépendance de la quasi-totalité des pays musulmans au XXe siècle. On peut penser qu’avec l’enseignement généralisé et le progrès de la recherche scientifique dans les pays musulmans, la civilisation islamique va regagner au cours du XXIe siècle son statut perdu et va être de nouveau dans les premier rangs des civilisations mondiales. L’auteur termine en soulignant un fait d’une importance primordiale. Lorsque les musulmans ont commencé leur progrès scientifique, ils n’ont pas ouvert des instituts où la science a été enseignée en grec ou sanscrit. La connaissance accumulée du monde a tout d’abord été traduite et transférée en langue arabe, et c’est ensuite que le progrès a commencé. De la même manière, l’Europe du Moyen-Age n’a pas ouvert d’écoles en langue arabe, la langue scientifique de l’époque. Elle a traduit et ainsi transféré la connaissance accumulée de l’arabe au latin dès le XIIe siècle. Plus tard, lorsque le latin a perdu sa primauté, chaque nation européenne a traduit ces trésors dans sa langue respective. Les Allemands ont continué le progrès en langue allemande, les Français en langue française, et ainsi de suite. Selon Toynbee, l’historien britannique du XXe siècle : « Une société meurt rarement de causes naturelles ; elle meurt de suicide ou de par les ravages d’envahisseurs – presque toujours de suicide ». Il conclut que le processus de désintégration commence lorsque les sociétés ne répondent pas de manière adéquate aux nouveaux défis en n’utilisant pas leurs facultés créatives. Elles tombent alors dans la pratique du mimétisme. Cependant, cette image lucide du XXe siècle avait déjà été esquissée par un savant musulman du XIVe siècle, Ibn Khadûn, le premier à écrire sur la philosophie de l’histoire. Dans son célèbre ouvrage Al-Muqaddima, il dit : « Le vaincu cherche toujours à imiter le vainqueur dans ses manères, son habillement, ses occupations et dans toutes ses autres coutumes. L’explication de cela est que l’esprit humain voit toujours la perfection dans la personne qui lui est supérieure et à laquelle il est soumis. Il la considère comme parfaite, soit parce que le respect qu’il a pour elle l’impressionne, soit parce que, à tort, il pense que son propre assujettissement n’est pas dû à la nature de sa défaite mais plutôt à la perfection du vainqueur. S’il s’en tient à cette attitude fausse, cela s’impose à lui comme une croyance solide. Alors, l’esprit adopte les manières du vainqueur et il finit par s’assimiler à lui. Il s’agit donc d’une imitation ». Le dernier conseil aux nations en voie de développement est qu’elles doivent apprendre les langues étrangères – la connaissance, après tout, équivaut à la puissance – mais ne doivent pas tomber dans l’illusion qu’elles atteindront le progrès uniquement en adoptant des langues étrangères. A cela, il n’y a pas de précédent historique ! Introduction à l’Islam L’Islam est, parfois, considéré comme une religion compliquée ou contraignante alors qu’il n’en est rien. Le bref exposé qui suit sert à présenter l’essentiel du dogme et de la théologie de l’Islam. 1. Pour devenir musulman il suffit de proclamer la double attestation : « Il n’y a pas de Dieu sauf Dieu, et Mohammad est Son Messager ». 2. La foi du musulman se base sur la croyance en (i) Dieu, (ii) Ses anges, (iii) ses livres (Coran, Evangile, Torah…), (iv) Ses messagers (Mohammad, Jésus, Moïse, Joseph, Jacob, Abraham, Noé…), (v) Le Jour du jugement, (vi) le destin – bon mauvais – qui vient de Dieu et (vii) la vie après la mort. 3. Les cinq obligations qui incombent à un musulman, connues comme étant les cinq piliers de l’Islam, sont : (i) la Shahâda, la double attestation de foi (ii) la Çalât, les cinq prières rituelles quotidiennes, (iii) le Çiyâm , le jeûne du mois de Ramadhan, (iv) la zakât, qui est un impôt annuel de 2,5 % sur les richesses accumulées depuis au moins un an, et, enfin (v), le Hajj, le pèlerinage à Makka (La Mecque), une fois dans la vie , si l’on a les moyens financiers et physiques de le faire. 4. Le Coran (Al-Qur’ân) est la parole de Dieu révélée au Prophète Mohammad (QSSSL), que la paix soit sur Lui, par l’archange Jibrîl (Gabriel). Le message essentiel du Coran est l’appel à reconnaître l’unicité de Dieu (at-Tawhîd), notamment par la méditation sur la création ; il contient également de nombreux rappels de l’histoire de l’humanité (peuple et messager passés…), ainsi qu’un ensemble de codes moraux fondateur. Le Coran invite de façon répétée à penser, à réfléchir, à méditer sur le message de Dieu : « Avez-vous traité de mensonge mes signes sans les avoir embrassés de votre savoir ? » (Coran, 27 : 84). 5. La principale division au sein de l’Islam est celle des sunnites et de shiites. Bien que plusieurs différences se soient ajoutées au cours des siècles, la divergence fondamentale entre les deux groupes porte sur le choix de la personne qui devait diriger la communauté après la mort du Prophète que la paix soit sur Lui. Selon les sunnites, la communauté était libre de choisir son dirigeant – ce qu’elle fit en la personne d’Abû Bakr Aç-Çiddîq-, tandis que pour les shiites le commandement allait de droit à Alî Abî Tâlib, le cousin et gendre du Prophète (QSSSL), et par suite aux sunnites, soit environ 89 %. Les shiites constituent environ 10 % de la population musulmane mondiale. 6. La sunna est la tradition du Prophète et le hadîth est sa parole. La sunna et le hadîth du Prophète (QSSSL) ont été soigneusement vérifiés et enregistrés. Les Çihâb Sitta (Les Six recueils authentiques) sont les six compilations de hadiths les plus célèbre des savants Al-Bukhârî, Muslim, At-Tirmidhî, Abû Dâwûd, An-Nasâ’î et Ibn Mâjah. Les œuvres des deux premiers, Al-Bukhârî et Muslim, sont hautement estimées et sont connues sous le nom de Çahîhayn (Les deux recueils authentiques). 7. La Sharî’a est la loi islamique et le code de conduite, tandis que le fiqh est l’étude de la jurisprudence islamique. Les quatre sources de la loi islamique sont par ordre d’importance et de fiabilité : (i) le Coran, (ii) la Sunna, (ii) l’Ijma’a (le consensus des savants) et (iv) le Qiyâs (raisonnement par analogie). Lorsqu’un problème est soulevé, la solution est d’abord recherchée dans le Coran puis dans la Sunna. Si le problème spécifique n’est référencé dans ces deux sources, le consensus, alors la solution est recherchée par analogie aux autres problèmes traités dans le Coran ou la Sunna. 8. L’Islam sunnite a quatre écoles de pensée principales, avec des variations mineures, dans le domaine de la jurisprudence islamique. (i) Les hanafites, qui suivent la pensée de l’Imâm Abû Hanîfa, (ii) les malékites, les disciples de l’Imâm Mâlik, (iii) les shafiites, l’Imâm Ash-Shâfi’î, et (iv) les hanbalites, qui suivent l’imâm Ahmad Ibn Hanbal. Un sunnite peut librement suivre les décrets et décisions d’une ou de plusieurs de ces quatre écoles ou d’autres. Les shiites suivent le fiqh Jafariya, qui est l’interprétation de la jurisprudence islamique faite par l’imâm Ja’fâr Çâdiq. La majorité des musulmans sunnites adhèrent à l’école de pensée hanafite, laquelle est prépondérante au Bangladesh, au Pakistan et en Turquie.
Les poètes turcs Ali Sher Nevai (m. 1501), Ahmad Pasha (m. 1469), Necati (m. 1508), et Mesihi (m. 1512). Ali Sher est également un poète renommé en langue persane. Shâh Miranjî (m. 1496), poète mystique en langue urdu de l’ère du Deccan. Le dernier représentant de style classique de la poésie turque sultân Jem (m. 1495), fils du sultân Mehmed II, le Conquérant. Divers A Samarkand, édification du mausolée d’Amîr Timur, Gur-e-Mir, qui est un chef-d’ouvre de l’art timuride. Au Bengale, construction de la Chota Sona Masjid (Petite mosquée dorée) à Gaur, un excellent exemple d’architecture islamique. Mehmediyye, la première grande mosquée ottomane à Istanbul construite par sultân Mehmed II en 1471. A Mahmûdabad dans le Gujerat, construction du mausolée du souverain Mahmûd Begarha en 1489. Il est considéré comme une des meilleures œuvres du genre en Inde. Vers la fin du siècle, l’Islam s’étend aux Moluques (archipel d’Indonésie). Le sultân Ottoman Bayazîd II prend les juifs sous sa protection dans son empire : après leur victoire en Espagne, les chrétiens décrétèrent que tous les musulmans et les juifs devaient soit quitter le pays, soit se convertir au christianisme, soit être tués ! La plupart des musulmans quittèrent l’Espagne pour l’Afrique du Nord mais les juifs n’avaient aucun endroit où aller. C’est à ce moment que le sultân Bayazîd II les accueillit et les autorisa à s’installer dans son empire, où ils restèrent et prospèrent. Cependant, aujourd’hui ils ne reconnaissent ni même ne mentionnent cet événement dans leur histoire. Ajoutons ici que les juifs ont été beaucoup mieux traités en Espagne sous domination musulmane qu’en Europe chrétienne. XVIe siècle 1508. Les Safavides battent les Turcomans et prennent l’Iraq. 1510-1660 Règne de la dynastie Shurfa Sa’diyîn (Saâdine) au Maroc. Fondée par Muhammad Ibn Abd Ar-Rahmân (m. 1557) qui se proclame sultân à Sous, la dynastie s’impose avec la prise de Marrakech en 1523, et atteint son apogée sous le règne d’Ahmad Al-Mançûr (m. 1603). 1511. Epoque du khanat dans le Khwarezm. 1514. Victoire des Ottomans sur les Safavides à Childran. 1516. Les Ottomans triomphent des Mamelouks à Maraj Dabiq, au nord d’Alep, et prennent entièrement la Syrie. 1517. Les Ottomans occupent l’Egypte et deviennent également les gardiens des lieux saints musulmans en Arabie. 1520-1566. Règne du sultân Sulaymân le Magnifique (m. 1566). La Turquie devient la plus éminente puissance d’Europe. 1521. Les Ottomans s’emparent de Belgrade. 1522. Les Ottomans conquièrent l’île de Rhodes. 1524. Zahîruddîn Babar (m. 1530), souverain de Kâbûl, descendant d’Amîr Timur par son père et de Gengis Khân par sa mère, envahit l’inde et est victorieux à Lahore. 1526. Les Ottomans contrôlent la Hongrie. Le sultân Ibrâhîm Lodhî (m. 1526), le dernier sultân de Delhi, est vaincu par Zahîruddîn Babar lors de la bataille de Panipat. Avec la prise de Delhi, Babar fonde l’empire des grands moghls en Inde. 1529. Khayruddîn, dit Barberouse (Baba Hurush) (m. 1546) s’empare d’Alger. Amiral ottoman, il est considéré comme un pirate par les Européens. Les Ottomans assiègent Vienne. Ghâzî Ahmad Ibn Ibrâhîm , l’émir d’Harar (m. 1543), triomphe du Négus Lebna Dengel (m. 1540) et prend l’Abyssinie (Ethiopie). 1534. Conquête de Baghdâd par les Ottomans. 1538. Les Ottomans prennent le port d’Aden. 1543. Les Ottomans envahissent Nice. Victoire du Négus Galawdewos (m. 1559) dans la bataille d’Ulaina-Daga dans laquelle Ghâzî Ahmad Ibn Ibrâhîm est tué. 1546. Les Ottomans annexent le Yémen. 1556. En Inde, avènement de l’empereur moghol Akbar (m. 1605). 1559. Victoire de l’Imâm Nûr Ibn Mujâhid (m. 1567), neveu de Ghâzî Ahmad Ibn Ibrâhîm, sur le négus Galawdewos qui est tué lors de la bataille. 1565. Les Ottomans assiègent Malte. 1570. Apogée de l’empire Bornou dans la région du Soudan, au sud-ouest du lac Tchad. Du Xe siècle jusqu’à sa fin en 1900, cet empire fut dirigé par la dynastie Sayfiya, anciennement la dynastie Kanem qui fut la première dynastie du Sud-soudanais à accepter l’Islam. 1571. Les Ottomans prennent Chypre. Cette année-là, la flotte ottomane est battue par une armada d’alliés européens à Lépante, ville portuaire de Grèce. Ce fut le premier revers en mer subi par les Ottomans en Europe ; c’est seulement après cette bataille que les Européens réalisèrent que les Turcs n’étaient pas invincibles. 1574. Les Ottomans gouvernent la Tunisie. 1591. L’armée du sultân Ahmad Al-Mançûr de Marrakech (m. 1603) s’empare de Gao et de Tombouctou, détruisant ainsi l’Empire Songhaï. La dynastie Askia survit cependant, sous forme d’un Etat mineur dans les régions inoccupées du sud. Les acteurs Théologie et jurisprudence Le savant et mystique égyptien Abd Al-Wahhâb Ibn Ahmad Ash-Sharanî (m ; 1565), fondateur d’un ordre soufi qui resta répandu jusque vers la fin du XIXe siècle. Son autobiographie Latâ’if al-Minan est célèbre. Le savant égyptien Ahmad Ibn Muhammad Al-Qastallanî (m. 1571), auteur de Sharh Al-Bukhârî, un long commentaire sur le livre de Hadîths Aç-Çahih (Recueil authentifique) de l’imâm Al-Bukharî. A la cour de l’empereur moghol Akbar, le savant Fayzi (m. 1595) qui a écrit un commentaire du Coran sans utiliser les lettre diacritiques de l’alphabet perse ! Science et technologie Le mathématicien Taqîuddîn Ibn Ma’rûf et l’arithméticien turc Ahmad Tashkupruzada. Le navigateur Sulaymân Al-Mahrî, expert dans les calculs concernant les voyages maritimes. Il est l’auteur de Tuhfat al-Fuhûl fî Tamhîd al-Uçûl (l’Essentiel des principe fondamentaux). L’ingénieur turc Khwâja Sinân, connu sous le nom de Mimar (Architecte) Sinân (m. 1588) car il était considéré comme le plus grand architecte de son temp. Il a construit en tout 343 ouvrage dont 81 mosquées, 55 écoles, 50 églises, 8 ponts, 7 écoles coraniques, 19 mausolées, 33 bains turcs, 7 aqueducs, 16 cuisines publiques et 3 greniers ! Ses œuvres principales connues dans le monde sont la mosquée Sulaymaniye (achevée en 1556) à Istanbul et la mosquée Selimiye (1574) à Edirne. Lettres et culture L’historien arabe Ibn Ayâz. L’historien et savant turc Kamâl Pashazada (m ; 1534). Egalement connu sous le surnom de Shaykh al-Islâm, il écrivait en trois langues : turque, persane et arabe. Il est auteur de plus de trois cents traités. Les poètes turcs Zâtî (m. 1546), Hayalî Awwal (m. 1524), Hayalî Bey (m. 1556/7), Fuzulî (m. 1556), et Baqî (m ; 1600). Fuzulî de Baghdâd, qui écrivait en langues arabe, perse et turc, est peut-être le plus grand poète turc ; il est l’auteur du fameux vers Vint à la Citadelle des Saints, le Noble souverain. Ce chronogramme, de valeur numérique 1534, fut récité à l’occasion de l’entrée victorieuse du Sultân Ottoman Sulaymân le Magnifique à Baghdâd en cette année. Les poètes musulmans excellaient dans la composition des chronogrammes, ces phrases ou vers dont la valeur numérique des lettres indiquait la date d’un événement. Le poète persan Urfî qui quitta Shîrâz pour l’Inde et mourut en 1592, à l’âge de 35 ans environ, à Lahore. Il est sans aucun dout l’un des quelques authentiques maîtres de la poésie persane. Les poètes de langue urdue et dakhni Shâh Burhân (m. 1535), fils de Shâh Miranjî, et son fils Amînuddîn ‘Alâ (m. 1575), célèbres dans le Deccan et dans le Gujerat pour leurs poèmes soufis et mystiques. Ainsi que le Shaykh Khûb Muhammad (m. 1518), auteur d’un mathnavi (épopée) éthico-mystique Khûb Tarang (L’Extase merveilleuse). L’empereur moghol Babar (m ; 1530), écrivain réputé de prose et de vers. Son autobiographie Babar nameh (Le livre de Babar) est écrite en Chagatai – une langue turque. C’est un des rares exemple de littérature autobiographiques en Islam. L’exemple classique de ce genre reste celui d’Usâma Ibn Munqidh (m. 1198). Shaykh Hamdullah Ibn Mustafa (m. 1520), calligraphe de grande renommée. Appelé le « Parangon des calligraphes turcs », il a développé les styles thuluth et naskhî. Il a instruit le sultân Bayazîd II. L’artiste et peintre Kamâluddîn Bahzâd, né à Herat et décédé à Tabrîz. Divers Ce siècle voit les missionnaires étendre l’Islam au Cambodge, aux Célèbres (îles indonésiennes de Sulawesi), à Bornéo et aux Philippines. En 1529, l’Islam est introduit en Ethiopie. En 1543, le dernier descendant de la lignée des Abbassides meurt. Il avait vécu en Egypte, protégé par les Mamelouks. A sa mort, le titre de calife fut repris par les sultâns Ottomans. Fondation en 1504, de la ville de Sannar, capitale de la dynastie Fung au Soudan. Dès 1589, Muhammad Quli Qutub Shâh (m 1611) , souverain de la dynastie Qutub Shâhî de Golkunda, pose les fondations de la ville de Hyderabad au Pakistan, qui a été fondée en 1768 par Ghulam Shâh Kalhora, le souverain pieux du Sind.
Mustayeen Ahmed Khan



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