Israël : le bébé choyé né du génocide nazi ! Un dossier sur le conflit palestino israélien et ses conséquences en France

Voici un texte extrait d’un ouvrage en cours de rédaction.
Vu la présence en France des partisans d’Israël et des sympathisants de la cause palestinienne, la société française n’est pas à l’abri des conséquences de ce conflit dont les tonnerres de sa violence résonnent dans les oreilles des vivant, et même celles des morts, hormis celles de ceux qui font le sourd. La communauté arabo - musulmane de France, comme beaucoup d’autres citoyens français, est choquée par les atrocités que l’armée israélienne fait subir aux Palestiniens. Elle est encore plus choquée par la passivité des gouvernements et partis politiques français devant l’injustice imposée à ce peuple qui n’a rien à voir avec la souffrance des Juifs d’autrefois à travers le monde. Il n’a rien à voir avec le génocide nazi qui a été la cause de la création de l’Etat d’Israël, le bébé éternellement choyé par ceux qui se culpabilisent pour avoir fermé les yeux sur la souffrance des victimes du nazisme ou collaboré avec lui.
Ce conflit, qu’on essaie d’ignorer au grand jour malgré ses atrocités, est au centre de tous les conflits qui se déroulent dans la région du Moyen-Orient, et il est transposé aux sociétés occidentales dont la France. Les dirigeants occidentaux manquent de courage de dire non à la politique de deux poids deux mesures dont bénéficie Israël au détriment du peuple palestinien à qui on ne donne aucune alternative autre que la résistance légitime que mènent ses vaillants combattants au prix de leur vie. L’histoire nous a appris que tant qu’un peuple est privé de ses droits et de sa liberté, ses occupants n’auront jamais la paix ; et il est évident que tant que le peuple palestinien restera privé de ses droits et de la paix, il n’y aura jamais de paix proprement dite, ni pour les Israéliens, ni nulle part ailleurs car ce conflit n’est pas localisé uniquement en Palestine historique mais il fait partie désormais des préoccupations du monde entier. A titre d’exemple, les musulmans de France sont souvent accusés à tort par des inconditionnels d’Israël de commettre des attentats contre la communauté juive ; ceci suscite des réactions diverses et contradictoires de part et d’autres et perturbe la vie politique et sociale des Français. Pour illustrer ce schéma, voici quelques exemples concrets qui nous montrent que ce conflit est bien greffé sur la peau de la société française malgré elle.
Les pompiers pyromanes de l’antisémitisme
La déchéance morale que ce conflit a produite réside dans les fabrications de preuves contre les Arabes et les musulmans de France les sionistes les plus ultras de France. L’exemple types de cette forfaiture est celui du rabbin Gabriel Fahri du onzième arrondissement de Paris.
Le 3 janvier 2003, en tant qu’autorité morale religieuse - donc crédible - ce rabbin a simulé une agression en décrivant son agresseur comme étant un « jeune arabe » qui lui aurait asséné un coup de couteau au sein même de sa synagogue, en criant « Allah Akbar » ! Ce dernier a mis ensuite le feu à sa robe de prêche, qui était posée sur les sièges arrières de sa voiture pour faire croire à un déchaînement d’« antisémitisme » provenant des Arabes !
C’était le moment où les armées israéliennes détruisaient la ville de Génine et d’autres villes et villages de la Cisjordanie ; et cet acte a été commis par le rabbin pour détourner l’attention de l’opinion concentrée sur la barbarie que mène Israël contre les populations désarmées, avec tous les moyens sophistiqués que possèdent ses armées, car les atrocités commises par celles-ci avaient suscité des réactions en France et à travers le monde pour condamner Israël.
Intrigué par certaines incohérences dans la déclaration du rabbin, le directeur de la revue « Marianne », Jean-François Kahn, [1] était le premier à avoir eu le flair d’une supercherie, et il l’a exprimé dans un article. L’enquête de la police scientifique a déterminé qu’effectivement le rabbin en question s’était donné lui-même le coup de couteau et mis le feu à sa voiture (les portières de celle-ci étaient fermées à clé alors que le feu s’est déclenché sur les sièges arrières où était posée sa soutane pour faire croire que celle-ci a été visée en tant que symbole religieux !) C’était bel et bien une incitation à la haine anti-arabe, qui aurait pu être l’étincelle qui déclenche une guerre civile entre les deux communautés. Mais, malgré la preuve scientifique de l’enquête le rabbin, soutenu par son avocat, Me Zaoui, qui croit en sa « sincérité », nie les faits et maintient sa première version.
Un autre cas aussi scandaleux que le précédent, celui d’un certain e, membre du Likoud de France : ce dernier est l’un des chasseurs des « antisémites » qui a fait beaucoup parler de lui pendant la campagne « anti-Dieudonné » en 2003-2004 (ce denier était soutenu par les amis de la cause palestinienne, avant d’embrasser le "Lepénisme".) Alex Moïs s’est vanté à travers les médias d’avoir obtenu l’annulation de plusieurs spectacles de l’humoriste dans nombre de villes de France. Il incite même les groupes de choc de sa mouvance à attaquer physiquement ceux qui louent les salles de spectacle à Dieudonné et ceux qui le soutiennent. Certaines de ces menaces ont été mises à exécution, comme à Lyon où ses partisans ont perturbé le spectacle aux cris de « Dieudo, Négro, les Juifs auront ta peau », avant de mettre le feu dans la salle, brûlant un adolescent de 13 ans. Alex Moïse s’en est réjoui publiquement.
Monsieur Moïse est aussi un « anti-soi » ! Il s’est envoyé lui-même des messages antisémites pour faire passer les juifs de France pour des victimes éternelles. Contrairement au rabbin cité plus haut, ce dernier a reconnu les faits. Défendu par le même avocat, Me Zaoui, qui ne trouvait pas d’arguments pour l’innocenter, Moïse a été condamné par la 17 ème chambre du tribunal correctionnel de Paris à une amende de 75 euros. Une peine trop indulgente qui n’aurait jamais été accordée à quelqu’un d’autre qui aurait commis un acte similaire.
Trois autres vrais faux attentats « antisémites » ont été démasqués par la suite (et combien d’autres ne l’ont pas été ?) Le 15 novembre 2003, l’école juive de Gagny est incendiée. Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme et le Conseil des Communautés Juives de Seine Saint Denis ont fait le rapprochement entre cet incendie et ce qui se passe à GAZA (en Palestine), pour orienter l’opinion et la police vers les Arabes et les musulmans de France. C’était à la même époque où les armées israéliennes menaient une destruction massive contre les villes palestiniennes, tuant et blessant des centaines de Palestiniens. Une fois de plus les musulmans de France sont implicitement accusés d’en être les auteurs.
Inutile de rappeler que l’ensemble de la classe politique française et des grands médias se sont déchaînés à cette occasion contre « l’antisémitisme odieux ». Pendant plusieurs jours les télévisions diffusaient et rediffusaient les « déclarations solennelles » de hauts représentants de l’Etat : de Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy en passant par le gouvernement et les députés de tous bords qui se bousculaient pour marquer des points auprès du CRIF « Conseil représentatif des institutions juives de France »).
Par ailleurs, cet acte « antisémite » a nécessité un conseil des ministres extraordinaire et la convocation des principales organisations juives à l’Élysée pour étudier une nouvelle stratégie de « lutte contre l’antisémitisme ». Dans la foulée, le ministre de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Luc Ferry, le ministre délégué à la ville et à la rénovation urbaine, Jean-Louis Borloo, ont confié à M. Pierre-André Taguieff - l’auteur de « la nouvelle judéophobie » - la mission de mener une étude sur l’antisémitisme chez les jeunes enfants en milieu scolaire et en dehors de l’école. Bien sûr, ceux qui sont visés ici sont aussi les enfants issus de la communauté arabo-musulmane. Le 9 juillet 2004, l’affaire du RER D éclata : une jeune femme, Marie Léonie, déclara avoir été agressée par un groupe de « jeunes arabes » qui lui auraient dessiné des croix gammées sur le ventre et proféré « des insultes antisémites » Les institutions juives, la presse et les politiques (du simple cadre de parti au simple ministre jusqu’au Président de la République !) se sont mobilisés pour dénoncer l’« horreur » de « l’antisémitisme primaire » qui sévit dans la société française !
Bien sûr les « antisémites » sont également des Arabes et des musulmans, et cette fois-ci, comme dans l’affaire du rabbin, ils sont nommés ; donc ses ont eux les « criminels », il n’y a aucun doute ! Au cours de l’enquête la jeune femme a fini par avouer avoir tout inventé. Et bien sûr, après ses aveux, la femme a été reconnue comme ayant des « problèmes d’ordre psychologique » ! La même indifférence et la même arrogance se sont répétées par le mutisme officiel vis-à-vis des accusés à tort. Les médias se sont tuent aussi, comme si de rien n’était ! Dans la nuit du 21 au 22 août 2004, un incendie avait ravagé un centre socioculturel juif à Paris. Des inscriptions « à caractère antisémite » et « antimusulman » - probablement pour orienter cette fois-ci l’opinion vers l’extrême droite et les pronazis - ont été trouvées sur les murs. Les mêmes institutions, les mêmes politiques et les mêmes médias sont montés au créneau pour dénoncer l’« antisémitisme ». Et comme si cela ne suffisait pas, cette affaire a suscité la venue du ministre des affaires étrangères israélien en personne pour constater lui-même les dégâts et l’« antisémitisme de France ».
Il s’est avéré que c’est un ancien employé de ce centre, juif lui-même, qui y a mis le feu par vengeance. La presse, comme d’habitude dans ce genre d’intoxication, a rapporté que le Monsieur en question a aussi des « troubles psychologiques ! » Ces actes des « pompiers pyromanes de l’antisémitisme » comme les a appelés Dominique Vidal du monde Diplomatique, sont des diversions qui consistent à détourner l’opinion sur les actes barbares que commet Israël contre les Palestiniens. S’il faut condamner avec la plus grande fermeté les actes xénophobes anti-juifs, il faut aussi condamner ces actes commis par des juifs engagés politiquement et idéologiquement aux côtés d’Israël. Ceci constitue une incitation à la haine dont le but est de pousser l’appareil d’Etat à persécuter la communauté musulmane de France afin que des éléments de celle-ci réagissent par la violence et se mettent en porte à faux vis-à-vis du peuple français et de la société.
C’est d’autant plus dangereux que ces simulations ne viennent pas de jeunes « voyous », mais de personnalités appartenant aux diverses institutions dites juives de Frances ; ces personnalités agissent par idéologie politique et non de façon inconsciente comme pourraient le faire de jeunes délinquants. Cela relève bel et bien de la délinquance intellectuelle, consciente et idéologique. Par ailleurs, ces actes salissent l’image de la communauté juive elle-même puisque les auteurs de ces forfaitures agissent en son nom. Dans toutes ces agitations, qui se sont révélées des mascarades, les politiques ont fait preuve d’une grande légèreté en se livrant à des spéculations. Une fois que s’est avéré que la communauté arabo-musulmane n’a rien à voir avec cet acte criminel, aucun d’entre eux n’a eu la bienséance de demander des excuses à la communauté musulmane affligée.
Toutes ces fausses accusations et ses forfaitures manigancées contre la communauté arabo-musulmanes, en plus des actes barbares de l’armée israélienne contre les Palestiniens, ont suscité des réactions de la part de certains jeunes contre d’autres jeunes de confession juive. Le jeune Ian Halimi a été séquestré puis assassiné, en février 2006, par des jeunes de son quartier pour la simple raison qu’il était juif, pourquoi ? Parce que pour les auteurs de ce crime - qui sont des jeunes délinquants et inconscients - Ilan Halimi « représentait » Israël et ceux qui le soutiennent en France et agissent, de façon aussi criminelle, pour salir l’image des communautés arabo-musulmanes de France. Voilà où on est arrivé, en France, avec le conflit palestino-israélien.
Le filtrage politique
Parallèlement aux manœuvres d’une extrême gravité citées plus haut, il y a des barrages dressés devant des personnalités politiques d’origine arabo-musulmane qui ne sont pas dans le moule de l’« ordre établi » de certains partis politiques pro-israéliens. Nous citons certains cas de Français d’origine algérienne (entre autres), en l’occurrence Mouloud Aounit (secrétaire du MRAP), Alima Boumediene-Thiery (députée européenne puis sénatrice) et Sami Naïr (écrivain et député européen), qui ont été discriminés en essayant de les empêcher de prendre des fonctions au sein des institutions, ou attaqués en justice pour « délit d’opinion ». Lors du premier tour des élections régionales de mars 2004, la liste de la « gauche populaire et citoyenne » conduite par Mouloud Aounit [2] en Seine-Saint-Denis, avait obtenu 14,3% des voix. Au second tour, cette liste avait fusionné avec la « gauche plurielle » (PS, PCF, Verts) après que les responsables des trois partis se soient mis d’accord sur la répartition des postes en cas de victoire. François Hollande (secrétaire du parti socialiste) lui même s’est engagé d’attribuer à Mouloud Aounit la vice-présidence du Conseil régional de l’Île-de-France en cas de victoire. Et la gauche avait gagné. Après la victoire de celle-ci, le candidat « tête de liste » PS (Jean-Paul Huchon) avait refusé la vice-présidence promise par son parti à Mouloud Aounit. Le prétexte était que ce dernier avait soutenu Tariq Ramadan lors de sa traque par des intellectuels pro-israéliens de France l’accusant d’être antisémite [3]. Bien sûr, ce refus est plus lié à la position du secrétaire du MRAP vis-à-vis de la politique d’Israël qu’au fait d’avoir soutenu la liberté d’expression du philosophe musulman en question. Alima Boumediene-Thiery [4], candidate des Verts aux élections sénatoriales de Paris ; elle- a fait l’objet de surenchères d’un certain nombre d’élus du parti socialiste : une quinzaine d’entre eux ont demandé par écrit à la direction des Verts de ne pas permettre à Alima Boumediene-Thiery de se présenter aux élections en question. Motif : celle-ci a « violemment critiqué la politique d’Israël dans un rapport présenté au parlement européen » quand elle était député au sein de cette institution !
Il convient de signaler que la Direction des Verts (qui mérite d’être saluée dans ce cas précis) a réagi sans ambiguïté, en leur signifiant que ce n’est pas à eux ni au PS de choisir ses candidats. Quant à Sami Naïr, poursuivi en justice par les traqueurs des « antisémites », coaccusé de « diffamation raciale » avec ses amis (Edgar Morin, Danièle Sallenave) pour avoir écrit un article publié par Le Monde le 4 juin 2002. Cet article contient des phrases considérées comme diffamatoires par les plaignants telles que celle-ci :« On a peine à imaginer qu’une nation de fugitifs, issue du peuple le plus longtemps persécuté dans l’histoire de l’humanité, ayant subi les pires humiliations et le pire mépris, soit capable de se transformer en deux générations en “peuple dominateur et sûr de lui". »
Citons encore le cas de Pascal Boniface, un ancien cadre du parti socialiste. Il a été la cible de ses propres camarades qui n’ont pas apprécié qu’il leur fasse des observations concernant leur mutisme sur ce que l’armée israélienne faisait contre les Palestiniens, après la provocation de Sharon sur l’esplanade des Mosquées (septembre 2000) et la série de raids meurtriers, d’arrestations, de bombardements et d’assassinats ciblés contre les dirigeants de la résistance palestinienne. Ce dernier est acculé à la démission, après quoi il a écrit un livre pour exprimer sa pensée. [5]
Ceci nous montre bien que la liberté d’expression, le respect de la diversité et les principes de la démocratie n’ont plus aucune valeur chez ces gens, même vis-à-vis de leurs propres amis les plus intimes dès qu’ils s’aventurent « dans la zone interdite » : celle qui consiste à critiquer la politique d’Israël. Organisés autour de la LICRA, entre autres, et d’une équipe d’avocats spécialistes dans les affaires de l’« antisémitisme », les inconditionnels d’Israël menacent de poursuivre en justice tous ceux qui s’aventurent dans ce « sable mouvant ». La politique de deux poids deux mesures D’autres signes plus inquiétants encore, puisque cela vient de l’appareil d’Etat lui-même, qui consistent à pratiquer la politique de « deux poids deux mesures » vis-à-vis de ce conflit interne au profit d’une communauté - ou plutôt d’un lobby qui se veut représenter les Juifs de France - et au détriment d’une autre, la communauté arabo-musulmane de France, et de tous ceux qui soutiennent la cause palestinienne. Outre les faits cités plus haut sur lesquels les institutions françaises ferment les yeux, le gouvernement permet aux institutions dites juives de France d’organiser tous les ans sur son territoire des galas pour amasser des fonds au profit de l’armée israélienne. Cette aide financière et morale est apportée à une armée étrangère d’occupation au nom du peuple français ! Dans le même temps, on a vu des salles de réunion (publiques ou privées) fermer leurs portes devant la représentante de l’autorité palestinienne dans plusieurs villes de France.
Le laxisme des gouvernements successifs français, lesquels soutiennent à tort et à travers tout ce qui vient du CRIF et d’Israël, révolte les plus apolitiques des citoyens du monde. Les groupes de choc, qualifiés par les médias d’« extrémistes juifs », comme le « BETAR » et la « Ligue de défense juive », bien implantés notamment dans la région parisienne, agressent impunément tous ceux qui dénoncent la politique d’Israël. Apparemment ces groupes de choc pro israéliens ne choquent pas grand monde parmi les politiques qui observent le mutisme total sur leurs agressions.
L’une des agressions de ces groupes s’est déroulée au sein d’un tribunal (janvier 2004 à Paris) contre les militants du Syndicat Général des Étudiants de Nanterre « SGEN » - Université Paris X. L’un des quatre étudiants blessés (un Palestinien prénommé Kamel) a perdu partiellement l’usage de son œil. Cette agression est elle-même intervenue alors que ces étudiants se rendaient à l’audience qui devait traiter l’affaire d’une autre agression commise par des membres de ces mêmes groupes en novembre 2003. Les agresseurs sont membres de l’Union des étudiants juifs de France et bien connus des services de police. A l’évidence, cette permissivité des gouvernements français vis-à-vis d’Israël et de ses partisans ne peut que nourrir des conflits inter communautaires en France.
L’instrumentalisation de l’« antisémitisme »
Les inconditionnels d’Israël instrumentalise « l’antisémitisme » qu’ils emploient comme « arme de dissuasion » pour museler à la fois l’opinion publique et les politiques. Ils n’hésitent pas de traduire en justice tous ceux qui dénoncent la politique d’Israël, y compris les Juifs, afin de les faire taire. Nous pouvons citer quelques intellectuels français(parmi tant d’autres), tels le sociologue Edgar Morin, Danièle Sallenave et Sami Naïr, cités plus haut, que des organisations pro israéliennes, comme la LICRA, ont attaqué en justice pour avoir fait publier un article dans la presse. [6]. Et ces citations ne sont qu’une infime partie de l’iceberg. Nous voyons bien que ce conflit hante la vie des citoyens français et perturbe la stabilité politique et sociale de la France.
Ce n’est pas le fait de soutenir l’Etat d’Israël qui choque le plus, car nous vivons dans une démocratie où la liberté d’expression et de penser est théoriquement garantie par la loi. Ce qui est choquant c’est de voir ses partisans utiliser la mémoire des victimes du nazisme pour essayer de nuire aux autres et faire passer Israël et ses partisans comme des victimes éternelles. Ce qui est choquant aussi c’est de voir des gens qui vivent dans le confort et loin du conflit soutenir ceux qui perpétuent la guerre en privant les enfants israéliens et palestiniens de naître, de grandir et de vivre en paix.
Ce qui est encore plus choquant, c’est la permissivité des autorités françaises envers ces groupes et organisations qui agissent en toute liberté, alors qu’ils portent atteinte à la liberté d’expression des autres citoyens et aux principes de la démocratie en France. Enfin, ce qui choque dans ce registre c’est de voir ceux qui ont toujours montré leur combativité contre les injustices dans le monde observer le silence dès que les bourreaux sont Israéliens et les victimes sont Palestiniennes. « Une autre voix juive » existe Constatant le danger des dérives de ces groupes, l’U.J.F.P. (Union Juive Française pour la Paix) avait condamné fermement ces groupes, cités plus haut, qui agissent au nom des Juifs de France, les qualifiant de fascistes ; elle a même demandé au ministère de la Justice français de les interdire ; comme elle condamne ceux qui soutiennent Israël car elle ne veut pas qu’on assassine, qu’on fasse l’apologie du crime et qu’on agresse en leur nom. Par sa contribution aux efforts de la paix, par sa position contre la politique d’Israël et celle de ses partisans à travers le monde, l’UJFP a montré qu’il y a « une autre voix juive » en France qui refuse la violence et la politique de deux poids deux mesures. A ce titre, il convient de la saluer ainsi que tous ceux qui œuvrent pour la paix entre Palestiniens et Israéliens.
Il convient de signaler qu’il y a Beaucoup de Juifs à travers le monde, ainsi que des Israéliens, qui combattent la politique menée par l’Etat d’Israël. Nous pouvons citer l’Israélien (Israël Adam Shamir) connu pour son combat en faveur d’un seul État démocratique en Palestine-Israël, auteur du livre « L’autre visage d’Israel » dont la maison d’éditions « Al Qalam » a été poursuivie en justice par la LICRA, pour avoir publié ce livre - l’auteur et l’éditeur sont qualifiés d’« antisémites ». Le Juif Américain (Norman G. Finkelstein), auteur du livre « L’industrie de l’Holocauste » ou le Français (Jean Baumgarten) - ayant porté l’étoile jaune, puis enfant caché pendant la seconde guerre mondial dont une partie de sa famille a été exterminée par les Nazis, et tant d’autres Juifs antisionistes à travers le monde - auteur du livre « En finir avec le sionisme ». Ou Eric Hazan, militant anti-impérialiste de longue date et directeur des éditions La Fabrique (qui a publié de nombreux ouvrages sur le conflit palestino - israélien), a été poursuivi en justice par le lobby sioniste de France pour « antisémitisme ». Ou encire Rony Brauman, ancien président des médecins sans frontières, et auteur de la postface du livre de Norman G. Finkelstein « L’industrie de l’Holocauste », traduit en français, édité par les éditions La fabrique, Paris 2001.
http://www.denistouret.net/textes/F… ces honorables Juifs qui réclament la paix entre Israéliens et Palestiniens, et ne veulent pas que l’Etat d’Israël extermine le peuple palestinien en leurs noms et au nom des victimes du nazisme, sont qualifiés d’« antisémites » par les inconditionnels d’Israël. Paradoxalement, les partisans de la politique de l’Etat d’Israël dans le monde occidental sont plus radicaux que les Israéliens eux-mêmes ; tout en étant à l’abri du conflit, vivant dans le confort en Occident, ces inconditionnels d’Israël encouragent la guerre et empêchent les Israéliens et les Palestiniens de vivre en paix. Ne pas prendre les morts en otage Il y a aussi d’autres voix juives en Israël qui refusent que l’on occupe, on détruise et on assassine en leurs noms. Voici ci-après les propos de certains intellectuels Israéliens qui expriment leur colère contre leur propre Etat et ceux qui le soutiennent à travers le monde.http://www.denistouret.net/textes/F… Yahuda Elkana, critiquant ceux qui utilisent la mémoire des victimes du nazisme à des fins politiques et idéologique, a écrit un article intitulé « Pour oublier », dans le journal israélien « Ha’aretz » - daté du 16.03.1988 (traduit par Marcel Charbonnier) dont voici un extrait : http://www.denistouret.net/textes/F…
« … Déterminer le rapport au présent et façonner le futur exclusivement en fonction des leçons du passé, constitue une menace pour l’avenir de toute société … L’existence même de la démocratie est mise en danger lorsque le souvenir du passé des victimes joue un rôle actif dans le fonctionnement politique. Les idéologues des régimes fascistes l’avaient fort bien compris … L’utilisation de la souffrance passée comme argument politique revient à associer les morts au processus politique des vivants. »
Michel Barak a écrit (le 17 août 2004) ceci : « Israël : Jusqu’où ? Jusqu’à quand ? L’arrogance, l’impunité, le cynisme. L’aveugle politique israélienne se poursuit dans l’impunité : destructions de maisons, tanks contre des enfants armés de pierres dérisoires, c’est l’image quotidienne qui nous est renvoyée sur tous les écrans de TV. Cette politique bafoue les droits les plus élémentaires et ignore les résolutions réitérées des organisations internationales (ONU, Cour internationale de Justice.) »
« Dans cette prison à ciel ouvert, qui est la bande de Gaza, les bulldozers franco-américains (marque Caterpillar) de l’armée israélienne, poursuivent la casse. Les prisonniers politiques palestiniens sont réduits à la grève de la faim pour exiger l’application des droits garantis par la Convention de Genève et la fin de l’isolement, des humiliations, des coups et sont, depuis, en butte à des démonstrations de sadisme de la part de leurs gardiens. Demain, aux morts dans les rues de Cisjordanie s’ajouteront peut-être les morts des prisons barbares d’Israël. On pense inévitablement aux bagnes de Hassan II ‘‘notre ami le roi du Maroc.’’ ». [7] De son côté, le grand théologien israélien (Leibovitz) avait écrit ceci :
« Nous qui avons connu la guerre, l’occupation, la menace de mort parce que nés juifs, nous tenons à manifester une fois de plus notre écœurement et notre indignation devant un Etat, celui d’Israël, qui ne sait que semer la haine et qui, non satisfait de sa barbarie croissante, commet imposture sur imposture. Nous demandons la fin du massacre et de la totale impunité qui l’accompagne. Que les consciences juives, chrétiennes ou athées se réveillent et se dressent pour que cesse ce génocide, authentique crime contre l’humanité » [8] … Et l’auteur traite l’Etat d’Israël d’« Etat judéo nazi ».
Il convient de saluer les nombreux Juifs, en Israël et à travers le monde (que nous ne pouvons pas les citer tous ici) qui œuvre pour la paix et à la fraternité entre les peuples, en refusant d’être des otages d’Israël et de ses bases arrières en Occident. Ces intellectuels font École auprès des générations juives présentes et futures à travers le monde pour leur éviter d’être endoctrinées par l’idéologie de la haine. Vu la mondialisation de ce conflit, les hommes universels, juifs et non juifs, devraient s’unir pour aider à la concrétisation de la paix en Palestine historique (celle d’avant la création de l’Etat d’Israël en 1948) entre tous ses habitants, sans aucune différence. Car ce confit n’intéresse pas que les Palestiniens et les Israéliens, mais tous les peuples de la planète.
Comment vaincre le terrorisme et gagner la paix ?
Le conflit palestino israélien concerne tous les peuples car il est devenu « un virus dans le corps de l’humanité » : tant qu’il n’est pas résolu les esprits resteront malades car l’horreur des violences et l’endoctrinement politico-idéologique les terrorisent. Ce sont les injustices et le terrorisme d’États qui ont créé non seulement les résistances des peuples contre les occupants de leurs pays, mais aussi le terrorisme aveugle organisé qui terrorise le monde et tue des innocents. L’histoire nous a appris que la violence ne règle pas les problèmes, que les puissances militaires ne sont pas aussi puissantes qu’elles prétendent l’être mais elles sont aussi vulnérables que les autres États militairement faibles, car les peuples apprennent à se défendre par des moyens adaptés à leur situations. Il vaut mieux que les dirigeants de ces puissances militaires posent leurs pieds sur terre plutôt que de vouloir écraser les peuples faibles et leurs États, en exposant leurs propres peuples au terrorisme des désespérer.
Il n’est pas raisonnable de vouloir garantir la sécurité et à la paix pour soi en les refusant aux autres. Si l’on veut avoir la paix pour tout le monde, il est impératif d’abolir la politique de deux poids deux mesures qui règne actuellement dans ce monde injuste, au profit des uns et au détriment des autres. Quand les grandes puissances militaires apprendront à respecter les plus faibles, cesseront de terroriser les peuples, de voler leurs richesses et leurs terres elles acquérront la paix pour leurs peuples. Elles n’auront plus besoin de mobiliser toutes leurs forces armées et leurs polices pour lutter contre le terrorisme, car sans le terrorisme d’Etat il n’y aura plus de terrorisme de groupes. Et dans ce cas précis, les centaines de Milliards de dollars qu’elles dépensent tous les ans pour les équipements militaires et alimenter les guerres seront investis pour le bien-être de leurs peuples : à ce moment-là tous les peuples du monde vivront en paix sur cette Terre qui peut contenir et nourrir tous ses habitants. Le respect réciproque des droits des peuples est la condition sine qua non pour vaincre le terrorisme dans le monde et gagner la paix pour tous.
Pourquoi s’entretuer alors qu’on a la possibilité de vivre ensemble en paix et en bonne intelligence ? Il est, dit-on, notoirement connu que les animaux ne s’entretuent que pour survivre, mais les êtres humains le font pour le plaisir de dominer les autres et pour le profit matériel ! Si les hommes et les femmes dans ce monde raisonnaient comme les animaux, ils épargneraient tant de vies humaines et gagneraient la paix pour tous, et tout le monde serait heureux. N’est-ce pas la meilleure solution pour l’humanité ?
Par Chérif BOUDELAL - 08/09/2011
[1]Il est important de signaler que Jean-François Kahn est « d’origine juive » lui-même, et il est à son honneur d’avoir dénoncé cette supercherie.
[2]Mouloud Aounit est secrétaire du MRAP National. Mais, pour respecter la diversité d’opinion au sein du MRAP, il en a pris congé pendant la campagne électorale jusqu’à la fin des élections régionales.
[3]Tariq Ramadan, philosophe suisse, musulman, avait critiqué des intellectuels juifs concernant leur soutien à Israël, les taxant de « communautaristes », ce qui a provoqué un tollé de protestation contre lui.
[4]Alima Boumediene députée européenne sortante des Verts aux élections de mars 2004, a proposé à son parti sa candidature aux élections de sénateur. Seulement voilà, l’ultra pro israélien du PS a déployé des moyens considérables pour dénoncer sa candidature pour les mêmes motifs que Mouloud Aounit.
[5]Lire le livre de Pascal Boniface « Est-il permis de critiquer Israël ? », éd. Robert Laffont, Paris, 2003 - très intéressant à lire. Pascal Boniface est directeur de l’IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques). Il était membre du PS au sein duquel il avait des responsabilités. Comme il trouvait que le silence du PS sur ce que fait l’armée israélienne contre les Palestiniens était inadmissible, il a été boudé par ses camardes, puis écarté. Il a fini par démissionner pour prendre sa liberté d’expression, après quoi il écrit ce livre qui lui a valu encore des hostilités virulentes de tous les côtés.
[6]Edgar Morin, sociologue, Danièle Sallenave universitaire et écrivain, Sami Naïr universitaire, écrivain et ancien député européen. Le Monde du 4 juin 2002 leur avait publié un texte commun intitulé « Israël-Palestine : le cancer ». Accusés d’antisémitisme pour avoir employé la phrase suivante dans leur article : « On a peine à imaginer qu’une nation de fugitifs, issue du peuple le plus longtemps persécuté dans l’histoire de l’humanité, ayant subi les pires humiliations et le pire mépris, soit capable de se transformer en deux générations en “ peuple dominateur et sûr de lui ” et, à l’exception d’une admirable minorité, en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier. » Faut-il rappeler au lecteur qu’Edgar Morin est lui-même est « d’origine juive » ?
[7]Michel Barak est historien, enfant caché en 1943, il est membre de l’Union Juive Française pour la Paix ». Citation rapportée par le site Internet « La Maison d’Orient ».
[8]Citations rapportées par le site Internet de « La Maison d’Orient ».



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