Jamais deux sans trois

jeudi 16 avril 2009
par BENKAM

Depuis plus de deux décennies, l’Algérie se fait fort d’être le pays des assemblées, populaires. Et l’APC, de par ses contacts quotidiens avec les citoyens, est naturellement à la base de cet édifice institutionnel. Il est donc tout naturel qu’à l’heure du ravalement des façades, les premiers coups de truelle et de pinceau aillent à l’APC. On connait la boutade de ce Président d’APC, candidat aux élections municipales pour la 3e fois consécutive : Durant le premier mandat, je me suis servi. Au cours du second, j’ai servi mes proches. Pour ce troisième mandat, j’ai déjà fait mon beurre, donc je vais m’occuper sérieusement des intérêts de la collectivité. Votez pour moi sans hésiter.

Les reproches et griefs, l’APC en a vu de toutes les couleurs. Il y a ceux qui lui reprochent d’être amorphe, incapable, molle,…minable et de toute façon bien en dessous des espérances placées en elle par les citoyens et l’ETAT. l’APC répond qu’elle n’a pas les moyens, qu’elle a les mains liées, que la décentralisation est un leurre. Un miroir aux allouettes. Il y a ceux qui lui reprochent d’être polymorphe, de courir trente six lièvres à la fois et de n’en attraper aucun. En patron, elle gère des entreprises communales, des salles de cinéma, des maisons de jeunes, la distribution des lots de terrain et oublie sa principale mission, celle d’être le premier service public à l’echelle municipale. Acculés, et à bout d’arguments, les élus se sentent obligés d’exhiber leur patriotisme et de battre monnaie de leur engagement, réparant à la sauvette des bouts de trottoir au centre de la ville. Mais que valent les trottoirs qui paient de mine quand les chaussées, criblées de nids de poule, disputent aux klaxons les galipettes des bambins ? D’une localité à l’autre, un Président d’APC peut avoir des pouvoirs régaliens ou n’être qu’un sous-fifre au sein d’une hiérarchie qui a le Chef de Daira pour adjudant, et où le Wali se pavane dans un empyrée sur mesure. Si le nez de cléopatre avait été plus court, la face du monde aurait-elle changé ? Question byzantine, s’il en est. Car en fait, le 5 octobre n’a été que le révélateur, d’une crise plus profonde dont les origines sont plus lointaines. Au delà de la nécessité de modifier les textes ou leur ordonnancement, il reste le choix des hommes…Avec les hommes, on revient au nez de Cléopâtre, et à ce proverbe bien connu : " La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a ". Alors ? Alors,il faut changer le monde. Autrement dit la loi électorale. Des "élus" cooptés, parachutés, désignés, ne peuvent pas, former des assemblées représentatives et…efficaces. L’électeur doit avoir la possibilité de choisir entre plusieurs candidats, entre plusieurs programmes. Car les citoyens, qui forment la majorité silencieuse de ce pays, veulent se reconnaître dans leurs élus, dans leurs représentants, au moins au niveau de la base, c’est-à-dire de la commune.

A.B-A.


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Réactions

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dimanche 24 octobre 2010 à 21h00, par  BENKAM

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invité(e) Posté le : 16/04/2009 16:16 Mis à jour : 16/04/2009 16:43
Re : Jamais deux sans trois
Pour faire ce changement, je pense tout d’abord il faut changer le régime et pour le faire il faut une révolution au sens propre du terme. Pourquoi ? Tout simplement il ne répond plus au besoin du peuple. Rien ne va plus. Le peuple a espérer voir une vraie opposition politique, ce qu’on voit c’est tout à fait le contraire, on a cassé les vrais partis mobilisateurs de masses donc des espérance pour en mettre à la place des « blocs de bétons » sans valeurs ni ancrage sociale. Ce qu’on voit aujourd’hui ce sont plutôt des partis courtisans qui cherchent un os plus que des partis d’opposition. Dans les vrais pays démocrates quand les partis d’oppositions deviennent amorphes ne répondant plus aux espérances de la masse, les gens se mobilisent derrière les syndicats et la société civile ; chez nous le syndicat (l’UGTA) est un grand parti courtisan qui marche selon les exigences du pouvoir c’est un casse c., une entrave devant les syndicats autonomes. Quant à la « société civile », elle n’existe pas car les « associations » ne sont en vérité que des relais utilisés par les autorités uniquement pendant les élections, comme une maitresse de passage.

Merci

 ;-B ;-O

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invité(e) Posté le : 16/04/2009 19:04 Mis à jour : 16/04/2009 19:11
Re : Jamais deux sans trois
j’abonderai volontiers sur le 1ercommentaire.
La pente est tres difficle à remonter en algérie, peut-etre impossible car on a subtitué les valeurs démocratiques à la corruption.
L’école et l’université ont échoué dans leurs missions.
Il n’y a pas d’opposition, pas de syndicats vigilants et revendicaturs et encore moins la société civile.
on a aussi perdu les preceptes de l,islam véritable.

L’islam qui n’est pas celui de Omar Ibn ElKhettab, n’est pas un Islam.Quand je pense que
Omar Ibn ElKhettab cassait les oreilles du Prophète Mohammed (SawS)pour savoir s,il est de ceux qui finiront en Enfer ou non, malgré toute sa droiture et les srvices rendus à l’islam, etc..

Nous tous pratiquons errachwa, chacun à son niveau, sauf celui qui n’a aucun créneau ou occason pour le faire.

On ne dénonce pas l’injustice, meme parmi nos connaissances, autour d’un café ou au coin d’une rue.

On a tendance, tous, à pratiquer la brosse.

On ne faut pas avoir peur de faire sa propre critique,meme si celle-ci s’avère amère.

Wa essalem.

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invité(e) Posté le : 16/04/2009 22:56 Mis à jour : 17/04/2009 00:25
Re : Jamais deux sans trois
Les causes ou les prétextes que l’on avance pour se blanchir, parfois avec brio, par d’autres avec maladresse, sont identiques aussi : Faiblesse de budget , manque de moyens, projet non retenu au plan, projet en sommeil par fautes de finances, projet dépassant la compétence communale…
Une structure à repenser. C’est triste de le dire, mais c’est ainsi. Le même constat est partout pareil. A peine on quitte la grande ville, celle par où tout le monde passe, que le paysage communal, ses formes et ses conditions de vie changent du tout au tout propulsant l’être loin en arrière dans le temps.
D’un côté, il y a la "commune mère" avec ses artères bien entretenues, ses places publiques enjolivées, ses centres de commerce , de culture ou de loisirs, ses gros bonnets et ses gros bras. De l’autre, un ensemble d’agglomérations aussi démunies les unes que les autres, offrant au spleen plein la gueule, empêtrées dans un enchevêtrements de problèmes matériels et financiers inextricable.

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invité(e) Posté le : 17/04/2009 15:00 Mis à jour : 17/04/2009 15:07
Re : Jamais deux sans trois
Et on ne peut, en vérité, trop en vouloir au citoyen, à l’homme de la rue pour l’implacable rancoeur qu’il nourrit ouvertement à l’encontre de ses élus communaux. "Ce sont tous des mangeurs", accuse-t-il. Sans jamais chercher à savoir plus qu’il n’en sait, il tient ces derniers pour premiers responsables de tous ses maux, de sa mal-vie. Et il le dit sans détours à coups de mots fielleux, collant au dos de l’un ou de l’autre de sales histoires. Aucun citoyen , aucune personne pour vanter les mérites d’un président d’APC ou de l’un de ses collaborateurs.
Ici, c’est le secrètaire général qui s’est approprié un tracteur alors qu’il n’a rien à voir avec l’agriculture. Là, c’est le premier conseiller qui s’est précipité à s’attribuer un lot de terrain. Ailleurs c’est le président de l’APC lui même qui fait des ravages. Partout la population pourfend sans merci. "Une véritable association de brigands.Ils sont là pour se servir et servir leur amis. De la commune et de ses problèmes, ils s’en foutent royalement".
Vraies ou fausses, il n’en demeure pas que toutes sortes d’histoires circulent le vent en poupe et alimentent la rumeur jusqu’au jour où elles explosent en plein jour sous forme de graves conflits. Conflits qui ont vu, à tort ou à raison, les présidents des APC démis de leurs fonctions.

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invité(e) Posté le : 17/04/2009 15:58 Mis à jour : 17/04/2009 16:10
Re : Jamais deux sans trois
Attention ! ne vous laissez pas piéger par de pareils verdicts et n’en tirez surtout pas de conclusions hâtives.
Un président d’APC démis de ses fonctions n’est pas automatiquement coupable d’un méfait. Bien au contraire et généralement, c’est lorsqu’il refuse de marcher dans une combine donnée que l’assemblée se ligue contre lui et le met sous pression jusqu’à ce qu’il démissionne ou soit relevé de son poste. Les combines tournent principalement autour de l’attribution des lots de terrains ou de fonds de commerce.
Ces révélations seront corroborées par un président d’APC "rompu, comme il le dit, aux affaires communales, Mr X. Je suis à mon troisième mandat. Aussi, laissez-moi vous dire que j’ai vu des têtes passer. Et tous, sans exception, passent pour des buts personnels. Les scrupuleux et les honnêtes partent,eux,au bout de quelques mois quand ils s’aperçoivent qu’ils sont trop peu et qu’ils ne peuvent lutter à armes légales.
Mr X raconte : " Au cours de mes premières années à la tête de l’APC , j’étais naif, j’ai voulu résister. J’ai voulu me battre.On m’a collé sur le dos une très sale histoire et j’ai eu de très graves problèmes au cours de mon deuxième mandat. Alors je me suis battu encore. J’ai combiné pour revenir à l’APC, mais cette fois-ci afin de réhabiliter mon nom seulement. Donc à but personnel. Bien averti, dès mon entrée en fonction, je leur ai donné à manger. Ils ont tous ouvert leurs gueules, à part deux ou trois qui ont préféré quitter. Maintenant je suis tranquille : celui qui bouge, je lui tire son dossier…"
Un autre président d’APC se plaint, lui, de n’être là que pour le décor. " Je ne suis là que pour la pose", dit-il. Les gens pensent que je suis responsable de tout. En vérité, je n’ai aucun pouvoir. Pour n’importe quoi, je dois m’en référer au chef de daira qui, lui-même, doit aviser le wali. Entre une demande et sa réponse, il peut couler beaucoup d’eau.
Normalement, un président d’APC doit être le patron de sa commune. Rien de tout cela n’est.Même les attributions de logements se font au-dessus de sa tête, alors que personne ne connaît mieux que lui la population. Que dire alors des travaux ou aménagements à faire surtout quand l’APC ne dispose pas de gros moyens. Je vous le répète, je ne suis que le plombier du quartier qu’on appelle lorsque le robinet fuit…

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invité(e) Posté le : 17/04/2009 17:17 Mis à jour : 17/04/2009 17:18
Re : Jamais deux sans trois
Telle est la triste vérité sur ce qui se fait à la commune : Rien ne sert d’aller par des chemins tortueux afin de ne point offusquer quelques sensibilités bien à l’abri derrière leurs bureaux feutrrés. l’APC, son fonctionnement et sa gestion sont à revoir.

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