Jean-François Copé à Alger, la France n’aime pas le « rétroviseur »

« Nos relations historiques, la densité et la richesse de nos liens humains sont à mes yeux une chance unique que nous n’avons pas sue suffisamment exploités ».
J ean-François Copé, le secrétaire géné- ral de l’UMP, le parti de la majorité présidentielle de droite en France, est arrivé hier à Alger pour une visite de travail de deux jours à Alger, les 10 et 11 juillet, à l’invitation de Rachid Herraoubia, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Il doit donner aujourd’hui une conférence à l’université sur « la France et les valeurs de la République face à la mondialisation », avant d’animer une conférence de presse au Centre culturel français d’Alger. Dans un entretien accordé à TSA, le patron de l’UMP a abordé un certain nombre de questions au centre de l’actualité entre les deux pays. Tout en reconnaissant que sa visite entre dans le cadre de la campagne pour la réélection de Nicolas Sarkozy, l’hôte de l’Algérie a affirmé : « Nos relations historiques, la densité et la richesse de nos liens humains sont à mes yeux une chance unique que nous n’avons pas sue suffisamment exploités. Nous devons favoriser un rapprochement entre nos sociétés civiles, sortir des sentiers battus, aller de l’avant, être audacieux ! ». Rappelons les visites croisées entre les responsables des deux pays, Cope souligne que « les projets se débloquent, avec à la clé des emplois et de la formation pour les Algériens ; le Forum des PME a permis de nouer 4.300 contacts d’où naîtront de futurs investissements. On peut aussi relever que, dans l’ensemble, les 430 entreprises françaises présentes en Algérie réinvestissent 80% de leurs bénéfices dans le développement du pays. » Avant de poursuivre : « à mon sens, c’est la meilleure réponse que la France puisse apporter pour être aux côtés de l’Algérie, face aux attentes qui s’expriment. Dans le même temps cette mission a permis de créer un climat de confiance qui explique en grande partie l’embellie réelle de notre relation bilatérale. » Au chapitre circulation des personnes, le responsable de l’UMP fait remarquer que « la France délivre près de 140 000 visas par an, pour environ 200.000 demandes. Le taux de refus diminue, nous délivrons de plus en plus de visas de circulation et nous avons fait un effort important pour améliorer les conditions d’accueil, notamment par le recours au prestataire Visa France. » Cope ajoutera par ailleurs que « l’Algérie bénéficie en outre d’un régime favorable pour les visas de longue durée et pour le séjour, conformément aux accords de 1968 que nous sommes prêts à améliorer encore, pourvu que nos préoccupations soient prises en compte, conformément au principe de réciprocité. D’un point de vue personnel, je pense que la renégociation de l’accord de 1968 doit être l’occasion d’améliorer la mobilité des chefs d’entreprise, des chercheurs, des artistes. » Concernant l’UPM, Cope indiquera que « le printemps arabe vient confirmer que l’UPM est un projet visionnaire car il rapproche encore davantage la rive nord et la rive sud déjà unies par une histoire et une culture communes. Néanmoins, les pays de la rive sud, confrontés à la délicate transition politique, concentrent logiquement leurs efforts sur la situation interne…. » Interrogé sur la repentance et les relations tendues entre les deux capitales, Copé affirme que l’histoire est clairement un sujet difficile entre nous(…)Nous sommes prêts à regarder notre histoire en face : le président de la République a dit, en Algérie (ndlr : à Constantine en 2007), que « le colonialisme était un système injuste qui ne pouvait qu’être vécu comme une entreprise d’asservissement ». Deux ambassadeurs ont qualifié les massacres du 8 mai 1945 de « crimes inexcusables ». Nous avons mis en place un dispositif d’indemnisation des victimes des essais nucléaires et de leurs ayants-droit, qui est non discriminatoire et auquel les Algériens peuvent prétendre. Copé a enfin formulé le vœu « que le cinquantenaire soit un moment de commé- moration mais aussi et surtout de réconciliation entre les acteurs du conflit. » Avant d’inviter les algériens à aller de l’avant plutôt que de regarder dans le rétroviseur. En d’autres termes mettre une croix sur les crimes coloniaux perpétrés pendants 132 années de colonisation. Jean-François Copé est le dernier d’une longue série de responsables politiques français à venir en Algérie ces derniers mois. Avant lui, il y a eu Jean-Pierre Chevènement, dont les déclarations sur la question de la mémoire entre les deux pays ont largement été relayées par la presse. Encore avant lui, François Hollande, qui a été reçu par l’ancien président Ahmed Ben Bella. Cela sans parler des visites officielles de ministres français dans le cadre des relations diplomatiques entre les deux pays. Salim H/Algérienews



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