Jijel : Rôle important des femmes rurales

Les femmes rurales tiennent un rôle de première importance dans le secteur de l’agriculture dans la wilaya de Jijel où elles sont 349 à travailler la terre, a-t-on appris mardi de la chambre d’agriculture de la wilaya. Opérant notamment dans le maraîchage de plein champ et l’arboriculture, ces femmes sont reconnues comme agricultrices au terme du décret N° 96-63 du 27 janvier 1996 qui définit les activités agricoles et fixe les
conditions et les modalités de reconnaissance de la qualité d’agriculteur, a précisé le directeur de la chambre, Yacine Zeddam, à l’occasion de la journée mondiale de la femme rurale. Au 13 octobre dernier, il a été recensé 379 femmes agricultrices dont 236 versées dans la production végétale et 113 dans la production animale."Trois d’entre-elles ont été choisies parmi les meilleurs agriculteurs et éleveurs de la région", a indiqué ce responsable. L’emploi féminin dans le secteur agricole est concentré dans deux catégories d’agriculture, à savoir le maraîchage de plein champ et l’arboriculture, particulièrement l’oléiculture.
D’une manière générale, les femmes occupées par les travaux de ménage ne consacrent pas tout leur temps à l’activité agricole, selon la chambre d’agriculture qui révèle qu’elles "consacrent, en moyenne, quatre à six heures par jour au travail de la terre". Les activités de maraîchage rassemblent 76 femmes, celles liées à l’oléiculture, l’une des richesses du terroir, comptabilisent 50 femmes agricultrices et les grandes cultures (céréaliculture), 44 femmes. Les créneaux de la production de légumes secs, fourrages, tomates industrielles, cultures industrielles, arbres fruitiers et vigne de table disposent également de "bras féminins", selon la chambre d’agriculture. La production animale, où activent 113 femmes, est centrée sur l’élevage bovin, l’aviculture et l’apiculture. Ces femmes ont également bénéficié, au cours de ces dernières années, des programmes de développement mis en place par l’Etat dans le cadre de la stratégie globale de promotion et de développement du secteur agricole. Dans la wilaya de Jijel, au relief montagneux et accidenté, la femme n’a pas été en marge de ces programmes où elle a été impliquée dans la réalisation d’un certain nombre de projets avec des organismes internationaux. Ainsi, la wilaya de Jijel a été retenue, au même titre que la wilaya de Tizi-Ouzou, comme zone pilote de mise en œuvre d’un projet de la FAO (organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) entre 1998 et 2000. Une section "femme rurale" a même été créée au sein de la chambre d’agriculture, à l’effet de mieux l’impliquer dans le secteur agricole, notamment dans les volets de la production et des préoccupations de la femme rurale, la détermination des priorités et des besoins de cette frange sociale en matière de formation et d’appui technique, la promotion économique et sociale de la femme rurale et enfin l’encouragement de l’émergence d’un large mouvement associatif. Outre la formation de quelques cadres femmes de la direction des services agricoles, les femmes rurales ont également bénéficié du financement de certaines activités agricoles génératrices de revenus, de microréalisations concernant l’acquisition de vaches laitières de race améliorée, de modules d’ovins, de serres avec petit outillage et de motopompes hydrauliques. Ce projet a, par ailleurs, permis l’émergence et la création d’une association nationale des femmes rurales et quelques associations au niveau local dont l’association "El Afaq" (perspectives) de la femme rurale à Bordj T’har (30 adhérentes) et une autre à Sidi Abdelaziz avec 25 adhérentes. La chambre d’agriculture a estimé que ces associations sont "le fruit d’un travail de sensibilisation, d’appui et d’encouragement". Elles ont à leur actif plusieurs actions et initiatives aussi bien locales que régionales ou nationales. Un second projet initié par l’Union européenne, intitulé "aide de la femme rurale de la région de Bordj T’har", mis en œuvre sur le terrain, a permis le financement de micro investissements en apiculture où 72 femmes rurales ont bénéficié d’un projet de réalisation de ruchers, d’arboriculture (plantation d’arbres fruitiers divers), de remise en état et d’équipement d’un centre de santé pour soins et de formation avec la réhabilitation d’un centre de formation professionnelle et d’une école primaire à Bordj T’har. Pour la commune de Sidi Abdelaziz, l’association locale a bénéficié récemment d’un projet financé par l’UE d’un montant global de 5 millions DA destinés au développement de l’élevage bovin laitier et de la poterie locale. Les femmes rurales ne manquent pas cependant de faire part d’un certain nombre de préoccupations. Essentiellement de nature économique elles ont trait à la cherté des intrants agricoles et à l’absence de formation professionnelle et technique en prise directe avec l’activité agricole et l’élevage.
AC



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