Jijel , Une ville déconfigurée

lundi 8 août 2011
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Oui, je le sais bien, assez malheureusement. Et tout le monde le sait aussi. D’ailleurs, il en va de même dans toutes les villes d’Algérie.

Jijel n’est pas la seule ville à avoir perdue sa configuration d’origine. Son cachet particulier. Ses moeurs, ses traditions. Ainsi que le caractère enjoué spécifique à ses natifs, propre aux peuples méditerranéens. Il a été ce changement opéré en un temps relativement si cours, que nous avons bien envie d’essayer cette fameuse machine à remonter le temps. Retourner, ne serait-ce que fugitivement, vers ce passé si fameux. Ce temps au cours duquel les Jwajlas aimaient tant de ces cocasseries, ils en riaient avec bonhomie. Ils vivaient en toute simplicité. Il y avait, ce qu’on penserait, de la complicité entre les gens.

Une tacite entente dès qu’il s’agissait d’une bonne blague à faire à quelqu’un. Non, il n’y avait pas d’agressivité. Juste des plaisanteries. Ce n’était pas pour autant des clowns cependant, le Jijli a de tout temps été laborieux. Un travailleur convaincu. Âpre à la tâche, quelle qu’elle soit. Une tâche qu’il aime exécuter sans faille. Proprement et efficacement. Qu’y a-t-il de plus dur et de plus dangereux que le métier de pêcheur ? Sa ville était propre. D’ailleurs, avec la présence des colons, qui s’aventurerait à en salir les rues ? Bien au contraire, c’est chaque matin que les Jijliyates balayaient devant leur porte ; à coups de seaux d’eau. Non, Jijel n’est plus ce qu’elle était. Ceci nous avons à le constater un peu plus chaque jour. Jamais le marché n’avait été aussi sale et puant. Ni les rues et les trottoirs, en particulier, aussi encombrés. Aujourd’hui, il est la foule et aussi la houle. Ce n’est pas tant qu’il y a beaucoup plus de monde. Non. Disons que les choses ont plutôt mal évoluées. Il s’agit plus d’une question d’organisation que d’extensions. Au lieu et place de toute cette furieuse anarchie à laquelle nous sommes tous soumis malgré nous…

Qui d’entre nous, parmi le gens encore sensés, ne remue pas pitoyablement la tête ; tant il refuse le désolant spectacle qui se présente quotidiennement à son regard attristé ? Atterré par ce qu’il vois et entend tous les jours ? Partout il n’est qu’incohérence. Tous les espaces environnant sont inlassablement noyés sous le béton. Ni place publique ni espace vert pour se reposer. Il est là désormais une ville devenue hideuse. Croulant sous le bruit et toute sorte de nuisances ; aussi bien matérielles que physiques. Des réminiscences inutiles dites-vous ? Oui, bien sûr. Mais il est tout de même du droit de chacun de refuser le chaos. Oups ! Voila que je me trompe subitement. Je viens de me souvenir, après coup, que le chaos est devenu une norme. Un irrésistible attrait même. Nous avons ce sentiment que tous aiment ces bousculades, cette promiscuité. Dont nous ressentons qu’elles sont si coupables et tant désirées. Car propices à l’accomplissement de tant de choses.

Et c’est là où intervient ce nouveau facteur, qui se justifie amplement, qui a pour nom l’anonymat. Dans le temps, tous se connaissaient. Nul n’osait enfreindre les règles établies. Aujourd’hui, c’est proprement le comble qui est atteint. Le point de non-retour s’en trouve ainsi dépassé. Tous se voient désormais engagés dans un drôle de processus, devenu lui aussi irréversible, et que nul ne peut plus arrêter. On aura beau faire de ces aménagements. Quelque part on s’est trompé. Ce n’est pas ainsi qu’évolue une ville. Maisons après maisons. En une ligne ininterrompue d’Est en Ouest. Au point que l’espace vital s’en réduit comme une peau de chagrin. La mer dites vous ? Mais où est passé le bord de mer en fait ? Il est toujours là bien entendu, mais devenu tout à fait invisible. Mais alors, sans la mer et toute son étendue, que devient le Jijli ? Un être angoissé assurément. Puisqu’il aura perdu son repère fondamental. Entre autres repères tout aussi fondamentaux, qu’étaient le calme et la sérénité. Ainsi va Jijel ; aujourd’hui engagée sur une route cahotante, avec pour destinée cette telle incertitude.

El Hakkani


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Réactions

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lundi 8 août 2011 à 10h07, par  Amine

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Une ville déconfigurée depuis longtemps déja. Jijel a perdu son corps avec le tsunami et son âme avec la mondialisation anarchique
que connait une grande partie de nos ville.

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dimanche 7 août 2011 à 22h52, par  Sofiane

Merci cher monsieur pour cette amere mais reelle analyse, et encore merci pour nous avoir faits revoirs ce flash-back du vieux jijel, hamdoulillah qu’ons gardent toujours ces belles choses bien ancrees dans nos memoires. jijel d’antans ons l’a perdue a jamais et c’est une realite dure a digeres , evolution et progres obligatoires disent certains je suis d’accords mais pas dans le mauvais sens et ’’anarchiquement’’, enfin cessant de nous lamentes ce qui est fais est fais mais essayant au moins de sauves les meubles et de transmettres a nos enfants ce qui peut l’etre sans avoirs honte d’etre taxes d’anciens modeles ou de perimes. bonne fin de soiree saha ramdhankoum et saha s’hourkoum.

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dimanche 7 août 2011 à 21h15, par  Zamane Zamane

.(¯`v´¯) •./¸✿
(¯` ✿..¯))✿/¸.•*✿
…(_.^._)√•*´¨¯(¯`v´¯).
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▒▒▒`…(¯`•♥•´¯) Hommage à khouyi Ali Berri !!!
▒`…(¯`•♥•´¯) En 1963 il avait chanté men zinek ya Jijel !!!
Allah y chaffik.

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