Jijel, des emplettes avec la peur au ventre

Certes, le jeûne a toujours ajouté un zeste de nervosité, mais on n’a jamais, jusque-là, pensé à « affronter » le souk central de la ville de Jijel avec la peur au ventre. Très prisé, puisque le client y trouve fruits, légumes, viandes et poissons de bonne qualité, le marché de Jijel est devenu, durant ce Ramadhan, un lieu très dangereux du fait des vols et agressions dont sont victimes des citoyens. Tout le monde vous conseille de vous tenir loin, si quelque altercation s’y produit. Le commun des mortels préfère, désormais, ne pas s’y impliquer pour éviter de voir quelque lame plantée dans sa chair. Une tradition inouïe a été adoptée par la nébuleuse de jeunes qui rôdent, ou qui assurent la vente des produits dans ce marché qui a phagocyté l’ensemble des rues attenantes. Si, avant, on s’étonnait de voir des jeunes arborer des couteaux, maintenant on parle sans la moindre gêne – si ce n’est avec fierté – de sabres soigneusement aiguisés. Il y a quelques jours, une personne a failli être décapitée par un coup d’épée, alors qu’une autre a failli voir sa tête fendue par un objet tranchant. Les altercations et agressions, quasi quotidiennes, se font en dépit d’une présence policière pourtant renforcée. Outre les méfaits des pickpockets, un simple regard mal perçu, un mot jugé mal placé, vous entraîne dans un véritable cauchemar que vous n’aurez jamais pu imaginer. Cette situation dangereuse qui s’ajoute à l’anarchie indescriptible dans laquelle nagent les espaces de vente, gérés par des adolescents et même des enfants, mérite un traitement plus approprié. El-Watan



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