Jijel : des métiers en voie d’extinction

dimanche 4 janvier 2009
par BENKAM

Plombier, serrurier, plâtrier, soudeur ou encore carreleur semblent être des métiers en voie d’extinction dans une ville comme Jijel, au moment où le marché local du travail est fortement demandeur de bras spécialisés dans ces activités. Des activités qui paraissent s’éroder avec le temps qui passe, au fur et à mesure que de nouvelles habitudes de vie, de consommation et de travail se développent dans la société.

Wilaya-chantier, au vu des importants investissements publics consentis, et naguère pourvoyeuse de main d’œuvre du bâtiment, Jijel vit aujourd’hui une vraie pénurie dans presque tous les corps de métiers liés à ce dernier secteur, pourtant en pleine expansion au regard des constructions publiques et privées qui poussent un peu partout.

Pour preuve, l’immense chantier de construction du nouveau pôle universitaire de Tasssoust, à l’entrée Est de la ville de Jijel, occupé par près d’une trentaine d’entreprises, souffre d’un déficit notoire en main d’œuvre, à en croire les responsables locaux chargés du suivi du projet. Vérité amère, il est aujourd’hui infiniment plus facile de décrocher un rendez-vous chez un cardiologue ou chez d’autres médecins spécialistes qu’auprès d’un simple plombier. La rareté de ces travailleurs manuels si utiles à la collectivité se mesure à l’aune de la forte demande exercée sur eux pour de petites interventions, des "bricoles" domestiques qui nécessitent toutefois leurs mains expertes. En ville, les enseignes d’ateliers de plomberie qui fleurissaient çà et là, ont tout simplement disparu du paysage urbain pour laisser place à d’autres activités commerciales certainement plus lucratives, plus rémunératrices et assurément moins contraignantes. Un annuaire téléphonique datant de la fin des années 1950 renseigne mieux que tout autre discours sur un autre temps, celui -béni- de la prolifération, dans la cité, de plombiers, brocanteurs et autres ferblantiers, pour la plupart formés sur le tas, à une époque où les rares centres de formation n’étaient pas facilement accessibles aux Algériens. De nos jours, arriver à "dégoter" un plombier n’est donc pas une sinécure, tant ce spécialiste de la pose de robinets d’eau, de gaz ou de réparation des fuites d’eau s’est mué en "oiseau rare", lui qui, une caisse à outils en bandoulière, sillonnait, il n’y a pas si longtemps, les rues de Jijel à bord d’une petite voiture utilitaire ou d’un tricycle pour proposer ses précieux services.


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