Jijel et ses arbres

dimanche 29 mars 2009
par BENKAM

Quand arrive l’automne, on est en pleine saison de la taille des arbres. Certes ! mais à Jijel, on a tellement mélangé les genres que l’on ne sait plus quoi faire. Il suffit de se déplacer en ville pour remarquer le gâchis fait aux arbres, ceux qui en restent, cela s’entend. Des centaines d’arbres majoritairement des platanes ont été plantés durant la période coloniale, et quand on fait le compte, seuls peut être quelques dizaines ont le port généreux. Ils ont été mutilés à coup de tronçonneuses, de scies et de machettes bonnes à déblayer les chemins de forêts.

Certains ont échappés à ce sort, par chance d’être loin des grands axes routiers et de la vue de certains appétits. Oubliés dans le décompte mercantile. Seulement ils sont très peu nombreux, et non entretenus depuis des lustres. Aujourd’hui, on commence à élaguer totalement les arbres le long du boulevard de la ville, devenus très encombrants, et dans le feuillage ne cesse de se densifier. Ces arbres (sempervirens), c’est à dire toujours verts, donc en croissance continue, mis en terre dans les années 80, lors de la venue du président, ont été mal choisis, car mal appropriés pour la chaussée. La ligne du boulevard a été érigée sur du remblais gagné sur la mer ou ces plants aux racines rampantes à la limite du carrelage, le trottoir faisant seulement trois mètres de largeur.

Ne parlant pas de la dimension urbanistique et architecturale de l’avenue, les alignements et l’homogénéité sont absents. Ici, il y a des ficus, quelques mètres après c’est un peuplier blanc, quelques coudées ensuite c’est la suite des ficus, pour terminer par un peuplier d’Italie. Ne pas regarder sur l’autre trottoir, vous serez étonné de voir une autre espèce de plants. Ainsi de suite jusqu’à un hiatus, ou rien ne fut planté ou bien non remplacé. Il aurait été plus heureux de planter des arbustes, plus facile à gérer et point dérangeant pour les passants. Imaginez un instant par exemple, tout le boulevard bordé des deux côtés par des lauriers roses et autres cultivars aux couleurs allant du rouge foncé, rose, miel puis blanc à la fin. Cette ligne, pas très haute, trois mètre environ, donnera de la couleur à la rue, sans dégât pour le trottoir, qui en sera plus spacieux pour les usagers et dégageant une jolie vue sur le port et la mer pour les riverains. Ces ficus n’ont pas de place dans le boulevard, déjà que le trottoir n’est pas assez large pour ce type d’arbres dont les racines coulent à la surface du sol, remontant ainsi tout le carrelage aux alentours. Comme les saules, les hêtres, les frênes, les vrais acacias(les mimosas) ou les faux(les robiniers) seront évités dans les petits trottoirs et éloignés des habitations,au minimum 4 à 5 mètres, selon la hauteur des maisons. Ces arbres à feuilles caduques ont leur place dans la ville s’ils sont judicieusement mis dans des zones appropriés. Laissant passé les rayons de soleil en hiver, quand ils auront perdu leurs feuillages, ils plongent les chaussées et les murs des maisons d’un ombrage durant les mois d’été où le soleil est ardent. A l’exemple des platanes qui embellissait la ville de Jijel. Dans le cas contraire, des arbres aux racines pivotantes, qui s’enfoncent profondément dans le sol, sont plus que conseillé. Ils laissent en l’état les chaussées, ne dérangent point les conduites d’eau usées, ni celles de l’eau et du gaz.

Karim H


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Réactions

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jeudi 21 octobre 2010 à 23h19, par  BENKAM

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 30/03/2009 00:22 Mis à jour : 30/03/2009 00:35
Re : Jijel , et ses arbres, que faire ?
Constat et analyse sur l’état des arbres de la ville, inédits et oh combien justes et précis malheureusement, faut il encore que les responsables de espaces verts les prennent en compte.

Dans un pays où l’espace public ne cesse de se dégrader de jour en jour, il est évident que ce problème doit passer parmi les priorités chez les autorités responsables, si elles envisagent d’améliorer le cadre de vie, développer le tourisme et l’économie locale.

Le fait que notre pays soit très centralisé, limite considérablement la palette des solutions « Locales » apportées et exécutées par le pouvoir central.
Les technocrates et bureaucrates des ministères, à Alger, ne peuvent être compétents quand il s’agit de formuler des visions sur des problèmes locaux, et encore moins d’y apporter les solutions techniques adéquates.

Il serait donc grand temps de mobiliser les énergies ‘Locales’ pour résoudre les problèmes locaux, et non plus attendre que cela vienne du gouvernement central.
Divulguer l’information sur ces sujets, comme le fait bien cet article, serait la première étape d’une initiative citoyenne locale, instaurer un débat entre citoyens et autorités locales, suivi de d’expositions, et d’ateliers de travail avec la participation de ces dernières si possible, pour trouver des solutions aux problèmes locaux.

Jijel a eu la chance d’être dans la région la plus pluvieuse, et la plus verte du pays, son développement tardif à ainsi retardé quelque peu le saccage de l’environnement, mais, ceci a été accéléré depuis les années noires du terrorisme, et à cause de l’impact des grands projets d’infrastructures, et notamment les multiples barrages, qui représentent une catastrophe pour son écosystème et sa biodiversité.
Cependant, il est peut être temps que les citoyens prennent la situation en main.
Cet article peut surement mener à des initiatives citoyennes pour mettre la pression sur les décideurs, et redresser la barre.

La diversité des essences d’arbres et de plantes de notre région sont l’envie du reste du pays, faisons en bon usage.
Les élèves des écoles et lycées de la région, doivent avoir la chance d’étudier leur écosystème environnant. Ils peuvent servir d’armée pour répertorier les différentes espèces, et faire la collecte de graine, créer des ateliers de travail avec les pépiniéristes de la région, procéder à des projet en commun avec les laboratoire et le savoir faire de l’université, en somme développer le secteur de l’horticulture en parallèle avec celui de l’agriculture dans un contexte local. Pour ainsi pallier les problèmes de désertification, qui sont causés par la perte de la végétation partout dans notre région.
Ceci pourrait être aussi bénéfique pour une nouvelle structure verte de la ville, puisque les plantes et arbres natifs sont la solution intrinsèque de ce problème en particulier. Le problème de conception d’une telle structure peut aussi être approché de cette manière, la municipalité doit être interpellée pour puiser dans le savoir faire et l’expertise locaux, et dieu sait qu’on en a, l’auteur de cet article en est la preuve.

M. Gigelli


Auteur Conversation
Noufi Posté le : 30/03/2009 01:05 Mis à jour : 30/03/2009 01:25
Régulier

Inscrit le : 12/01/2009
De :
Envois : 55 Re : Jijel , et ses arbres, que faire ?
Commentaire très pertinent que celui Posté le : 30/3/2009 0:22:05.
Tout le drame de Jijel est justement l’absence d’une société civile capable d’être un vrai partenaire du pouvoir locale en matière de gestion de notre région, sur tous les plans de développement.
Pensez-vous que c’est normal de décréter Jijel, comme wilaya à vocation touristique en premier lieu et en même temps :
- construire un port commercial (Djen djen) qui est appelé à devenir l’un des plus grand port d’Afrique et qui sera donc, une source de pollution des plages !
- construire une nouvelle ville sur le flan de Mazghitane et qui va s’étendre, dit-on, jusqu’à Timizert (Rocher noir) : c’est toute la cote ouest, s’étendant sur presque 20 km, qui va être défigurée et ses plages polluées par les évacuations des eaux usées !

Détrempez-vous, Jijel est appelée à devenir un grand centre commercial, car toutes les infrastructures qui y sont réalisées ou en projet y convergent (port, chemin de fer, pénétrante vers Sétif…etc). Ces réalisations sont inadaptées pour une ville appelée à être un pôle touristique !

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Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 31/03/2009 01:39 Mis à jour : 31/03/2009 01:43
Re : Jijel , et ses arbres, que faire, ou ne pas faire ?
Il y a un début à tout, à une société civile également. Avant d’être partenaire du pouvoir local, il faut qu’elle soit d’abord son contre pouvoir, son moyen de contrôle, après tout c’est elle qui le met en place par le biais des urnes, donc logiquement, c’est à elle que revient le verdict final pour prolonger le mandat d’une direction municipale, ou pour la remplacer.

Les moyens de communication et d’information digitale d’aujourd’hui, représentent un atout formidable pour y parvenir, qu’il s’agisse de divulguer l’information, de débattre des sujets qui tiennent à cœur les citoyens, et de s’organiser, ou d’exercer la pression sur les autorités pour qu’elle tiennent compte des souhaits des citoyens.
Cependant je ne me fais aucune illusion quant à la lenteur des changements des attitudes des uns comme des autres chez nous, simplement il serait suicidaire, par ces temps de grands changements continus et soutenus de ce monde globalisé, de ne pas se préparer à affronter l’avenir proche, en se résignant à penser que le maintien du Statuts Quo n’est qu’une fatalité.

Je conçois bien que le fait de décréter Jijel comme wilayat à vocation touristique, et d’en faire en cours de route un pole industriel, et qu’on planifie l’extension de la ville vers l’Ouest, soient une contradiction, et une aberration, mais allons nous laisser faire cela encore longtemps ?
Qu avons-nous à répondre aux générations à venir qui s’interrogeraient sur nôtre attitude actuelle de laisser faire, qui frise la complicité avec un système pourri ?
Se poser ce genre de questions à Jijel, parait être un sacrilège, puisque cela équivaut à faire e de la « « politique », chose très tabou chez nous, et je ne comprends toujours pas pourquoi ?

La quasi-totalité des décisions sont prises à l’insu des citoyens, sur tout ce qui les concernent directement ou indirectement, pourquoi serions nous incapables d’exiger que nous soyons informés et consultés ?

Mes propos peuvent paraître teintés de naïveté de quelqu’un de détaché des réalités du terrain, mais une chose est certaine, c’est que le droit de participer au développement local ça ne s’octroi par décret, mais ça s’arrache. Des exemples illustrant l’efficacité de l’action citoyenne sont abondants, de part le monde,
même chez nous.

M. Gigelli

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