Kadhafi : rêver en Hannibal, vivre en Crésus et mourir en Néron !

J’avoue d’amblée que, pour moi, le colonel Kadhafi est une question existentielle et philosophique majeure. Je me suis toujours, en effet, demandé comment est-ce possible ? Comment cet homme, dont le niveau intellectuel est presque inexistant et dont la lucidité est sujette de beaucoup de controverse, pourrait-il être à la tête d’une nation ? Pire, comment peut-il prétendre gérer les affaires du monde, arabe ou africain soit-il.
Cela dit, et malgré les brumes qui entourent le personnage, certaines certitudes paraissent évidentes. Kadhafi s’est rêvé en nouveau Hannibal nord africain triomphant contre cette Rome éternelle qui, de l‘autre rivage de la méditerranée, se déploie impérialement sur toute l’Afrique et particulièrement sur sa Libye chérie.
Et le fait que son colonisateur européen fut, justement, l’Italie, héritière directe de cette Rome fantasmée, n’était pas de nature de rassurer l’esprit dérangé de cet homme peu enclin à la nuance beaucoup moins à la réflexion soutenue. Seulement, à défaut d’avoir le courage ou les légions de Hannibal il s’est contenté de la richesse de son pays pour, de nouveau, tenter d’assouvire sa mégalomanie sans borne.
Il s’est donc pris pour Crésus et force est de reconnaître que, devant un Occident hypocrite et mercantile, il a pu prendre la revanche de ce Hannibal tué en rêve et dont il n‘a jamais fait le deuil, allant même jusqu’à attribuer son nom à l‘un de ses fils, nombreux et médiocres comme leur père de Président. Dés lors l’argent du peuple libyen a coulé partout sauf là où normalement il doit-être. C’est-à-dire dans les écoles, les hôpitaux et les infrastructures de cette Libye que le Colonel a bien su mettre à la marge de la marche du monde. Du coup, on n’en connaît, en effet, rien de sa culture à part, peut-être, cette tante bédouine que les caprices enfantins du roi montent là où il prend pied souvent sous les regards amusés et méprisants d‘un monde qui, désormais, méprise les singeries de ce Président pas tout a fait comme les autres.
.Aussi, de la population libyenne on se contentera bien de ses amazones maquillées à outrance qui l’accompagnent dans ses sorties légendaires. Bref, un peuple entier s’est enfoui dans les boubous aussi exubérants que ridicules de ce mégalomane qui, de jours en jours, s’enfonce dans une démence de fin de règne annoncé.
Pourtant ce peuple qui, à mains nues, affronte aujourd’hui une machine de répression bien rôdée gagne à être connu. Ce peuple qui a, jadis, donné à l’Humanité l’un de ces hommes, rares par ces temps qui courent, qui peuvent se redresser et dire non ; ce lion du désert, j’ai nommé Omar el-Mokhtar, ce peuple-là, ma foi, ne saura s‘éterniser en servitude. . Ainsi, chaque chose a une fin et la sienne est, semble-t-il, à la Néron. De ce fait, il donne l’ordre de brûler son pays avant d’aller se coucher en enfer. Cet enfer duquel il est venu, semble, aussi, être sa destination finale. Et la boucle est bouclée. En somme, Kadhafi s’est rêvé en Hannibal ; il a vécu en Crésus, et il meurt, aujourd’hui, en Néron.
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